Charles Monier, né le à Saint-Maurice (Val-de-Marne), et mort le sur le terrain d'aviation d'Istres (Bouches-du-Rhône), est un pilote de chasse et pilote d'essai français.

Biographie Originaire de Saint-Maurice dans la banlieue sud de Paris, à cette époque encore dans le département de la Seine, Charles Monier est passionné d'aviation et entre en 1935 à l'école Breguet dont il ressort en 1938 pour intégrer les usines Renault à l'atelier des moteurs d'avions. Il obtient son brevet de pilote civil le à l'aéro-club de Lognes et s'engage « pour la durée de la guerre » le .

Campagne de France Affecté à l'école de pilotage de Bourges, puis de Limoges, il obtient son brevet militaire () le . Il se porte volontaire pour entrer à l'école des pilotes de chasse d'Avord qu'il intègre le . L'école est repliée sur le terrain de La Rochelle-La Jarne en . Promu sergent le , l'Armistice est signé sans qu'il ait combattu.

Engagement dans les FAFL

Refusant l'armistice à venir, il décide avec d'autres élèves de l'école d'Avord de rejoindre l'Afrique française du Nord pour poursuivre le combat. Il embarque le 19 juin 1940 à bord d'un cargo pour le Maroc. À Casablanca, il se mêle aux Polonais embarquant à bord des cargos Djebel Dira et Oakrest et gagne Gibraltar le . Il arrive en Angleterre le où il s'engage dans les Forces aériennes françaises libres (FAFL) le (matricule ). sous le pseudonyme de Jeff Ryan. Il est affecté en Afrique-Équatoriale française, de à .

Groupe de Chasse Alsace : Moyen-Orient. Le , il est affecté au Groupe de Chasse Alsace (GC1) en création à Rayak. D'octobre à novembre, le groupe équipé de vieux Morane 406 hérités du GC 1/7 assure la protection de l'espace aérien Liban-Syrie-Palestine. En , le groupe quitte la Syrie pour rejoindre l'Égypte où il est rééquipé de Hurricanes. Il participe à la campagne de Libye. Nommé sergent-chef le , le 13 du même mois, lors d'un vol, victime d'une panne d'oxygène, il perd connaissance et s'écrase. En juillet de la même année, de nouveau victime d'une panne, il amerrit sur le lac Edco, près d'Alexandrie, y gagnant le surnom de Waterproof. En , le GC1 se replie en Syrie. Une partie de ses effectifs rejoint le Groupe de Chasse « Normandie » en création à Rayak, l'autre est dirigée vers l'Angleterre. Le , Charles Monier embarque pour un voyage de deux mois vers l'Angleterre, via Le Cap.

Squadron 340 : Grande-Bretagne. N'ayant jamais volé au sein de la Royal Air Force, il est affecté le à l'Operationnal Training Unit (O.T.U 55) pour être formé aux techniques de combats anglaises. Il rejoint ensuite le le Squadron 340 « Île-de-France » à Turnhouse et effectue plusieurs sorties au dessus des côtes françaises, en Spitfire. Volontaire pour l'URSS, il est affecté le au Groupe Normandie. Trois jours plus tard, il est nommé aspirant. Il quitte l'Angleterre par mer, le en compagnie d'André Moynet. Arrivé le à Alger, il rejoint Le Caire le 8, puis Téhéran le 12. Là, commence la longue et énigmatique attente de visa pour l'URSS, pour laquelle il décolle enfin le .

Groupe de Chasse GC/3 Normandie : Russie. Arrivé à Moscou le , il rejoint neuf jours plus tard sa nouvelle escadrille à Toula où l'entraînement sur Yak 9 commence. Le , lors d'un vol de démonstration devant Pierre Cot et Ilya Ehrenbourg, Charles Monier est victime de sa troisième panne fatale et

Il est affecté à l'Escadrille " Cherbourg" commandée par le lieutenant Marcel Lefèvre. Le le groupe gagne le terrain de Doubrovka, la deuxième campagne commence. Lors d'une mission de couverture au-dessus de Borissov, il abat son premier Messerschmitt Bf 109 le , en collaboration avec quatre autres pilotes. Il est abattu à son tour par un Me 109, le au-dessus de Suwałki et saute en parachute. Il atterrit dans le no man's land 50 mètres devant les lignes soviétiques. Récupéré par un commando couvert par un tir de barrage, il est conduit au P.C. de la Armée. Porté disparu, puis considéré comme mort, ses camarades ont la surprise de le voir arriver sur le terrain d'Alytus deux jours plus tard. C'est la troisième fois que sa disparition est signalée. Ses camarades le surnomment Waterproof pour ses capacités ainsi que pour son endurance physique et morale ; et en souvenir de son amerissage de . Il est promu sous-lieutenant le . Le , il abat un chasseur-bombardier Focke-Wulf Fw 190. Cette victoire lui rapporte une troisième citation. Il comptabilise également une victoire probable. Ses camarades lui avait donné un surnom de combattant : "Popoff".

Il quitte le Normandie-Niémen le en même temps que son chef Pierre Pouyade (1911-1979) avec les pilotes justifiant plus de deux ans de service hors métropole. Ces départs réduiront le nombre d'escadrilles du régiment à trois. Faisant le chemin inverse à celui emprunté l'année précédente, il arrive à Téhéran le , au Caire le 29 et débarque à Alger le . Après trois ans et demi de campagnes, il arrive en France le à Marignane. Il est affecté le , au French O.T.U. 80 d' sous les ordres du commandant Christian Martell (1914-1945). Du au , il exerce la fonction d'instructeur sur Spitfire. Après l'armistice, il retourne en France et a la joie de retrouver ses camarades du Normandie-Niemen de retour d'URSS au Bourget le .

Pilote d'essai La guerre finie, toujours passionné d'aviation, il intègre en décembre à sa demande le Centre d'instruction en vol des pilotes stagiaires d'Air France. Il est finalement détaché à la Direction Technique et Industrielle et affecté au Centre d'essais en vol de Brétigny-sur-Orge le . Il est promu au grade de lieutenant le de la même année.

Rendu à la vie civile en et fraichement diplômé ingénieur pilote d'essai (diplôme obtenu en cours du soir.), il continue d'œuvrer au CEV. En , il est envoyé avec Roger Receveau aux usines Gloster pour évaluer le chasseur Meteor VII I. La même année, il participe aux essais du premier avion à réaction français, le NC 1071 équipé de réacteurs Rolls Royce Nene.

En 1949, il entre à la Société des Avions Marcel Dassault fondé par Marcel Bloch, chez qui il participe à la mise au point des avions Flamant, Ouragan, Mystère II, Mystère IV.

Le , Charles Monier décolle à 17h10 à bord du MD 452 Mystère II immatriculé F-WFUU de la Direction technique et industrielle, pour un vol d'essai de largage de bidons d'aile. Les essais sont confrontés à une difficulté : les bergers de la Crau refusent de déplacer leurs troupeaux, obligeant le pilote à voler à basse altitude. Voler plus haut aurait entraîné la dispersion et la projection de débris, augmentant donc le risque de blesser les personnes et les animaux. Après avoir largué le bidon de droite, celui-ci heurte l'empennage et l'appareil déséquilibré part en piqué. Malgré l'expertise du pilote, l'avion percute le sol et prend feu, mettant fin à la vie et à la carrière de Charles Monier.

Pilote de chasse puis pilote d'essai au CEV et à la GAMD de 1947 à 1953, il a volé dans de types différents et totalisait de vol. Chaque année une cérémonie du souvenir est faite au pied de la stèleStèle à la mémoire de Charles Monier, sur aerosteles.net. qui lui est consacrée à la base d'Istres.

Hommages La France a donné son nom à la base aérienne 125 Istres-Le Tubé comme nom de tradition. Une plaque commémorative est posée à l'endroit où son avion est tombé. Par une délibération du , le conseil municipal de Cesson donne le nom d'avenue Charles-Monier à la rue principale auparavant appelée route de Corbeil. En 1965, la Loterie nationale émet un billet des Ailes brisées à son nom avec son effigie.

Médailles et citations 100px Chevalier de la Légion d'honneur, décret du . 100px Médaille militaire, décret du , pour prendre rang du . 100px Croix de guerre 1939-1945 avec 2 palmes, 1 étoile de vermeil, 1 étoile d'argent. 100px Médaille de la Résistance française, décret du , J.O. du , . 100px Médaille des évadés, décret du , J.O. du . 100px Médaille commémorative des services volontaires dans la France libre : , . 100px Médaille de l'Aéronautique 100px Médaille coloniale avec agrafe « Libye », décret du . 100px Médaille commémorative française de la guerre 1939-1945 100pxOrdre de la Guerre patriotique (URSS) des et degré - télégramme 564 du . 100px Médaille pour la victoire sur l'Allemagne dans la Grande Guerre patriotique de 1941-1945 (URSS). Citation à l'Ordre de la Division, le :

Citation à l'Ordre de l'Armée, le :

Citation à l'Ordre de la Chasse, le :

Citation à l'Ordre de l'Armée, le : Signé Charles de Gaulle - J.O. du .

Notes et références

Annexes Bibliographie Yves Donjon, Ceux de Normandie-Niemen, Éditions Astoure. Henry Lafont, Aviateurs de la Liberté- Mémorial des Forces Aériennes Libres. Christian-Jacques Ehrengardt, Normandie-Niémen, Éditions Heimdal. Jacques Nœtinger, Rigueur et audace aux essais en vol, Nouvelles Éditions Latines, 1991.

Articles connexes Groupe de chasse Île-de-France

Liens externes

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