ou Appelle-moi par ton nom au Québec est un film dramatico-romantique réalisé par Luca Guadagnino, sorti en 2017.

Le scénario, de James Ivory, est adapté du roman américain du même titre d'André Aciman (publié en français en 2008 sous le titre Plus tard ou jamais).

Ultime volet de la Trilogie du Désir de Luca Guadagnino, après (2009) et (2015), l'action de se déroule en 1983, en Italie du Nord où Elio, jeune Italo-Américain de (interprété par Timothée Chalamet), et Oliver (interprété par Armie Hammer), un étudiant américain de venu assister dans ses recherches le père d'Elio, vivent une histoire d'amour le temps d'un été. Michael Stuhlbarg, Amira Casar et Esther Garrel interprètent les personnages secondaires.

À sa sortie, rencontre un grand succès auprès de la critique et du public. Le film obtient de nombreuses distinctions, dont trois nominations aux Golden Globes, quatre nominations aux BAFTA et aux Oscars. James Ivory, quant à lui, remporte l'Oscar 2018 du meilleur scénario adapté, le premier de sa carrière.

Luca Guadagnino souhaite en réaliser une ou plusieurs suites, envisageant une série de films qui conteraient l'évolution des deux personnages dans le temps en reprenant les mêmes acteurs, à l'exemple du personnage d'Antoine Doinel de François Truffaut.

Synopsis Durant l'été 1983, dans la villa familiale de campagne du Cremasco (province de CrémoneDans le roman, l’action de déroule dans une ville balnéaire du littoral de la Toscane ou de la Ligurie.), un garçon de dix-sept ans, Elio Perlman, profite de ses vacances et de l'affection de ses parents : Samuel, éminent archéologue américain, et Annella, traductrice d'origine française. Plongé depuis toujours dans cet univers polyglotte, raffiné, le jeune Elio occupe ses journées à composer, jouer du piano et de la guitare, lire, sortir avec ses amis, faire du vélo ou encore se baigner dans la rivière et flirter avec son amie Marzia.

Les journées tranquilles d'Elio vont être troublées par l'arrivée d'Oliver, un doctorant de vingt-quatre ans venu pour quelques semaines aider Samuel dans ses recherches, et à qui il doit laisser sa chambre. Archétype du jeune Américain un brin arrogant, Oliver se met à draguer une jeune amie de la famille Perlman et se montre d'abord insaisissable, avant de se rapprocher du fils de son mentor, avec qui il débat de littérature et de leur identité juive.

Malgré l'attirance d'Elio pour Marzia, les deux garçons en viennent à éprouver des sentiments amoureux l'un pour l'autre, non sans se comporter de manière ambivalente : Elio couche pour la première fois de sa vie avec Marzia, tandis qu'Oliver maintient une certaine distance. Après un rendez-vous romantique sur le balcon, un soir à minuit, ils consomment secrètement leur amour naissant.

Alors que le départ d'Oliver pour les États-Unis approche, les parents d'Elio, subodorant la nature de la relation entre leur fils et leur hôte, leur suggèrent de passer trois jours tous les deux dans la région de Bergame. Oliver et Elio vivent là une romance absolue qui parachève un été riche en émois.

Elio accompagne Oliver à la gare. Celui-ci parti, complètement bouleversé, Elio implore sa mère de venir le chercher à la gare. Il retrouve une Marzia très conciliante. Son père lui avoue les regrets qu'il a eus lorsqu'il était plus jeune de n'avoir pu vivre une histoire aussi belle que celle que son fils vient de vivre, bien qu'il en ait eu l'occasion, et demande à Elio de prendre conscience de la chance qu'il a eue.

L'hiver venu, alors que la famille est réunie dans la villa pour la fête de Hanoucca, ils reçoivent un appel d'Oliver, qui leur annonce qu’il va se marier au printemps. Très ému de lui parler à nouveau, il promet à Elio de se souvenir de tout ce qu'ils ont vécu l'été précédent. Celui-ci, désemparé par ce prochain mariage tout autant que par les sentiments encore intacts d'Oliver, reste assis face à la cheminée, les yeux remplis de larmes.

Fiche technique

Titre original et français : Titre québécois : Appelle-moi par ton nom Réalisation : Luca Guadagnino Scénario : James Ivory, Luca Guadagnino et Walter Fasano d'après le roman Plus tard ou jamais () d'André Aciman Musique : Gerry Gershman et Robin Urdang Direction artistique : Samuel Deshors Décors : Roberta Federico Costumes : Giulia Piersanti Photographie : Sayombhu Mukdeeprom Montage : Walter Fasano Production : Luca Guadagnino, , James Ivory, , , Peter Spears et Rodrigo Teixeira Sociétés de production : Frensy Film Company, La Cinéfacture, RT Features et Water's End Productions Sociétés de distribution : Sony Pictures Classics (États-Unis), Sony Pictures Releasing (France) Pays de production : , , , Langues originales : anglais, italien et français Format : couleur Genre : drame romantique Durée : Dates de sortie : États-Unis : (Festival du film de Sundance) ; (sortie nationale) Brésil : (Festival international du film de Rio de Janeiro) ; (sortie nationale) Belgique : (Festival international du film de Flandre-Gand) ; (sortie nationale) France : (Festival international du film de La Roche-sur-Yon) ; (sortie nationale)

Distribution Timothée Chalamet : Elio Perlman Armie Hammer : Oliver Michael Stuhlbarg : Samuel Perlman, le père d'Elio Amira Casar : Annella Perlman, la mère d'Elio Esther Garrel : Marzia Victoire Du Bois : Chiara Vanda Capriolo : Mafalda Antonio Rimoldi : Anchise Elena Bucci : Bambi, l'historienne de l'art Marco Sgrosso : Nico, l'historien de l'art André Aciman : Mounir Peter Spears : Isaac Walter Fasano : le DJ à la fête (non crédité)

Production Développement vignette|Initialement envisagé comme réalisateur, James Ivory est finalement engagé pour conduire l'adaptation du projet. La genèse du projet commence avant même la publication en 2007 du roman d'André Aciman, initialement traduit en français sous le titre Plus tard ou jamais et qui sera renommé Appelle-moi par ton nom lors de sa réédition à la sortie du film : les producteurs américains Peter Spears et ont pu en lire une épreuve et en achètent les droits d'adaptation... Ils invitent leur ami James Ivory à travailler en tant que producteur exécutif sur un projet d'adaptation cinématographique, ce que ce dernier accepte.. Spears et Rosenman lisent chacun de leur côté le livre, mais le projet n'avance pas. : approchés, les réalisateurs Gabriele Muccino, Ferzan Özpetek et Sam Taylor-Johnson renoncent à s'engager... La nécessité d'un tournage estival en Italie semble alors constituer une difficulté.

Les producteurs prennent ensuite contact avec Luca Guadagnino, qui dans un premier temps refuse le projet, prétextant un agenda trop chargé... Le réalisateur, qui réside dans le Nord de l'Italie, est finalement engagé en tant que consultant pour le repérage des lieux de tournage.., et parce que sa participation paraît pouvoir assurer l'italianité nécessaire dans le traitement du film.. Ultérieurement, Guadagnino propose de réaliser le film avec James Ivory, sans pour autant consentir à un engagement contractuel. James Ivory accepte la proposition, et passe six à neuf mois de l'année 2014 à travailler sur le scénario.. Guadagnino, qui a décrit le roman comme « une œuvre proustienne sur la nostalgie du passé et la mélancolie heureuse des choses perdues »., signe l'adaptation avec Ivory, collaborant aussi avec Walter Fasano, avec qui il a déjà travaillé sur ses précédents films.. Cette phase d'écriture se déroule à la fois chez James Ivory, chez Luca Guadagnino à Crema, et à New York.. Dans les faits, Ivory et Guadagnino se voient peu, le second étant alors en plein travail sur son film A Bigger Splash.

Finalisé entre la fin de l'année 2015 et le début de l'année 2016, le scénario est validé par Aciman, qui loue l'adaptation en la qualifiant de ; il admet : . L'achèvement du scénario est essentiel pour assurer le financement de la production. Le tour de table permet de réunir plusieurs sociétés de production (la société française La Cinéfacture, Frenesy Film Company dont le patron est Luca Guadagnino, les compagnies M.Y.R.A. Entertainment et Water's End Productions, basées aux États-Unis, et RT Features, du Brésil). Le film obtient aussi le soutien du ministère italien des Biens et Activités culturels et du Tourisme... Pendant les négociations, le budget de la production est fortement réduit, passant de à de dollars..

En 2016, James Ivory décide de se retirer de la réalisation pour éviter les conflits, et laisse Guadagnino diriger seul le projet. Selon Ivory, les financeurs de Memento Films International ne souhaitaient pas que la réalisation soit confiée à deux personnes : . Guadagnino estime alors que la méthode d'Ivory aurait sans doute abouti sur un film à la fois , ce qui dans les faits n'aurait pu être réalisé, compte tenu de la . Dès lors, James Ivory est crédité comme l'unique scénariste., et par conséquent cède les droits sur le scénario à la société de Luca Guadagnino. Le projet constitue le premier scénario de James Ivory produit à l'écran depuis sa réalisation franco-américaine Le Divorce en 2003, et c'est la toute première fois qu'il signe un scénario sans porter lui-même la réalisation. Il s'engage malgré tout fortement dans tous les aspects de la production.

Guadagnino choisit de dédier le film à l'acteur et réalisateur Bill Paxton, ami du producteur Peter Spears et du mari de ce dernier, Brian Swardstrom, décédé en ..

Adaptation vignette|Le réalisateur français et figure de la Nouvelle Vague Éric Rohmer est une référence chère à Luca Guadagnino, et dont l'influence est notable dans le travail d'adaptation. est la dernière partie de la trilogie thématique du désir de Luca Guadagnino, après Amore (2009) et A Bigger Splash (2015)..

Il explique que ce film est le plus calme qu'il ait fait.. S'il s'agit bien d'une adaptation littéraire, de nombreuses scènes ne comportent aucune parole. Guadagnino dit que , ajoutant penser que le film .

Il considère le film comme un , se référant à la fois à son propre père et à quatre cinéastes qui l'ont inspiré : Jean Renoir, Jacques Rivette, Éric Rohmer et Bernardo Bertolucci..

Luca Guadagnino décrit le film comme , en ce qu'il est engagé dans la . Il ne le présente pas comme un « film gay », mais plutôt comme un film sur et reflétant bien sa devise personnelle , dans lequel . Il justifie ce choix en rappelant que durant les années 1980, .. Le film catalogué comme « gay » à sa sortie se trouve, tout comme le livre dont il est tiré, relever davantage de l'univers de la bisexualité de par la fluidité des attirances et romances qu'il dépeint. Guadagnino affirme s'être efforcé d'éviter les écueils trop souvent perçus selon lui dans de nombreux films initiatiques sur la fin de l'adolescence, dans lesquels le passage à l'âge adulte est souvent dépeint comme le moment où sont tranchés des dilemmes préconçus, comme le devoir de choisir entre deux amours. Le réalisateur souhaitait également que l'intrigue suive les deux protagonistes dans le temps, plutôt que de se concentrer sur un antagonisme ou une tragédie, ce qui constitue une approche faisant écho au film À nos amours de Maurice Pialat, sorti en 1983, année de l'intrigue de Call Me by Your Name. Considérant la représentation du sexe comme l'expression des comportements et de l'identité des personnages, Guadagnino n'a pas cherché à inclure des scènes explicites dans son œuvre, expliquant : ..