vignette|Propagande allemande sur la façade du Palais Bourbon pendant l'occupation de Paris : (). vignette|Plaque commémorative au 73 rue des Amandiers à Paris, en l'honneur notamment de Fernand Zalkinow, un des condamnés du procès. vignette|Plaque de la rue Robert-Peltier à Goussainville, rendant hommage à l'un des condamnés du procès.

Le procès du palais Bourbon est le procès organisé en France par les autorités nazies en contre sept combattants des Bataillons de la jeunesse, groupe de jeunes résistants communistes menant la lutte armée contre l'occupant allemand.

Déroulement du procès Le s’ouvre un procès que les Allemands ont voulu spectaculaire. Il se déroule du au dans la galerie des fêtes du palais Bourbon, extrait du discours de Robert Chambeiron, ancien secrétaire général adjoint du Conseil national de la Résistance, lors de la cérémonie du (cf. )., siège de la Chambre des députés mais qui durant l'Occupation abrite des services de la du .

En faisant de ce procès, pour la première fois, un procès public, de surcroît dans ce haut lieu de la République, le gouverneur militaire des forces d'occupation () pour la France, Carl-Heinrich von Stülpnagel, cherche à frapper l'opinion, dans le but de la retourner contre la résistance armée. La presse, notamment le , Le Petit Parisien, Le Matin, L'Œuvre, et les Actualités cinématographiques allemandes sont présentes. Von Stülpnagel est là en personne avec tout son état-major.

Il ne s'agit en fait que d'un .. Le but est de prouver aux plus hautes autorités de Berlin que la répression contre les « terroristes », à laquelle collabore très activement la police française, est plus efficace que la politique des otages qui ne fait qu'attiser la haine contre les forces d'occupation.

Les nazis reprochent au groupe d'avoir mené en trois mois plus de dix-sept opérations de guerre.

Accusés Roger Hanlet, 19 ans, mécanicienNotice Roger Hanlet, sur resistance-ftpf.net., Acher Semahya, 26 ans, ouvrier métallurgisteNotice Acher Semahya, sur resistance-ftpf.net., Robert Peltier, 20 ans, ouvrier modeleurNotice Robert Peltier, sur resistance-ftpf.net., Christian Rizo, 19 ans, étudiantNotice Christian Rizo, sur resistance-ftpf.net., Tony Bloncourt, 21 ans, étudiant, Pierre Milan, 17 ans, télégraphisteNotice Pierre Milan, sur resistance-ftpf.net., Fernand Zalkinow, 18 ans, ouvrier fourreur. Comparaissant menottés, sept jeunes communistes, sept copains, pour la plupart originaires du de Paris. Le plus jeune a , le plus vieux 27. Membres des « Bataillons de la jeunesse » commandés par le colonel Albert Ouzoulias (alias colonel André), ils ont été parmi les premiers à s’engager dans la lutte armée contre l’occupant. Un homme manque à l'appel : Gilbert Brustlein, le « chef » du groupe, activement recherché — il a participé à l’attentat du métro Barbès contre l’aspirant de la Alfons Moser, au côté de Pierre Georges, futur colonel Fabien (), et à celui de Nantes contre le Karl Hotz (), mais il a réussi à échapper au coup de filet..

C'est l'enquête policière menée à la suite de cet attentat qui a resserré l'étau autour des sept jeunes résistants, déjà repérés auparavant.

Arrêtés entre et par la police de Vichy, ils sont incarcérés à la prison de la Santé et mis au secret, puis livrés aux autorités allemandes. Leur procès ne durera que trois jours.

L’accusation a retenu contre eux 17 attentats, parmi lesquels . La presse collaborationniste se déchaîne, comparant les sept jeunes résistants à de vulgaires bandits à la solde de la . Paris-Midi et Paris-Soir, Aujourd’hui, Le Matin, Le Petit Parisien, mais surtout Les Nouveaux Temps, de Jean Luchaire, Le Cri du peuple de Jacques Doriot, L'Œuvre, dirigée par Marcel Déat, publieront de nombreux et longs articles sur le procès du « Groupe Brustlein » . Quant au , il publie pendant trois jours un compte rendu détaillé des « débats », citant des passages entiers du réquisitoire et des attendus du verdict.

Le jour du verdict, le président de la cour martiale se félicitera de l’excellente coopération des polices « française » et allemande, fac-similé reproduit dans ., et le chef de la « Brigade spéciale criminelle », le commissaire Georges Veber, viendra en personne recevoir les félicitations de ses maîtres.

En effet, la coopération fonctionna on ne peut mieux… La « Brigade spéciale criminelle » de la préfecture de police de Paris, spécialisée dans la répression anticommuniste, repère la trace des combattants en grâce à une dénonciation fortuite visant un jeune homme . Ce dernier étant identifié, la police peut lancer ses limiers. Les premiers à être arrêtés sont Roger Hanlet, Pierre Milan et Acher Semahya, le . Le lendemain , c’est au tour de Fernand Zalkinow et le Robert Peltier est arrêté sur son lieu de travail. Christian Rizo se fait prendre le dans un cinéma. Tony Bloncourt, qui a pu échapper à l'arrestation, est hébergé par des copains étudiants dont Pierre Daix. Il sera arrêté le lors d’un contrôle de police.

Le groupe est incarcéré à la Santé et mis au secret, fers aux pieds, avant d’être livré aux autorités allemandes. Deux jours avant l’exécution de la sentence, la mère de Christian fut autorisée à aller le voir pour les derniers adieux ; elle ne put le voir que depuis un petit parloir grillagé, séparée de son fils par un corridor gardé par une sentinelle. Christian lui avouera alors que lui et ses camarades ont été par les policiers de la « Brigade spéciale criminelle ».

Condamnation vignette|Clairière des fusillés du Mont Valérien où les condamnés ont été exécutés.

Le verdict tombe au soir du , après trois jours de « débats ». Il ne fait guère de doute : tous sont déclarés coupables et condamnés à mort pour .

Face à leurs juges, ils adoptèrent une attitude digne et courageuse, se transformant en accusateurs, revendiquant pleinement leurs actes. , dira Robert Peltier. , ajoutera l’officier nazi présidant la cour martiale. Cette attitude combative fera dire au qu’ils répondirent avec une aux accusations. Le journal de Doriot nota que .

Le lundi , étudiants et professeurs font circuler à la Sorbonne une pétition demandant le recours en grâce. Elle se couvre rapidement de signatures, certains professeurs y ajoutent des éloges et des annotations.

Rien n’arrêtera cependant la machine nazie. Ils seront fusillés le dans la clairière du Mont Valérien ; ils avaient demandé à mourir ensembleDernière lettre de Zalkinov dans .. Leur vœu ne sera pas exaucé. Comme il n’y a que cinq poteaux, Roger Hanlet et Acher Semhaya sont exécutés les premiers à avec trois autres résistants ; puis ce sera au tour de Christian Rizo, Fernand Zalkinow (), Robert Peltier (), Tony Bloncourt () et Pierre Milan () - l’heure indiquée est celle du décès constaté.

Dès que la nouvelle sera connue, le quartier se couvrira de papillons, de tracts, d’affichettes appelant à venger les sept jeunes combattants et renforcer la lutte contre l’occupant.

Dans une lettre adressée à la mère de Christian Rizo, Maître Wilhelm, l'avocat chargé de sa défense et ayant assisté aux derniers moments des condamnés, écrit :

Hommage Le , un hommage solennel de la Nation leur fut rendu et une plaque commémorant le sacrifice de ces résistants a été apposée sur la façade de l’hôtel de Lassay, à l’initiative de Laurent Fabius, alors président de l'Assemblée nationale.. À la même date est publié un rapport d'enquête demandé par Fabius à Éric Alary, sous la direction de Jean-Pierre Azéma.

La plaquePhotographie de la plaque. rappelle qu'ils sont morts pour la France et qu'ils ont été décorés à titre posthume de la Médaille militaire, de la Croix de guerre 1939-1945 avec palme et de la médaille de la Résistance.

Notes et références

Bibliographie . .

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Annexes Articles connexes Procès de la Maison de la Chimie

Liens externes .

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