Clément Blanc, né le à Perpignan (Pyrénées-Orientales) et mort le État civil sur le fichier des personnes décédées en France depuis 1970 à Paris (), est un général d'armée français, chef d'état-major de l'Armée de terre de 1949 à 1955.

Origines Clément Blanc naît le à Perpignan, en France, de Germain Blanc, adjudant de gendarmerie, et de Thérèse Ramon, résidents à Amélie-les-Bains. Il suit ses études à l'école des enfants de troupe, puis au lycée Arago de Perpignan.

Première Guerre mondiale En , il devance l'appel et il s'engage au d'artillerie, à Montpellier. Admis à l'École d'application de l'artillerie de Fontainebleau, il en sort aspirant début 1916. Affecté au sein du d'artillerie de l'armée française, il participe aux batailles de Verdun, de la Somme, de Craonne, aux combats au sud de Dormans, puis dans le secteur d'Alsace et enfin au forcement du canal de la Sambre et poursuite jusqu'en Belgique du au .

Sous-lieutenant depuis , il est cité à trois reprises, dont une citation à l'Ordre de l'armée.

Entre-deux-guerres Après une période d'occupation en Allemagne, au sein du , Clément Blanc prépare à Nancy, en tant que militaire, le concours de l'École polytechnique, auquel il est reçu au sein de la promotion 1919 spéciale, qui rassemble des élèves ayant servi pendant la guerre. À sa sortie, il choisit de poursuivre sa carrière dans l'armée, et il prend part comme Lieutenant au d'artillerie d'Afrique à la guerre du Rif , notamment aux opérations de la tâche de Taza en 1923 et 1924. Participant à seize combats, il y est blessé, et reçoit le titre de chevalier de légion d'honneur à titre exceptionnelBulletin de l'AGPM, 1960.. Il passe ensuite quatre ans comme instructeur à Fontainebleau, puis commande comme capitaine les batteries à cheval de la de Cavalerie. Il sort second de l'École de guerre (1932-1934).

La Seconde Guerre mondiale La campagne de France

La mobilisation de 1939 le trouve chef de la section des Transports stratégiques au (transports et ravitaillement) de l’état-major de l'Armée (EMA), et il contribue, lors de la bataille de France, en mai-, à organiser les transports vers le front et le retour des réfugiés.

L'Armée de Vichy Nommé chef du de l'EMA, il part pour le Maroc en 1942 où, colonel, il prend le commandement du d'artillerie d'Afrique, à Fès. En continuité de son action en métropole, et en cachette des commissions d'armistice italiennes et allemandes, il entreprend de maintenir la préparation de ses hommes à la reprise des combats.

Le réarmement des Forces Françaises vignette|Inspection de l'équipement américain destiné à l'armée française. De gauche à droite : Le colonel Clément Blanc, le général Henri Giraud et le général de brigade Roger Leyer (entre et ). Dès le débarquement américain du , opération Torch, les Forces Françaises d'Afrique du Nord reprennent le combat, sous les ordres du général d'armée Alphonse Juin et le colonel Clément Blanc est appelé à Alger pour y prendre les fonctions de premier Sous-Chef de l’État-major général, chargé de l'organisation et du réarmement des Forces Françaises de la Libération. À ce titre, il participe au Joint Rearmament Council M. Vigneras, Rearming the French , sur history.army.mil, Office of the Chief of Military History, Department of the Army, 1957..

En coopération avec Jean Monnet en mission à AlgerAndré Kaspi, La Mission de Jean Monnet à Alger. Mars-octobre 1943, éd. Richelieu, 1971, ., il met en place la logistique et l'organisation du réarmement. Le convoi « U.G.S. 6 bis », composé de onze « Liberty ships », transporte de matériel depuis les États-Unis.

« Le colonel Clément Blanc avait la responsabilité de diriger toutes les opérations de déchargement, de montage, d'évacuation, de distribution. Carte blanche lui fut donnée par le général Giraud. La réquisition joua à plein. Tout ce qu'Alger et sa banlieue comptaient d'usines, d'ateliers, de garages fut prospecté : camions, grues, ponts roulants, treuils électriques changèrent de main aussitôt découverts. Plusieurs kilomètres de route le long de la baie d'Alger (la route « moutonnière ») furent inclus dans une zone interdite où l'on installa des chaînes de montage prêtes à fonctionner simultanément, chacune affectée à une catégorie de matériel. et cadres, triés sur le volet, constitués en équipes spécialisées, étaient à pied d'œuvre. Une partie provenait des chantiers de jeunesse du colonel Van Hecke. Lorsque, le , le convoi se présenta à l'entrée du port d'Alger, tout était prêt. » Jacques Allard, Résurrection de l'Armée française, éditions Tallandier, Paris, 1973.

Nommé général de brigade en 1944, il conserve son poste à l’État-major général à Alger puis à Paris lors des combats de la Libération et jusqu'à la fin de l’année 1945.

Après guerre vignette|Clément Blanc à l'École Militaire. D’ à , il est le chef d'état-major du général de Lattre, premier commandant en chef des Forces terrestres de l’Europe occidentale, auprès du maréchal Montgomery, à Fontainebleau. Il y est actif pour définir la mise en place du traité de Bruxelles.

En , Clément Blanc est nommé chef d'état-major général des forces armées Guerre (dénomination qui devient en 1951 chef d'état-major de l'armée)F. Cailleteau, Les généraux français au , Economica, ..

Il crée en , sous l'impulsion du gouvernement, le bataillon français de l'ONU qui sera actif en Corée notamment. Via le comité des Chefs d’État-major, il est actif pour définir la Communauté européenne de défense, et notamment les conditions du réarmement nécessaire de l'Allemagne.

Les débuts de l'arme nucléaire

Conscient de l'importance des nouvelles armes nucléaires, le général Blanc crée en 1950 au sein de la Section Technique de l'Armée de Terre (STAT) le groupement Y qui étudie les appareils de détection associésJ. Martinant et D. Mongin, Militaires en République : les officiers, le pouvoir et la vie publique en France, ..

En 1952, il confie à Charles Ailleret la création et la direction du Commandement des Armes Spéciales, dont la mission est de coordonner l'ensemble des activités dans le domaine nucléaire au sein de l'arméeD. Mongin, Genèse de l'armement nucléaire français, , Revue historique des armées, 2011..

L'Indochine et Dien Bien Phu

Critique de l'engagement français dans la guerre d'Indochine, il écrit un rapport de son inspection en Indochine : Impressions d'Indochine, le Vincennes, Service Historique de l'Armée de Terre, 1 K 145(22).. Il y indique que « Le commandement s'est appliqué suivant les décisions gouvernementales à renforcer la situation militaire en Indochine, mais n'a jamais caché que la solution ne pourrait être attendue d'une victoire de nos armes. Tout au plus était-il possible de profiter de succès partiels pour tenter de négocier ».

En , il accompagne en Indochine le ministre René Pleven. Il constate en visitant le camp de Dien Bien Phu que celui est sous le feu de l'artillerie et que la position est intenable : « Ces troupes sont stationnées dans un camp retranché remarquablement organisé et ravitaillé, mais d'une façon précaire eu égard aux conditions météorologiques et au détriment du potentiel aérien. Il n'existe d'autre part aucune possibilité de sortie, toute la cuvette étant sous l'étreinte très rapprochée et continue de l'ennemi, sous le feu de ses armes. »

Le à Saïgon, il donne un rapport oral Bernard B. Fall, Hell in a very small Place, 1966. à Pleven et Chevigné. Il y explique brutalement qu'avant le , le camp retranché sera un marécage noyé par la mousson, et qu'y détruire les forces ennemies n'est que pure illusion. Il propose, avec le général Fay, un plan afin d'évacuer le camp retranché. Le général Henri Navarre n'aura connaissance de ce rapport qu'en 1964. Sa prise de position publique lors d'un dîner au même moment est rapportée dans un télégramme du département d'État des États-Unis du The Ambassador at Saigon (Heath) to the Department of State, sur Département d'État des États-Unis qui souligne le scepticisme de Blanc et du général Fay, chef d’état-major de l'armée de l'air.

Le , il est nommé Directeur de l'Institut des hautes études de Défense nationale et directeur du Centre des hautes études militaires. Le , il est nommé conseiller du Ministre, délégué à la présidence du Conseil pour les questions militaires.

Par décret du , il devient Inspecteur général de l'Armée de terre. Atteint par la limite d'âge, il est versé le dans le cadre de réserve.

Autres activités Nommé conseiller d’État, en , il y siège à la section des Finances jusqu'en 1963.

Il prend, en 1960, la présidence du conseil d'administration de la Caisse nationale militaire de la sécurité sociale et la présidence de l'Association générale de prévoyance militaire jusqu'en 1969.

À titre privé, il s'intéresse à la discussion autour de la localisation de la bataille d'Alésia.

Hommages Il existe un rond-point Général Blanc à l'entrée d'Amélie les Bains.

Carrière militaire 1915 : engagé volontaire 1917 : sous-lieutenant 1919-1920 : École polytechnique (promotion 1919S) 1919 : lieutenant 1927 : capitaine 1934 : commandant 1940 : lieutenant-colonel : colonel 1944 : général de brigade 1946 : général de division : général de corps d'armée 1953 : général d'armée

Décorations

Caporal-Chef honoraire de la Légion Etrangère Commandeur de l'Ordre de l'Empire britannique Officier de la Legion of Merit (U.S.A.) Grand Officier de l'Ordre du Ouissam alaouite (Maroc) Grand-Croix du Nichan Iftikhar (Tunisie) Première Classe de l'Ordre des Partisans Yougoslaves Première Classe du premier Ordre de la valeur Militaire d'Iran

Notes et références

Liens externes

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