L'église Notre-Dame est une église catholique paroissiale située à Jambville, dans les Yvelines, en France. C'est un petit édifice de plan rectangulaire, qui compte seulement dix travées, et remonte en partie au . Remaniée à maintes reprises, elle est assez emblématique des petites églises rurales de la région, dont les différentes parties adoptent l'architecture recherchée des grands édifices contemporains, mais ne sont pas bâties avec la même rigueur, et présentent de nombreuses irrégularités. À part ceci, l'église Notre-Dame a subi des dégradations irréparables dans le passé. Tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, la plupart des chapiteaux ont ainsi perdu leur sculpture, aucune fenêtre ne subsiste plus d'origine, et les élévations extérieures ont été si radicalement restaurées qu'elle ne conservent plus que de rares éléments authentiques. L'on peut notamment signaler un tympan roman quadrillé au nord de la nef. Sinon, le clocher octogonal roman et sa flèche de pierre gothique sont aujourd'hui les seuls éléments dignes d'intérêt à l'extérieur. À l'intérieur, la nef et son collatéral voûté à la même hauteur forment un ensemble presque homogène de style gothique flamboyant. La base du clocher du milieu du et son croisillon sud des années 1220 / 1230 sont d'un bel effet grâce à une habile restauration, qui gomme la mutilation des chapiteaux et les irrégularités grâce à la reconstitution de la polychromie architecturale dans le goût du Moyen Âge. La chapelle de la Vierge Marie, dans l'axe du croisillon, a été bâti en même temps que lui, et est assez bien préservé, tandis que le sanctuaire, dans l'axe de la base du clocher, n'a pas encore été restauré, et ne paraît pas à la hauteur de sa vocation. L'église Notre-Dame a été inscrite aux monuments historiques par arrêté du . Puis, le clocher et le tympan roman ont été classés par arrêté du .. L'église est aujourd'hui affiliée à la paroisse de « Limay-Vexin », qui regroupe seize communes et dix-huit lieux de culte. Des messes dominicales y sont célébrées environ tous les deux mois, à 10 h 30.
Localisation thumb|upright|left|Clocher, côté nord-est.
L'église Notre-Dame se situe en France, en région Île-de-France et dans le département des Yvelines, dans le parc naturel régional du Vexin français, sur la commune de Jambville, au bourg, à l'est du château de Jambville, place Colson. Cette place en forme d'impasse est uniquement accessible depuis le nord. Elle prolonge vers le sud la rue des Tilleuls, soit l'allée qui aboutit sur le portail du parc du château, puis longe à l'est les communs et le mur de la cour d'honneur. Après l'endroit où la rue des Tilleuls aboutit sur la place, elle dévie vers l'est et change de nom. Sous l'appellation de rue du Moustier, elle décrit une boucle, passe devant la mairie, et se dirige vers la RD 43. L'église est ainsi à l'abri des flux de circulation. Elle est bâtie au milieu d'une sorte d'enclos fermé par de hauts murs des quatre côtés, qui correspond à l'emplacement de l'ancien cimetière désaffecté après 1886. Ainsi, on peut faire le tour de l'église, et elle est dégagée de toute construction mitoyenne, mais la proximité des murs empêche en même temps de contempler l'édifice en prenant du recul. Au nord et à l'est, les murs font partie des bâtiments d'exploitation de la Grande Ferme, soit l'ancienne ferme du château. Au sud et à l'ouest, la muraille est celle du parc du château. Jusqu'en 1776, le mur méridional de l'église donnait immédiatement sur le parc du château, tandis que le cimetière touchait au château du côté ouest. Non content de cette situation, le seigneur de Jambville donna un terrain pour agrandir le cimetière vers le sud, et obtint la désaffectation de la partie occidentale du cimetière..
Histoire thumb|upright|left|Chevet, vue depuis le sud-est.
Selon l'abbé Jean Vital Gautier, la fondation de la paroisse remonte à l'année 1023.. Sous l'Ancien Régime, Jambville relève de l'archidiocèse de Rouen, de l'archidiaconé du Vexin français avec siège à Pontoise, et du doyenné de Magny-en-Vexin. Le collateur de la cure est l'abbé de l'abbaye Saint-Germer-de-Fly. Elle dispose également d'un petit prieuré sur place. La grosse dîme est partagée entre l'abbé et le curé.. L'église est dédiée à la Vierge Marie, sur le vocable particulier de l'Assomption..
L'élément le plus ancien de l'église actuelle est le tympan roman de l'ancien portail latéral au nord de la nef, au début de la première travée. Il date du début du , avec la partie gauche de la façade occidentale, son contrefort médian, et une partie du mur septentrional de la nef. La base du clocher, à l'origine croisée du transept, date du second quart ou du milieu du même siècle. Le clocher lui-même a été édifié en même temps, mais sa flèche est plus tardive. Le petit chœur carré est datable de la fin du . Cette construction en plusieurs étapes espacées de plusieurs décennies tend à confirmer que chaque partie construite remplace une travée de l'église primitive du , qui devait être à vaisseau unique, et comporter seulement une nef unique séparée du sanctuaire par la base du clocher, comme à . Vers 1220 / 1230, le croisillon sud de la campagne précédente est remplacé par une construction gothique, qui se prolonge, vers l'est, par une chapelle au sud du chœur. Louis Régnier n'exclut pas qu'elle soit destinée aux offices du prieuré. Puis, au cours des décennies suivantes, voire seulement au , est lancée la flèche de pierre du clocher, dont le caractère gothique est soulignée par ses gargouilles et lucarnes allongées. L'église demeure ensuite inchangée jusqu'à 1510 / 1540 environ, quand elle est dédoublée par un collatéral au sud, et voûtée d'ogives en même temps que lui, dans le style gothique flamboyant. Un bas-côté moins élevé est aussi bâti au nord des deux dernières travées de la nef, mais il est jeté bas à une époque indéterminé, sans doute en même temps que le croisillon nord..
Sous la Révolution française, les paroisses comprises dans le département de Seine-et-Oise sont regroupées dans le nouveau diocèse de Versailles, dont Jambville fait toujours partie. L'église est inscrite aux monuments historiques par arrêté du . Puis, le clocher et le tympan roman sont classés par arrêté du . Le clocher est restauré dans les années 1980, et ses baies, bouchées depuis la construction de la toiture commune à la nef et au collatéral, sont restituées.. D'autres travaux de restauration et d'assainissement sont entrepris en 1989. Le niveau du sol autour de l'église est abaissé à son ancien niveau, et sur la base des traces de la polychromie architecturale ancienne, celle-ci est restituée dans la nef, la base du clocher et le croisillon sud. Des vitraux clairs et lumineux sont installés en 1999. Reste encore à programmer la réfection de la toiture. Les tuiles moussues s'effritent, et des tâches d'humidité apparaissent sur les murs à l'intérieur, et une poutre est fendue. Afin de financer ces travaux, estimés à , la municipalité lance un appel aux dons via la Fondation du patrimoine, en 2016. Jambville est aujourd'hui affiliée à la paroisse de « Limay-Vexin », qui regroupe seize communes et dix-huit lieux de culte. Des messes dominicales y sont célébrées environ tous les deux mois, à 10 h 30.
Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.
Régulièrement orientée, l'église se compose d'un porche moderne devant le portail occidental de la nef ; d'une nef de trois travées barlongues accompagnée d'un unique collatéral d'autant de travées carrées au sud ; d'une base de clocher et d'un chœur rectangulaire d'une seule travées dans l'axe de la nef ; d'un croisillon et d'une chapelle latérale sud, dédiée à la Vierge Marie, dans l'axe du collatéral sud ; et d'une sacristie au nord du chœur. L'ensemble de l'église est à un seul niveau d'élévation, et voûté d'ogives plus ou moins à la même hauteur. À l'intérieur, on voit encore les arcades bouchées vers un ancien collatéral nord, qui n'accompagnait que la deuxième et la troisième travée de la nef, et tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, l'arcade également bouchée vers un ancien croisillon nord. L'ensemble de l'église est munie d'une toiture commune à deux rampants, avec un pignon en façade et un autre au chevet, qui épargne seulement le clocher. Le clocher transit vers un plan octogonal en haut de sa base, et est coiffé d'une flèche de pierre du même plan.
Intérieur Nef et collatéral thumb|Nef, vue vers l'est. thumb|Nef, vue sur l'arc triomphal. thumb|Nef, vue vers l'ouest.
À l'instar de l'ensemble de l'église, la nef est d'allure modeste, seulement deux fois plus longue que large, et assez basse. En effet, la hauteur est inférieure à la largeur, et la hauteur des piliers ne dépasse guère la moitié de la hauteur totale. Les arcs-doubleaux perpendiculaires affectent un tracé surbaissé, afin d'éviter que les voûtes ne retombent encore plus bas. Par ses proportions, et les deux larges pans de mur qui flanquent l'arc triomphal ouvrant sur la base du clocher et le sanctuaire, la nef apparaît clairement comme une ancienne nef non voûtée. Sa largeur est en effet plus importante que celle des travées orientales voûtées d'ogives dès l'origine, et sa faible hauteur résulte du voûtement sans exhaussement des murs, sachant que les voûtes de pierre sont toujours comprises entre les murs gouttereaux, tandis que les charpentes apparentes permettent de mettre à profit l'espace compris sous les combles en le rattachant au volume intérieur. Par ailleurs, la nef est légèrement désaxée vers le nord par rapport à la base du clocher. Il semble également assez évident que les voûtes actuelles soient secondaires, car elles sont dénuées de formerets, mais ce n'est pas une preuve, et le collatéral est dans le même cas. Les deux piliers isolés des grandes arcades ont des bases difformes, indéfinissables. Comme à Jambville, les anciennes nefs uniques romanes d'Arthies, Boury-en-Vexin, Oinville-sur-Montcient et Vaudancourt ont ainsi été voûtées d'ogives à la période flamboyante..
Le collatéral sud atteint la même hauteur que la nef, mais est moins large, de sorte que ses travées sont carrées. Étant donné qu'il s'agit seulement d'un collatéral, ses dimensions sont assez généreuses. Plusieurs églises du Vexin français rebâties à la période flamboyante ont ainsi deux vaisseaux de la même hauteur, à savoir Boury-en-Vexin (du côté sud), , Parnes (du côté sud), Vaudancourt, Villers-en-Arthies, ainsi que Genainville et Limay, où cet état remonte toutefois au .. Avant de venir à la description des voûtes et de leurs supports, qui concerne tout aussi bien le collatéral, il convient d'évoquer l'élévation nord et le mur occidental. Celui-ci ne présente qu'un portail rectangulaire à deux vantaux au-dessus de trois marches d'escalier. Au nord de la première travée, l'on voit les claveaux de l'archivolte de l'ancien portail roman et le revers du tympan, ainsi qu'une lancette simple sans caractère. Au nord des deux travées suivantes, l'on voit une arcade en plein plein cintre bouchée sans supports ni mouluration, qui délimite supérieurement une baie en anse de panier aménagée après la démolition du bas-côté nord. Le collatéral débouche à l'est sur une arcade brisée sans caractère, qui a de toute évidence été percée dans le mur occidental du croisillon sud gothique, et établit l'intercommunication avec cette travée et la chapelle latérale sud. L'élévation sud et le mur occidental présentent des baies en arc brisé refaites à la période moderne, soit quatre au total.