Le terme dioptase désigne un minéral de la classe des silicates, sous-classe des cyclosilicates. Sa formule chimique est .

Genre du terme Le nom dioptase forgé par Haüy est initialement féminin. Le minéral fut ensuite appelé cuivre dioptase (au masculin), abrégé en dioptase au masculin ou au féminin. Aujourd’hui les deux genres perdurent mais la Société française de minéralogie et de cristallographieSite de la Société française de minéralogie et de cristallographie et le MNHN emploient le masculin, et c’est aussi le choix que fait la banque de données terminologiques et linguistiques du gouvernement du Canadabanque de données terminologiques et linguistiques du gouvernement du Canada.

Historique de la description et appellations

Inventeur et étymologie C'est le minéralogiste allemand Moritz Rudolph Ferber qui, à la fin du , s'intéressa le premier à ce minéral. Mais il le définit de façon erronée comme une émeraude, et c'est le minéralogiste français René Just Haüy qui en 1797 démontra qu'il s'agissait d'un minéral à part et lui donna le nom de dioptase, du grec et , en référence au fait qu'on peut voir à travers ses cristaux les traces des plans de clivage. Il donnera à ce terme le genre féminin.

Topotype Le topotype se trouve dans la mine de cuivre d'Altyn-Tyube, dans les steppes de Kirghese (Oblys de Karaganda, Kazakhstan).

Synonymes Il existe plusieurs synonymes pour cette espèce minérale« Index alphabétique de nomenclature minéralogique » BRGM : achirite ; achrite ; aschirite ; dioptasite ;

kirghisite ; rhombohedral emerald malachite (Comstock, 1821) ; smaragdo-chalcite Mohs.

Caractéristiques physico-chimiques

Critères de détermination Le dioptase forme des cristaux prismatiques transparents à translucides, d'éclat vitreux. Elle est de couleur vert émeraude à bleu-vert foncé. Son trait est vert et sa cassure est conchoïdale. Sa dureté, de 5 sur l'échelle de Mohs, est moyenne.

Au chalumeau, le dioptase ne fond pas mais noircit en colorant la flamme en vert. Il est soluble dans l'acide nitrique et l'acide chlorhydrique.

Cristallographie Le dioptase cristallise dans le système cristallin trigonal, de groupe d'espace R (Z = 18 unités formulaires par maille conventionnelle)ICSD No. ; . Paramètres de la maille conventionnelle (réseau hexagonal) : a = , c = (volume de la maille V = ) ; Masse volumique calculée= . Les cations Si sont en coordination tétraédrique d'anions O, avec une longueur de liaison Si-O moyenne de . Les tétraèdres SiO sont reliés par leurs sommets et forment des anneaux .

Les cations Cu sont en coordination (4+2) octaédrique déformée d'anions O et de molécules , avec les longueurs de liaison moyennes Cu-O = et = . La distribution des longueurs de liaison dans les octaèdres est typique de l'effet Jahn-Teller rencontré dans les composés de Cu(II) et permet une description alternative de la structure en termes de groupes carrés . Dans cette description, les groupes sont reliés deux à deux par une arête et forment des dimères ; ces dimères sont reliés par un sommet et forment des chaînes hélicoïdales le long de la direction c.

Propriétés physiques Le dioptase est pyroélectrique.

Chauffé, il subit plusieurs transformations : entre et , le dioptase vert devient bleu. Une diminution des paramètres de maille est observée mais la composition chimique reste inchangée. Cette transformation n'est pas réversible ; entre et , le dioptase devient noir et perd son eau ; au-dessus de , CuSiO se décompose en + CuO, puis en CuO + SiO.

Les cations Cu portent un spin 1/2 et sont soumis à des interactions magnétiques. À température ambiante le dioptase est paramagnétique, au-dessous de il devient antiferromagnétique.

Gîtes et gisements

Gîtologie et minéraux associés Le dioptase est un minéral plutôt rare, que l'on trouve dans les zones d'oxydation des gisements cuprifères. On le trouve associé aux minéraux suivants : calcite, cérusite, chrysocolle, fluorine, fornacite, hémimorphite, malachite, mimétite, planchéite, quartz, wulfénite.

Gisements producteurs de spécimens remarquables

Rabejac, Lodève, Hérault. Reste du monde Dépôts d’Altyn-Tube, steppes de Kirghiz, Qaraghandy Oblysy (Karaganda Oblast), Kazakhstan The Mineralogical Record, vol. 23, p. 495 ; Mine de Tsumeb (Tsumcorp Mine), Tsumeb, Région d'Otjikoto (Oshikoto), Namibie Mineral. Rec. 19:117, 19:337, 8:Tsumeb 23/49/71, 7:133 ; Renéville, Djoué, région de Brazzaville, République du Congo The Mineralogical Record, vol. 10, p. 180 ; The Mineralogical Record, vol. 16, p. 303.

Exploitation des gisements La dureté du dioptase, de 5 sur l'échelle de Mohs, est la même que celle de l'émail dentaire. Malgré son éclat, il est donc trop tendre et présente un clivage trop facile pour être aisément monté en joaillerie. On trouve cependant quelques bijoux portant de petits dioptases taillés comme des émeraudes. L’ambigüité avec l'émeraude est souvent entretenue pour des raisons frauduleuses. Le dioptase est surtout apprécié des collectionneurs pour sa couleur.

Galerie Galerie Tsumeb

Galerie Renéville

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie . . . . . .

Liens externes

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