L’église Saint-Martin-et-Saint-Léonard est une église catholique paroissiale située à Vez, dans le département de l'Oise, en France. Sa partie la plus remarquable est son petit chœur rectangulaire de style gothique, qui date des années 1225 / 1230 et est d'une sobre élégance. Le clocher en bâtière un peu trapu, d'une génération plus ancienne, le flanque au nord, et le dépasse de peu. Son rez-de-chaussée abrite la chapelle de la Vierge. Quatre fois plus long que le chœur est la nef non voûtée du milieu du , dont la charpente partiellement apparente conserve des engoulants. Quoique largement dominée par le chœur à l'extérieur, elle atteint, à l'intérieur, la même hauteur sous plafond que ce dernier. La nef vaut surtout pour sa façade occidentale assez originale et conservée sans aucune altération, et les grandes arcades gothique flamboyant vers le bas-côté nord, qui aboutit sur la base du clocher. L'église a été inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du .. Elle est aujourd'hui affiliée à la paroisse Saint-Sébastien de Crépy-en-Valois, et des messes dominicales y sont célébrées tous les deux mois environ, à 11 h 00.

Localisation

L'église Saint-Martin-et-Saint-Léonard est située en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, sur la commune de Vez, au nord de la vallée de l'Automne, que dominent le donjon de Vez et le village bâti à son abri. Elle est bâtie en recul par rapport à la rue principale du village, la rue de la croix Rebours, au nord, rue de l'Église. Celle-ci quitte la rue principale au niveau du monument aux morts, au milieu d'une petite place, et débouche sur le portail sud de l'église. Elle se poursuit néanmoins vers le nord, en devenant beaucoup plus étroite, passe immédiatement devant la façade occidentale, et aboutit sur le chemin de la Procession. En partant de la rue de l'Église, une ruelle se faufile entre l'élévation nord de l'église et la propriété voisine, puis s'élargit et dévie vers le nord, avant d'aboutir elle aussi sur le chemin de la Procession. En somme, le début de l'élévation sud de la nef, la façade et l'élévation nord donnent ainsi sur la voie publique. Le reste de l'élévation sud donne sur une propriété privée close par des murs, et le chevet est enclavée dans un jardin, et partiellement mitoyen d'une remise desservie par la ruelle.

Historique thumb|upright|left|Statue de saint Martin.

L'on ignore la date de fondation de la paroisse. Sous l'Ancien Régime, elle dépend du doyenné de Coyolles, de l'archidiaconé de la Rivière, et du diocèse de Soissons. Le collateur de la cure est l'évêque de Soissons.. Les deux saints patrons sont saint Martin de Tours et saint Léonard de Noblat, dit aussi saint Léonard du Limusin. Ce dernier vocable, assez rare dans le nord de la France, est partagé avec l'église d'Avilly-Saint-Léonard, près de Senlis. La partie la plus ancienne de l'église actuelle est la nef, dont la façade occidentale est datable des alentours de 1150. Le mur méridional a été si souvent réparé qu'il a perdu tout caractère. Vers 1200, le clocher est bâti au nord du sanctuaire roman qui existe encore à cette époque. Ce dernier est jeté bas une génération plus tard, et le chœur gothique est édifié à son emplacement. Son style indique les années 1225 / 1230, et semble influencé par l'abbatiale de Saint-Jean-aux-Bois. Ce n'est qu'à la première moitié du que des grandes arcades sont ouvertes dans le mur nord de la nef, et que l'église est agrandie par l'adjonction d'un bas-côté.

Sous la Révolution française, Vez est rattaché au diocèse de Beauvais à l'instar de l'ensemble des paroisses sur le territoire du département de l'Oise. Après le rétablissement du culte, le village devient une succursale qui compte dans son étendue l'ancienne paroisse d'd'Éméville. L'église est inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du . Elle bénéficie de plusieurs campagnes de construction à la fin du et au début du . Depuis la création de quarante-cinq nouvelles paroisses en 1996., Vez est l'une des seize communes regroupées dans la paroisse Saint-Sébastien de Crépy-en-Valois.. Les messes dominicales y sont généralement célébrées le dimanche à 11 h 00, en alternance avec l'une des sept autres églises de la communauté de Vaumoise. La fréquence ne dépasse guère une messe tous les deux mois, sans compter les célébrations particulières.

Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.

Régulièrement orientée, l'église répond à un plan dissymétrique à deux vaisseaux. Elle se compose d'une nef de quatre travées accompagnée d'un unique bas-côté du côté nord ; d'un chœur d'une seule travée terminé par un chevet plat ; d'un clocher en bâtière dont la base accueille une petite chapelle, dans l'axe du bas-côté et au nord du début du chœur ; et d'une sacristie au sud du chœur. Une tourelle d'escalier cylindrique flanque l'angle nord-ouest du clocher, du côté ouest. L'ensemble de l'église ne compte qu'un unique niveau d'élévation. La nef est recouverte d'une fausse voûte en berceau brisé en bois plâtré. Le plafond incliné du bas-côté n'est autre que le revers de son toit en appentis. Le chœur et la base du clocher sont voûtés d'ogives. L'on accède à l'église par le portail occidental de la nef, ou par un portail latéral dans la première travée de la nef, au sud.

Intérieur Nef et bas-côté thumb|upright|Nef, vue vers l'est. thumb|upright|Grandes arcades.

Conçue comme nef unique et non destinée à être voûtée, la nef est une construction simple, qui tient son caractère des grandes arcades de la période flamboyante au nord, faisant face à un mur percé de hautes fenêtres en plein cintre au sud, comme à Borest. Certaines baies devraient dater d'origine. Elles sont toutes munies d'un ébrasement, comme c'est la règle au Moyen Âge, mais la deuxième est beaucoup plus étroite que les autres, et dans la quatrième travée, l'on trouve assez curieusement deux baies un peu plus petites que les autres. Sinon il y a une baie par travée. Les allèges représentent un tiers de la hauteur du mur gouttereau sud. Elles sont habillées de boiseries sobres du , qui sont constituées de panneaux à fenestrages, et atténuent quelque peu l'austérité de l'architecture. Elle est, d'autre part, renforcée par le plâtrage du lambris de la charpente, selon un usage fréquent à la période classique. On trouve des fausses voûtes semblables à Béthancourt-en-Valois, Béthisy-Saint-Martin, Gilocourt, Glaignes, Ormoy-Villers, Saint-Vaast-de-Longmont, etc. Des lambris apparents conservés en l'état sont en effet devenus assez rares dans la région. L'avantage des fausses voûtes est évident : elles sont légères, peu onéreuses, et permettent surtout de rattacher une bonne partie du volume des combles à l'espace intérieur, qui en tient des proportions élancées malgré la hauteur toute relative des murs gouttereaux. En l'occurrence, la nef atteint ainsi la même hauteur sous le sommet du plafond que le chœur, qui la dépasse pourtant nettement en hauteur à l'extérieur. Dominique Vermand se fait ainsi impressionner par les élévations extérieures du chœur et le dit très élevé par rapport à la nef. De même, Dany Sandron souligne . Ce propos n'est pas très judicieux, mais il est vrai que les entraits et poinçons de la charpente relativisent visuellement quelque peu la hauteur de la nef, d'autant plus qu'une ferme de la charpente se superpose à l'arc triomphal ouvrant sur le chœur, ce qui n'est pas d'un effet heureux. Il faut en même temps saluer la bonne conservation des éléments visibles de la charpente, qui donnent quelque cachet à la nef dont l'architecture se résume à si peu de chose. On retient surtout les engoulants sous la forme de têtes de monstre, comme à Amblainville, Auvillers, Fresnoy-la-Rivière, Gonesse, Méru, Ully-Saint-Georges, etc..

Les grandes arcades en tiers-point occupent entièrement l'élévation nord de la nef, et sont pourtant d'un aspect léger, car largement ouvertes, et retombant sur des piliers cylindriques pas trop fortes. Si la période flamboyante a laissé beaucoup de nefs aveugles dans la région, éclairées seulement indirectement par les baies des collatéraux, les exemples de bas-côtés uniques sont également fréquentes. Sans doute afin d'optimiser l'éclairage par la lumière naturelle du vaisseau central, ils semblent le plus souvent disposés au nord, à moins qu'ils ne soient voûtés à la même hauteur que la nef. On peut, à ce titre, citer Avilly-Saint-Léonard, Borest, Fresnoy-en-Thelle, Lierville, Mont-l'Évêque, Neuilly-sous-Clermont, Rivecourt, Saintines, Le Thillay, Villeneuve-sur-Verberie, etc. Sauf à Rivecourt, la nef est d'origine plus ancienne. Il est assez significatif du qu'on ne se contente plus d'ouvrir des arcades sommaires dans le mur existant, mais que l'on effectue une reprise en sous-œuvre pour réaliser des arcades bien régulières et soigneusement moulurées. En l'occurrence, elles accusent, du haut vers le bas, une baguette reliée à une large gorge, une rainure, et une moulure concave. C'est le profil habituel des pourtours des fenêtres à la période flamboyante. L'intrados est méplat, et n'affiche pas l'habituel boudin. Comme particularité, le filet de l'intrados se continue sur les piliers. Les arcades se fondent directement dans les piliers, sans interposition de frises ou chapiteaux, conformément aux préceptes de l'architecture flamboyante, qui sont loin d'être toujours rigoureusement observés. Le parti des piliers cylindriques appareillés en tambour n'est en revanche pas tout à fait dans l'esprit du temps, mais néanmoins fréquent en raison de son moindre coût. On trouve donc des piliers semblables à Bessancourt, Boran-sur-Oise, La Chapelle-en-Serval, Fresnoy-la-Rivière, Jagny-sous-Bois, Orrouy, Précy-sur-Oise, Survilliers, Le Thillay, Vineuil-Saint-Firmin, etc. Cependant, dans aucun des cas, ces piliers sont garnis d'un filet dans l'intrados des arcades, comme c'est le cas à Vez. Habituellement, les piliers portent des croix de consécration. À Vez, ils conservent les traces de la profanation de l'église sous la Révolution française. Chaque pilier libre affiche l'un des éléments de la devise républicaine Liberté, Égalité, Fraternité au-dessus d'un bonnet phrygien. Les bases sont assez frustes, et se limitent à un quart-de-rond. Elles reposent sur des socles octogonaux. Quant au bas-côté lui-même, il n'appelle que peu de remarques. Bien que la hauteur des grandes arcades aurait permis de lui donner une certaine élévation, on a opté pour un plafond incliné et un mur gouttereau très bas, qui est percé de petites baies en plein cintre nettement ébrasées. Il n'y a pas de fenêtre dans la dernière travée, dont la tourelle d'escalier est mitoyenne. Les murs sont revêtus des boiseries du même type que dans la nef.

Base du clocher thumb|upright|Vue vers l'est.