Gerhard Bohne (Brunswick, - ) était un juriste allemand, membre de la SA et SS-Hauptsturmführer, qui joua un rôle majeur dans l'extermination des handicapés physiques et mentaux menée par le régime nazi.
Biographie Formation et engagement politique Fils d'un employé des chemins de fer, Bohne effectue ses études secondaires à Cologne. En 1921, il entame des études de droit. Après avoir réussi son premier examen d'état en 1924, il travaille comme référendaire à Cologne et à Berlin. Il obtient son doctorat en et est admis au barreau de Berlin en 1930.
Bohne s'engage politiquement au cours de sa scolarité et rejoint le Deutschvölkischen Schutz- und Trutzbund le . Le , il devient membre du parti nazi et de la SA, dont il défend des membres devant les tribunauxzitiert nach: Thomas Vormbaum, ., ce qui contribue à construire sa réputation au sein du parti nazi.
Période national-socialiste Après l'accession des nazis au pouvoir, Bohne occupe des fonctions à responsabilité dans un des bureaux de la politique juridique du Gau de Berlin. Le , il est condamné à une peine de prison et à une amende de et à une peine de prison pour trafic de devises. Bohne rejoint la SS le après avoir quitté la SA deux ans plus tôt. En 1939, juriste à Cologne, il exerce les fonctions de juge d'instruction et préside plusieurs associations juridiques dont celle des avocats de la défense au sein de la fédération des avocats nazis ; il dirige également la section I du département politico-juridique du parti nazi traitant des droits des citoyens.
Au sein de l'Aktion T4 Au début de l'automne 1939, Bohne rejoint l'Aktion T4 où il est chargé de mettre en place les procédures bureaucratiques de la sélection, du transport et de l'élimination des victimes, et devient l'adjoint direct de Viktor Brack. . Bohne prend la direction du bureau central de l'opération et celle de son département administratif. Outre la gestion administrative de l'opération d'extermination, il est chargé de dissimuler son existence à la population allemande et de garder secret le rôle essentiel de la chancellerie du Führer. Il est également actif au sein de la Croix-Rouge allemande.
Fin 1940 ou début 1941, Bohne rédige un mémorandum, notamment destiné à Reinhard Heydrich, pour dénoncer les abus qu'il a constaté au sein du personnel de l'Aktion T4, comme des profits sur la nourriture et l'alcool, des abus d'alcool, des débordements sexuels et l'utilisation privée de véhicules officiels, cette dernière accusation visant expressément Philipp Bouhler. Il accuse aussi nommément Bouhler et Brack d'organiser des orgies avec les secrétaires de l'opération et Brandt d'être . Il insiste particulièrement sur le comportement scandaleux du personnel du centre de mise à mort de Hartheim. Son rapport ne suscitant aucune intervention, Bohne démissionne de son poste de directeur général de l'Aktion T4, poste auquel il est remplacé par Dieters Allen en . .
Si le rapport de Bohne fait sensation, notamment parce que certaines des accusations s'avèrent fondées, il suscite des remous et est dénoncé comme exagéré, voire selon l'épouse d'Irmfried Eberl avoir été écrit par un malade. Bohne est traduit devant le tribunal suprême du parti nazi et exclu du parti le , le verdict du tribunal étant secret. En décembre de la même année, il est également exclu de la SS.
Tentatives de procès Versé dans la Wehrmacht, Bohne est fait prisonnier par les troupes américaines en Italie et est libéré fin 1946. Il retourne ensuite à Cologne puis à Düsseldorf, où il travaille comme assistant juridique dans un cabinet d'avocats.
En 1949 Bohne gagne l'Argentine où il travaille dans une entreprise industrielle puis comme conseiller juridique ; il y collabore la revue des nazis réfugiés dans ce pays, Der Weg. Il revient en Allemagne en 1955 et exerce comme avocat à Cologne et à Düseldorf à partir de .
Bohne est arrêté et placé en détention provisoire le ; le , le procureur près le tribunal supérieur de Francfort-sur-le-Main reprend dans son acte d'accusation la charge du meurtre délibéré d'au moins . Libéré sous caution pour raison de santé le , Bohne s'enfuit vers le Danemark puis Zurich avant de se réfugier à nouveau en Argentine à Buenos Aires. Il y est arrêté par la police argentine le ; extradé après deux ans de procédure, il est remis à la police allemande le . Les poursuites judiciaires reprennent en 1967, mais elles sont ralenties par plusieurs absences de l'accusé aux audiences pour raisons de santé. Pour ce même motif, les poursuites sont abandonnées le .
Bibliographie Ernst Klee: „Euthanasie“ im NS-Staat. 11. Auflage. Fischer-Taschenbuch, Frankfurt am Main 2004, . Ernst Klee: Was sie taten – Was sie wurden. Ärzte, Juristen und andere Beteiligte am Kranken- oder Judenmord. 12.Auflage. Fischer TB, Francfort-sur-le-Main, 2004, . Ernst Klee: Gerhard Bohne. Eintrag in ders.: Das Personenlexikon zum Dritten Reich. Wer war was vor und nach 1945. Aktual. Ausgabe. Fischer TB, Francfort 2005, , .
Thomas Vormbaum (Hrsg): „Euthanasie“ vor Gericht. Die Anklageschrift des Generalstaatsanwalts beim OLG Frankfurt/M. gegen Werner Heyde u. a. vom 22. . Berliner Wissenschafts-Verlag, Berlin 2005, .
Références
Catégorie:Membre de la SA Catégorie:SS-Hauptsturmführer Catégorie:Aktion T4 Catégorie:Naissance en juillet 1902 Catégorie:Naissance à Brunswick (Basse-Saxe) Catégorie:Naissance dans le duché de Brunswick Catégorie:Lieu de décès inconnu Catégorie:Décès en juillet 1981 Catégorie:Décès à 79 ans