L'église Saint-Denis est une église catholique paroissiale située à Fresnoy-la-Rivière, dans l'Oise, en France. Elle est presque entièrement issue de la reconstruction gothique flamboyante après la guerre de Cent Ans, au cours de la première moitié du . Elle est pourtant loin d'être homogène. Le clocher en bâtière, d'une facture assez archaïque par rapport à l'époque, est l'un des rares exemplaires du à présenter un double étage de beffroi. Il occupe l'angle sud-ouest de la nef. Celle-ci est précédée d'un porche bâti en dur de dimensions généreuses. La nef elle-même est de grande ampleur, et particulièrement large. Elle n'est pas voûtée, mais recouverte d'une belle charpente en carène renversée qui était lambrissée jusqu'à la dernière restauration. Au sud, un bas-côté pas non plus voûté accompagne la nef, mais ne commence qu'à l'est du clocher. La nef ouvre à la fois sur la croisée du transept et le croisillon nord, qui sont de largeur et de hauteur analogues, tandis que le bas-côté ouvre sur le croisillon sud, qui est moins large. C'est une autre spécificité de l'église. Mais elle est surtout réputée pour son double transept, qui aboutit sur une abside à cinq pans recouverte de deux voûtes séparées. Cet ensemble est d'une architecture recherchée. Les six voûtes du transept reposent au milieu sur deux minces piliers cylindriques. Le long des murs, leurs nervures descendent tout au contraire jusqu'au sol, ce qui est une marque de raffinement. Les réseaux des fenêtres sont soignés. Les voûtes de l'abside sont reçues sur des colonnettes uniques, dont les chapiteaux reflètent l'influence de la Renaissance. Il en va de même des réseaux des fenêtres. Deux baies de l'abside conservent des verrières antérieures à 1560, mais l'une n'est que l'assemblage de fragments, dont certains sont de grand intérêt. L'autre est un arbre de Jessé. L'église a été classée aux monuments historiques par arrêté du ., et a bénéficié d'une restauration partielle en 2014-2016. Fresnoy-la-Rivière est aujourd'hui affilié à la « paroisse de la vallée de l'Automne / paroisse Saint-Pierre » de Verberie, et les messes dominicales anticipées sont célébrées en l'église Saint-Denis chaque mois de septembre à avril un samedi à 17h15.

Localisation thumb|left|Vue depuis le sud-est, en arrivant depuis Crépy-en-Valois.

L'église Saint-Denis est située en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, au nord de Crépy-en-Valois, dans la vallée de l'Automne, sur la commune de Fresnoy-la-Rivière, à la limite sud sud du bourg, sur un tertre, rue du Valois (RD 335). En arrivant depuis Crépy-en-Valois, la route passe devant le chevet, qui la surplombe grâce à un mur de soutènement, puis dévie vers l'ouest, et descend en même temps vers le fond de la vallée. Elle ne donne pas directement accès à l'église. Depuis la bifurcation avec la rue de Flandre, au nord-est de l'église, il faut prendre un chemin en cul-de-sac, qui entreprend l'ascension de la butte tout en décrivant une boucle, longe l'élévation septentrionale de l'église, puis s'arrête. En arrivant depuis le centre du bourg, on peut couper le chemin grâce à un long escalier. Devant la façade occidentale, s'étend le jardin de l'ancien presbytère, qui est la seule maison contigüe à l'église, au sud-ouest. En traversant le porche devant la façade, on atteint le cimetière municipal, qui se situe au sud de l'église, et offre une vue d'ensemble de l'édifice.

Historique thumb|upright|Façade occidentale.

Sous l'Ancien Régime, la paroisse de Fresnoy-la-Rivière dépend du doyenné de Crépy-en-Valois et du diocèse de Senlis. Cependant, la partie du village située de l'autre côté de la rivière Automne, dit la Pierre Bavoire, relève de la paroisse de Morienval, de l'archidiaconé de La Rivière, et du diocèse de Soissons. Grâce à une donation de Guy II le Bon, évêque de Senlis, vers 1042, le collateur de la cure est le chapitre de la collégiale Saint-Rieul de Senlis. Le saint patron de l'église est saint Denis. C'est aussi le vocable de l'abbatiale de Morienval, à laquelle Carloman II avait donné la terre de Fresnoy-la-Rivière vers la fin du .. L'église est certainement d'origine ancienne, mais l'édifice actuel est presque entièrement issu de la reconstruction après la guerre de Cent Ans, pendant la première moitié du , dans le style gothique flamboyant. Dominique Vermand distingue deux campagnes de construction successives, sans préciser à quelles parties de l'église elles correspondent. L'unique élément bien caractérisé qui subsiste de la précédente église est la fenêtre de style gothique rayonnant tardif au nord de la dernière travée de la nef. Elle date de la fin du .. Les fenêtres en plein cintre des deux précédentes travées, de même que les contreforts, pourraient toutefois remonter à la fin du .

La Révolution française apporte le rattachement de l'ensemble des paroisses du département de l'Oise au diocèse de Beauvais, qui est supprimé à son tour sous le concordat de 1801, puis rétabli en 1822. La succursale de Fresnoy-la-Rivière, selon la terminologie alors en vigueur (le titre de paroisse étant réservé aux chefs-lieux de canton), compte dans son étendue la chapelle Saint-Marcoul du hameau de Vattier-Voisin, à seulement du bourg. Avec la réunion de la commune de Pondron à Fresnoy-la-Rivière en 1825, la commune compte désormais un troisième lieux de culte avec l'église Notre-Dame de Pondron. Au , cette dernière est toutefois desservie par le curé de Feigneux. L'église Saint-Martin est classée aux monuments historiques par arrêté du . Depuis la définition de quarante-cinq nouvelles paroisses à l'échelle du diocèse en 1996, le village est affilié à la « paroisse de la vallée de l'Automne / paroisse Saint-Pierre » de Verberie.. Cette très grande paroisse s'étend sur quatorze communes dont deux disposent de deux, voire trois églises. En alternance avec les autres églises de la moyenne Vallée de l'Automne, des messes dominicales sont célébrées en l'église Saint-Denis environ deux à trois dimanches par an à 9 h, ainsi que quelquefois le samedi à 17 h 30 ..

Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.

À peu près régulièrement orientée, avec une légère déviation de l'axe vers le sud-est du côté du chevet, l'église se compose d'une large nef non voûtée, dont l'angle sud-ouest est occupée par la base du clocher ; d'un collatéral sud de trois travées, qui ne commence qu'après le clocher ; de deux transepts successifs ; et d'une abside à cinq pans. Selon la lecture, on peut considérer la double croisée du transept comme les deux premières travées du chœur, et les deux doubles croisillons, comme les collatéraux du chœur. Un porche bâti en dur, avec des ouvertures sans portes au nord, à l'ouest et au nord, précède le portail occidental de la partie nord de la nef. La base du clocher, qui communique avec la nef par deux grandes arcades, possède également un portail occidental. Il donne sur le cimetière et est rarement utilisé. Une cage d'escalier flanque l'angle sud-est du clocher. Le double croisillon nord fait suite à la moitié nord de la nef, et le vaisseau central du chœur est établi dans l'axe du clocher et la moitié sud de la nef. Le double croisillon sud prolonge le bas-côté sud de la nef. La nef est recouverte d'une charpente en carène renversée, qui a perdu ses poinçons et son lambris. Chacune des travées du bas-côté est munie d'un toit en bâtière indépendant perpendiculaire à l'axe de l'édifice, avec, à l'intérieur, une charpente apparente. La base du clocher, les six travées du double transept et l'abside sont voûtées d'ogives. Le clocher est coiffé en bâtière.

Intérieur Nef thumb|Vue vers le sud-est. thumb|Vue vers l'est. thumb|Vue vers le nord-est. thumb|Vue vers l'ouest.

La nef est d'une grande ampleur. Elle constitue, dans la région, le seul cas où une nef se raccorde à la fois au vaisseau central du chœur et à son collatéral nord, par deux arcs-doubleaux équivalents, et non par un passage berrichon ou une petite arcade pour le collatéral ou croisillon. La raison est bien sûr le très net désaxement de la nef par rapport au vaisseau central du chœur. Il s'explique ici par la prise en compte de l'existence du bas-côté sud, déjà en projet, lors de la construction des parties orientales. Ainsi, la nef est en quelque sorte considérée comme un double vaisseau, ce qui est du reste assez manifeste à son extrémité occidentale, où la base du clocher n'occupe que la moitié de la largeur de la nef, et où voisinent deux portails occidentaux pour la même nef. Au cas où le conseil de fabrique, chargé de la construction et de l'entretien de la nef, avait disposé de moyens suffisants, on aurait ainsi pu construire des grandes arcades au milieu de la nef, et la voûter d'ogives en même temps que le collatéral. La façon dont le clocher fait saillie dans la nef, sans aucun artifice pour dissimuler ses contreforts, souligne le caractère provisoire de la situation actuelle, mais ne fait apparaître en même temps aucun indice matériel du potentiel projet d'un voûtement d'ogives. L'on note seulement le départ d'une voûte en berceau perpendiculaire à l'axe de l'édifice au nord.

Il n'y a pas non plus de départ de voûte à l'ouest des piliers du transept, comme on peut en voir à Orrouy. Dans le même sens, le soin apporté à la charpente donne à penser que le voûtement ne devait pas être considéré comme imminent lors de la construction de celle-ci. Les pannes sablières sont moulurées, et les entraits sont pourvus d'engoulants, comme à Amblainville, Auvillers, Gonesse, Méru, Ully-Saint-Georges, Vez, etc. Avec le lambris, la charpente devait être d'un bel effet, comme à Gonesse, Hodenc-en-Bray, Mogneville, Roberval, etc. Mais probablement, la charpente est antérieure aux parties orientales et au collatéral sud, faute de quoi on aurait placé le clocher en avant du bas-côté, conformément à l'usage au , et non dans la nef. Ceci n'explique toujours pas pourquoi les faces nord et est du clocher sont conçues comme si elles étaient destinées à regarder vers l'extérieur, et ajourées de baies, alors qu'il a toujours dû se situer au sein de la nef, comme l'indique l'antériorité du mur gouttereau nord au reste de l'église.

Les deux arcades qui ouvrent sur la base du clocher, coincées entre deux contreforts, sont en tiers-point, et à double rouleau. Le rouleau supérieur est mouluré d'une gorge et d'une fine moulure concave, qui se continuent sur les piédroits et descendent jusqu'au sol. Le rouleau inférieur montre le même profil, mais inversé. Il accuse le même tracé que le rouleau supérieur, et assez curieusement, aussi les mêmes dimensions, de sorte qu'il bute contre les piédroits sans continuer sa trajectoire jusqu'au sol. À l'intérieur de la travée, les formerets adoptent un profil analogue, et descendent jusqu'au sol, de même que les ogives, qui se présentent par un filet entre deux fines moulures concaves dans l'intrados, et comportent de chaque côté une large gorge dégagée des voûtains par un filet saillant. Ce profil est d'un type courant, et se retrouve, chargé de moulures concaves supplémentaires, dans le double transept. À la clé de voûte, les filets de l'intrados se croisent, entourés d'un losange. Le voûtain méridional est perforé d'un trou de cloches. Depuis le sud, le jour entre par une baie en arc brisé fortement ébrasée en raison de l'épaisseur du mur. Elle est munie d'un remplage assez étrange, à deux lancettes surmontées de quatre petites formes mal définies, aux meneaux simplement chanfreinés. Le mur occidental comporte seulement le petit portail en anse de panier.