Enoch et compagnie est une société française d'édition musicale fondée en 1853 et dont le siège se trouve à Paris.
Histoire vignette|Siège des éditions musicales Enoch & Cie 193 boulevard Pereire à Paris 17e vignette|Couverture de la Bourrée fantasque de Chabrier, Enoch, illustration de P. Borie vignette| Affiche pour François les Bas bleus, opérette de Bernicat et Messager (Lithographie Chaix & Jules Chéret, 1883). vignette| Paris-Vienne, marche pour piano de Justin Clérice (partition de 1907). En 1853, à Paris, Carl Enoch (Celle, 1805 - Paris, 1883), représentant de commerce pour les éditions musicales Meyer & Litolff originaires de Brunswick Histoire de la maison Litolff, IMSLP., ouvre un magasin d'édition et de vente en partitions. Les Éditions musicales Enoch s'installent 30 rue Meslay dans le 3e arrondissement de Paris.
En 1867, Émile Enoch, son fils cadet, ouvre une filiale à Londres, Enoch & Sons — qui reste active jusqu'en 1927.
En 1870, la raison sociale devient Enoch Père et Fils, Carl associant ses deux enfants, Wilhelm et Émile, dans l'affaire.
En 1873, Enoch lance un périodique Le Monde musical. Recueil de musique moderne qui comprend des partitions.
En 1874, le siège parisien passe au Pavillon de Hanovre, 27 boulevard des Italiens, dans le 2e arrondissement de Paris et Charles Enoch se retire de la maison d'édition, qu'il laisse aux mains de ses deux fils, Wilhelm et Émile Enoch.
En 1880, Wilhelm Enoch (1840-1913) et son frère Émile Enoch s'associent avec Georges Costallat (1844-1901) sous la raison sociale Enoch frères et Costallat jusqu'en , puis Costallat s'en va fonder sa propre maison.
De 1897 à 1904, le beau-fils de Wilhelm Enoch, Gabriel Astruc, devient directeur associé, avant de fonder, en 1904, sa propre maison d'édition de musique. Durant cette période, d' à , Wilhelm Enoch et son gendre Gabriel Astruc organisent pas moins de 36 Concerts Enoch au siège du quotidien Le Figaro, 26, rue Drouot.
Enoch produit des partitions et du matériel musical illustrés par de grands artistes de la fin du comme George Auriol ou Henri Rivière. En lien avec les artistes du cabaret Le Chat noir, un certain nombre de lithographies sont imprimées pour le compte de Rodolphe Salis. La maison signe avec la plupart des compositeurs du répertoire symphonique, tels César Franck, Emmanuel Chabrier ou Georges Enesco, mais aussi le répertoire populaire (opérettes, cabarets) avec André Messager ou Paul Delmet. Elle édite une Méthode pratique d’orchestration symphonique (1887) signée Émile Tavan qui fait alors référence.
En 1897, André Gedalge recommande son élève Maurice Ravel à Wilhelm Enoch qui fait signer au jeune compositeur son premier contrat d'éditeur en décembre. En 1898, Enoch publie ainsi la toute première œuvre de Maurice Ravel, composée en 1895, le Menuet antiqueSite officiel des éditions Enoch, sur editions-enoch.com..
En , Enoch associé à d'autres éditeurs musicaux, attaquent en justice les fabricants de phonogrammes, gramophones et cylindres musicaux qui souhaitaient ne pas payer de droits d'auteur au prétexte que c'était-là des machines qui exécutaient la musique : les dites sociétés sont condamnées en appel à verser 5 % des ventes aux auteurs par disque ou cylindre« Les Droits d'auteurs », dans Les Droits d'auteurs musicaux sous la Belle Ḗpoque sur delabelleepoqueauxanneesfolles.com..
En 1906, Wilhelm Enoch est nommé chevalier de la Légion d'honneur.
En 1910, la maison est reprise par Daniel Enoch (1872-1943) et Georges Enoch (1878-1938), petits-fils du fondateur.
Le , Wilhelm Enoch meurt à Paris. Le , pour ses obsèques au Père-Lachaise, de nombreuses personnalités sont présentes parmi lesquelles Léon Blum, Claude Debussy, Misia Godebska, Désiré-Émile Inghelbrecht et André Messager. Le président de la Sacem, Célestin Joubert, prononce un discours pour l'occasion.
En , Daniel et Georges Enoch prolongent la société Enoch devant notaire jusqu’au .
vignette|Couverture du Menuet antique (1898) de Ravel, illustration de P. Borie. En 1928, Daniel et Georges Enoch passent commande de l'orchestration de son Menuet antique à Maurice Ravel, qui accepte de s'en charger à son retour de sa tournée de concerts en Amérique du Nord de janvier à . En fait, il réalisera cette orchestration en 1929, après celle du Bolero de juillet à et avant celles des deux concertos pour piano de 1929 à 1931, le Concerto pour la main gauche et le Concerto pour piano et orchestre. L'orchestration du Menuet antique est publiée en 1930 et créée le à la Salle Gaveau, avec l'Orchestre Lamoureux sous la direction de Maurice Ravel en personne, qui dirige aussi à ce concert le Bolero, donné pour la première fois au concert en Europe.
En , Georges Enoch est nommé chevalier de la Légion d'honneur. Le , Gabriel Astruc, ancien associé de son beau-père Wilhelm Enoch aux éditions Enoch, meurt à Paris ; le , ses obsèques ont lieu au Cimetière Montparnasse en présence notamment de sa veuve, Marguerite Enoch, et de ses beaux-frères Daniel Enoch et Georges Enoch et de nombreuses personnalités dont Jacques Rouché. En , Daniel Enoch est nommé chevalier de la Légion d'honneur. En , Georges Enoch décède subitement. Daniel Enoch se retrouve seul à la direction de la maison d'édition.
Durant la Seconde Guerre mondiale, la maison d'édition est placée en sous l'administration provisoire des Éditions Henry Lemoine, alors dirigée par Henri-Jean Lemoine, et Daniel Enoch et sa famille sont assassinés par les nazis : Daniel Enoch et son épouse, Anna Mapou, sont déportés dans le convoi parti de Drancy le et arrivé à Auschwitz le , où ils sont gazés le ; quant à leur fils Robert Enoch, il est fusillé le par les Allemands à Portes-les-Valence.
vignette|Faire-part de décès et annonce de cérémonie en mémoire de Daniel, Anna et Robert Enoch à la Grande synagogue de Paris le , parue dans le journal Combat le En 1944, Jacques Enoch (1900–1990), fils de Daniel Enoch, de retour à Paris constate de nombreuses disparitions de biens survenues sous l'Occupation au domicile familial, dont un piano à queue Érard acquis en 1892 et qui figure dans le Répertoire des biens spoliés en France durant la guerre 1939-1945. Le , il organise à la Grande synagogue de Paris une cérémonie à la mémoire de ses parents Daniel et Anna Enoch morts en déportation et de son frère Robert Enoch fusillé par les Allemands. Il tente de redresser la maison d'édition et édite de nouveaux talents comme Joseph Kosma -dont la chanson Les Feuilles mortes sur des paroles de Jacques Prévert- et Darius Milhaud. Il est aussi le président de la Sacem (1959-1960 ; 1963-1964 ; 1967-1968).
De 1990 à 2011, la maison est dirigée par Janine Enoch née Astruc (1921–2017), veuve de Jacques Enoch.
En 2011, Danièle Enoch-Maillard succède à sa mère à la direction de la maison.
En 2014, des vols d'autographes de musiciens , sont constatés au siège des éditions Enoch.
Le siège actuel de la société « Éditions musicales - Éditions Enoch et » qui comprend titres au catalogue se trouve au 193 boulevard Pereire dans le arrondissement de Paris.
Bibliographie
Carla Shapreau, "The Looted Enoch Erard Piano — Serial No. 68,037," Lost Music Project: The Nazi-Era Plunder of Music in Europe, Publications & Reports, 2020 Eleanor Beardsley, "Where Are The Thousands Of Nazi-Looted Musical Instruments?" National Public Radio, Morning Edition, July 29, 2020 (quotation from Danièle Enoch-Maillard)
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Notes et références
Liens externes
Site officiel des éditions Enoch Éditions Enoch & Cie sur Musée Sacem Daniel Enoch sur Musée Sacem Georges Enoch sur Musée Sacem Jacques Enoch sur Musée Sacem Enoch et sur Artlyriquefr
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