Bernard Devilliers est un militant communiste, résistant français et déporté, né le au Mans et mort dans la même ville le à l’âge de .
Biographie
Militant Bernard Devilliers est fils unique. Son père, blessé de la Première Guerre mondiale, lui inculque l’horreur de la guerre. Il l’emmène au cinéma voir les films sur ce sujet.
Son père décède des suites de ses blessures de guerre en 1934. Bernard devient pupille de la nation. À il arrête l’école et devient apprenti ajusteur à l’usine des segments Amédée Bollée au Mans. Au bout de il obtiendra son CAP d’ajusteur de précision. Il entrera dans le travail et sera, dès le départ, syndicaliste CGT. C’est par cet intermédiaire qu’il entrera dans l’action militante.
Engagé volontaire Début de la guerre, c'est la mobilisation générale. Bernard est trop jeune pour être mobilisé mais il veut combattre et donc il choisit de s’engager.
Après ses classes il est affecté à la du d'artillerie antichar. Là, Bernard constate l’état de son régiment : .
Il est arrêté et emprisonné à Tonnerre (Yonne) lors de l’invasion de . Il n’a jamais combattu. Il est transféré au camp de Mailly (Aube). Il se fait libérer en simulant une hypertension artérielle et avec une radio montrant une aorte anormalement développée.
De retour au Mans, il reprend son travail à l’usine Bollée.
La Résistance C'est à l'usine Amédée Bollée qu'il rencontre Marcelle Cérésa. Elle est militante communiste et antifasciste. Ils se marieront après la guerre en 1947.
Sur les directives du Front national (Front national de lutte pour la libération et l'indépendance de la France), leur action est tout d'abord basée sur la reproduction, la création et la distribution de tracts.
Il ne part pas au STO (Service du travail obligatoire) en travaillant quelque temps à la SNCF (Société nationale des chemins de fer français). Il entre au Parti communiste - alors interdit et clandestin - le et simultanément aux FTPF (Francs-tireurs et partisans français). La même année, il devient capitaine et responsable régional au deuxième bureau de l'armée secrète, dont le chef régional est Camille Delétang. Il prend alors le pseudonyme de prénom de son bébé. Afin de pouvoir nourrir les responsables circulant clandestinement, avec son groupe, ils volent des tickets de rationnement dans les mairies proche du Mans.
Le , Auguste Delaune (commandant l'interrégional PR4 des Francs-tireurs et partisans français) et Jean Fresnel responsable du deuxième bureau FFI sont arrêtés, sur dénonciation, au pont Coëffort au Mans. Jean Fresnel est tué et Auguste Delaune blessé est transféré à l'hôpital dans le quartier allemand. Il est décidé par la direction du Conseil national de la Résistance, d'étudier la possibilité d'une action commando pour le libérer. Bernard Devilliers sera chargé par Auguste Gillot d'aller repérer les lieux. Il se déguise en visiteur d'un malade avec un sac d'oranges à la main et « s'égare » dans l'hôpital afin de repérer les lieux. L'action est décidée mais elle sera annulée en raison de l'absence de la voiture venant de Bretagne (refoulée à un barrage).
En , en raison des restructurations de la résistance, Bernard Devilliers se rend à Paris. Il se voit confier la direction du deuxième bureau de la subdivision des Forces françaises de l'intérieur (FFI) M4.
Déportation vignette|Délibérations du conseil municipal de la ville du Mans du 25 octobre 2007 : « Dénomination d'une voie sur Le Mans : rue Marcelle et Bernard Devilliers » Il est arrêté par la police le avec sa compagne à leur domicile au Mans.
Après quelques jours passés en prison au Vert Galant au Mans, il est transféré à la prison du Cherche-Midi à Paris puis déporté au camp de Natzweiler-Struthof. Il porte le triangle rouge et les deux N : « Nacht und Nebel ». Il est ensuite transféré au camp de concentration à Dachau. Il est libéré et de retour au Mans en .
Témoignage et devoir de mémoire Jusqu’à sa mort, Bernard Devilliers intervient avec son épouse auprès des élèves de collèges et lycées sarthois afin de les informer et de préserver le présent et le futur des erreurs passées.
Reconnaissance
Bernard Devilliers est décoré de : la Croix de guerre avec étoile d'argent en 1946 la Légion d’honneur au grade de chevalier en 1957 (décret du 28 Mars 1957, publié au journal officiel du , pris sur rapport du ministre de la défense) puis élevé au grade d'officier en 1996 (décret du , publié au journal officiel du , pris sur rapport du ministre de la défense).
Depuis le , dans le quartier de l’université de la ville du Mans, une rue « Marcelle et Bernard Devilliers » honore leur mémoire.
Notes et références
Catégorie:Titulaire de la croix de guerre 1939-1945 Catégorie:Officier de la Légion d'honneur promu en 1996 Catégorie:Résistant communiste français Catégorie:Naissance en octobre 1920 Catégorie:Naissance au Mans Catégorie:Décès en septembre 2003 Catégorie:Décès à 82 ans