Les élections législatives tchèques de 2017 () se tiennent les et . afin d'élire les de la de la Chambre des députés pour un mandat de .

Le scrutin est marqué par la nette victoire à la majorité relative du parti libéral et populiste ANO 2011 de l'ancien ministre des Finances Andrej Babiš et l'effondrement du Parti social-démocrate tchèque (ČSSD) au pouvoir. Les communistes font leur pire résultat depuis la première élection démocratique en 1990 tandis que le parti nationaliste SPD effectue une percée, atteignant 10 % des voix et se plaçant quatrième. Le Parti pirate tchèque fait également son entrée au parlement avec près de 11 % des suffrages.

Les élections ont également lieu quelques mois avant un autre scrutin déterminant pour le pays, l'élection présidentielle de 2018.

Après plusieurs mois de négociation, dont une tentative de formation d'un gouvernement minoritaire composé du seul ANO et censurée par la chambre, Babis forme courant une coalition entre son parti et le Parti social-démocrate tchèque, avec le soutien sans participation du Parti communiste de Bohême et Moravie.

Contexte Aux élections législatives anticipées des et , le Parti social-démocrate tchèque (ČSSD) de l'ancien ministre des Finances Bohuslav Sobotka retrouve sa position de premier parti du pays, avec un score en baisse à seulement 20,5 % des voix, le plus mauvais de son histoire. Il est alors suivi par le mouvement populiste et libéral ANO 2011 du milliardaire Andrej Babiš, qui perce directement à la deuxième place avec 18,7 % des suffrages exprimés.

Le Parti communiste de Bohême et Moravie (KSČM), qui rassemble 14,9 % des voix, reprend son rôle de troisième force parlementaire. Il devance ainsi les chrétiens-démocrates de TOP 09, qui réunissent 12 % des suffrages et dament le pion au Parti démocratique civique (ODS), qui se contente d'une cinquième place humiliante et seulement 7,7 %, alors qu'il était le premier parti de la Chambre des députés sortante. Avec 6,9 %, le parti nationaliste de la droite populiste Aube de la démocratie directe (UPD) fait entrer l'extrême droite au Parlement tchèque. Elle devance de peu l'Union chrétienne démocrate - Parti populaire tchécoslovaque (KDU-ČSL), qui revient à la chambre basse en rassemblant 6,8 % des voix.

Le , Bohuslav Sobotka est désigné par le président de la République Miloš Zeman pour constituer le nouvel exécutif. Il entreprend alors des négociations avec ANO 2011 et la KDU-ČSL, ce qui lui offrirait une confortable assise parlementaire de sur 200. Il est officiellement nommé président du gouvernement de la Tchéquie le et présente son gouvernement de le . Il remporte le vote de confiance par favorables le . Il est alors le premier social-démocrate depuis Vladimír Špidla à prendre ses fonctions en conséquence d'un scrutin parlementaire.

Si la majorité parlementaire remporte dans son ensemble plus de 40 % des voix aux élections européennes de suivant, le rapport de forces en son sein s'inverse. ANO 2011 vire en tête avec plus de 16 %, tandis que le ČSSD atteint la troisième place avec environ 14 %, soit une chute de en cinq ans. La KDU-ČSL est elle en progression d'environ et frôle ainsi les 10 %. Le statut de deuxième force politique revient alors à TOP 09, qui accuse de retard sur ANO 2011. Au mois d', les élections municipales confirment la popularité des populistes libéraux, puisqu'ils sont une nouvelle fois premiers en rassemblant 14,6 %, devant les sociaux-démocrates qui reçoivent 12,7 %.

La situation se maintient à l'occasion des élections régionales d'. Avec 21,1 % des voix, ANO 2011 fait élire régionaux dans tout le pays et s'impose à la majorité relative dans neuf des . Le Parti social-démocrate reste la deuxième force politique tchèque en arrivant en tête dans , mais avec 15,3 % des suffrages exprimés, il perd de conseillers.

Le , Sobotka obtient le renvoi d'Andrej Babiš de ses fonctions de premier vice-président du gouvernement et ministre des Finances, après que ce dernier s'est trouvé au centre de nombreuses controverses fiscales et éthiques.

Système électoral vignette|gauche|Salle de réunion de la Chambre des députés. La Chambre des députés () se compose de élus pour un mandat de au scrutin proportionnel d'Hondt avec vote préférentiel dans ..

Un seuil électoral est fixé à l'échelon national : 5 % des suffrages exprimés pour un parti, 10 % pour les coalitions de deux partis, 15 % pour les coalitions de trois partis et 20 % pour les coalitions de quatre partis et plus.

Lors du vote, en plus de celui pour la liste de parti de leur choix, les électeurs peuvent aussi indiquer leur préférence pour un maximum de quatre des candidats inscrits sur la liste. Les candidats recueillant plus de 5 % des suffrages préférentiels à l'échelon régional sont placés en haut de la liste de leur parti. Lorsque plusieurs candidats recueillent plus de 5 % des votes préférentiels, ils sont classés par ordre du nombre total de votes préférentiels qu'ils ont recueillis.

Le vote n'est pas obligatoire.

Répartition des sièges +Répartitions des sièges par circonscriptions Circonscriptions Sièges +/-600pxBohême-CentraleStředočeský26Bohême-du-SudJihočeský13Hradec KrálovéKrálovéhradecký11Karlovy VaryKarlovarský5LiberecLiberecký8Moravie-du-SudJihomoravský23Moravie-SilésieMoravskoslezský22OlomoucOlomoucký12PardubicePardubický10PilsenPlzeňský11PragueHlavní město Praha24Ústí nad LabemÚstecký13Vysočina10ZlínZlínský12Total200

Sondages centré|800px|Intentions de votes depuis 2013.

Résultats Voix et sièges +Résultats des législatives tchèques de 2017. Fichier:Chambre des députés Tchéquie 2017.svg Partis Voix % +/- Sièges +/- ANO 2011 29,64 78 Parti démocratique civique (ODS) 11,32 25 Parti pirate (ČSP) 10,79 22Liberté et démocratie directe (SPD) 10,64 22 Parti communiste de Bohême et Moravie (KSČM) 7,76 15 Parti social-démocrate tchèque (ČSSD) 7,27 15 Union chrétienne démocrate - Parti populaire tchécoslovaque (KDU-ČSL) 5,80 10TOP 09 5,31 7 Maires et Indépendants (STAN) 5,18 6 Parti des citoyens libres (Svobodní) 1,56 0 Parti vert (Z) 1,46 0 (Rozumní)0,720Les Réalistes (REAL)0,710Parti des droits civiques (SPOZ)0,370 Autres partis (17)1,42 –0 – Suffrages exprimés 99,40 Votes blancs et invalides 0,60Total100 –200 Abstentions 39,21Inscrits/Participation 60,79

Par circonscriptions

Bohême centrale

+ Parti Voix % +/- Sièges +/-ANO 201128,679ODS12,934ČSP12,083SPD9,012 STAN8,082KSČM7,222ČSSD6,642TOP 096,332KDU-ČSL3,020Svobodní1,620SZ1,430 Autres2,99 -0Votes valides99,45Votes 0,55Total100 -26Abstention36,60Inscrits/63,40

Bohême-du-Sud

+ Parti Voix % +/- Sièges +/-ANO 201128,865ODS12,122ČSP10,511SPD9,851KSČM9,331ČSSD7,311KDU-ČSL5,391TOP 095,301 STAN4,580Svobodní1,680SZ1,3701,060 Autres2,64 -0Votes valides99,44Votes 0,56Total100 -13Abstention38,30Inscrits/61,70

Hradec Králové

+ Parti Voix % +/- Sièges +/-ANO 201131,775ODS11,571ČSP10,741SPD10,061KSČM7,101ČSSD6,501KDU-ČSL5,851TOP 095,130 STAN5,090Svobodní1,550SZ1,310 Autres3,33 -0Votes valides99,30Votes 0,70Total100 -11Abstention36,79Inscrits/63,21

Karlovy Vary

+ Parti Voix % +/- Sièges +/-ANO 201135,423SPD12,471ČSP10,041ODS8,840KSČM8,150ČSSD6,980 STAN5,280TOP 093,680KDU-ČSL2,360SZ1,270Svobodní1,2601,010 Autres3,22 -0 -Votes valides99,47Votes 8920,73Total100 -5Abstention47,92Inscrits/52,08

Liberec

+ Parti Voix % +/- Sièges +/-ANO 201129,844 STAN12,821ČSP11,431SPD10,961ODS10,281KSČM6,700ČSSD5,660TOP 094,230KDU-ČSL2,060Svobodní1,510SZ1,390 Autres3,14 -0Votes valides99,33Votes 0,67Total100 -8Abstention39,99Inscrits/60,01

Moravie-du-Sud

+ Parti Voix % +/- Sièges +/-ANO 201127,417ODS11,883SPD11,653ČSP9,122KDU-ČSL8,972ČSSD8,442KSČM8,052TOP 094,521 STAN3,641Svobodní1,790SZ1,570 Autres2,92 -0Votes valides99,40Votes 0,60Total100 -23Abstention38,31Inscrits/61,69

Moravie-Silésie

+ Parti Voix % +/- Sièges +/-ANO 201135,4310SPD13,883ČSSD8,842KSČM8,702ČSP8,642ODS7,472KDU-ČSL6,461 STAN2,640TOP 092,580SZ1,200Svobodní1,080 Autres3,09 -0Votes valides99,41Votes 0,59Total100 -22Abstention44,19Inscrits/55,81

Olomouc

+ Parti Voix % +/- Sièges +/-ANO 201131,395SPD13,542ODS8,921KSČM8,791ČSP8,491KDU-ČSL8,261ČSSD7,451 STAN4,440TOP 093,240Svobodní1,300SZ1,170 Autres3,00 -0Votes valides99,36Votes 0,64Total100 -12Abstention40,27Inscrits/59,73

Pardubice

+ Parti Voix % +/- Sièges +/-ANO 201130,814ODS10,971ČSP10,511SPD10,151KSČM7,751ČSSD7,471KDU-ČSL6,821 STAN4,980TOP 094,210Svobodní1,550SZ1,260 Autres3,52 -0Votes valides99,41Votes 0,59Total100 -10Abstention36,99Inscrits/63,01

Plzeň

+ Parti Voix % +/- Sièges +/-ANO 201130,985ODS12,092SPD10,571ČSP10,021KSČM8,661ČSSD7,971 STAN4,850TOP 094,820KDU-ČSL3,500Svobodní1,520SZ1,220 Autres3,79 -0 -Votes valides99,39Votes 0,61Total100 -11Abstention40,13Inscrits/59,87

Prague

+ Parti Voix % +/- Sièges +/-ANO 201120,356ČSP17,605ODS16,225TOP 0912,653SPD5,811ČSSD5,571 STAN5,061KDU-ČSL4,771KSČM4,611SZ2,400Svobodní2,100 Autres2,86 -0Votes valides99,43Votes 0,57Total100 -24Abstention32,93Inscrits/67,07

Ústi nad Labem

+ Parti Voix % +/- Sièges +/-ANO 201137,567SPD12,592ODS9,481KSČM9,901ČSP8,241ČSSD6,611TOP 093,630 STAN3,620KDU-ČSL1,800SZ1,480Svobodní1,350 Autres3,73 -0Votes valides99,44Votes 0,56Total100 -14Abstention47,65Inscrits/52,35

Vysočina

+ Parti Voix % +/- Sièges +/-ANO 201128,644ČSP9,931ODS9,891SPD9,601KSČM9,451ČSSD9,371KDU-ČSL9,251 STAN4,280TOP 093,870Svobodní1,360SZ1,220 Autres3,15 -0Votes valides99,45Votes 0,55Total100 -10Abstention36,00Inscrits/64,00

Zlín

+ Parti Voix % +/- Sièges +/-ANO 201128,764SPD12,902KDU-ČSL11,411ODS9,761ČSP8,441KSČM7,011ČSSD6,941 STAN5,831TOP 092,870Svobodní1,630SZ1,250 Autres3,20 -0Votes valides99,38Votes 0,62Total100 -12Abstention37,93Inscrits/62,07

Cartes des résultats Cartes des résultats par district : une couleur plus sombre indique un pourcentage plus élevé.

Analyse et conséquences Analyse

Conséquences

Une dizaine de jours après les élections, Andrej Babiš annonce vouloir créer un gouvernement minoritaire, n'ayant pas réussi à trouver des partenaires pour former une coalition majoritaire à la Chambre des députés.. Babiš est nommé président du gouvernement le . Il compose son gouvernement de membres de son parti et d'une importante part d'indépendants, représentant plus de la moitié des ministres.

Le , la Chambre des députés refuse la confiance au gouvernement Babiš, par contre 78 et . La démission du gouvernement est présentée le . Celui-ci est alors chargé des affaires courantes. Le , à deux jours du second tour de l'élection présidentielle tchèque de 2018, Babiš est de nouveau chargé par le président Zeman de former un gouvernement..

Après quatre mois de négociations, Andrej Babiš conclut à la fin du mois de un accord de coalition en vue de former un gouvernement minoritaire avec le Parti social-démocrate tchèque, avec le soutien sans participation du parti communiste. Renommé dans ses fonctions le , il dispose d'un délai de pour former sa nouvelle équipe ministérielle.

Le lendemain, le débat sur le vote de confiance débute à la Chambre des députés. Après de discussions, il reçoit l'investiture de la chambre basse avec pour et contre. Depuis , c'est la première fois qu'un exécutif tchèque dépend du Parti communiste ..

Notes et références

Articles connexes Politique en Tchéquie Élection présidentielle tchèque de 2018

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