vignette|Orléans (point jaune), sur une carte de France Histoire d'Orléans au présente les grands événements survenus dans le courant du dans la ville française d'Orléans (Loiret).
Cette période commence par l'installation du Consulat (1799) puis du Premier Empire (1814) et se termine par la mise en place des institutions de la Troisième République à partir de 1870.
Au , la ville connaît des transformations urbaines importantes et son économie est florissante.
Évolution politique
Consulat (1799-1804) La Révolution avait bouleversé le système d'enseignement : l'université avait été fermée en 1793. Une école centrale, ouverte le , la remplace partiellement ; elle enseigne le droit, les sciences, langues et les beaux-arts.. L'enseignement primaire, tenu par des congrégations religieuses, est réduit à la clandestinité par les persécutions contre le Clergé réfractaire ; les nouvelles écoles publiques sont lentes à se mettre en place. Les sœurs de la Sagesse sont les premières à rouvrir publiquement leurs classes en . Le régime du Consulat instauré par Napoléon Bonaparte par le coup d'État du 18 brumaire () est bien accueilli par les notables qui se sentent rassurés et c'est sans difficulté que le député Jean-Charles Vacher de Tournemire, envoyé de Paris, fait proclamer la nouvelle Constitution le . Le premier consul a suffisamment confiance dans les autorités locales pour laisser passer quatre mois avant de véritablement installer son régime dans la ville d’Orléans. À ce moment, Jean Philibert Maret est le premier préfet du Loiret et arrive à Orléans en 1800. Le concordat de 1801 rétablit la paix religieuse : Étienne-Alexandre Bernier, ancien aumônier royaliste de la révolte vendéenne, est nommé évêque d'Orléans en 1802. Il restaure la cathédrale et réintègre les reliques cachées pendant les années révolutionnaires. Les religieuses infirmières sont rétablies à l'Hôtel-Dieu. La fête de Jeanne d'Arc est célébrée le après dix ans d'interruption. La statue de Jeanne d'Arc par Gois est élevée sur la place du Martroi le . L'évêché fournit plusieurs prêtres enseignants pour le nouveau lycée qui remplace l'école centrale. Après les sœurs de la Sagesse, les autres congrégations enseignantes, ursulines, visitandines, dames du Calvaire, frères de la Doctrine chrétienne rouvrent leurs écoles entre 1803 et 1806.
Premier Empire (1804-1814) La nouvelle université d'Orléans ouvre par décret impérial le ; l'académie d'Orléans couvre les départements d'Indre-et-Loire, du Loir-et-Cher et du Loiret .
En , Orléans, clé du marché parisien des céréales, est menacée par les armées de la Sixième Coalition. Le , une avant-garde de cosaques est repoussée par la troupe et la Garde nationale à Saint-Jean-de-Braye pendant que le préfet, l'administration et les notables se réfugient à Beaugency. Le , la ville reçoit la nouvelle de l'abdication de Napoléon et de la restauration des Bourbon. Les autorités se rallient au nouveau régime.
Première Restauration (1814-1815) Orléans reçoit de nombreux blessés de la campagne de France. À partir du , une épidémie se déclare. Alexandre-Daniel de Talleyrand-Périgord, neveu du ministre, est nommé préfet du Loiret. Les fonctionnaires reviennent de Beaugency et le maire Crignon-Désormeaux affirme que les . À son exemple, la plupart des notables se redécouvrent une longue fidélité royaliste et prêtent serment au souverain. Cependant, en , l'annonce du retour de Napoléon de l'île d'Elbe sème le désarroi parmi les notables. « L'usurpateur » est proclamé hors-la-loi et le maréchal Gouvion-Saint-Cyr envoyé à Orléans pour rassembler des troupes contre lui mais il ne peut empêcher la plupart des soldats d'afficher leur fidélité à Napoléon : le , lors d'une revue militaire sur le Mail, ils se soulèvent, brisent la barrière et marchent pour le rejoindre sur la route de Paris. Le , le théâtre joue Brutus et le juge Petit-Lafosse, révoqué par les Bourbon, entonne la Marseillaise aussitôt reprise par la foule.
Cent-Jours (1815) Le , Napoléon installe officiellement son gouvernement à Paris et commence à changer les cadres de l'administration. Le , le préfet royal Talleyrand quitte Orléans pour se retirer à quelque distance. Le lendemain, le drapeau blanc est retiré de l'hôtel de ville. L'avocat Pierre Thomas Le Roy de Boisaumarié est nommé à la préfecture et, le , la fête de Jeanne d'Arc donne lieu à une séance solennelle du conseil municipal renouvelé. Le , le général Balthazard Grandjean est nommé maire d'Orléans.
Cependant, la défaite de Waterloo, connue à Orléans le , entraîne la chute du régime impérial. Le maréchal Davout, ministre de la Guerre de Napoléon, s'établit au château de la Source au sud de la Loire, rassemble une « armée de la Loire » de hommes, imprime des proclamations et appelle en vain à organiser la résistance. Orléans reçoit de nombreux blessés de guerre. Davout ne dépose les armes que le (certains auteurs datent cette reddition du mois d'août).
Seconde Restauration (1815-1830) L'armée prussienne occupe Orléans. Le général Friedrich August Ludwig von der Marwitz, dans une proclamation, rappelle que la ville n'avait jamais été occupée jusque-là. Si les notables, de nouveau ralliés à Louis XVIII, font bonne figure aux Alliés, les incidents et même les meurtres deviennent fréquents. L'occupant prélève une contribution de francs, prend des otages, et des rixes opposent les soldats français en cours de démobilisation aux militaires prussiens, remplacés en par les Bavarois.
Après la seconde restauration des Bourbon, le changement de régime de l'été 1815 donne lieu à une purge de l'administration française : tous ceux qui ont prêté serment à Napoléon pendant les Cent-Jours sont révoqués. Le , la préfecture organise un grand bûcher des symboles du régime napoléonien : 125 drapeaux tricolores, des tableaux et bustes de Napoléon, des cachets, boutons d'uniforme marqués des insignes républicains ou impériaux sont brûlés sur la place du Martroi.
Le musée des Beaux-Arts, fermé pendant plusieurs années, rouvre en 1823 ; plusieurs salles sont consacrées au musée d'histoire naturelle qui n'aura ses propres locaux qu'en 1862. Le grand séminaire ouvre en 1824. Le , le quatrième centenaire de la victoire de Jeanne d'Arc voit l'inauguration de la nef et du portail restaurés de la cathédrale.
Les dernières années de la Restauration sont marquées par une vague d'anticléricalisme : les autorités civiles et religieuses signalent un état d'esprit hostile aux congréganistes, aux apostoliques et aux jésuites. Le dimanche pendant la messe, la fanfare de la Garde nationale joue des airs à boire devant la cathédrale. Lors de la révolution de 1830, plusieurs croix de mission érigées dans les années 1820 sont sciées par les habitants.
Monarchie de Juillet (1830-1848) À Orléans, la Révolution de 1830 est bien accueillie. Le général Roche reçoit les pleins pouvoirs, par le nouveau gouvernement. Il met en place une commission municipale composée de bourgeois et présidée par Hême. Le changement de régime est validé par les élections législatives de juillet 1830. La nouvelle de son succès déclenche le de véritables manifestations d'enthousiasme : la cocarde et le drapeau tricolore fleurissent un peu partout, notamment à la mairie d'Orléans et à la préfecture du Loiret où convergent les manifestations. Pendant les soirées, un cortège parcourt la ville aux cris de , titre alors porté par le duc d'Orléans qui deviendra bientôt Louis-Philippe .
La révolution est alors terminée, mais elle n'est pas unanimement approuvée car certains ne sont pas satisfaits d'avoir chassé un roi pour en récupérer un autre. Une propagande bonapartiste se développe dans la ville. L'opposition qu'on qualifie de gauche et qui proteste contre ce nouveau roi, se dresse face la droite conservatrice qui est qualifiée de légitimiste.
La mise à la retraite de nombreux fonctionnaires et militaires, fidèles au régime déchu de Charles X, contribue au développement de l'économie rurale car ils reviennent dans leurs châteaux pour s'occuper de leurs propriétés agricoles et forestières, notamment en Sologne.
Le choléra de 1832 fait plus de 700 morts à Orléans. En , une crue de la Loire vient inonder les rives du fleuve.
Deuxième République (1848-1852)
vignette|312x312px|Les deux tours de la cathédrale d'Orléans, dont la construction s'est terminée au .
Félix Dupanloup, un des prédicateurs les plus réputés de son temps, est sacré évêque d'Orléans le et relance l'activité du clergé. Il contribue au vote de la loi de 1850 sur l'enseignement qui favorise le développement des écoles catholiques.
Second Empire (1852-1870)
Entre 1854 , la ville est frappée par une nouvelle épidémie de choléra ; en 1856 et 1866, par deux inondations. Le , elle inaugure la nouvelle statue équestre de Jeanne d'Arc.
Troisième République (1870-1940) vignette|gauche|Assaut français lors de la bataille de Coulmiers (9 novembre 1870), dessin de Louis Bombled, 1893. Pendant la guerre franco-allemande de 1870-1871, Orléans se trouve à l'avance extrême vers le sud des armées de la coalition allemande après leur victoire de Sedan et l'ouverture du siège de Paris. Orléans, cité non fortifiée et déclarée ville ouverte, change de mains plusieurs fois à la suite de batailles qui se déroulent à distance de l'agglomération. Elle est occupée une première fois par l'Armée bavaroise du au : la prise de la ville de Jeanne d'Arc a un grand retentissement dans l'opinion allemande qui pense que la France n'est plus digne de son héroïne. Les soldats bavarois campent sur la place du Martroi et soignent leurs nombreux blessés. Cette première occupation est relativement pacifique, les Bavarois catholiques étant jugés plus acceptables que les Prussiens protestants. L'armée de la Loire du gouvernement de la Défense nationale établi à Tours reprend la ville à l'issue de la bataille de Coulmiers (), unique victoire française de la guerre, mais elle retombe aux mains des Allemands, cette fois des Prussiens, après la bataille de Loigny (). La seconde occupation est plus dure que la première, l'hiver rigoureux et la faim se font sentir, mais peu d'incidents violents sont signalés. La cathédrale sert à enfermer plusieurs milliers de prisonniers de guerre français : un journaliste allemand décrit ces captifs comme des voyous, s'enivrant et chantant des chansons paillardes sous la nef, brûlant le mobilier pour se chauffer ; des habitantes viennent leur apporter à manger. L'évêque Dupanloup, lui, compare les Prussiens aux Huns d'Attila qui avaient assiégé Orléans en 451.
Entre 1877 et 1879, un cinquième des écoles publiques du département ont la totalité ou une partie de leur personnel qui font partie d'une communauté religieuse. L'adaptation aux lois Jules Ferry est longue, car le maire d'Orléans de l'époque (de 1878 à 1887) la veut . Elle s'accélère en 1887 avec l'arrivée à la mairie de Robineau-Pineau et de Fernand Rabier ; beaucoup d'écoles religieuses sont supprimées ou laïcisées. L'Église lance alors un appel à la souscription de soutien et de nombreuses écoles catholiques privées sont créées.
Les transformations urbaines vignette|Le Campo Santo vu du ciel La cité du a beaucoup évolué, s'étirant sur les axes principaux du centre-ville : la rue de la République, la rue Royale et la rue Jeanne-d'Arc).
Un réaménagement du quartier Châtelet a eu lieu de 1879 à 1892, ayant pour but de faciliter les circulations et d'augmenter les capacités d'accueil des différents marchés qui constituent l'identité majeure de ce secteur de la ville.