Escamps (prononcé ; Ascans en occitan) est une commune française située dans le sud du département du Lot, en région Occitanie. Elle est également dans le causse de Limogne, un des quatre causses du Quercy, dénudé et clairsemé de champs de lavande, de genévriers et de chênes truffiers.
Exposée à un climat océanique altéré, elle est drainée par le ruisseau des Valses et par un autre cours d'eau. Incluse dans le parc naturel régional des Causses du Quercy, qui a depuis 2017 le label de géoparc mondial Unesco, la commune possède un patrimoine naturel remarquable et un espace protégé (la réserve naturelle nationale d'intérêt géologique du département du Lot).
Exploitées dans le dernier tiers du , les phosphatières de son territoire ont livré une abondante faune fossile de l'Éocène supérieur qui sert de référence à la biochronologie du Paléogène européen. L'oiseau Palaeotodus escampsiensis, décrit en 1985, porte le nom de la commune.
Escamps est une commune rurale qui compte en , après avoir connu un pic de population de en 1806. Elle fait partie de l'aire d'attraction de Cahors. Ses habitants sont appelés les Escampsois et Escampsoises.
Géographie Localisation La commune se situe dans le Quercy, entre Lalbenque et Limogne-en-Quercy à de Cahors et à de Villefranche-de-Rouergue, dans le parc naturel régional des Causses du Quercy.
Cahors - à l'ouest à Caussade (Tarn-et-Garonne)- au sud à Villefranche-de-Rouergue à l'est à Rodez - à l'est à Figeac - au nord-est à Toulouse - au sud à centré|vignette|592x592px|Vue aérienne du village (juillet 2026)
Communes limitrophes
Hameaux et lieux-dits La commune compte de nombreux hameaux : Pech de Cheval, Mas de Lavergne, Mas de Fraysse, la Caloussade, les Rosières, Mas de Soulié, Mas d'Assoul, Mas de Bigorre, Nouelle, la Placette, Mas de Rebelou, Piepalat, Colombier, les Bouygues, les Crouzettes, Combe noble, le Camp Viel, le Barat de Bouziès, etc.
Géologie et relief Escamps se trouve sur les causses du Quercy et plus précisément sur le causse de Limogne (une région calcaire), à une altitude moyenne de . Le village occupe une crête dominant une doline localement dénommée canaval (bassin à terre profonde et riche, où était cultivé le chanvre d'où la dénomination canaval) avec présence de nombreux puits.
Paléontologie Le territoire d'Escamps recèle plusieurs phosphatières, cavités karstiques comblées d'argiles phosphatées exploitées pour le phosphate à partir de 1870. Ces remplissages, d'âge Éocène supérieur et Oligocène, se sont révélés extrêmement riches en fossiles de vertébrés et font d'Escamps une localité de référence pour la paléontologie du Paléogène européen.
Le nom d'Escamps désigne ainsi un niveau-repère de la biochronologie mammalienne du Paléogène européen, corrélé au niveau MP 19 (Priabonien, Éocène supérieur, soit environ 34 millions d'années).. À ce titre, la faune d'Escamps sert d'étalon temporel dans les corrélations stratigraphiques portant sur la Grande Coupure, renouvellement faunique majeur survenu lors de la transition Éocène-Oligocène.
Plusieurs gisements distincts ont été individualisés sur la commune, parmi lesquels Escamps A et Rosières 2. Au début des années 1980, des restes en connexion anatomique d'un membre antérieur de primate adapiforme (groupe éteint apparenté aux lémuriens) sont mis au jour sur le site de Rosières 2. Le paléontologue Marc Godinot, du Muséum national d'histoire naturelle, a étudié la locomotion de ces adapinés à partir du matériel de Rosières 2 et d'Escamps, montrant que les deux formes contemporaines présentaient des adaptations locomotrices distinctes (forme plus quadrupède à Rosières 2, davantage tournée vers le grimper à Escamps)..
Le gisement a également livré le matériel ayant permis la première description de plusieurs espèces. La plus emblématique est l'oiseau escampsiensis, dont l'épithète spécifique fait directement référence à la commune. Décrite en 1985 par la paléontologue Cécile Mourer-Chauviré à partir d'un humérus incomplet, cette espèce de l'Éocène supérieur (niveau MP 19) appartient à la famille des todiers, dont les représentants actuels sont exclusivement confinés aux Grandes Antilles : sa présence à Escamps atteste que ce groupe était établi en Europe au Paléogène.. De taille comparable à celle des todiers actuels, elle se distingue de Palaeotodus itardiensis, décrite dans le même travail à partir de gisements oligocènes du Quercy et de plus grande taille.
Un autre oiseau fossile, Primocolius minor (famille des Coliidae), a été décrit à partir de spécimens des gisements de Perrière et d'Escamps.. Dès les premières exploitations, des oiseaux fossiles y avaient été recueillis, comme Strigogyps dubius, décrit par Claude Gaillard et conservé au musée de Munich..
La phosphatière des Tempories, sur le territoire communal, a été aménagée pour la visite : des plateformes d'observation permettent d'approcher ces gouffres exploités pour le phosphate à la fin du , et une ancienne cabane d'ouvriers restaurée présente la formation des causses du Quercy et de leurs phosphatières..
Ces sites sont aujourd'hui intégrés à la réserve naturelle nationale d'intérêt géologique du département du Lot, qui en réglemente strictement l'accès et toute collecte de fossiles.
Hydrographie La commune est arrosée par le Ruisseau des Valses. Escamps est reconnu comme une des rares zones du causse où l'eau est abondante. La présence de plusieurs puits (en bouteille, en sompe, en fontaine, etc.) fait l'identité de cette commune. Dans ce pays où l'eau est rare surtout en été, Escamps a toujours eu de l'eau et autrefois les habitants des communes voisines vinrent s'alimenter en eau en payant une taxe qui était reversée à la commune.
Voies de communication et transports Escamps se situe à moins d'un quart d'heure de l'échangeur de l'autoroute A20.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré. et est dans la région climatique Aquitaine, Gascogne, caractérisée par une pluviométrie abondante au printemps, modérée en automne, un faible ensoleillement au printemps, un été chaud (), des vents faibles, des brouillards fréquents en automne et en hiver et des orages fréquents en été (15 à ).. Elle est en outre dans la zone H2c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune du Montat à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Milieux naturels et biodiversité Espaces protégés La protection réglementaire est le mode d’intervention le plus fort pour préserver des espaces naturels remarquables et leur biodiversité associée...
La commune fait partie du parc naturel régional des Causses du Quercy, un espace protégé créé en 1999 et d'une superficie de , qui s'étend sur du département du Lot.. La cohérence du territoire du Parc s’est fondée sur l’unité géologique d’un même socle de massif karstique, entaillé de profondes vallées. Le périmètre repose sur une unité de paysages autour de la pierre et du bâti (souvent en pierre sèche), de l’empreinte des pelouses sèches et du pastoralisme et de l’omniprésence des patrimoines naturels et culturels... Ce parc a été classé Géoparc en sous la dénomination « géoparc des causses du Quercy », faisant dès lors partie du réseau mondial des Géoparcs, soutenu par l’UNESCO...
Un autre espace protégé est présent sur la commune : la réserve naturelle nationale d'intérêt géologique du département du Lot, classée en 2015 et d'une superficie de , composée de d'intérêts géomorphologique, minéralogique, tectonique et paléontologique remarquables...
Urbanisme Typologie Au , Escamps est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Cahors, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (56,7 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (59,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (52,5 %), zones agricoles hétérogènes (41,8 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (4,2 %), prairies (1,6 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Risques majeurs Le territoire de la commune d'Escamps est vulnérable à différents aléas naturels : météorologiques (tempête, orage, neige, grand froid, canicule ou sécheresse), inondations, feux de forêts, mouvements de terrains et séisme (sismicité très faible).. Un site publié par le BRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle..
Certaines parties du territoire communal sont susceptibles d’être affectées par le risque d’inondation par débordement de cours d'eau, notamment le ruisseau des Valses. La cartographie des zones inondables en ex-Midi-Pyrénées réalisée dans le cadre du Contrat de plan État-région, visant à informer les citoyens et les décideurs sur le risque d’inondation, est accessible sur le site de la DREAL Occitanie.. La commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par les inondations et coulées de boue survenues en 1982 et 1999, partie 1 - chapitre Risque inondation..
Escamps est exposée au risque de feu de forêt. Un plan départemental de protection des forêts contre les incendies a été approuvé par arrêté préfectoral le pour la période 2015-2025. Les propriétaires doivent ainsi couper les broussailles, les arbustes et les branches basses sur une profondeur de , aux abords des constructions, chantiers, travaux et installations de toute nature, situées à moins de de terrains en nature