La Consett Iron Company Ltd est une ancienne entreprise sidérurgique basée à Consett, en Angleterre. Fondée vers 1864, en reprenant les actifs de la Derwent & Consett Iron Company Ltd, qui succédait elle-même à la Derwent Iron Company fondée en 1840, l'entreprise prospère tout au long du , puis régresse peu après la Seconde Guerre mondiale.
Comme la plupart des entreprises sidérurgiques britanniques, elle connaît alors une série de nationalisations suivies de privatisations, qui n'enrayent pas son déclin. Les restructurations successives se finissent avec la fermeture de l'usine sidérurgique de Consett, en 1980.
Formation de l'entreprise (1840 - 1869)
En 1840, un groupe d'hommes d'affaires locaux mené par Jonathan Richardson fonde la première des entreprises sidérurgiques de Consett, la Derwent Iron Company, dans le comté de Durham, pour extraire et fondre le minerai de fer houiller proche de la ville. Mais le meilleur minerai (c'est-à-dire le plus riche en fer) est rapidement épuisé. L'entreprise appuie alors les prolongations des voies de chemin de fer locales, dont le chemin de fer de Stockton et Darlington. Elle accède ainsi à de nouveaux gisements de minerai de fer dont, à partir de 1851, le minerai de la formation de Cleveland, près d'. En 1856, l'usine de Consett exploite sept hauts fourneaux, tous datés de sa fondation, c'est-à-dire édifiés entre 1839 et 1840.
En 1857, la Consett Iron Company doit à la Northumberland and Durham District Bank près d'un million de livres sterling. Elle est alors mise en vente, mais une tentative de vente à la jeune Derwent and Consett Iron Company échoue. Le , après avoir côtoyé la cessation de paiements pendant plusieurs années, une nouvelle Consett Iron Company Ltd est formée, avec un capital de consistant en de et J. Priestman en tant que directeur général. Deux députés, et , font partie des directeurs. L'entreprise exploite alors 18 hauts fourneaux et peut produire de fonte brute et de produits finis en fer. Elle est également propriétaire d'un millier de maisons ouvrières et de , c'est une des plus grandes usines du pays :
Prospérité impulsée par William Jenkins (1869 - 1900)
+ Évolution de la rentabilité de la Consett Iron Company Année Bénéfice(k£/an) Taux de profit(% du capital) 1865 39 12 1870 102 24.5 1875 215 33.7 1880 104 15.6 1885 60 8.6 1890 366 38.6 1895 115 8.6 1900 673 38.7 1905 245 13.6 1910 221 12.4
Sous la direction de William Jenkins, general manager de 1869 à 1894 et qui décède en 1895, l'entreprise devient durablement bénéficiaire pour la première fois. Ces bons résultats s'obtiennent malgré un marché particulièrement instable, comme la crise industrielle qui a sévi de la fin des années 1870 au début des années 1890. L'entreprise conserve de fortes sommes sous la forme de capital plutôt que de verser des dividendes à ses actionnaires. Ainsi, elle dépend moins des emprunts lorsque le conjoncture se retourne, et emprunte à de meilleurs taux lorsqu'elle doit le faire. Les employés bénéficient d'écoles, d'églises, d'un parc, d'un hôpital et d'autres infrastructures. La part de marché de l'entreprise dans la production sidérurgique britannique atteint le niveau record de 7,1 % en 1894, puis chute à 4,2 % en 1910 : les historiens de l'économie H. W. Richardson and J. M. Bass soulignent le bon sens des affaires et les choix judicieux de managers dus à William Jenkins.
Vers 1876, les chemins de fer abandonnent le fer puddlé au profit de l'acier pour les rails. La production à Consett s'effondre alors de près d'un tiers. L'entreprise se réoriente vers la production de tôles, dont la demande croissante est tirée par la construction navale. Puis en 1882, le procédé Martin-Siemens est adopté pour réaliser ces tôles en acier, le premier convertisseur de ce type étant opérationnel en 1883. En 1887, la production d'acier se généralise aux produits longs dans toute une gamme de sections, allant des cornières aux poutrelles pour la construction navale. Pour développer cette production, le laminoir d'Angle, doté d'une capacité de production de de profilés par an, est construit sur un site de .
Vers 1892, l'entreprise possède 7 hauts fourneaux et 10 mines de charbon. En plus de la production d'acier, une fonderie, située à un mile de Consett, à , est capable de produire par semaine de produits moulés en acier. L'entreprise dispose également d'une briquerie d'une capacité de par semaine. Les avoirs fonciers croissent jusqu'à atteindre environ ouvrières. Une infirmerie de 16 lits sert à traiter les accidentés du travail. Les touchent un salaire mensuel moyen de . Des investissements sont continuellement réalisés pour moderniser l'outil, comme des compresseurs Roots fournis par en 1893.
Un lent déclin, entre routine industrielle et stratégies confuses (1900 - 1966)
Après le départ à la retraite de William Jenkins, George Ainsworth occupe le poste de general manager. L'entreprise maintient d'abord ses bénéfices mais l'outil industriel n'est pas modernisé, notamment à cause du manque de place à Consett ; un déménagement étant étudié avant d'être rejeté. L'entreprise ne bascule pas sur la motorisation électrique comme ses concurrentes et ses machines à vapeur deviennent bientôt obsolètes.
En 1924, la capitalisation de l'entreprise est valorisée à , elle émet d'obligations . En 1938, l'entreprise participe au financement de la nouvelle Jarrow Steel Company, issue de la défunte Palmers Shipbuilding and Iron Company, dont l'effondrement en 1933 avait généré la en 1936. La Consett Iron Company adapte sa production pendant la Seconde Guerre mondiale en utilisant des minerais de plus mauvaise qualité. À cette époque, l'entreprise emploie .
En 1947, toutes les mines de charbon de l'entreprise sont nationalisées et passent sous le contrôle de la . En 1951, c'est au tour du reste de la Consett Iron Company d'être nationalisée par le gouvernement travailliste de Clement Attlee, au sein de la brève qui rassemble l'industrie sidérurgique britannique au moment de sa nationalisation. Mais, dès 1955, l'usine sidérurgique de Consett est privatisée par le troisième gouvernement Chruchill, alors qu'un nouveau laminoir est ouvert en 1961 pour approvisionner la construction navale. À cette époque, travaillent dans l'usine de Consett.
En 1964, une nouvelle aciérie à l'oxygène est construite pour un coût de . Elle est équipée de 2 convertisseurs LD et de 2 Kaldos, tous de de capacité. Mais dès 1966, la production Kaldo est devenue marginale, pénalisée par l'importante consommation en matériau réfractaire des convertisseurs ainsi que la baisse du prix des minerais à bas phosphore qui servent à la production de fonte pour le procédé LD.
La fin (1967 - 1980)
L'usine sidérurgique de Consett est renationalisée en 1967, cette fois par le gouvernement d'Harold Wilson. Elle est intégrée dans la , à un moment où la production britannique d'acier, de charbon et de navires est en net déclin. À ce moment, l'industrie sidérurgique britannique est devenue routinière, surcapacitaire et exploite des outils obsolètes. Le coût des matières premières comme du pétrole s'envole, et le capital manque pour moderniser l'équipement. La politique gouvernementale consistant à maintenir artificiellement le plein emploi complique l'organisation. Le premières restructurations arrivent immédiatement : en 1968, un Kaldo est transformé en troisième LD, de , et en 1971, le dernier Kaldo est transformé de la même manière.
La fermeture de l'usine sidérurgique, en 1980, s'accompagne d'intenses débats et de nombreuses manifestations. De perdent leur emploi, entraînant un taux de chômage de 35 % à Consett, soit deux fois la moyenne nationale de l'époque.
Le ciel au-dessus de Consett, bien connu pour son épais brouillard orange de poussières d'oxyde de fer issues des usines, se dissipe alors, tout comme les nuages de vapeur émis par les tours aéroréfrigérantes et les cheminées. Quelques anciens sidérurgistes participent à la démolition de l'usine.
Presque toute trace d’activité sidérurgique a depuis disparu. Seule la sculpture Terra Novalis, édifiée à partir de matériaux issus du site, concrétise une forme de mémoire. La situation de l'emploi retourne à la normale dans la décennie suivante, le tissu économique se reconstituant sur une base plus diversifiée.
Notes et références
Notes
Références
Articles connexes
Procédé Kaldo British Steel
Catégorie:Entreprise sidérurgique ayant son siège au Royaume-Uni Catégorie:Entreprise fondée en 1864 Catégorie:Entreprise britannique disparue Catégorie:Entreprise disparue en 1980