Cet inventaire des symphonies de Mozart à l'authenticité douteuse ou qui lui ont été faussement attribuées comprend trente-neuf œuvres symphoniques, pour lesquelles une attribution initiale à Wolfgang Amadeus Mozart s'est soit révélée fausse, soit demeure douteuse. Le nombre exact de symphonies composées par Mozart n'est pas connu avec précision : parmi les quarante-et-une originellement numérotées, trois (les numéros 2, 3 et 37) ont depuis avec certitude été réattribuées à d'autres compositeurs, tandis que la 11 est considérée par certains auteurs comme de paternité incertaine. En plus de cette suite de quarante-et-une symphonies numérotées, on dénombre environ vingt autres symphonies attribuées avec certitude à MozartCet ensemble inclut des symphonies dérivées d'ouvertures d'opéras et de sérénades orchestrales. Les références correspondantes dans le catalogue sont : 19a; 35; 38; 45a; 46a; 46b; 62a; 62c; 74a; 74c; 111a; 135; 141a; 167a; 189b; 207a; 213a; 248b; 320; 383f. Sadie, , et tout un ensemble d’œuvres dont l'appartenance à l’œuvre de Mozart n'est pas démontrée. Certaines de ces dernières peuvent effectivement être de la main de Mozart, mais les pièces douteuses sont souvent considérées comme authentiques par les auteurs ayant compilé l’œuvre de Mozart : huit d'entre elles figurent dans le Neue Mozart-Ausgabe de 1991. Néanmoins, certaines des compositions attribuées à l'origine à Mozart ont depuis longtemps réattribuées à leurs auteurs légitimes, sur la base de preuves irréfutables.
Les premières compositions de Mozart sont celles qui posent le plus de difficultés dans les cas d'attribution douteuse, en raison de la perte des partitions originales signées. Dans certains cas, le corps de la composition est perdu, et seul subsiste pour l'identifier un incipit où figurent les premières mesures, cataloguées par la maison d'édition musicale Breitkopf & Härtel, qui a publié lAlte Mozart-Ausgabe en 1883. Les méthodes informelles, au , de publication et diffusion de la musique ont alimenté la confusion sur l’œuvre de Mozart. S'y ajoutent les erreurs de catalogage à la suite d'informations peu précises, et un enthousiasme parfois un peu précipité à attribuer toute nouvelle découverte de compositions de cette époque à Mozart.
Néanmoins, la liste des symphonies à l'authenticité douteuse ou faussement attribuées à Mozart n'est pas fixée : la découverte de nouvelles preuves peut parfois tant permettre d'en identifier l'auteur que de mettre en doute l'authenticité d’œuvres auparavant attribuées avec certitude à Mozart.
Causes des attributions fautives Parmi les nombreuses raisons expliquant l'attribution erronée d’œuvres à Mozart, on peut citer les suivantes :
Lorsqu'il étudiait la musique, le jeune Mozart avait pour habitude de recopier des extraits d'autres compositeurs. La découverte postérieure de ces fragments de la main de Mozart a parfois mené à des rapprochements hasardeux quant à la paternité des œuvres recopiées. Plus particulièrement, ces documents ont nourri la confusion entre les œuvres de Wolfgang et celles de son père Leopold Mozart, ou d'autres compositeurs de l'entourage de la famille de Mozart, tels que Michael Haydn Zaslaw, , et . Une fois devenu un compositeur et artiste reconnu, Mozart incluait parfois au sein de ses concerts des pièces d'un autre compositeur, souvent jeune et en difficulté. Si la paternité des œuvres jouées était annoncée oralement, l’œuvre tierce alors jouée demeurant associée au nom de Mozart, lui était postérieurement abusivement attribuéeZaslaw, . La publication et la diffusion de la musique au se faisaient de manière très lâche. Des versions manuscrites des œuvres étaient mises en circulation sans réel contrôle, entretenant la confusion sur leur paternité, et de fréquentes attributions erronéesZaslaw, . Les manquements et inexactitudes originels dans l'identification des œuvres de Mozart, notamment du fait du marchand de musique hambourgeois Johann Christoph Westphal, ont été repris postérieurement lors de l'établissement formel du catalogue de l’œuvre de Mozart par Breitkop & Härtel et Köchel. Ces erreurs ont par la suite longtemps persistéZaslaw, . L'étendue des compositions perdues de l’œuvre de Mozart n'est pas connue. Les redécouvertes occasionnelles d’œuvres oubliées de la fin du en lien avec certains endroits fréquentés ou visités par Mozart, ont souvent débouché sur une attribution précipitée à Mozart, avant qu'elle ne soit ensuite démentie par les archivesCf., par exemple, Kenyon .
Le Catalogue Köchel
Le catalogue Köchel, en général considéré comme la liste de référence de l’œuvre de Mozart, a été publié par Ludwig von Köchel en 1862, puis révisé et mis à jour à plusieurs occasions. Le catalogue d'origine, ou K, fait état dans une annexe, ou Anhang, de pièces incomplètes ou perdues, sans souci chronologique. Ces pièces sont identifiées par le préfixe Anh, contrairement aux pièces du catalogue principal, identifiées par la lettre K.
Lors de la dernière révision du catalogue (1964, K6), l'''Anhang a été enrichie d’œuvres douteuses ou incertaines.
D'après les découvertes les plus récentes, certaines pièces anciennement répertoriées dans l' Anhang ont été "promues" dans le corps principal, avec une référence K, tandis que d'autres, inversement, ont quitté le K pour lAnhang.
Néanmoins, cette catégorisation entre K et Anhang n'est pas, ainsi que souligné par ZaslawA Brief History of the Köchel Catalogue, Zaslaw, , un indicateur fiable de l'authenticité de l'attribution des œuvres à Mozart. Zaslaw qualifie "d'arbitraire" le classement de certaines pièces, et en appelle à des "catégories plus honnêtes et clairement définies" pour les œuvres problématiques.Deest'' est utilisé pour identifier les pièces qui n'ont été incluses dans aucune des versions du catalogue Köchel, mais qui ont été par le passé été attribuées à Mozart.
Liste des symphonies de Mozart à l'authenticité douteuse ou lui ayant été faussement attribuées
No.No. dans le K1No. dans le K6AnnéeTitreMouvementsCommentairesRéférences1K. 15a–ssK. 15a–ss1764Esquisses pour clavier en mi bémol majeur, l'ensemble étant dénommé "Symphonie No. 0".4Le carnet de note londonien de Mozart contient 43 esquisses musicales, cataloguées de K.15a à K.15ss. Neal Zaslaw a postulé l'existence, à partir de quatre de ces esquisses, d'une symphonie "londonienne" aujourd'hui perdue. Son argumentaire repose sur son interprétation de remarques formulées par Maria Anna Mozart, mais aucune source indépendante ne vient les confirmer.Zaslaw, Sadie (Mozart biography) 2K. 16bAnh. C11.011765Symphonie en do majeur– Cette œuvre, datant de la période londonienne de Mozart, n'est qu'esquissée, et est généralement attribuée à Leopold Mozart.Dearling, , Zaslaw, , 3K. 17Anh. C11.021765?Symphonie en si bémol majeur4Attribuée à Mozart dans K1, sur la base d'une copie du , et désignée comme sa deuxième symphonie. Depuis, l'origine de l'œuvre a été remise en cause, notamment pour sa médiocre qualité (Dearling la qualifie de "rustique et plutôt maladroite"). Actuellement, on suppose qu'elle n'a pas été composée par Wolfgang, mais peut-être par son père Leopold.Zaslaw, Dearling, 4K. 18Anh. A511764?Symphonie en mi bémol majeur3Figurant dans le K1 en tant que troisième symphonie de Mozart, cette œuvre a depuis été identifiée comme la Symphonie de Carl Friedrich Abel, que Mozart, lors de son séjour londonien, a recopiée et peut-être réarrangée en tant qu'exercice.Dearling, Zaslaw, , 5Anh. 220K. 16aInconnueSymphonie en la mineur ("Odense")3Les parties pour orchestre de cette œuvre ont été découvertes à Odense, au Danmark, en 1983. L'événement a alors été célébré comme la redécouverte d'une symphonie perdue en la mineur. L'analyse du manuscrit et de l'histoire de l'œuvre "perdue" a depuis permis de la rattacher à une série fallacieuse de symphonies passées par le marchand de musique hambourgeois J.C. Westphal (mort en 1797).Zaslaw, Kenyon, 6Anh. 222K. 19b1765?Symphonie en do majeur– Zaslaw, Cette symphonie, dont il n'existe que les trois premières mesures de l'ouverture en allegro, a été postulée par Alfred Einstein : le fragment serait une partie d'une symphonie en do majeur de Mozart, aujourd'hui perdue. Depuis, des doutes ont été formulés sur les origines de ce fragment et son attribution demeure incertaine.7K. 76K. 42a1767?Symphonie en fa majeur (In NMA, Section 46)4Considérée avec certitude comme œuvre de Mozart, sa paternité est discutée ; attribuée par certains à Leopold Mozart, mais attribution tant à Wolfgang qu'à Leopold rejetée par Cliff EisenZaslaw, Kenyon, 8Anh. 214K. 45b1767?Symphonie en si bémol majeur (In NMA, Section 46)4Cette symphonie était perdue, jusqu'à la découverte d'une copie à Berlin en 1943. Les origines de l'œuvre sont contestées (1767 à Salzbourg, selon Zaslaw, ou 1769 à Vienne, selon le NMA). L'attribution à Mozart ne peut être confirmée mais est souvent considérée comme fondée.Zaslaw, , Kenyon, Dearling, 9Anh. 215K. 66c1768?Symphonie en ré majeur– Membre d'un ensemble de trois symphonies perdues ( 64d et ), connu uniquement par des incipits figurant au catalogue de Breitkopf & Härtel. Dearling suppose que ces symphonies ont pu avoir été composées postérieurement, en préparation du voyage de la famille de Mozart en Italie en 1769, mais aucune preuve directe ne vient étayer la paternité de Mozart sur les œuvres.Zazlaw, Dearling, & 10Anh. 217K. 66d1768?Symphonie en si bémol majeur– Voir note sur K. 66c11Anh. 218K. 66eInconnueSymphonie en si bémol majeur– Voir note sur K. 66c12Anh. 216Anh. C11.03 (K3: 74g)1770?Symphonie en si bémol majeur4Jusqu'en 1910, seul l'incipit de l’œuvre était connu. Une copie, perdue depuis, a alors été découverte à la Bibliothèque de Berlin, et l’œuvre attribuée à Mozart sur la base de son "style" mais sans réelle justification. Aujourd'hui, en l'absence de preuve directe, la paternité de l’œuvre est considérée comme incertaine.Zaslaw, Dearling, 13K. 98Anh. C11.041770?Symphonie en fa majeur 4Considérée à l'origine comme authentique par, notamment, Köchel, la symphonie est depuis considérée comme l’œuvre d'un compositeur inconnu, sans rapport avec la famille Mozart. Néanmoins, deux copies de l’œuvre sont attribuées à Mozart.Zaslaw, Dearling, K098 MozartForum: Making a Case for the Symphony in F K.Anh C11.04. Article by Dennis Pajot.14–Anh. C11.05InconnueSymphonie en si bémol majeur1Publiée à Paris vers 1806, perdue puis retrouvée en 1937, l’œuvre était alors considérée comme une "deuxième symphonie parisienne". Néanmoins, sa médiocrité ("une imitation de seconde zone d'un ouverture d'opérette française""a third rate imitation of a French operetta overture" – Zaslaw) en fait plutôt l’œuvre d'un faussaire anonyme.Zaslaw, 15Anh. 219Anh. C11.06InconnueSymphonie en ré majeur–Répertoriée dans le catalogue de Breitkopf & Härtel comme une œuvre de Mozart, obtenue du marchand de musique hambourgeoois Johann Christoph Westphal, il s'agit d'une symphonie de Leopold Mozart.Zaslaw, and 16–Anh. C11.07InconnueSymphonie en ré majeur–N'en est connue que l'incipit de deux mesures, figurant dans le catalogue manuscrit de Breitkopf & Härtel. L'attribution à Mozart est incertaine.Zaslaw, 17–Anh. C11.08InconnueSymphonie en fa majeur– N'en est connue que l'incipit de quatre mesures, figurant dans le catalogue manuscrit de Breitkopf & Härtel. L'attribution à Mozart est incertaine.18K. 81K. 73l1770Symphonie en ré majeur (In NMA, Section 47)3Les opinions sont partagées sur son auteur, entre Leopold et Wolfgang. Le catalogue Breitkopf la répertorie comme œuvre de Leopold, et il a été postérieurement avancé qu'elle pourrait être de Wolfgang. Aucune preuve certaine ne permet de trancher.Zaslaw, Dearling, Kenyon, 19K. 97K. 73m1770Symphonie en ré majeur