Antoine Auguste Intreccialagli ( Antonio Augusto Intreccialagli) ou Antoine de Jésus (, Monte Compatri, États pontificaux - , Palerme, Italie), mieux connu sous le nom du saint évêque, est un archevêque catholique italien, membre de l'ordre du CarmelÀ ne pas confondre avec un autre carme célèbre, Antoine de Heredia (1510-1601), lui aussi entré dans les ordres sous le nom d'Antoine de Jésus..
Entré dans l'ordre des Carmes déchaux en 1868, il est nommé évêque de Caltanissetta en 1907, et finalement archevêque de Monreale en 1919. Son procès en béatification est ouvert en 1952 ; il est déclaré vénérable par le pape Jean-Paul II en 1991.
Biographie
Enfance Antonio Augusto Intreccialagli est né le à Monte Compatri (une petite ville près de Rome), est le fils de Joseph Intreccialagli et Annunziata Raffaelli. Sa famille est une famille distinguée et pieuse, de catholiques pratiquants. Il est l'ainé des dix enfants que compte la famille. Un autre de ses frères entrera lui aussi dans l'ordre des Carmes déchaux.. À six ans, il fait sa confirmation et à l'âge de dix ans il fait sa première communion (comme c'était l'usage à l'époque)..
Entrée au Carmel
Dans la période difficile qui suit la prise de Rome, il est admis au noviciat des frères carmes déchaux. Il commence sa formation en 1868 : le il fait sa prise d'habit, et le il prononce ses vœux religieux et prend le nom (en religion) d'Antoine de Jésus.. Lorsque le couvent de Caprarola est ferméEn fonction des sources nous trouvons différentes dates autour de 1870 ou 1872., puis confisquée au profit de la loi du , les frères carmes trouvent refuge dans les écuries du palais Farnèse.. Durant des mois ils ne se nourrissent que d'oignons, connaissant la faim, la misère et les difficultés. Dans cette situation, le père Antoine de Jésus développe l', l'humilité et le service. Il se démarque par sa bonne humeur.
Auguste fait ses études de philosophie et de théologie à Caprarola (Viterbo). Le , il est ordonné prêtre à Civita Castellana. Il passe ensuite quelques années à Rome dans les deux couvents de Santa Maria della Scala et Notre-Dame de la Victoire. L'église des couvents est fréquentée par des croyants qui cherchent sa direction spirituelle. Parmi ces fidèles, il y a des évêques et des cardinaux, ainsi que des catholiques qui seront, plus tard, canonisés (ou en cours de béatification) comme Françoise-Xavière Cabrini, Marie des Apôtres et François-Marie de la Croix.
Il retourne quelque temps à Caprarola pour y enseigner avant de revenir à Rome. De 1883 à 1885 il réside à Monte Compatri en tant que vicaire du couvent de Saint-Sylvestre.
Responsabilités dans l'ordre En 1885 il est élu prieur du couvent de Sainte-Marie de la Scala, puis réélu en 1888, assurant cette fonction durant six années consécutives. En 1891, il est élu provincialL'élection du provincial est faite pour 3 ans. de la province romaine de l'ordre, puis réélu à ce poste en 1897 et 1903. Il remplit sa mission avec soin et un zèle marqué pour l'observance de la règle. Par son action, il redynamise la vie religieuse dans les communautés durement touchées dans leurs membres et leurs conditions de vie, à la suite de l'adoption de diverses lois par le gouvernement italienLa réunification de l'Italie au , et le rattachement des États pontificaux au royaume italien s'est accompagné de lois défavorables aux congrégations religieuses et de saisies de biens de l’Église.. Il fixe le programme des études de théologie (pour les étudiants) à Monte Compatri, il publie les normes pour l'organisation de l'école pour aspirants de . Il ouvre un nouveau couvent à Ceprano en 1893, et en 1906, il prépare le retour des frères carmes dans l'ancienne de Terni. Il assure également la fonction de conseiller provincial (de 1900 à 1903) et de postulateur général pour les causes de béatification et de canonisation de l'ordre (de 1902 à 1907).
Au service du Vatican
Ses commencent à être connus à l'extérieur de son ordre. En 1896 il est appelé au Vatican, au sein de la Curie romaine, afin de travailler comme consulteur pour la Congrégation des évêques et réguliers, et membre de la Congrégation de la discipline régulièreCommission chargée de la révision des constitutions des nouveaux instituts religieux, elle existera jusqu'à la réforme de Pie X en 1908.. De par sa fonction, il est en contact avec de nombreux religieux fondateurs de congrégations, dont plusieurs seront béatifiés (ou en cours de béatification)Nous pouvons citer par exemple Françoise-Xavière Cabrini, Marie des Apôtres, Thérèse-Adélaïde Manetti ou François-Marie de la Croix.. Par mandat du Saint-Siège, il est également visiteur apostolique de la congrégation religieuse des Salvatoriens.
En 1904, il est consulteur de la commission pour la codification du droit canonique. Il réalise également de très nombreuses visites apostoliques dans des diocèses italiens, ainsi que dans de nombreux séminaires.
L'évêque thumb|Cathédrale Santa Maria de Caltanissetta. Le chapitre de l'ordre se réunit en pour élire le prieur général des Carmes déchaux. Le pape Pie X qui apprécie le père Antoine Auguste émet le souhait qu'il soit élu supérieur général des carmes. Mais le chapitre ne suit pas le désir du pape et nomme un autre père carme à cette fonction. Informé de cette décision, le pape rédige (de sa main) le jour même (le ) sa nomination au poste d'évêque du diocèse de Caltanissetta en SicileLe site carmelnet donne la date du pour sa nomination comme évêque de Caltanissetta.. Le père Antoine Auguste Intreccialagli, en apprenant la nouvelle . Mais Pie X insiste et lui demande d'accepter cette nouvelle mission. Le carme finit par accepter . Lors de la visite de la délégation de Caltanissetta auprès du pape pour accueillir leur nouvel évêque, le pape leur déclare : . Et il ajoute qu'il leur faut remercier . Son ordination se déroule le .
Le nouvel évêque arrive dans son diocèse le . La population du diocèse de Caltanissetta l'accueille chaleureusement dès son arrivée. Intreccialagli dépense une grande énergie pour former et le clergé local. Il s'attache aussitôt arrivé à construire et terminer un nouveau séminaire, qu'il inaugure en 1912. Le nouvel évêque trouve un clergé parfois divisé par des fractures profondes. Il s’affaire à lever et aplanir les divisions entre ses prêtres. se montre comme un pasteur infatigable et un père pour ses concitoyens. Il écoute et reçoit quiconque a besoin de lui. Il fait de fréquentes visites pastorales et ne se laisse que quatre heures de sommeil chaque nuit. Chaque matin, il assure, dans l'église de Saint-Joseph, durant plusieurs heures, les confessions et la direction spirituelle de très nombreux hommes et de femmesUn certain nombre de ces personnalités sont des religieux (ou religieuses), et plusieurs sont en cours de béatification, ou l'ont déjà été.. Il accompagne particulierement et ..
Il supervise le financement d'orphelinats et d'institutions féminines dans son diocèse. Sous son impulsion, l'action catholique se développe dans son diocèse et se consolide. Il se distingue également dans son action sociale : il s'occupe des banques rurales et coopératives, veillant à ce qu'elles soient un moyen d'amélioration économique et sociale, . il va souvent visiter les mines de soufre, où beaucoup d'enfants, parfois très jeunes, sont embauchés pour une bouchée de pain. après le tremblement de terre de Messine et Reggio en 1908 il vient en aide aux familles sinistrées dans son diocèse. Il aide les familles trop pauvres de Sicile qui souhaitent émigrer en Amérique en allant jusqu'à leur payer (de ses deniers) leur billet de voyage.
Évêque de Monreale Ses contemporains estiment que l'évêque Antonio Augusto est et le surnomment (de son vivant), . En 1911, le pape Pie X le nomme administrateur apostolique de Monreale car l'évêque en titre, Domenico Gaspare Lancia de Brolo, âgé de 92 ans n'est plus en mesure d'administrer son diocèse du fait de son grand âgeÀ cette époque, la limite d'âge de 75 ans n'était pas en place pour les évêques, ou les prêtres. De ce fait, les évêques restaient à leur poste jusqu'à leur décès.. Le pape lui demande donc de le suppléer, ce qu'il fait, en marquant pour l'ancien archevêque. Il va ainsi jusqu'à le défendre vigoureusement lorsque le pouvoir civil tente de retirer la charge de son diocèse (à l'évêque en titre) en raison de son âge et de sa maladie. Le , le pape Pie X lui demande de se consacrer à plein temps à l'archidiocèse de Monreale comme archevêque coadjuteur. Il commence donc à faire la navette entre ses deux diocèses : Caltanissetta et MonrealePendant 10 ans, jusqu'en 1921, continuera de s'occuper du diocèse de Caltenissetta, en plus de celui de Montereale.. Il succède à Domenico Gaspare Lancia de Brolo le sur le siège de l'archevêché.
thumb|Cathédrale de Monreale. Il prend la charge d'archevêque de Monreale en 1919, et là il continue son style d'action coutumier : . Les grands objectifs auxquels il se consacre sont les visites pastorales, la refonte du séminaire, la catéchèse, l'apostolat missionnaire, l'établissement de l'action catholique et surtout la sanctification du clergé localDes animosités et rivalités sont présentes parmi ses prêtres siciliens. Leur n'est pas toujours .. Il corrige, sermonne et les prêtres qui avaient pris des libertés avec leur charges pastorales. Il n'hésite pas non plus à s'opposer avec la mafia qui tente de lui imposer des nominations de prêtres. Pour ses déplacements pastoraux, il n'hésite pas à aller à pied ou prendre le tramway, donnant l'argent économisé aux pauvres. Il favorise et soutient Marie Diomira Crispi à la création de la Congrégation des Oblats de l'Amour DivinCette congrégation continue de le vénérer comme . La Congrégation des Oblats de l'Amour Divin a (au début du ) une trentaine de maisons, avec plus de quatre cents religieuses.
Il consacre les dernières années de sa vie terrestre à son ministère épiscopal. Ces dernières années sont marquées par une grande souffrance physique et spirituelle. À l'âge de 70 ans, bien que fatigué, il refuse toujours de prendre du repos. Les médecins lui conseillent le repos et l'air sain. Il accepte de faire une pause, au début de à Monte Compatri, mais rentre en septembre à Palerme. Bien qu'alité, il continue de suivre les offices. Le il reçoit le saint viatique en habit de religieux. Il décède le après avoir renouvelé ses vœux religieux et fait .
thumb|Le tombeau d'Antonio Augusto Intreccialagli dans la cathédrale de Monreale (Sicile).
À sa mort, des fidèles viennent à son enterrement de toute l'île, montrant leur attachement et leur dévotion envers leur moine-évêque. Son corps est enterré, dans un premier temps, dans le cimetière des Filles de Sainte Anne (de Monreale). En 1936, sa dépouille est translatée dans la chapelle du Saint-Sacrement de la cathédrale de Monreale.
Spiritualité Homme d'action, il ne quittait pas pour autant sa vocation carmélitaine et les engagements de prière de sa vie monastique. Ses multiples charges de travail lors de sa période au Vatican, au sein de la Curie romaine, . Alors qu'il était très apprécié dans ses fonctions vaticanes et promis à de hautes fonction, il n'espérait que . Ses biographes rapportent qu'il ne rêvait que .
S'il néglige sa santé, il prend soin de conserver des temps de prière et d'oraison tous les jours. Tous les matins à 5h il célèbre la messe dans une chapelle privée avant de commencer son travail. Le gardien de la cathédrale témoigne l'avoir vu venir prier devant le Saint Sacrement, le soir, après la fermeture, parfois pieds nus.
Le père Antoine de Jésus avait une grande piété filiale pour la Vierge Marie, il profitait de toutes les fêtes mariales pour manifester sa dévotion. Il avait également une grande dévotion pour le Rosaire et le scapulaire de Notre-Dame du Mont-Carmel. Ces sacramentaux étaient pour lui une occasion de .
Béatification