L'église Saint-Martin est une église catholique paroissiale située à Bonneuil-en-Valois, dans l'Oise, en France. C'est un édifice de plan cruciforme à nef basilicale, qui date en grande partie du . Sa silhouette est assez emblématique des églises de cette époque dans la région, et n'a que peu été affectée par des remaniements, si l'on excepte la reconstruction des murs des bas-côtés au second quart du dans le style gothique flamboyant. Ses parties les plus anciennes sont romanes, et remontent aux alentours de 1120. Ce sont la façade occidentale de la nef avec son portail, les trois premières grandes arcades au nord de la nef avec les fenêtres hautes, et le clocher latéral au nord du chœur avec son double étage de beffroi, dont la base reste voûtée en berceau. La position du clocher est responsable d'une irrégularité : au nord, le chœur est flanqué d'une toute petite chapelle, et au sud, d'une grande chapelle formant croisillon. Les deux sont de style gothique, mais la première est datable du dernier quart du , et la seconde, des alentours de 1200. Contemporaine de la chapelle du nord est l'abside, qui est de plan rectangulaire, et se termine par un chevet plat. Elle constitue la partie la plus remarquable de l'église. Ses ogives sont ornées de minuscules fleurs de violette. Ses fenêtres sont entourées, à l'intérieur, d'une double archivolte torique, qui retombe sur deux paires de colonnettes à chapiteaux. Leurs soubassements sont animés par des arcatures plaquées. En contraste avec l'équilibre du sanctuaire, l'avant-chœur a été oblitéré par deux remaniements successifs au , concernant la voûte et puis les supports. Plus heureux fut le résultat de la réfection des grandes arcades au sud de la nef dans le style de la Renaissance, en union avec un ébauchage d'un voûtement d'ogives, resté toutefois lettre morte : la nef demeure ainsi lambrissée, et les bas-côtés sont à charpente apparente. Assez frappante est la dissymétrie des deux élévations latérales de la nef, où les trois hautes arcades de la Renaissance font face à trois arcades romanes très basses, surmontées d'un étage de fenêtres hautes, et à une large arcade flamboyante. Malgré son déséquilibre à l'intérieur, l'église Saint-Martin demeure un édifice remarquable d'un intérêt certain, et a été classée aux monuments historiques par arrêté du .. Sa restauration intégrale a été lancée en 2014. Bonneuil-en-Valois est aujourd'hui affilié à la paroisse Saint-Sébastien de Crépy-en-Valois, et des messes dominicales y sont célébrées tous les deux mois environ, à 11 h.
Localisation thumb|left|Vue depuis le sud-est.
L'église Saint-Martin est située en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, entre la vallée de l'Automne au sud et la forêt de Retz au nord, au bout du vallon du ru de Bonneuil, sur la commune de Bonneuil-en-Valois, à l'est du cimetière municipal, et au sud de la rue de Villers (RD 50). C'est la façade occidentale qui donne sur le cimetière. Celui-ci domine la route grâce à un mur de soutènement, et il faut gravir un escalier de seize marches pour accéder au cimetière et à l'église. Un accès de plain-pied est possible par la rue du Berval, qui délimite le cimetière à l'ouest et conduit au hameau du Berval, et l'impasse Saint-Martin, qui délimite le cimetière au sud, et le surplombe légèrement. Elle permet d’apercevoir l'élévation sud de l'église, et se termine devant l'ancien presbytère. Un deuxième escalier et un chemin en pente descendent vers le parvis devant le portail occidental. Des jardins et vergers entourent le chevet.
Historique thumb|upright|Chœur, vue vers l'ouest dans la nef. thumb|upright|Chœur, vue vers l'est dans l'abside.
L'église est placée sous le vocable de saint Martin de Tours. En 1052 ou 1053, Heddo(n), évêque de Soissons de 1052 environ jusqu'à sa mort en 1064, confie l'église de Bonneuil-en-Valois à Raoul III de Vexin, comte de Valois, peut-être dans l'espoir que celui-ci la fasse reconstruire. Mais Raoul III ne la garde pas longtemps. Par une charte de 1053, il la donne au prieuré Saint-Arnoul de Crépy-en-Valois, qui devient ainsi le collateur de la cure. Sous l'Ancien Régime, la paroisse de Bonneuil-en-Valois dépend du doyenné de Coyolles, de l'archidiaconé de La Rivière et du diocèse de Soissons. La Révolution française apporte le rattachement de l'ensemble des paroisses du département de l'Oise au diocèse de Beauvais, qui est supprimé à son tour sous le concordat de 1801, puis rétabli en 1822. La succursale de Bonneuil-en-Valois, selon la terminologie alors en vigueur (le titre de paroisse étant réservé aux chefs-lieux de canton), compte dans son étendue la chapelle Saint-Antoine-et-Saint-Vincent au hameau du Berval, à de distance de l'église. Cette chapelle est toujours affectée au culte. Également comprise dans le territoire municipal est l'abbaye Notre-Dame de Lieu-Restauré, qui forme toutefois une paroisse à part sous l'Ancien Régime, et est désaffectée à la Révolution.. Depuis la définition de quarante-cinq nouvelles paroisses à l'échelle du diocèse en 1996, le village est affilié à la paroisse Saint-Sébastien de Crépy-en-Valois.. Les messes dominicales y sont généralement célébrées le dimanche à 11 h, en alternance avec l'une des sept autres églises de la communauté de Vaumoise. La fréquence ne dépasse guère une messe tous les deux mois, sans compter les célébrations particulières. Depuis le début des travaux de restauration en 2015, les messes sont provisoirement suspendues. D'autres messes sont proposées à la chapelle du Berval, avec la même fréquence.
Plus rien ne subsiste de l'église qui existe au milieu du . Elle est entièrement reconstruite vers 1120 environ, dans le style roman. Cette église possède une nef basilicale non voûtée de cinq travées, dont la façade et les grandes arcades du nord sont aujourd'hui les derniers vestiges, et un clocher latéral au nord du chœur, qui est conservé tel quel, abstraction faite du toit à la hache, qui est moderne. On ne sait rien du chœur de cette époque. Il est remplacé, au cours du dernier quart du , par un nouveau complexe de style gothique primitif, qui se compose de trois travées, dont une abside rectangulaire à chevet plat, et dont la deuxième travée s'accompagne d'une petite chapelle carrée du côté nord, à côté de la base du clocher. Vers 1200 enfin, une autre chapelle carrée, nettement plus grande que son pendant au nord, est édifiée au sud des deux premières travées du chœur. Elle s'apparente, surtout à l'extérieur, à un croisillon sud du transept. L'église atteint alors son extension actuelle. Elle subit cependant encore d'importants remaniements, qui interviennent au cours du , et oblitèrent lourdement l'édifice, en rendant la nef dissymétrique, et en fusionnant les deux premières travées du chœur en une seule travée de facture disparate..
Les premiers remaniements, peu après 1530, ne peuvent s'expliquer que par le mauvais état de l'édifice à l'issue de la guerre de Cent Ans, et répondent peut-être à des destructions partielles. Ils concernent la reconstruction totale des deux bas-côtés de la nef ; les deux dernières grandes arcades au nord de la nef, qui sont remplacées par une seule arcade de grande envergure ; et justement les deux premières travées du chœur, dont les voûtes et supports sont démolis, tout en laissant en place les bases au nord de l'arc-doubleau intermédiaire, sans doute dissimulées derrière le mobilier ou des boiseries. Ces bases sont aujourd'hui les seuls témoins de la configuration ancienne du chœur, non sans laisser en suspens certains aspects. Les deux voûtes sont remplacés par une voûte de style flamboyant tardif, délimitée par deux arcs-doubleaux également flamboyants à l'ouest et à l'est. Or, les supports des doubleaux sont apparemment défectueux, et doivent être repris en sous-œuvre quelques années plus tard. Cette reprise entre dans le cadre d'une deuxième campagne de remaniements, qui s'effectue dans le style de la Renaissance. L'existence de deux campagnes distinctes est prouvée par l'incohérence entre les arcs-doubleaux perpendiculaires et leurs supports, et par le profil différent du doubleau méridional vers le croisillon sud, qui est refait à l'occasion. On ne se contente pas de parer aux malfaçons lors de la campagne précédente, mais construit également de nouvelles grandes arcades au sud de la nef, et prévoit le voûtement d'ogives de celle-ci, quitte à réduire sa hauteur. Malgré ces interventions mal réfléchies, l'église Saint-Martin ne reste pas moins un édifice digne d'intérêt. Elle est classée monument historique par arrêté du . Sa restauration intégrale a été engagée en 2014. Fin 2016, les toitures et les élévations extérieures sont déjà terminées, à l'exclusion du bas-côté sud.
Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.
Orientée à peu près régulièrement, avec une légère déviation de l'axe vers le sud-est du côté du chevet, l'église se compose d'une nef non voûtée accompagnée de deux bas-côtés ; d'un chœur de deux travées inégales, dont la deuxième est libre, et se termine par un chevet plat ; d'une base de clocher et d'une petite chapelle carrée au nord de la première travée du chœur ; et d'une grande chapelle carrée ou d'un croisillon au sud de cette même travée. Une tourelle d'escalier polygonale flanque l'angle sud-ouest du transept. La sacristie occupe l'angle entre le croisillon sud et la deuxième travée du chœur. La nef comptait primitivement cinq grandes arcades de chaque côté. Les deux dernières grandes arcades du nord ont été remplacées par une large arcade à la période flamboyante, et les grandes arcades du sud ont été entièrement rebâties à la Renaissance, et ne sont plus qu'au nombre de trois. Des fenêtres hautes existent encore au-dessus des trois piliers libres au nord de la nef. Sinon, l'église n'est qu'à un seul niveau d'élévation. La première travée du chœur est issue de la réunion de deux travées barlongues. Elle est plus large que la deuxième travée, qui est désaxée vers le nord. La nef est recouverte d'un lambris à pans coupés. Les bas-côtés sont à charpente apparente. La base du clocher est voûté en berceau perpendiculairement à l'axe de l'édifice. Les deux travées du chœur et les deux chapelles sont voûtées d'ogives. On accède à l'église par la façade occidentale, par une petite porte dans le mur du bas-côté nord, ou par le portail principal de la nef. La nef et le chœur sont pourvues d'une toiture à deux rampants avec un pignon en façade, et un autre au chevet. Les bas-côtés et la sacristie sont munis de toits en appentis. Le croisillon sud possède un toit en bâtière perpendiculaire à l'axe de la nef, avec un pignon au sud. La petite chapelle au nord est couverte d'un toit à deux croupes, sans pignon. Le clocher est coiffé d'un toit à la hache.
Intérieur Nef et bas-côtés thumb|upright|Vue vers l'est. thumb|upright|Vue vers l'est. thumb|upright|Vue vers l'ouest. thumb|upright|Élévation nord.