vignette|300px|Actionnaires et participations du holding public Publifin (organigramme simplifié) en 2017. La province de Liège est l'actionnaire majoritaire de Publifin. L'affaire Publifin, du nom de l'intercommunale Publifin (dénommée Tecteo jusqu'en ; Enodia depuis 2018), est un scandale politico-financier wallon ayant éclaté le à la suite des révélations du magazine Le Vif/L'Express.
Chronologie de l'affaire Révélations du Vif/L'Express Le , se basant sur des informations récoltées par Cédric Halin, échevin des Finances de la commune d'Olne, le magazine Le Vif/L'Express révèle que plusieurs mandataires politiques locaux, membres du PS, du MR, du cdH et essentiellement originaires de la province de Liège, perçoivent d'importantes rémunérations de Publifin, alors que certains n'assistent pas ou peu aux réunions des comités de secteur ou de sous-secteur de l'intercommunale.... Ces organes consultatifs sont supprimés par le conseil d'administration le .. Le parquet de Liège, suspectant la commission de faux, l'usage de ces faux et des abus de biens sociaux au préjudice de l'intercommunale, ouvre une information judiciaire quelques jours après.. Le procureur-général Christian De Valkeneer supervise la procédure en raison des liens familiaux existant entre le procureur du Roi Philippe Dulieu et Stéphane Moreau, l'administrateur-délégué de Nethys SA, l'entité opérationnelle de Publifin..
Le , le quotidien économique et financier L'Écho révèle que le montant du salaire de Daniel Weekers, directeur de la stratégie de Nethys, s'élèverait à par an (hors avantages) et serait payé par l'entremise d'une société pour des raisons d'optimisation fiscale.. Stéphane Moreau serait rémunéré à hauteur de bruts par an, selon Le Vif..
Motion de méfiance et démission de Paul Furlan Le , le MR demande la démission de Paul Furlan, ministre des Pouvoirs locaux, pour les propos qu'il a tenus dans le journal L'Avenir« On m'a roulé dans la farine (...) J’ignorais que mon chef de cabinet (adjoint) était administrateur chez Publifin » (.. Pierre-Yves Jeholet (MR) reproche au ministre d'avoir toujours refusé un cadastre des mandats dans les organismes publics wallons... À ce stade, le président du PS Elio Di Rupo exclut tout pas de côté de la part de Paul Furlan. Le , en séance plénière du Parlement wallon, le député écologiste Stéphane Hazée réclame à son tour la démission du ministre à la suite des révélations concernant son chef de cabinet adjoint, le bourgmestre de Wanze, Claude Parmentier. Ce dernier percevait, en tant qu'administrateur de Nethys SA, d'importants émoluments depuis 2013..
Les deux partis d'opposition MR et Ecolo finissent par déposer ensemble une motion de méfiance contre le gouvernement Magnette, visant dans ce texte le ministre des Pouvoirs locaux.. Au même moment, plusieurs articles de presse se montrent assez critiques envers la composition de son cabinet, si bien que le cdH réclame des explications au ministre « dans les plus brefs délais ». Contesté par l'opposition et critiqué par la presse, Paul Furlan se résigne à démissionner le ..
L'éphémère « commission spéciale » du Parlement wallon Le , une commission spéciale « chargée d'examiner la transparence et le fonctionnement du Groupe Publifin » est installée au Parlement de Wallonie.. Tous les partis représentés au Parlement y siègent..
Le lendemain après-midi, le socialiste André Gilles, député provincial et président de Publifin, est entendu par la commission.. André Gilles affirme qu'on leur a imposé la mise en place des comités de secteur, dont les rémunérations excessives sont au cœur de la polémique. Cela répondait, selon lui, à la nécessité des anciennes intercommunales (qui ont fusionné pour former Publifin) de continuer à vérifier les activités du groupe.. Gilles souligne également que l'« on peut après coup juger que [le montant des rémunérations] était trop élevé et qu'on aurait dû lier ça à la présence, mais [que] la loi était imprécise »..
Durant ces six heures d'audition, le président de Publifin élude cependant de nombreuses questions embarrassantes, notamment sur le montant des dirigeants des filiales privées de Nethys.. Trois jours plus tard, la grande quantité de documents transmis par Publifin à la commission spéciale ne permet toujours pas de répondre à ces questions. Par conséquent, les partis de la majorité PS et cdH finissent par accepter l'installation d'une véritable commission d'enquête parlementaire, demandée depuis plusieurs semaines par l'opposition. Une telle commission d'enquête n'avait plus été mise sur pied par le Parlement wallon depuis 1992..
En attendant la conclusion des travaux de la commission, les socialistes André Gilles et Stéphane Moreau sont suspendus de leurs mandats internes au PS..
Nouvelles révélations sur des filiales de Publifin Le , la radio-télévision privée RTL révèle que des filiales détenues majoritairement (SOCOFE et Publipart) ou non (EDF Luminus) par Publifin rétribuent chèrement plusieurs mandataires politiques.. La presse flamande s'empare de l'affaire et montre que la société anonyme Publipart, qui investirait notamment dans l'armement chimique, a versé des montants importants à 17 administrateurs. Parmi ceux-ci figurent deux échevins gantois, (Open VLD) et le futur candidat bourgmestre, (sp.a).. Le lendemain, ce dernier démissionne de son mandat à la ville de Gand et renonce à se présenter en tête de liste aux prochaines élections communales..
Le , le bourgmestre socialiste de Seraing Alain Mathot annonce lors d'un conseil communal qu'il a démissionné de ses mandats au sein de Publilec (qui chapeaute Publipart), de la SOCOFE et d'EDF Luminus.. Il a également renoncé à son mandat au sein de NeWIN, pour lequel il était rémunéré via une société de management. Selon le quotidien Le Soir, ces différents mandats lui ont rapporté environ euros en 2015..
La « commission d'enquête parlementaire » Composition La commission d'enquête parlementaire « chargée d'examiner la transparence et le fonctionnement du Groupe Publifin » (ou « commission Publifin ») est installée le , sous la présidence de la socialiste Olga Zrihen.. Les trois groupes parlementaires (PS, MR, et cdH) participent à cette commission, de même qu'un représentant de chaque petit parti de l'opposition (Ecolo, PTB et J'existe). Ces trois derniers partis assistent à toutes les réunions, mais leur voix est consultative.. PartisDéputésSuppléants PS Olga Zrihen (présidente) Véronique Bonni Bruno Lefebvre Jean-Marc Dupont Dimitri Legasse Eddy Fontaine Christine Poulin Serdar Kilic Patrick Prévot Nicolas Martin Christiane Vienne Edmund Stoffels MR Jean-Luc Crucke Jennifer Baltus-Möres Yves Evrard Marie-Françoise Nicaise Olivier Maroy Patricia Potigny Gilles Mouyard Valérie Warzée-Caverenne cdH Pascal Baurain Isabelle Joiret Dimitri Fourny Mathilde Vandorpe Ecolo Stéphane Hazée Hélène Ryckmans PTB Frédéric Gillot Ruddy Warnier J'existe André-Pierre Puget
Perquisitions Le , la commission Publifin ordonne des perquisitions au sein de l'intercommunale sur la base d'un transmis par le procureur général de Liège Christian De Valkeneer. Selon des révélations anonymes, André Gilles et Stéphane Moreau auraient demandé, le , à des membres du personnel de Nethys de réaliser ou de détruire des documents demandés par la commission d'enquête. La direction de Nethys dément formellement ces accusations...
Rapport intermédiaire Les membres de la commission Olga Zrihen, Patrick Prévot (PS), Jean-Luc Crucke (MR), Dimitri Fourny (cdH) et Stéphane Hazée (Ecolo) présentent leur rapport intermédiaire à la presse le . Ils y formulent plusieurs recommandations, parmi lesquelles le renouvellement intégral du conseil d'administration et du comité de direction du groupe Publifin-Nethys (avec pour conséquence le départ de Stéphane Moreau). En ce qui concerne les rémunérations, la commission réclame notamment le remboursement à l'intercommunale des montants attribués au sein des « comités de secteur » et la limitation du plafond des rémunérations des dirigeants du groupe à euros. Le rapport insiste également sur la nécessité de renforcer le contrôle de la Région wallonne sur l'intercommunale. Enfin, la position du gestionnaire du réseau de distribution (GRD) Resa au sein de la SA Nethys (et non directement dans l'intercommunale Publifin) pose problème.. Pressions du groupe Publifin-Nethys sur la commission Début avril, l'hebdomadaire Le Vif/L'Express révèle l'existence d'un courrier adressé à la présidente Olga Zrihen par les avocats de Nethys SA, le cabinet Linklaters et Adrien Masset.. Ces derniers soulignent l'absence de fondement légal dans la saisie de documents lors de la perquisition du . Les avocats de Nethys critiquent également le comportement agressif des commissaires à l'égard de certains témoins. Dans un courrier ultérieur, ces mêmes avocats exigent une relecture du rapport intermédiaire de la commission Publifin : selon eux, les droits de la défense ne seraient pas garantis. La présidente de la commission rétorque que les commissaires n'ont pas d'ordre à recevoir de l'extérieur et qu'ils continueront leur travail comme avant..
La pression s’accentue sur la commission lorsque Nethys décide d'assigner en justice cinq députés (Zrihen, Prévot, Crucke, Fourny et Hazée) devant le tribunal de première instance de Namur. Les avocats de Nethys reprochent à ces députés d'avoir enfreint les droits de la défense à travers certaines déclarations, en commission ou dans les médias. Selon eux, il s'agit de calomnie, d'atteintes à l'honneur et à la présomption d'innocence. Nethys réclame par conséquent euros de dédommagement aux cinq parlementaires qu'elle a cités à comparaître devant le tribunal civil.
Réuni en urgence, le , en séance plénière, le Parlement de Wallonie approuve à l'unanimité une proposition de résolution relative à une « intervention volontaire dans le cadre de l’action civile mise en œuvre par la S.A. Nethys » contre les parlementaires cités devant le tribunal le lendemain.. Par cette initiative, le Parlement dans son entièreté se joint à la cause en s'impliquant dans la procédure devant le tribunal civil :
Rapport final et procès-verbal adressé au procureur général Le , les députés Zrihen, Prévot, Crucke, Fourny et Hazée rendent publiques les dernières recommandations de la commission.. Le rapport final de la commission est présenté au Parlement wallon le par les députés Gilles Mouyard (MR), Pascal Baurain (cdH) et Bruno Lefebvre (PS)..
Dans un procès-verbal adressé au procureur général de Liège, la commission relève quinze indices, qui sont « susceptibles d'être constitutifs d'une ou plusieurs infractions » pénales commises par des membres de la direction, des organes de gestion et/ou des comités de secteur au sein de Publifin-Nethys : prise d'intérêt, concussion sans violences ni menaces, abus de confiance, abus de biens sociaux et recel d'abus de biens sociaux..
Pressions du groupe Nethys sur le quotidien L'Avenir Selon Le Vif/L'Express du , le journal L'Avenir a subi diverses pressions rédactionnelles de la part du groupe Nethys, propriétaire du quotidien..
Le , des représentants de quatre partis représentés au Parlement de Wallonie (cdH, Écolo, MR et PS) publient un communiqué soutenant la liberté de la presse..
Faux rapport rendu au Parlement et au Gouvernement wallons
Conséquences de l'affaire Démissions multiples Claude Emonts, conseiller communal socialiste à Liège, annonce le qu'il abandonne tous ses mandats.. Le bourgmestre d'Engis, Serge Manzato, quitte la présidence de la fédération socialiste de Huy-Waremme.. Le même jour, la libérale Virginie Defrang-Firket, conseillère communale à Neupré et députée wallonne, quitte la vice-présidence du conseil d'administration et du bureau exécutif de Publifin..