Marion Leboyer (1957), est une médecin psychiatre, professeure des universités – praticienne hospitalière exerçant à l'université Paris Est Créteil (UPEC).
Biographie Elle suit des études de médecine à l'Université Paris-Descartes, un master et une thèse de sciences à l'université Pierre et Marie Curie. Sa thèse, publiée en 1985, s'intitule Autisme infantile, Faits et modèles. Elle est nommée interne des hôpitaux de Paris en 1981, puis cheffe de clinique à l’hôpital de La Pitié-Salpêtrière de 1989 à 1994. Elle y travaille avec le psychanalyste Widlöcher.
De 2002 à 2007, elle est cheffe du service de psychiatrie sectorisée de l’hôpital Albert Chenevier et du service de psychiatrie de l’hôpital Henri Mondor en 2002 avant d’y être nommée responsable du pôle de psychiatrie. Elle est, depuis 2019, directrice médicale du département hospitalo-universitaire Innovation en santé Mentale, Psychiatrie et AddiCTologie du Grand-Paris-Sud (DMU IMPACT) au sein du Centre hospitalier universitaire Henri-Mondor (AP-HP) et de la Fédération hospitalo-universitaire de médecine de précision en psychiatrie et addictologie (FHU ADAPT) depuis 2020.
Ses travaux de recherche portent principalement sur les troubles bipolaires, la schizophrénie et l'autisme. Elle entre à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) en 1986 sur un poste d’accueil Inserm pour internes, qui lui permet de faire sa thèse de sciences sur les facteurs génétiques susceptibles d'être impliqués dans l'apparition de troubles de l'humeur ou de la schizophrénie. Elle est soutenue en 1990, dans le laboratoire de Josué Feingold en génétique épidémiologique. Elle devient en 2007 directrice du Laboratoire de Psychiatrie Génétique, renommé "Laboratoire de Neuro-Psychiatrie Translationnelle" en 2019, au sein de l'Institut Mondor de recherche biomédicale à Créteil.
Depuis 2007, et outre ses responsabilités de professeur des universités – praticien hospitalier, Marion Leboyer dirige la Fondation FondaMental, fondation de coopération scientifique en santé mentale, créée en par les ministères chargés de la recherche et de la santé, sur appel d’offres des RTRS (Réseau Thématique de Recherche et de Soins), avec pour objectif l'innovation dans l'organisation des soins, le soutien à la recherche, la formation et l'information sur les maladies mentales.
Elle est membre du Haut Conseil de la science et de la technologie de 2010 à 2013.
En , Marion Leboyer reçoit le Grand Prix Inserm qui récompense le caractère novateur de ses travaux de recherche en particulier sur les troubles bipolaires, la schizophrénie et les troubles du spectre de l’autisme. Ce prix rend hommage à un acteur de la recherche scientifique française dont les travaux ont permis des progrès remarquables dans la connaissance de la physiologie humaine, en thérapeutique, et plus largement, dans le domaine de la santé. Il est l'une des plus hautes distinctions scientifiques françaises.
Marion Leboyer est directeur scientifique du programme projet en psychiatrie de précision (PEPR PROXY) sélectionné dans le cadre de France 2030 . Selon Clarivate, elle fait partie des auteurs les plus cités du monde .
Prix et distinctions 2002 : Lauréate du Prix Inserm de recherche en Santé Publique. 2006 : Chevalier de la Légion d'honneur 2007 : Prix Jean Bernard de la recherche de la Fondation pour la recherche médicale pendant les Victoires de la médecine 2011 : Prix Mogens Schou pour la recherche de la Société internationale pour les troubles bipolaires 2018 : Prix de littérature politique Edgar Faure pour Psychiatrie l'état d'urgence (éditions Fayard) 2018 : ECNP Neuropsychopharmacology Award 2018 : Prix Philippe et Maria Halphen de l'Académie des Sciences 2021 : Grand Prix de l'Inserm
Publications et contributions scientifiques Depuis 1984, Marion Leboyer a collaboré à plus de 950 articles internationaux et articles de revues avec un indice h de 97 (nombre de citations : 37 994) ainsi qu’à plusieurs livres dont Psychiatrie, état d'urgence édité chez Fayard en 2018 (Prix du livre politique de l'année). Elle fait partie des chercheurs les plus cités au plan international et fait notamment partie des « Highly cited researchers » du classement Clarivates analytics pour la quatrième année consécutive (depuis 2018).
Sur le plan scientifique, elle a notamment contribué à découvrir, en 2003, l’une des premières mutations génétiques dans l’autisme, avec Stéphane Jamain et Thomas Bourgeron.
Elle publie également de nombreuses études montrant l'association des troubles bipolaires à des variants génétiques des gènes impliqués dans la synthèse des monoamines (sérotonine, dopamine en particulier), mais aussi des gènes de l’horloge, ou plus récemment des gènes impliqués dans la réponse immunitaire contre l’inflammation.
Sur le plan immunologique, elle contribue avec Ryad Tamouza (AP-HP, Inserm) au lancement du domaine de l’immuno-psychiatrie, dont la synthèse est publiée en 2021 dans le livre Immuno-Psychiatry : facts and prospects. Les résultats des recherches en immuno-psychiatrie sont résumés dans des articles de synthèse.
En particulier, elle démontre que les patients atteints de troubles bipolaires ont un terrain immuno-génétique particulier, les prédisposant à une moins bonne réponse anti-infectieuse, expliquant la persistance de réponses inflammatoires. Elle montre également la présence chez les patients bipolaires et schizophrènes de l’activation des rétrovirus humains endogènes (HERV-W) dans les troubles psychotiques et bipolaires.
Elle est à l’origine, en collaboration avec Laurent Groc, du concept de psychoses auto-immunes.
Elle contribue avec Josselin Houenou à la description des bases neuro-anatomiques des maladies psychiatriques, comme les anomalies des boucles cortico-limbiques sous-tendant les anomalies de régulation des émotions dans le trouble bipolaire ou encore les anomalies du cervelet dans la schizophrénie. Elle participe également à la description des anomalies de connectivité associées aux pathologies psychiatriques les plus sévères ou encore à l’augmentation de la densité dendritique chez les bipolaires prenant du lithium.
Elle prend également part à de nombreuses études épidémiologiques, comme la mise en évidence de l’augmentation du risque de schizophrénie lié à l’urbanicité, aux traumatismes infantiles, aux infections.
, en particulier avec l'ocytocine dans l'autisme, publiés dans la revue PNAS.
Grâce au suivi de cohortes issues des Centres Experts pour patients bipolaires ou schizophrènes de la Fondation FondaMental, le Dr Leboyer a mis en lumière l'importance des comorbidités médicales associées aux maladies psychiatriques, qui sont la première cause de mortalité des troubles psychiatriques et à l'origine d'une perte de 20 ans d'espérance de vie.
Avec Isabelle Durand-Zaleski, économiste de la santé (URC Eco Ile de France), elle contribue à chiffrer le coût de la santé mentale (160 milliards d'euros/an de dépenses directes et indirectes en 2018).
Elle met en lumière le financement très faible de la recherche en psychiatrie (2 % du budget total de la recherche biomédicale). et démontre également le coût associé à chaque pathologie par exemple, de la schizophrénie (15 000 euros par an).
Dans le cadre du projet européen FP7 « ROAMER », elle contribue à la rédaction de la feuille de route de la recherche en psychiatrie européenne.
Ouvrages récents avec P-M Llorca, Psychiatrie – état d’urgence, Fayard, 2018. avec M. Berk, I. Sommers, Immuno-psychiatry: facts and prospects, Springer Nature Publications, 2021. avec A. de Danne, L. Letessier, Réinventer la santé mentale avec la Covid-19, Odile Jacob, 2021.
Prises de position Marion Leboyer s'exprime régulièrement auprès de journalistes et touche ainsi uen large opinion publique.
Elle estime que la psychiatrie française n'est pas assez spécialisée, et souhaite le développement d'unités spécialisées.. À cet égard, elle a contribué à la création de plusieurs réseaux nationaux de centre experts, structures multidisciplinaires spécialisées, plateformes de soins et de recherche dans le domaine des troubles bipolaires, de la schizophrénie, de la dépression résistante, et de l'autisme de haut niveau de fonctionnement. Partenaire de nombreuses recherches sur l'impact économique des maladies mentales, elle a contribué à conclure qu'elles ont un impact économique important ( d'euros par an en France) principalement dû aux coûts indirects, alors que l'investissement dans la recherche qui pourrait permettre d'en réduire l'impact sociétal et économique, et en améliorer le pronostic, est trop faible en France (2 % du budget de la recherche biomédicale, contre 7 % au Royaume-Uni et 11 % aux États-Unis).
Marion Leboyer assimile régulièrement l'autisme à une maladie contre laquelle il faudrait trouver un , position pourtant contraire au mouvement pour les droits des personnes autistes, ainsi qu'à la loi handicap de 2005 en France, qui consacre l'autisme comme étant un handicap et non une pathologie ou une maladie mentale.
Controverses et critiques D'après Angèle Terrier, Marion Leboyer aborde la maladie mentale en voulant la vaincre comme s'il s'agissait d'un virus, et tient des positions qui rappellent le mouvement hygiéniste du .
Selon plusieurs sources (la journaliste Olivia Cattan et Angène Terrier), Marion Leboyer a eu connaissance des essais thérapeutiques sauvages menés par les médecins du groupe Chronimed sur des enfants autistes, à base de prescriptions d'antifongiques, d'antibiotiques et d'antiparasitaires.. Cattan interroge .. La Leboyer a été auditionnée au Sénat le sur la situation de la psychiatrie des mineurs en France., et y a explicitement demandé à faire financer un protocole proche de celui de Chronimed.
En 2017, (Bertrand Jacques et Florent Chapel), le Pr Leboyer participe à la conception du projet AntibiAutism « Minocycline treatment of High Functioning Autism Spectrum Disorder symptoms in adult patients: a double-blinded randomized controlled study », retenu par la Direction générale de l'Offre de soins (DGOS) du Ministère de la Santé dans le cadre du programme hospitalier de recherche clinique national (PHRC-N).. Ce projet, qui avait pour but de tester l’efficacité d’un antibiotique antibactérien (la Minocycline) chez des adultes diagnostiqués avec trouble du spectre de l'autisme sans retard intellectuel, a été abandonné avant le début des essais cliniques.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
Liens externes
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