Lucien Le Boudec est un officier général français, né à Paris le , et mort à l'hôpital militaire Bégin de Saint-Mandé (Val-de-Marne), le .

Figure des parachutistes, Lucien Le Boudec a la singularité d’être un des rares généraux français à avoir commencé sa carrière comme soldat de classeLe Boudec (Lucien), Élevé à la dignité, Mémoires 1923-1954, Éditions Lavauzelle, 2013, pages 74 et 518..

Cinq fois blessé au combat et titulaire de onze citations, dont six à l'ordre de l'armée, le général le Boudec fut élevé à la dignité de Grand-croix de la Légion d’Honneur et de Grand-croix de l'Ordre National du Mérite.

En son honneur, la promotion d’élèves-officiers de l’École militaire interarmes (2017-2019) a choisi le , d'être baptisée "Promotion général Le Boudec".

Biographie

Enfance, engagement et Campagne de France 90px

Lucien Le Boudec nait le à Paris, à l’hôpital Saint-Louis. Né de père inconnu et de milieu très modeste, il est rapidement contraint d'interrompre ses études, bien qu'ayant été lauréat du Concours Général. Devenu instituteur pour pouvoir préparer par correspondance le concours d’Ingénieur des Travaux Publics, il veut échapper au STO en 1944, et rejoint le maquis de Saint-Marcel (Morbihan), où il s’engage comme volontaire au Bataillon FFI du Morbihan en opération sur le front de Lorient. En , son bataillon FFI est dissous pour devenir le escadron du 19e régiment de dragons. Il alterne alors les séjours d'instruction en garnison à Pontivy, et une présence en ligne sur le front de la Poche de Lorient.

Armistice et Écoles militaires 100px

Une fois l'armistice signé, son unité est rattachée au Régiment colonial de chasseurs de chars qui est envoyé à l'été 45, en occupation à Dornhan en Allemagne (district de Rottweil). Nommé successivement brigadier, brigadier-chef et maréchal-des-logis, il est détaché pour préparer le concours d’entrée à l'École militaire interarmes de Saint-Cyr Coëtquidan. Il intègre l’EMIA en (promotion Indochine), et à l’issue de sa scolarité, choisit les troupes de marine (spécialité « Arme blindée cavalerie ») puis rejoint l'école d’application de l’ABC à Saumur en .

Premier séjour en Indochine 125px

En , nommé sous-lieutenant, il est affecté à la Demi-brigade coloniale de commandos parachutistes cantonnée à Vannes-Meucon où il devient moniteur parachutiste. Affecté au Bataillon colonial de commandos parachutistes, ancêtre du 6e régiment de parachutistes d'infanterie de marine, il embarque pour l’Indochine en . Il sert d'abord en Annam, dans la région de Hué, à la tête d'un groupe de commando, puis, nommé lieutenant, il est détaché de son unité, pour prendre le commandement du centre d'entrainement de saut de la base aéroportée de Saïgon. Au total, ce premier séjour durera deux ans. Il y recevra une blessure au combat et trois citations.

Second séjour en Indochine 125px

En , Lucien Le Boudec est volontaire pour un second séjour en Indochine. Il est réaffecté au Bataillon de Parachutistes coloniaux, devenu le BPC, commandé alors par le chef de bataillon Marcel Bigeard. L’unité sera très vite connue sous le nom de « Bataillon Bigeard ». Il participe aux Combats de Tu Lê, en , au terme duquel il est fait Chevalier de la Légion d’Honneur à titre exceptionnelJO du 28 février 1953, pour prendre rang du 28 octobre 1952. En 1953, il participe à l'opération de Lạng Sơn (Opération Hirondelle), à la prise de Diên Biên Phu (Opération Castor). Nommé commandant de compagnie, fin 53, il participe à la tête de la CIP ( compagnie indochinoise de parachutistes) aux opérations de Ban Na son Khone, Se-No et Cat-Bi, avant d'être parachuté une seconde fois sur Diên Biên Phu, le . Durant les cinquante jours de la bataille de Diên Biên Phu, il sera blessé quatre fois, nommé capitaine à titre exceptionnel, puis officier de la légion d’Honneur à titre exceptionnel (JO du pour prendre rang du ). Prisonnier des Viêt-Minhs à la chute du camp retranché, il subira quatre mois de captivité et une marche de plus de , au cours desquels plus des deux-tiers de ses frères d'armes prisonniers seront décimés. Il est libéré à Việt Trì le et rapatrié un mois plus tard. Au terme de ce second séjour en Indochine, il totalise six nouvelles citations.

Algérie & Chypre

En , il est affecté à la Demi-brigade de parachutistes coloniaux de Bayonne, puis en , à l'escadron de jeeps armées du RPC cantonné à Bône en Algérie. En , il participe à l'opération de Chypre, qui devait être préalable à l’expédition de Suez. Il reçoit deux nouvelles citations, avant de demander sa mutation en métropole.

Carrière en métropole et outre-mer

En , il prend le commandement de la compagnie d’instruction de la Demi-brigade de parachutistes coloniaux, à Bayonne.

De 1960 à 1963, il est affecté comme chef d'État-major au 7e régiment de parachutistes d'infanterie de marine à Dakar (Sénégal).

De 1963 à 1965, il est affecté comme directeur de l’instruction combat à l’ETAP (École des troupes aéroportées), à Pau. Il est promu chef de bataillon et commandeur de la Légion d’Honneur.

De 1966 à 1968, il devient officier TAP et directeur de l'éducation physique et sportive aux Écoles de Saint-Cyr Coëtquidan.

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Promu lieutenant-colonel, il commande de 1968 à 1970, le 2e régiment de parachutistes d'infanterie de marine, cantonné à Ivato (Madagascar)

De 1971 à 1973, il devient directeur de l’instruction à l’École Interarmées des Sports de Fontainebleau. Il est promu colonel.

De 1974 à 1976, il est affecté comme Directeur de l’assistance militaire technique à N’Djamena (Tchad).

De 1976 à 1980, il est affecté comme commandant adjoint de la division blindée ( DB), cantonnée à Saint-Germain-en-Laye, puis à Versailles. Nommé général de brigade, il intègre le , la deuxième section des officiers généraux.

Deuxième section

Placé en deuxième section, Lucien Le Boudec sera par trois fois décoré par un Président de la République. Le , il est élevé à la dignité de Grand Officier de la Légion d’Honneur par Valéry Giscard d’Estaing (décret du ). Le , il est élevé à la dignité de Grand-Croix de l’ordre national du Mérite par Jacques Chirac (décret du ), et le , il est élevé à la dignité de Grand-Croix de la Légion d’Honneur par Nicolas Sarkozy (décret du ).

De 1984 à 1994 , Lucien Le Boudec préside l’amicale des anciens du 6e régiment de parachutistes d'infanterie de marine, héritier du BPC.

En , il fait don de ses souvenirs cinématographiques d'Indochine à l'Établissement de communication et de production audiovisuelle de la Défense (ECPAD).

Atteint de deux cancers, et au terme d'un dernier long combat contre la maladie, le général Le Boudec s’est éteint le , à l’hôpital d'instruction des armées Bégin à Saint-Mandé (Val-de-Marne). Ses obsèques ont été célébrées aux Invalides le . Après une messe en la cathédrale Saint-Louis, les honneurs militaires lui ont été rendus dans la Cour d'honneur des Invalides en présence des plus hautes autorités militaires et du drapeau du RPIMa, régiment dont il avait été chef de corpsBulletin de liaisons des parachutistes SAS de la France libre, , décembre 2013.. Le général Le Boudec a été inhumé aux côtés de son épouse au cimetière des arches de Louveciennes (Yvelines).

Publications

En , Lucien Le Boudec a publié aux éditions Lavauzelle, un livre de mémoires alternant récits et correspondances, intitulé : Élevé à la dignité, Mémoires 1923-1954 .

L’Association des écrivains combattants a décerné à ce livre le Prix Jacques-Chabannes 2014

Le Comité national d'entente des anciens combattants d'Indochine (CNEAI) lui a décerné le Prix de l’Histoire vécue 2015.

Documentaire

Lucien Le Boudec a été choisi pour être un des personnages principaux d’un film documentaire sur l’histoire de la guerre d’Indochine intitulé Nos soldats perdus en Indochine (René-Jean Bouyer, 2014, 58 min) diffusé en sur France 3

Hommage posthume gauche|150x150px

En , le RPIMa, régiment dont il fut le chef de corps de 1968 à 1970, a baptisé sa piste d’audace commando « Général Le Boudec ». Cette piste est située à Bourg-Murat, village de la commune de Tampon sur l’Île de la Réunion.

Parrain de promotion Le , lors de la traditionnelle cérémonie du Triomphe des Écoles de Saint-Cyr Coëtquidan, la promotion d'élèves-officiers de l'École militaire interarmes a choisi de porter le nom de : "Promotion général Le Boudec".

L'hommage lu sur le Marchfeld, le soir du baptême de promotion, commençait en ces termes :

"Dévouement, abnégation, patriotisme, sacrifice, engagement… Ce sont là quelques-unes des valeurs militaires qui ont guidé le Général Le Boudec tout au long de sa vie au service des armes de la France. Ce sont là quelques-unes des valeurs militaires que la promotion de l’École militaire interarmes a fait siennes en choisissant comme parrain ce chef de guerre admiré de ses pairs et de ses hommes.

Imprégnés de cette épopée exceptionnelle, les cadets rassemblés devant vous ce soir sont fiers de marcher dans les pas de cette figure légendaire qui à force de détermination et bravoure s’est hissé du grade de soldat à celui de Général. Son exemple s’inscrit pleinement dans la mission immuable de l’École Militaire Interarmes, celle de former les officiers issus des corps de troupes."

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Description héraldique de l’insigne de promotion

L'insigne se compose d'un rectangle bleu en référence à l'EMIA, flanqué du sabre d'officier modèle F1, gravé du nom Gal LE BOUDEC. En partie haute figure la plaque de Grand Croix de la Légion d'Honneur avec en dessous, les deux étoiles de général de brigade. La croix de Lorraine au centre, rappelle le passé de résistant. La carte l'Indochine aux couleurs de la croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieures évoque les neuf citations obtenues par le général en Indochine. Une chimère noire fait référence à l'insigne de la promotion Indochine auquel le général Le Boudec a appartenu. Enfin, en bas à droite, figure l'insigne des parachutistes des troupes de marine, héritiers des BCCP et BPC.

Bouclier d'azur timbré en chef d'une plaque de grand-croix de la Légion d'honneur hissant de l'écu et broché à dextre d'une aile stylisée d'argent ; broché d'une carte d'Indochine aux couleurs du ruban de la croix de guerre des TOE chargée en chef d'une croix de Lorraine tréflée de gueules. Accompagnée à dextre d'une chimère de sable armée d'un poignard, en chef de deux étoiles d'argent, et brochée d un sabre à la lame chargée du grade et du nom « GAL LE BOUDEC » à la poignée brochant l'écusson aux armes des parachutistes des troupes de marine.

Chant de promotion

Exemple pour nos vies, et modèle au combat,

Nous voulons aujourd'hui rejoindre votre aura

et recueillir le nom qui nous honorera :

"Promotion général Le Boudec".

À l’été 44, sur notre Terre occupée,

Un feu ardent anime votre cœur de français,

Refusant la défaite, rejoignant le maquis,

Votre carrière commence au FFI,

Et l’ennemi vaincu, vous visez l’excellence,

À l’école Interarmes grandit votre vaillance.

Refrain:

Invincible guerrier, porté par Saint Michel,

Demeurez à jamais notre glorieux modèle.

Votre ardeur au combat fera grandir nos âmes

Donnez cet héritage ce sera notre flamme.

Général le Boudec, officier prestigieux,

Que votre exemple nous porte aussi haut que les cieux.

Promotion Indochine, le destin est scellé,

Vous quittez la Bretagne et ses landes boisées

Pour rallier les paras, la Colo' et Bigeard.

Commence alors pour vous la tourmente et la gloire.

Dans l’orage des combats, une balle vous meurtrit,

Vos commandos sont là et traquent l’ennemi.

(Refrain)

Héroïque épopée menant à Diên Biên Phu,

Parachuté des cieux, l’enfer est en dessous.

Rafales, obus, grenades, le vietminh s'y acharne

Méprisant vos blessures, vous luttez avec hargne,

Et par votre héroïsme et tous vos sacrifices

Vous revenez vivant des camps de leurs supplices.

Invincible guerrier, porté par Saint-Michel

Vous serez toujours notre glorieux modèle.