L'église Saint-Pierre est une église catholique paroissiale située à Vaumoise, dans l'Oise, en France. Elle a été bâtie d'un seul jet au cours des années 1150, mais son clocher central et sa nef ont été détruits pendant la guerre de Cent Ans, et reconstruits dans un style fruste au cours du . Restent le transept, légèrement remanié sous la même campagne, l'abside centrale et les deux absidioles, qui illustrent parfaitement la transition du style roman vers l'architecture gothique, et forment un ensemble pittoresque avec leurs toitures en pierre sous la forme de calottes sphériques. Le plan en hémicycle de l'abside et des absidioles, le voûtement d'arêtes des croisillons, et le voûtement en berceau et en cul-de-four des absidioles s'inscrivent dans la tradition romane. Cependant, le recours aux techniques de construction archaïques n'empêchent ici pas l'emploi systématique l'arc en tiers-point (sauf pour les fenêtres), et la croisée du transept et l'abside sont voûtées d'ogives, ce qui, il est vrai, n'a plus rien d'innovant à l'époque de construction. C'est surtout la sculpture de la plupart des chapiteaux qui est résolument gothique. Avec ses compositions recherchées de feuilles d'eau et de feuilles d'acanthe, elle n'a rien à envier aux édifices les plus prestigieux de son temps. L'église Saint-Pierre est affiliée à la paroisse Saint-Sébastien de Crépy-en-Valois depuis 1996. Dans le contexte de sa restauration intégrale entamée en 2013, elle a été inscrite aux monuments historiques par arrêté du .. En attendant le parachèvement des travaux, les messes sont reportées dans d'autres églises du secteur.

Localisation thumb|left|Vue générale depuis l'est.

L'église Saint-Pierre est située en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, à l'est de Crépy-en-Valois entre la vallée de l'Automne au nord et la forêt de Retz au sud, près de la grande route de Soissons, la RD 1324, et à quelques centaines de mètres seulement de la limite avec l'département de l'Aisne, sur la commune de Vaumoise, rue de l'Église. Elle est bâtie en recul par rapport à la rue, qu'elle surplombe grâce à un mur de soutènement, avec le cimetière qui la borde au nord et à l'est. L'accès au parvis devant la façade occidentale se fait néanmoins de plain-pied, grâce à des rampes d'accès depuis le sud et depuis le nord. L'église Saint-Pierre est libre de constructions mitoyennes, et bien dégagée à l'ouest, au nord et à l'est, mais son élévation méridionale est en revanche enclavée dans un jardin privé et non visible depuis le domaine public.

Historique thumb|left|Transept, vue vers l'est.

L'église est placée sous le vocable de saint Pierre, apôtre et premier pape de la chrétienté. On ignore sa date de fondation. L'édifice actuel est bâti d'un seul jet au cours des années 1150 dans un style gothique primitif encore proche du roman. Sa nef est initialement de plan basilical. Il souffre durement sous la guerre de Cent Ans, qui apporte la destruction de la nef et du clocher central se dressant au-dessus de la croisée du transept. La reconstruction s'effectue de manière simplifiée au , avec une nef sans bas-côtés, et un clocher purement fonctionnel au-dessus du croisillon nord.. Sous l'Ancien Régime, la paroisse relève du doyenné de Coyolles, de l'archidiaconé de La Rivière et du diocèse de Soissons. Le collateur de la cure est l'évêque de Soissons. La dîme est partagée entre l'abbaye Notre-Dame de Lieu-Restauré toute proche et la collégiale Saint-Thomas de Crépy-en-Valois. La Révolution française apporte le rattachement de l'ensemble des paroisses du département de l'Oise au diocèse de Beauvais, qui est supprimé à son tour sous le concordat de 1801, puis rétabli en 1822. Vaumoise devient une succursale, dont dépend l'église de Bémont.. Elle est, à la fin du , au centre d'un regroupement paroissial qui s'étend sur Bonneuil-en-Valois, Éméville, Feigneux, Gondreville, Russy-Bémont, Vauciennes et Vez. Depuis la définition de quarante-cinq nouvelles paroisses à l'échelle du diocèse en 1996, le village est affilié à la paroisse Saint-Sébastien de Crépy-en-Valois.. Les messes dominicales y sont en principe célébrées le dimanche à 11 h 00, en alternance avec l'une des sept autres églises de la communauté de Vaumoise. Elles sont provisoirement suspendues depuis le lancement d'une restauration intégrale en été 2013. Dans ce contexte, l'église est inscrite aux monuments historiques par arrêté du , pour le grand intérêt de ses parties orientales. Parmi son mobilier peu nombreux, aucun élément n'est à ce jour classé ou inscrit au titre objet..

Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.

Orientée à peu près régulièrement, avec une légère déviation de l'axe vers le nord-est du côté du chevet, elle répond à un plan symétrique, et se compose d'une petite nef rectangulaire d'initialement trois travées, qui était primitivement accompagnée de deux bas-côtés ; d'un transept non débordant par rapport aux bas-côtés ; d'une abside en hémicycle ; et de deux absidioles également en hémicycle. Le clocher en bâtière moderne est assis au-dessus du croisillon nord. Les vestiges de l'ancien clocher central subsistent dans les combles, au-dessus de la croisée du transept. La sacristie, qui se situait à l'emplacement de la deuxième travée du bas-côté nord, a été démolie vers 2014. L'ensemble de l'église est à un unique niveau d'élévation. Jacques Téaldi n'indique pas les dimensions de la nef. Le transept mesure de longueur dans l'œuvre dans le sens nord-sud, et la croisée du transept et l'abside réunies mesurent de profondeur, sans tenir compte de l'envergure de l'arc triomphal. La nef est recouverte d'un plafond plat enduit, et dénuée de tout caractère ; elle présente seulement au nord deux grandes arcades en tiers-point bouchées, qui retombent sur des tablettes biseautées. La croisée du transept, le croisillon sud et l'abside sont voûtés d'ogives. Les deux premières voûtes datent du , et atteint de hauteur ; la dernière date d'origine et mesure de hauteur sous la clé. Le croisillon nord conserve sa voûte d'arêtes primitive. Les deux absidioles sont depuis toujours voûtées en berceau, avec un fond en cul-de-four. Le portail occidental constitue le principal accès à l'église. Un portail latéral existe au nord du transept. La nef est munie d'une toiture à deux rampants avec un pignon en façade. La croisée du transept et le croisillon sud possèdent une toiture à deux rampants commune perpendiculaire à celle de la nef, avec un pignon au sud. L'abside et les absidioles ont des toits de pierre en coupole, qui sont appelés à être protégés par des autres forme de couverture afin d'assurer leur pérennité..

Intérieur Croisée du transept et abside thumb|upright|Croisée, vue depuis la nef. thumb|upright|Croisée, vue vers l'est. thumb|upright|Croisée, vue vers l'ouest. thumb|upright|Croisée, vue dans l'abside.

Qualifiée de sombre et humide par Louis Graves, la nef est déjà simplement plafonnée lors de son passage vers 1840. Tardive et médiocre, elle pénalise largement l'édifice. Ses seuls éléments dignes d'intérêt étant les deux grandes arcades bouchées au nord, elle ne mérite guère une description détaillée. Son plafond assez bas coupe malencontreusement la partie supérieure de l'arc triomphal, qui serait sinon susceptible de conférer un peu de cachet à la nef. En fort contraste avec celle-ci, les parties orientales demeurent tout à fait remarquables. Selon Dominique Vermand, . Le seul bémol est les résultats des réparations pratiquées au dans un style fruste, vaguement inspiré par le gothique flamboyant. Particulièrement affectée est la croisée du transept. Sa voûte et les arcs-doubleaux qui la délimitent à l'ouest et au sud sont entièrement refaits, et sa pile sud-ouest est reprise en sous-œuvre. S'y ajoute la réfection de la voûte du croisillon sud. Les ogives sont de section carrée, et ont les arêtes chanfreinées. Dans l'angle sud-ouest, où il n'y a plus de chapiteaux, elles sont reçues sur un culot non sculpté. Les arcs-doubleaux sont à double rouleau et ont les arêtes creusées d'une gorge. Ils retombent jusqu'à mi-hauteur des piles, où les gorges et les angles entre les deux rangs de claveaux butent sur des plans inclinés triangulaires à deux niveaux différents, ce qui constitue la seule fantaisie de l'architecte du . En dessous de ces bases, il n'y a plus que des murs lisses.

Avant les remaniements intervenus au , la croisée du transept est recouverte d'une voûte d'ogives en tiers-point, dont le profil est peut-être le même que dans l'abside, car il s'agit de l'un des profils les plus répandus à la fin de la période romane et sous toute la première période gothique, à savoir un onglet entre deux tores. La voûte est délimitée par quatre arcs-doubleaux, qui sont en tiers-point, et à double rouleau. Le rouleau supérieur est mouluré d'un tore à ses angles, placés très en avant par rapport au rouleau inférieur. Le rouleau inférieur est mouluré d'un méplat entre deux tores dégagés. Chaque nervure retombe sur un tailloir carré disposé orthogonalement, alors que les tailloirs des ogives sont le plus souvent placés obliquement à 45° face aux ogives. Ils sont profilés d'une plate-bande, d'un listel, d'une baguette, d'un haut cavet et d'une plate-bande. Comme déjà évoqué, les chapiteaux sont sculptés de feuilles plates, de feuilles d'eau incisées ou de palmettes de feuilles d'acanthe. En haut de certaines corbeilles, un anneau se dessine derrière les feuilles, ce qui préfigure la sculpture du . Sur un petit nombre de chapiteaux, les feuilles plates sont à volutes d'angle typiquement romanes. Sur un nombre plus important de chapiteaux, des volutes dérivées de l'ordre corinthien se détachent de la corbeille au-dessus des feuilles, ce qui est également une réminiscence du style roman. Mais la majorité des chapiteaux est dépourvue de volutes, et parfois les extrémités des feuilles se recourbent ou s'enroulent aux angles de la corbeille, ce qui annonce les crochets gothiques, et justifie donc le rattachement de l'église de Vaumoise à la période gothique par les différents auteurs. Il faut signaler en particulier deux chapiteaux dans l'angle nord-ouest, où des feuilles d'eau disposées sur deux rangs forment des crochets précurseurs, ce qui est très rare. Plus globalement, la sculpture atteint un niveau assez exceptionnel dans le milieu rural à cette époque, égalé seulement par Noël-Saint-Martin (quelques années plus tôt) et Saint-Christophe-en-Halatte dans les environs. Chaque corbeille se termine inférieurement par un astragale torique, et repose sur un fût appareillé. Le diamètre des fûts, tout comme la dimension des corbeilles et des tailloirs, est clairement hiérarchisé. Le plus fort diamètre est réservé aux colonnes engagées des rouleaux inférieurs des doubleaux. Le diamètre médian correspond aux ogives, et le diamètre le plus petit est alloué aux rouleaux supérieurs, dont les colonnettes sont logées dans des angles rentrants des piliers. Les bases se caractérisent par des tores non encore aplatis, et un petit tore supérieur directement relié au gros tore inférieur par une scotie, sans le moindre ressaut. Seulement les bases des colonnes engagées des rouleaux inférieurs sont flanquées de griffes végétales fortement stylisées aux angles, qui sont en contraste avec la sculpture très fouillée des chapiteaux. Les socles cubiques comportent à mi-hauteur un ressaut amorti par un biseau..