Le BrexitMot-valise inventé par la concaténation des mots anglais British et exit (sortie britannique en français). est le retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne (UE) et de la Communauté européenne de l'énergie atomique (CEEA ou Euratom). Négocié à partir du référendum britannique du par lequel 51,89 % des électeurs se prononcent en faveur de ce processus, il prend effet le . Il se déroule selon la procédure prévue par l'article 50 du traité sur l'Union européenne (TUE). Au milieu des années 2020, le Royaume-Uni demeure le seul État à s'être retiré de l'Union européenne.

Le Royaume-Uni entre dans le marché commun européen en 1973, ce qui est confirmé par un référendum deux ans plus tard. La défense d'un Brexit prend de l'ampleur à la fin des années 2000, alors que le Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP) gagne progressivement des sièges au Parlement européen et parvient même à gagner les élections européennes de 2014 sous la direction de Nigel Farage. La dénonciation du TUE est repoussée quatre fois par le Parlement britannique, pour finalement être décidée par le référendum du , initié par le Premier ministre David Cameron. Le , le gouvernement britannique (May ) annonce formellement au Conseil européen son intention de quitter l'Union ; une réunion extraordinaire du Conseil est organisée le pour préparer les négociations.

Un premier accord préliminaire est conclu le ; il précise les modalités de la période de transition et règle les trois éléments essentiels (droits des citoyens européens, question de la frontière irlandaise et aspect financier).. Un second accord préliminaire est signé le , confirmant la mise en place d'une période de transition jusqu'au ., soit un peu moins de deux ans après la sortie effective prévue.

Une première version de l'accord de retrait est approuvée lors du Conseil européen du 25 novembre 2018, mais rejetée par la Chambre des communes du Royaume-Uni (dans sa ) le . La Chambre des communes s'oppose aussi aux deux versions suivantes qui lui sont présentées les et . Un report de la date du Brexit est accordé par l'UE jusqu'au , puis au ., et enfin au . Après des élections générales britanniques qui renforcent la majorité conservatrice, plutôt favorable au Brexit, la nouvelle Chambre des communes donne son consentement à la quatrième version du traité le . Le Parlement européen ratifie l'accord définitif le , ouvrant la voie au Brexit, la sortie étant effective le à minuit (CET).

Après être sorti de l'UE, le Royaume-Uni bénéficie d'une période de transition de onze mois, qui lui permet de bénéficier de l'accès au marché européen le temps que les entreprises concernées se préparent aux règles post-Brexit, applicables à partir du . Pendant ce temps, un accord de libre-échange est préparé ; il est approuvé par les deux chambres du Parlement britannique le .

Entre 2022 et 2025, la plupart des sondages britanniques sur le Brexit révèlent qu'une majorité de la population regrette ce choix.

Étymologie

Le mot-valise « brexit » est à l'origine un dérivé du terme « grexit », qui désigne l'éventualité de l'exclusion de la Grèce de la zone euro, débattue les années précédentes.. Il apparaît en , presque au même moment que le terme « grexit ». Alors qu'il est largement utilisé par les partisans de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, appelés « Brexiters », la thèse opposée est désignée par le terme de « Bremain » (pour la contraction de « Great Britain » et de « remain », à savoir « rester »). Le terme de « brexit » suscite des jeux de mots tels que « BrexPitt » ou « Bradxit » pour illustrer le divorce d’Angelina Jolie et de Brad Pitt, ou de « Mexitt » pour désigner la retraite internationale de Lionel Messi. Le le consacre comme le mot de l'année 2016.

Chronologie

+ Repères temporels

Historique Du référendum de 1975 au référendum de 2016

Référendum de 1975 sur le maintien du Royaume-Uni dans les Communautés européennes vignette|redresse|Margaret Thatcher soutient en 1975 l'entrée dans la CEE. Quinze ans plus tard, la question européenne est indirectement à l'origine de sa chute.

Après que le Royaume-Uni intègre la Communauté économique européenne (CEE) en 1973, afin de pouvoir défendre le maintien dans les Communautés, le Premier ministre travailliste Harold Wilson demande que le traité d'adhésion britannique soit renégocié. En effet, alors que Harold Wilson avait lui-même demandé l'adhésion du Royaume-Uni à l'Union européenne lors de son premier mandat, il fut remplacé en 1970 par le conservateur Edward Heath, qui ratifia en 1972 le traité d'adhésion. En revenant au pouvoir, Harold Wilson revient non pas sur l’adhésion mais sur les conditions de celles-ci. C'est ainsi que lors du premier Conseil des ministres du , James Callaghan, alors ministre des Affaires étrangères, demande que le traité d'adhésion soit renégocié afin que certains éléments concernant la participation britannique soient modifiés. Parmi ces demandes et dispositions se trouvent notamment : « le prolongement des mesures préférentielles consenties » à l'importation de certains produits au Royaume-Uni (sucre antillais, beurre néo-zélandais, etc.), l'allègement de la participation financière et « la reconduction des subventions directes aux paysans des régions les plus défavorisées ».

Poussé par l'aile gauche du parti travailliste, Harold Wilson consent à organiser un référendum basé sur les termes d'adhésion renégociés. En réponse, les autres États membres acceptent certaines des demandes formulées par le gouvernement britannique, dont la création d'un fonds européen de développement régional, officialisé lors du sommet de Paris les 9 et , et une correction budgétaire en faveur du Royaume-Uni.

Ainsi, un premier référendum y est organisé dès 1975 pour déterminer si le pays doit rester au sein de ce marché commun, conformément au manifeste électoral du Parti travailliste de 1974..

Finalement, 67,09 % des votants se prononcent en faveur du « oui »..

Mouvement en faveur du maintien Bien que le gouvernement travailliste de Harold Wilson soutienne officiellement le maintien dans la CEE, avec le soutien de la partie de l'Opposition conservatrice dirigée par Margaret Thatcher ..

La campagne en faveur du maintien fut nommée Britain in Europe (abrégée BIE) et reçut le soutien du Mouvement européen, des milieux d’affaires, de la presse et de l’Église anglicane. Avec un financement, par dons, s'élevant à 1,5 million de livres, Jan-Henrik Meyer de l'université Humboldt de Berlin souligne qu'il s'agit de « la plus grosse somme jamais réunie pour une campagne électorale » à l'époque. Il estime d'ailleurs qu'elle fut « la plus rigoureusement organisée ». La campagne BIE a mis l'accent sur ce qu'elle estimait être les positifs de l’adhésion, à savoir le renforcement de l’économie britannique (emploi, etc.), de son poids à l'étranger et de sa sécurité alimentaire..

Mouvements en faveur du retrait Les travaillistes sont divisés sur cette question et bon nombre d'entre eux (y compris certains membres du Cabinet) font campagne pour le « non », tout comme les grandes centrales syndicales, une partie des conservateurs et des partis nationalistes comme le parti unioniste d'Ulster ou encore le parti national écossais. Ces partis hétéroclites se sont organisés en faveur de la sortie au sein de la National Referendum Campaign (abrégée NRC). Selon Jan-Henrik Meyer, la campagne NRC souffrait de divisions internes – les partis en faveur du retrait étant soit issu de l'aile gauche des travaillistes ou de l’aile droite des conservateurs et nationalistes – et de l’impopularité des principales figures pro-retrait. La NRC ne reçut que de dons. Les mouvements présents au sein de la NRC ont mis l'accent sur ce qu'ils estimaient être les points négatifs de l’adhésion, à savoir les risques d'une hausse des prix alimentaires, les risques de perte d'emplois et le risque d'affaiblissement des relations avec le Commonwealth.

Inversion du positionnement des partis politiques vis-à-vis de l'intégration européenne En 1983, le manifeste du parti travailliste toujours réclame un retrait de la Communauté économique européenne. Ils estiment que les traités sont défavorables au Royaume-Uni notamment en ce qui concerne le prix des denrées alimentaires qu'ils estiment plus élevés au sein de la PAC que du Commonwealth.

En 1998, sous le gouvernement Blair travailliste, l'intégration du Royaume-Uni dans le système européen sous sa forme complète avec sa monnaie (troisième phase Euro) prévue pour 2000 apparaissait pour l'Union européenne « inévitable »Revue de l’OFCE / juillet 1998 : Positionnement conjoncturel du Royaume-Uni et UEM (Article tiré d’une note réalisée à la Commission européenne, Direction générale II : Affaires économiques et Financières, Unité C1 : Évaluation et surveillance de l’économie communautaire), (consulté le 06/07/2017)..

Article 50 du traité de Lisbonne

Avant l'entrée en application du traité de Lisbonne le , aucune disposition du traité ne précisait expressément la possibilité pour un État membre de se retirer volontairement de l'UE. Le traité établissant une constitution pour l'Europe a prévu que tout État membre peut se retirer volontairement de l'Union européenne ; disposition reprise intégralement dans ce traité en tant qu'.

La clause actuelle est apparue dans le projet de traité constitutionnel puis fut maintenue dans le mandat de la Conférence intergouvernementale de , après le rejet du traité établissant une constitution pour l'Europe (TCE).. Un changement léger y fut toutefois apporté. En effet, alors que l'article portait le titre « Retrait volontaire » dans le TCE, celui-ci fut retiré du traité de Lisbonne..

Cet article formalise la procédure de retrait en établissant que chaque État membre peut notifier au Conseil européen. son désir de se retirer. Il ne spécifie pour autant jusqu'à mi-2017 aucune une procédure d'approbation pour un Chef de gouvernement à avoir avec son Parlement pour le déclencher.

Une période de négociations s'entame alors entre l'État en retraite et le Conseil sur les modalités de séparation. Sans accord effectif dans les deux ans, les traités européens ne sont plus applicables à l'État, sauf si le Conseil européen décide à l'unanimité, en accord avec l'État membre, de proroger ce délai. Les États constituants de l'UE restants devront aussi négocier les impacts de ce départ sur les budgets, droits de vote et politiques européens.

Référendum de 2016 sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne vignette|redresse|David Cameron propose en 2013 un référendum sur le maintien des Britanniques dans l'UE.

Après avoir évoqué en la possibilité d'organiser un référendum sur le traité de Lisbonne ., le Premier ministre David Cameron propose en un référendum sur le maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne d'ici la fin de l'année 2017 s'il est réélu.

À la suite de la victoire des Conservateurs lors des élections générales de 2015 (parlementaires), la presse internationale indique qu'un retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne se fait plus probable. Il est également annoncé que la , plus importante banque allemande, étudie très sérieusement la possibilité d'un retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne.

Le , le journal reçoit ce qu'il prétend être une copie de documents internes et secrets de la banque d'Angleterre qui font état des analyses réalisées pour le compte de celle-ci sur les conséquences économiques du retrait du Royaume-Uni. En plus, ces documents contiennent des recommandations sur la façon d'esquiver les questions des journalistes.

En , le Parlement britannique a adopté le European Union Referendum Act, prévoyant l'organisation d'un référendum le ..