La (en occitan : carrièra de Bolbona) est une voie de Toulouse, chef-lieu de la région Occitanie, dans le Midi de la France.
La rue a conservé l'aspect qu'elle avait à la fin du car la plupart des immeubles construits durant ce siècle, quoique modestes, ont conservé leurs façades classiques et leurs fenêtres ornées de garde-corps en fer forgé. Elle a cependant été coupée en deux, au tournant du , par le percement de la rue de Metz : elle a gardé de cette époque plusieurs immeubles typiques du style éclectique toulousain.
À partir des années 1980, la rue Boulbonne a bénéficié d'un programme d'embellissement, par l'érection de la fontaine Boulbonne en 1984, puis le pavage et la piétonisation de la rue en 2005. Elle est d'ailleurs incluse depuis 1986 dans le site patrimonial remarquable. Elle est aujourd'hui, particulièrement dans sa deuxième partie, emplie de boutiques et de cafés.
Situation et accès Description La rue Boulbonne est une voie publique. Elle relie les quartiers Saint-Étienne et Saint-Georges.
Elle naît à l'ouest de la place Saint-Étienne, au débouché de la rue Croix-Baragnon. Longue de 227 mètres, elle suit un parcours relativement tortueux, mais globalement orienté au nord. Elle est d'abord traversée par la rue de Metz. Elle reçoit ensuite la rue d'Astorg, à droite, puis la rue Cantegril, à gauche. Elle se termine au niveau de la place Saint-Georges. Elle est prolongée, au nord, par la rue Saint-Antoine-du-T, qui aboutit à la place Wilson.
La chaussée compte une seule voie de circulation automobile en sens unique, de la rue Croix-Baragnon vers la place Saint-Georges. Elle appartient à une zone de rencontre et la vitesse y est limitée à 20 km/h. Il n'existe pas de bande, ni de piste cyclable, quoiqu'elle soit à double-sens cyclable.
Voies rencontrées La rue Boulbonne rencontre les voies suivantes, dans l'ordre des numéros croissants (« g » indique que la rue se situe à gauche, « d » à droite) :
Rue Croix-Baragnon (g) Place Saint-Étienne (d) Rue de Metz Rue d'Astorg (d) Rue Cantegril (g) Place Saint-Georges
Transports La rue Boulbonne est parcourue et desservie sur toute sa longueur par la navette . À l'ouest, la place Étienne-Esquirol abrite la station du même nom, sur la ligne de métro, ainsi que les arrêts de la ligne de bus . À l'est, sur le boulevard Lazare-Carnot se trouvent la station de métro François-Verdier, sur la ligne de métro , et les arrêts des lignes de Linéo et de bus .
Les stations de vélos en libre-service VélôToulouse les plus proches sont les stations (19 rue Paul-Vidal), (14 place Saint-Étienne) et (7 rue du Rempart-Saint-Étienne).
Odonymie vignette|gauche|Plaques de rue en français et en occitan. Le nom de la rue Boulbonne se rencontre dès le Moyen Âge. Il lui venait de la maison collégiale des religieux de l'abbaye de Boulbonne. Cet établissement cistercien, établi dans la première moitié du près de Mazères, était une abbaye importante et influente. Elle avait obtenu par héritage, en 1204, une maison dans la rue qui porta ensuite son nom (emplacement de l'actuel )..
Le nom de Boulbonne n'était cependant, au Moyen Âge, appliqué qu'à la partie sud de la rue, entre la place Saint-Étienne et la rue Cantegril. Pour la partie nord de la rue actuelle, de la rue Cantegril à la place Saint-Georges, c'était la rue du Puits-des-Quatre-Faces ou du Puits-des-Quatre-Carres. En effet, un puits connu comme le puits des Quatre-Faces ou Carres (carras en occitan), se trouvait au croisement des rues Boulbonne, d'Astorg, Cantegril et des Quatre-Carres. Le carrefour de ces rues était également connu comme la place des Quatre-Carres. En 1794, pendant la Révolution française, il fut décidé de réunir les deux rues Boulbonne et des Quatre-Carres sous le nom de rue Calas, en hommage à Jean Calas, protestant rendu célèbre par le procès qui le fit condamner à mort – il fut exécuté sur la place Saint-Georges. Le nom ne subsista pas et les deux rues conservèrent ensemble le nom de Boulbonne..
Histoire Moyen Âge Au Moyen Âge, la rue Boulbonne et la rue du Puits-des-Quatre-Carres, qui la prolonge, appartiennent au capitoulat de Saint-Étienne. La population est largement composée d'artisans et de commerçants, attirés par la proximité de la place Saint-Georges, la plus vaste des places de la ville, bordée de nombreux couverts. Les constructions sont cependant pour la plupart de simples maisons en corondage (actuels , 43 et 45). Le four public de Cantegril dessert les habitants du quartier (actuel ) et le puits des Quatre-Carres se trouve au carrefour des rues Cantegril et d'AstorgSalies 1989, vol. 1, .. On y trouve également, au , une hôtellerie qui accueille les voyageurs, le Logis du Chapeau RougeSalies 1989, vol. 1, ..
En 1204, l'abbaye cistercienne de Boulbonne, fondée en 1129 près de Cintegabelle, établit sa maison (emplacement de l'actuel ) dans la rue grâce à la donation de Raimond Mascaron. C'est dans cette maison que les religieux installent, vers 1290, une maison collégiale, pour y entretenir les jeunes religieux qui viennent étudier à l'université de Toulouse..
Période moderne À partir du , le quartier de la rue Boulbonne se transforme. La population de la rue est composée presque exclusivement d'avocats, de notaires, d'hommes de loi et de conseillers travaillant à la sénéchaussée ou au parlement – plusieurs d'entre eux sont d'ailleurs capitouls. Parmi les personnages notables se distingue Jean de Boyssoné, qui a son hôtel (ancien ), docteur régent de l'université : soupçonné d'avoir adopté le protestantisme, il est condamné en 1532 à abjurer publiquement son hérésie sur un échafaud devant la porte de la cathédrale..
On trouve également plusieurs sculpteurs et architectes de renom, parmi lesquels on distingue, au , les architectes Nicolas et Dominique Bachelier (emplacement des actuels et 28) et Jean Barbier (actuel ) ou encore le sculpteur Guiraud Mélot (actuel ). Au , on trouve les sculpteurs Gervais Drouet (actuel ) et 28) et Thibaud Maistrier (actuel )., ainsi que les architectes Dominique et Bernard Campmartin (ancien )..
Dans le même temps, le collège de Boulbonne, comme la plupart des petits collèges de la ville, est fermé à la demande des capitouls par l'édit donné en 1551 à Nantes par le roi Henri II.. En 1567, lors des guerres de religion, l'abbaye de Boulbonne est incendiée et démolie par les protestants des « Casaques noires », sous les ordres du capitaine Jean-Claude de Lévis d'Audon. Les religieux sont obligés de se replier à Toulouse et s'installent dans l'ancien collège. – ils ne retournent à Boulbonne qu'après la reconstruction de l'abbaye en 1632.
En 1638, une nouvelle congrégation religieuse s'installe dans une maison proche (actuel ), les Dames d'Andoin. Cette congrégation féminine, inspirée par le renouveau religieux catholique de la première moitié du , est fondée par la dame d'Andoin. Elle est formée de douze religieuses, veuves qui décident de se consacrer à l'assistance des pauvres, particulièrement à l'Hôtel-Dieu. Mais devant la difficulté de la tâche, elles se tournent vers l'éducation des jeunes filles.
C'est au que la rue prend son visage actuel, car la plupart des immeubles sont reconstruits ou reçoivent de nouvelles façades dans la goût classique, avec des fenêtres ornées de ferronneries (actuels , 5, 7, 11, 13, 25, 27 et 35 ; , 8, 10, 12, 14 et 16)..
Époque contemporaine Au , la rue Boulbonne conserve un caractère aristocratique. C'est dans un immeuble proche de la place Saint-Étienne (actuel ) que naît en 1813 Jean Cabanis, fils du notaire Jean-Firmin Cabanis – il est maire de Toulouse de 1845 à 1847, et député de la Haute-Garonne de 1846 à 1847Salies 1989, vol. 1, .. C'est dans son hôtel particulier (actuel ) que s'éteint en 1867 Jules Amilhau, notaire et maire de la ville depuis 1865Salies 1989, vol. 1, .. La rue est également fréquentée par les artistes, tels Théodore Richard, peintre aveyronnais, mort dans son appartement en 1859 (actuel )Salies 1989, vol. 2, ..
Des efforts sont également entrepris afin de faciliter la circulation et l'hygiène dans la rue. En 1829, une borne-fontaine est installée près de l'emplacement du puits des Quatre-Carres, au carrefour de la rue Cantegril. Dans le même temps, ce carrefour est élargi par la démolition d'une maison (ancien ).
C'est dans la rue que sont établis en 1832, les bureaux de la Caisse d'épargne et de prévoyance de Toulouse (actuel ). La première dotation est formée de souscriptions volontaires et d'une allocation du conseil municipal. En 1837, le duc d'Orléans distribue des livrets de la Caisse d'épargne de Toulouse aux enfants d'ouvriers les plus méritants de chaque école. Les services de la direction sont installés dans l'immeuble qui lui fait face (actuel )Salies 1989, vol. 1, .. En 1865, la Caisse d'épargne est déplacée dans une rue voisine, la rue des Arts (actuel ).
En 1898, le prolongement de la rue de Metz entraîne la destruction de plusieurs immeubles (anciens à 19 ; à 24). Plusieurs immeubles sont reconstruits entre 1899 et 1903 pour le compte de la Société immobilière grenobloise-toulousaine, par les deux architectes grenoblois Auguste Demartiny et Charles Coutavoz, dans un style éclectique imoposant, avec des influences de l'Art nouveau (actuels ; et 42). L'édifice le plus monumental reste le Grand-Hôtel (actuel ), élevé entre 1899 et 1901 sur les plans de l'architecte Barthélémy Guitard, pour la Société anonyme du Grand-Hôtel, qui regroupe l'architecte lui-même, la Société immobilière grenobloise-toulousaine, l'hôtelier Miral, et surtout Emmanuel Tivollier, qui possède l'hôtel Tivollier de la rue d'Alsace-Lorraine (actuel ).
À partir des années 1980, la rue Boulbonne bénéficie d'un programme d'embellissement, par l'érection de la fontaine Boulbonne en 1984. En 2005, la deuxième partie de la rue, de la rue de Metz à la place Saint-Georges, est pavée et semi-piétonisée. En 2023, c'est la première partie de la rue, entre la place Saint-Étienne et la rue de Metz, qui est, comme la rue Croix-Baragnon, rénovée et pavéeJean-Noël Gros, « Piétonnisation : la nouvelle vie des rues Croix-Baragnon et Boulbonne entièrement refaites », La Dépêche du Midi, 18 décembre 2024.Lucie Fraisse, « "C'est vraiment les Champs-Elysées de Toulouse" : le quartier du luxe a commencé sa mue », Actu Toulouse, 19 décembre 2024.. Elle est aujourd'hui, particulièrement dans cette partie, emplie de boutiques et de cafés.
Patrimoine et lieux d'intérêt Fontaine Boulbonne La fontaine Boulbonne est construite en 1984 à l'emplacement de l'ancien puits des Quatre-Carres, sur les plans de l'architecte Bernard Calley. Elle se compose d'un mur en brique formé de quatre piliers couronnés de sphères en pierre et surmonté d'un fronton curviligne, qui s'inspire de l'architecture des immeubles voisins. L'eau jaillit de trois mufles de lion, œuvres de la sculptrice Madeleine Thézénas du Moncel. Le groupe sculpté repose sur le socle central. Il s'agit d'une œuvre de 1910 du sculpteur toulousain Jacques Labatut, partie d'un ensemble plus vaste, conçu pour orner la place du Capitole, mais resté dans les réserves de la villeLes trois sculptures qui complétaient cet ensemble sont exposées dans le jardin Edmond-Michelet, dans le quartier Bonnefoy.. Elle représente la Garonne offrant l'électricité à la ville de Toulouse, grâce aux moulins du Bazacle. La Garonne, figure féminine penchée sous l'arche d'un pont, prend appui sur une roue à aubes. Au-dessus, la ville de Toulouse, habillée en costume local, tient de la main droite un gouvernail..
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