Lhistoire des Caraïbes concerne les îles antillaises françaises de la Caraïbe situées dans la mer des Caraïbes : Martinique, les îles de Guadeloupe (Grande-Terre, Basse-Terre, Marie-Galante, la Désirade, les Saintes), Saint-Martin et Saint-Barthélemy, et les autres îles qui ont été ou non françaises dans les Caraïbes, comme Antigua, Bahamas, Barbade, Cuba, Dominique, République dominicaine, Guyana, Grenade, Haïti (Saint-Domingue), Jamaïque, Montserrat, Porto Rico, Saint-Christophe-et-Niévès, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Trinité-et-Tobago, Turques-et-Caïques ou les Îles Vierges britanniques.

Pensant avoir atteint la partie orientale du sous-continent indien, Christophe Colomb tombe en 1492 sur les Antillias qu'il nomme « Indias Occidentales »P. Martyr, De Orbo Novo II 1 § 7, consultable à la Bibliothèque nationale de France sous le numéro 30020962, The Eight Decades of Peter Martyr D'Anghera translated by Francis Augustus MacNutt from the latin with notes and introduction in two volumes. Le nom Antilia apparaît pour la première fois sur une carte dressée par le cartographe vénitien Zuane Pizzigano, en 1424, à partir des informations données par des navigateurs portugais.

En 1510, le roi Ferdinand le Catholique (1452-1516) autorise le transfert d'esclaves sur Hispaniola pour l'exploitation des mines.

En 1512, les Espagnols découvrent les îles Turques-et-Caïques où ils mettent en esclavage les autochtones Caraïbes (Kalinago), tant et si bien qu'un an après, les îles sont quasiment dépeuplées. L'Espagne importe les premières soutes d'esclaves noirs africains à Cuba dès 1513. Le métissage donne naissance à la culture créoleGoury L (2002) Pluralité linguistique en Guyane : un aperçu. A merindia, Langues de Guyane, 2 6/2, 7, 1-15. Fauquenoy-Saint-Jacques, M. (1986) Cent ans de l'histoire du créole guyanais : Continuité ou divergence ?. La linguistique, 109-124 (résumé).. La première révolte d'esclaves a lieu en 1522.

Entre 1520 et 1720, des pirates (boucaniers) écument la mer des Caraïbes en rançonnant les navires marchands.

Pour acquérir de nouveaux territoires, les différentes puissances occidentales européennes s'affrontèrent par plusieurs batailles coloniales maritimes et terrestres dans cette région des Antilles et plus largement des Caraïbes.

En 1664, Colbert nomme « Indes occidentales françaises » tous les territoires français situés en Amérique du Nord (Nouvelle-France), Caraïbes (Antilles françaises), Amérique du Sud (Guyane) et certaines îles de l'océan Pacifique. En anglais, les French West Indies ne concernent que les Antilles françaises. En 1670, Français et Anglais importent à leur tour des esclaves aux Antilles pour produire la canne à sucre.

Entre 1793 et 1822, Haïti et la République dominicaine furent marqués par des révoltes d'esclaves qui abolirent l'esclavage. La Jamaïque suivit le mouvement (1833-1838), puis Saint-Barthélemy (1847) et Saint-Martin (1848), pour finir avec Porto Rico, en 1873, et Cuba, de 1880 à 1886.

Après la célèbre bataille navale de la Seconde Guerre mondiale opposant les sous-marins de l'Axe aux bâtiments Alliés entre 1941 et 1945, les Caraïbes ont vécu la décolonisation et le conflit entre le régime communiste de Cuba et les États-Unis.

Préhistoire et première occupation humaine (5 100 )

Peuplement néolithique Homo Sapiens s'installe vraisemblablement dans les Caraïbes il y a environ 6000 ans au cours du Néolithique nord-américain, important dans les îles du golfe la pratique de l'agriculture, ainsi que utilisation de la céramique et de la pyrotechnologie il y a environ 2500 ans. Entre 5 100 et 3 500 ans AEC, des pêcheurs du précéramiques (méso-indiens) de Trinidad peuplent les îles Vierges britanniques,

Migrations américaines ultérieures Une nouvelle population pénètre dans la région au cours des premiers siècles de notre ère, important notamment l'usage d'un nouveau répertoire de productions céramiques. Très probablement originaire du Nord-Est de l'Amérique du Sud et liée aux groupes actuels parlant arawak, ce groupe se serait déplacé dans les Caraïbes il y a au moins 1800 ans, se mélangeant avec les populations néolithiques et donnant naissance à plusieurs lignées maternelles et paternelles toujours détectables dans certains génomes de la région aujourd'hui Daniel M Fernandes, A genetic history of the pre-contact Caribbean, biorxiv.org, juin 2020, doi: https://doi.org/10.1101/2020.06.01.126730. Les degrés de prévalence de ces lignées dans les ADN des populations actuelles varient : quasiment éteintes à Hispaniola, mais pas dans le nord-ouest de Cuba, où l'ascendance directement liée aux lignées archaïques a pu persister au cours du dernier millénaire. Les études génétiques ont montré que ces populations anciennes avaient une mobilité élevée et qu'il a existé une connectivité entre les îles tout au long des deux millénaires qui précédèrent l'arrivée des Européens dans la région. Ceci a eu pour conséquence une faible différenciation génétique à travers de nombreuses îles des Caraïbes.

Les différents groupes d'Amérindiens des Antilles/Caraïbes étaient/seraient : les Ortoiroides sur l'île de Porto Rico, les Ciboneys à Antigua-et-Barbuda, les Saladoïdes en Jamaïque, les Taïnos sur l'île Hispaniola, les Arawaks sur l'île de Porto Rico et diverses autres îles, les Caraïbes sur plusieurs îles, les Lucayens aux Bahamas, les Ciguayos sur l'île Hispaniola, les Calusas à Cuba et en Floride, les Tekestas à l'ouest de Cuba...

Langues arawakiennes caribéennes/antillaises

Les langues arawakiennes insulaires sont désignées Ta-arawakan ou Ta-maipurean ou Caribean. L'histoire des expansions et implantations restent mal déterminées. Une classification provisoire serait :

Araikú, Arawak (lokono) (Antilles + Guyane/Guyana/Suriname) Baré (langue), Barawana, Marawa (Orénoque, Amazonie) (Venezuela, Aruba, Bonaire, Curaçao) Kalinago (langue), igneri, iñeri, inyeri, kalíphona (Îles du Vent (Antilles) (Guadeloupe..Grenade)) Garifuna (langue) (Belize, Guatemala, Honduras, Roatán, Nicaragua...) (Venezuela, Trinité) Taïno (langue) (Grandes Antilles) lucayo (des Lucayens (Bahamas), taïno principal, taïno oriental.

Arrivée des Européens (1492) Pensant avoir atteint la partie orientale du sous-continent indien, Christophe Colomb débarque en 1492 sur les îles Antillias qu'il nomme « Indias Occidentales » : découverte et exploration de l'Amérique.

En 1496, Christophe Colomb vend 300 esclaves amérindiens en EuropeHoward Zinn, Une histoire populaire des États-Unis, Agone2002, . En 1510, le roi Ferdinand le Catholique autorise le transfert d'esclaves sur Hispaniola pour l'exploitation des mines.

En 1512, les Espagnols découvrent les Îles Turques-et-Caïques, où ils mettent en esclavage les autochtones Kalinago, tant et si bien qu'un an après, les Îles sont quasiment dépeuplées. L'Espagne importe les premières soutes d'esclaves noirs africains à Cuba dès 1513. Le métissage donne naissance à la culture créole. La première révolte d'esclave a lieu en 1522.

Colonisation espagnole (dès 1493) Depuis le traité de Tordesillas (1494), la mer des Caraïbes est considérée par la papauté, le Portugal, et surtout l'Espagne, comme mare clausum, mer fermée à usage espagnol exclusif, ouverte à la colonisation espagnole stricte (Indes occidentales espagnoles) sur un vaste territoire réputé vierge de toute présence humaine européenne.

C'est à partir d'Hispaniola que s'organisent exploration et colonisation de la Tierra Firme (Terre-Ferme) : colonisation espagnole de l'Amérique, Nouvelle-Espagne (1535-1821), relations économiques entre l'Amérique espagnole et l'Europe, flux des métaux précieux aux .

Comme partout en situation coloniale, en situation de contact de populations, particulièrement dans tout le Nouveau Monde dans les années 1500, et surtout dans de petites îles, les premiers contacts Amérindiens-Européens sont variables, selon l'absence de population (libre-service : eau douce, ravitaillement, bois (réparation navale), etc.) ou la présence de population : sans accord (évitement, fuite, libre-service réduit), avec accord (accueil, échange, troc, hospitalité...), contre le désaccord des indigènes (hostilité, prédation...), avec des technologies (navigation, métallurgie, armement...) inégales.

Viennent ensuite les nécessaires cultures vivrières pour une petite minorité (entrante) même pour une période brève. Divers scénarios sont possibles. Le plus fréquent est limplication, domination, soumission, relégation, déportation (pour travail forcé / servage / esclavage (esclavage des Amérindiens)) de tout ou partie de la population indigène, l'accaparement de(s) terres coutumières (collectives, traditionnelles), la déforestation pour l'élevage et/ou la culture d'exportation. Le choc des cultures signifie aussi conflit des agricultures, principalement du fait des compagnies commerciales européennes. Dans le contexte caribéen, parmi d'autres, le tabac, l'indigo, le coton et la canne à sucre vont être pour longtemps des éléments déterminants (emploi, production, export).

La rapide importation d'esclaves d'origine ouest-africaine (supposés moins rétifs au travail forcé, et plus résistants aux maladies (dont la malaria) d'origine américaine ou européenne) est évidemment une donnée complémentaire.

Après plaintes, protestations, promesses ou négociations (ou non), des oppositions ou des mouvements de résistance ou d'autodéfense se manifestent de la part des indigènes amérindiens, suivies de révoltes logiques, souvent violentes. Peu sont documentées. Les suites sont prévisibles : répression, poste militaire, fortification, tout un cycle de dysfonctionnements. Le scénario semble pertinent pour presque toutes les îles des Caraïbes de cette période.

Piraterie (1520-1730) Dans ce contexte de concurrence commerciale de colonisation européenne des Amériques, fleurit pendant près de deux siècles, entre 1520 et 1730, la piraterie dans les Caraïbes : boucaniers, corsaires, flibustiers, ou Frères de la côte (de l'Île de la Tortue ou d'ailleurs), qui écument l'espace caraïbe, rançonnent les navires marchands, détruisent bateaux et installations, pour le compte de puissances européennes ou non, jusqu'à cet âge d'or de la piraterie (1650-1730), exagérant l'insécurité en mer, dont les naufrageurs et les pilleurs d'épaves.

Thèse du désespoir collectif des Amérindiens

Conflits coloniaux entre puissances européennes (1600-1900) Autres puissances européennes concernées Les comptoirs et colonies sont le plus souvent le fait de compagnies commerciales maritimes, qui interviennent sur autorisation de leurs pays d'enregistrement, et cherchent à rentabiliser les investissements de leurs commanditaires. Colonisation courlandaise des Amériques (1642-1689, Tobago) Colonisation hospitalière des Amériques (1651-1665, Saint-Christophe, Sainte-Croix, Saint-Barthélemy et Saint-Martin) Colonisation suédoise des Amériques (1813-1814, Guadeloupe), (1785-1878, Saint-Barthélemy) Indes occidentales danoises (1754-1917), actuelles Îles Vierges des États-Unis Empire colonial néerlandais, Compagnie néerlandaise des Indes occidentales, Caraïbes néerlandaises (1640-1805, 1815-1954), Antilles néerlandaises (1954-2010) , Pays-Bas caribéens (2010-présent) : Aruba, Bonaire, Curaçao, Saba, Saint-Eustache (Antilles), Saint-Martin (royaume des Pays-Bas)

Colonisation française des Antilles (1538-) Établissement de colonies françaises Le premier essai non espagnol de colonisation des Antilles se produit à l'île Saint-Christophe, où des réfugiés jésuites français de la ville de Dieppe établissent une petite ville sur la côte du Nord de l'île, également appelée Dieppe, en 1538. Cependant, quelques mois après la fondation, la ville est pillée par les Espagnols et tous les habitants sont expulsés. Ensuite, la France n'essaie pas de coloniser la région pendant tout le .