Soumensac est une commune du Sud-Ouest de la France métropolitaine, située dans le département de Lot-et-Garonne, dans la région Nouvelle-Aquitaine.
Soumensac est une commune rurale à habitat très dispersé qui compte en . Elle est située dans l'arrondissement de Marmande et fait partie de la communauté de communes du Pays de Duras. Ses habitants sont appelés les Soumensacais (ou les Soumensacaises au féminin).
Géographie Localisation Située à l'ouest d'Eymet, la commune est limitrophe du département de la Dordogne.
Communes limitrophes Soumensac est limitrophe de cinq autres communes dont deux dans le département de la Dordogne.
Géologie et relief Comme tout le Bassin aquitain, la région de Soumensac a été façonnée par les eaux de la mer qui, en se retirant il y a plusieurs milliers d'années, ont façonné ce paysage de collines et de vallons : témoins de cette époque, on retrouve dans le sol de nombreux restes de coquillages et d'huîtres. Le terrain est habituellement un substrat de calcaire concassé souvent affleurant (sur les promenades par exemple) et de Boulbenne argile superficiel plus ou moins épais.
Ces terrains sont propices à la polyculture. La vigne s'y est favorablement développée. Soumensac qui est célèbre depuis le pour ses vins blancs liquoreux, sauvignon et rouge fait partie de l'Appellation d'Origine Contrôlée Côtes de Duras dès sa création en 1937.
La situation élevée de Soumensac, à son point le plus haut, lui permet d'embrasser un large paysage : la vue s'étend jusqu'aux Pyrénées lorsqu'en hiver les conditions météorologiques sont favorables.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est dans une zone de transition entre le climat océanique et le climat océanique altéré. et est dans la région climatique Aquitaine, Gascogne, caractérisée par une pluviométrie abondante au printemps, modérée en automne, un faible ensoleillement au printemps, un été chaud (), des vents faibles, des brouillards fréquents en automne et en hiver et des orages fréquents en été (15 à ).. Elle est en outre dans la zone H2c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Bergerac à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Soumensac est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (84,9 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (89,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (65,4 %), terres arables (14 %), forêts (10 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (5,1 %), cultures permanentes (4,6 %), prairies (1 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)..
Risques majeurs Le territoire de la commune de Soumensac est vulnérable à différents aléas naturels : météorologiques (tempête, orage, neige, grand froid, canicule ou sécheresse), mouvements de terrains et séisme (sismicité très faible).. Un site publié par le BRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle..
Les mouvements de terrains susceptibles de se produire sur la commune sont des affaissements et effondrements liés aux cavités souterraines (hors mines) et des tassements différentiels, chapitre Mouvements de terrain.. Afin de mieux appréhender le risque d’affaissement de terrain, un inventaire national permet de localiser les éventuelles cavités souterraines sur la commune..
vignette|redresse=1.4|Carte des zones d'aléa retrait-gonflement des sols argileux de Soumensac. Le retrait-gonflement des sols argileux est susceptible d'engendrer des dommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes de sécheresse et de pluie.. La totalité de la commune est en aléa moyen ou fort (91,8 % au niveau départemental et 48,5 % au niveau national).. Depuis le , en application de la loi ELAN, différentes contraintes s'imposent aux vendeurs, maîtres d'ouvrages ou constructeurs de biens situés dans une zone classée en aléa moyen ou fortDans les zones classées en aléa moyen ou fort, différentes contraintes s'imposent : au vendeur d'informer le potentiel acquéreur du terrain non bâti de l’existence du risque RGA ; au maître d’ouvrage, dans le cadre du contrat conclu avec le constructeur ayant pour objet les travaux de construction, ou avec le maître d'œuvre, le choix entre fournir une étude géotechnique de conception et le respect des techniques particulières de construction définies par voie réglementaire ; au constructeur de l'ouvrage qui est tenu, soit de suivre les recommandations de l’étude géotechnique de conception, soit de respecter des techniques particulières de construction définies par voie réglementaire...
La commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par les inondations et coulées de boue survenues en 1982, 1983, 1999 et 2009, par la sécheresse en 1989 et 2011 et par des mouvements de terrain en 1999.
Toponymie
Histoire Soumensac est un pays de frontière et de passages. Frontière entre le Périgord et le Bordelais, frontière entre les Anglais et les Français pendant la guerre de Cent Ans, frontière entre les catholiques et les protestants au ... Des frontières qui n'ont pas cessé de varier et d'entraîner des conflits sanglants. Soumensac a connu au moins huit rattachements différents pendant les guerres de Cent Ans, tantôt au roi d'Angleterre, tantôt au roi de France. Mais c'est aussi un pays de passage, passage entre la Garonne et la Dordogne, passage entre Marmande et Sainte-Foy-la-Grande, débouchés naturels du commerce.
Préhistoire Nombreux outils préhistoriques retrouvés dans les environs.
Site de l'âge du bronze ancien à Roche : il y a quelques années on distinguait encore un fossé et des murets en terre qui ont disparu à la suite de plantations sur le terrain. Lieu de culte à la pierre du Diable datant de l'âge du bronze ancien environ
Soumensac fait partie de la vicomté de Bezaume, située sur la rive droite de la Garonne, qui s'étendait jusqu'à Sainte-Foy-la-Grande au Nord, incluant Duras et ses environs, et Cadillac à l'ouest. Les Bouville (ou Beuville ou Beuvilla) ont régné sur la vicomté à partir de 1086 jusqu'en 1274 au moins comme l'atteste l'allégeance de Bernard de Bouville à son suzerain le roi d'Angleterre à cette date.
: l'essor économique sous Aliénor d’Aquitaine et ses fils : et Soumensac devint anglais en 1259 au début de la Première Guerre de Cent Ans Répudié, en 1152, par Louis VII, roi de France, Aliénor d’Aquitaine épouse Henri II Plantagenêt, comte du Maine, Comte d'Anjou et duc de Normandie et lui apporte l’Aquitaine. Désormais, les Angevins vont défendre l’Aquitaine au lieu de toujours vouloir s’en emparer. Ce siècle connaît un très grand essor économique : on a inventé le collier d’épaule qui permet à un cheval de tirer sept à huit fois plus de charge sans s’étrangler ; on sait faire des bateaux plus gros, plus sûrs. Le paysan aquitain du est relativement heureux. Le vignoble connaît un développement immense et l'Angleterre est un formidable marché pour les vins du pays. On utilise la Garonne et la Dordogne, les ports de Marmande, Bergerac et Sainte-Foy-la-Grande pour les exporter. L’Aquitaine, depuis longtemps, est un pays en paix. Mais en 1159, Henri II d'Angleterre conquiert le Périgord, l’Agenais et le Quercy, terres dont les seigneurs sont vassaux du comte de Toulouse. L’Aquitaine et Soumensac deviennent anglais. Richard Cœur de Lion, le fils aîné d’Aliénor fait fortifier de nombreuses cités, parraine la fondation d’autres accorde des chartes communales. Il fait reconstruire La Réole, bâtir Marmande qui devient sa résidence préférée.
La construction des fortifications dont on peut voir les restes sur les promenades date de cette époque ainsi que l'église romane dont les façades sud et est forment le coin des remparts de la ville forte à cet endroit : des fenêtres étroites bouchées, aux allures de meurtrières, sont encore visibles de la cour de l'école. Le château fort lui-même se trouvait à l'ouest du village actuel au-dessus de La Croix des promenades. Au , il commençait à être construit en pierre. Jusque-là, le château était une simple tour en bois érigée sur une motte naturelle ou construite par l'homme. Une tour ronde à l'angle sud-ouest a été conservée. Elle était susceptible subir des assauts au moyen de catapultes donc sa forme était arrondie. L'entrée du pont levis se situait à droite de cette tour quand on la regarde. Le lieu-dit en a gardé la trace : le Bout du Pont lit-on sur le cadastre. Les pentes de sortie ont été préservées. Elles conduisent à la poterne le long des murailles et non pas perpendiculairement à la porte pour empêcher l'usage d'un bélier (source Mariens Borcy).
En 1189, Richard devient roi d’Angleterre à la mort de son père.
et les troubles de la Guerre de Cent Ans. Quand Soumensac redevint français puis anglais et français à nouveau
Jean sans Terre qui a succédé à son frère en 1199 poursuit la politique libérale vis-à-vis des villes et communes de ses domaines qui lui assurent de très grandes réserves d’hommes et d’argent. À cette époque, le bourgeois est anglophile et le noble vassal du roi d'Angleterre. En 1203, il exempte des taxes instituées sur les exportations de vin dits taxes de la les villes de Bordeaux, Bayonne et Dax en échange de leur soutien contre Philippe Auguste. Celui-ci vise à conquérir l’Aquitaine. La guerre reprend à intervalles réguliers. Finalement, Philippe Auguste réussit à agrandir considérablement son domaine (voir carte ci-contre).
Soumensac se trouve alors sur la frontière, floue, séparant les zones d'influence du comte de Toulouse (frère et vassal du roi de France) auquel le village est maintenant rattaché et du duc d'Aquitaine, roi d'Angleterre.