vignette|François Fillon en 2016.
Laffaire Fillon (aussi connue sous le nom d'affaire Penelope Fillon, ou encore Penelopegate) est une affaire politique et judiciaire survenue pendant la campagne pour l'élection présidentielle française de 2017 et portant initialement et encore sur des soupçons d'emplois fictifs concernant Penelope Fillon, épouse de François Fillon. Advenue à un moment où François Fillon, candidat de la droite et du centre désigné par une large primaire à l'automne 2016, est en position de favori, elle a un important retentissement médiatique et provoque pendant plusieurs semaines la remise en cause de sa candidature par certains membres de son parti politique. Il refuse de se désister et maintient sa candidature malgré sa mise en examen puis est défait au premier tour de l'élection présidentielle, le .
Le journalisme d'investigation est alors placé au cœur du jeu politique car l'affaire débute par un article du Canard enchaîné le qui affirme que Penelope Fillon est rémunérée brut pour des emplois d'attachée parlementaire auprès de son mari et son suppléant Marc Joulaud entre 1998 et 2007 et en 2012. Il affirme aussi qu'elle a eu, en 2012-2013, un emploi de conseillère littéraire à la Revue des Deux Mondes payé brut. L'absence de traces convaincantes du travail de Penelope Fillon et sa distance avec la vie politique de son mari conduisent le journal à soupçonner que ces emplois seraient fictifs. Le jour même, le parquet national financier (PNF) ouvre une enquête préliminaire pour détournements de fonds publics, abus de biens sociaux et recel de ces délits. Dès le , François Fillon conteste le caractère fictif de ces emplois dans un entretien au journal télévisé.
Le , Le Canard enchaîné publie un article qui, en incluant les années 1988-1990 et 2013, revoit à la hausse le total des salaires de Penelope Fillon en tant qu'assistante parlementaire pour un montant de brut. L'hebdomadaire mentionne aussi une nouvelle somme de brut, versée à deux des enfants du couple, Charles et Marie Fillon, entre 2005 et 2007 comme assistants parlementaires quand leur père était sénateur.
Le , François Fillon annonce, en contradiction avec une de ses précédentes déclarations publiques, qu'il maintiendra sa candidature à la présidentielle même s'il est mis en examen. Il dénonce « un coup d’État institutionnel » porté contre lui par la gauche et ses avocats remettent en cause les fondements de la procédure et la compétence du PNF pour traiter cette affaire. Sous la pression du parquet général de Paris, le parquet national financier ouvre une information judiciaire le . François Fillon est mis en examen le pour « détournements de fonds publics », « complicité et recel de détournements de fonds publics », « complicité et recel d’abus de bien sociaux » et « manquements aux obligations de déclaration à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique ». L'enquête s'étend le aux costumes de luxe offerts à François Fillon depuis 2012 totalisant une valeur de plusieurs dizaines de milliers d'euros, avec un réquisitoire supplétif contre X pour « trafic d'influence », ainsi qu'à des accusations de « faux, usage de faux » et « escroquerie aggravée » concernant des documents saisis lors d'une perquisition.
Cette affaire a contribué à l'avènement des lois pour la confiance dans la vie politique, adoptées en , qui interdisent notamment aux parlementaires d'employer des membres de leur famille directe (conjoint, parents, enfants, beaux-parents et beaux-enfants).
Le , la cour d'appel de Paris condamne les époux Fillon pour détournement de fonds public. François Fillon est condamné à quatre ans de prison, dont un ferme, ainsi qu'à dix ans d'inéligibilité. Son épouse Penelope est condamnée à deux ans de prison avec sursis et deux ans d'inéligibilité, et Marc Joulaud à trois ans de prison avec sursis et cinq ans d’inéligibilité. Le même jour, les époux Fillon ainsi que Marc Jouleau décident de former un pourvoi en cassation contre cette décision de la cour d'appel.
Le , la Cour de cassation confirme définitivement les condamnations de François Fillon, Penelope Fillon et Marc Joulaud. Une Cour d'appel réévalue la peine de François Fillon le suivant, celles des autres étant définitives. Le , François Fillon est définitivement condamné à quatre ans de prison avec sursis, d'amende et cinq ans d'inéligibilité, et se pourvoit en cassation. Le , Fillon se désiste de son pourvoi, et sa peine devient définitive.
Éléments de l'affaire Soupçons d'emplois fictifs dans la famille Fillon vignette|upright=0.8|Penelope Fillon en 2007.
L'affaire Penelope Fillon ou affaire Fillon, parfois surnommée « », est une affaire politique et judiciaire portant sur des soupçons d'emplois fictifs concernant des membres de la famille de François Fillon. Cette affaire débute fin durant la campagne pour l'élection présidentielle française de 2017 à un moment où François Fillon, candidat de la droite et du centre, est en position de favori pour cette élection..
Début de l'affaire : l'article du Canard enchaîné du 25 janvier 2017 L'affaire commence avec l'article du Canard enchaîné du — annoncé dès le — qui affirme que Penelope Fillon aurait été rémunérée environ bruts pour un emploi d'assistante parlementaire de son mari, de 1998 à 2002 et en 2012, et de son suppléant, Marc Joulaud, de 2002 à 2007.. Le journal écrit aussi qu’entre et , Fillon aurait perçu comme conseillère littéraire à la Revue des Deux Mondes. Dans son article, Le Canard enchaîné déclare avoir interrogé une assistante de Marc Joulaud, Jeanne Robinson-Behre, celle-ci a répondu à propos de Penelope Fillon : . Il a aussi questionné le directeur de la Revue des Deux Mondes de l'époque, Michel Crépu, qui a répondu que Penelope Fillon a bien mais qu'il n'a jamais eu .
Dès le , la presse, s'appuyant sur les déclarations du Canard enchaîné, évoque un soupçon d'emploi fictif de Penelope Fillon comme assistante parlementaire...
Le jour même, l'entourage de François Fillon affirme à quelques journalistes qu'elle . Dans l'article du Canard enchaîné, Christine Kelly, auteur d'une biographie sur François Fillon, exprime ses doutes sur l'emploi de Penelope Fillon :
Le , jour de la parution du Canard enchaîné, le parquet national financier ouvre une enquête préliminaire pour détournements de fonds publics, abus de biens sociaux et recel de ces délits.. Bernard Accoyer monte en première ligne pour défendre François Fillon et Penelope Fillon, à la suite de l'ouverture de cette enquête préliminaire. Concernant les doutes sur l'emploi fictif de Penelope Fillon, il déclare l'avoir vue participer aux travaux de François Fillon .. Pour Le Lab (Europe 1), cet argumentaire est en contradiction avec celui repris par les porte-paroles de François Fillon, Bruno Retailleau et Florence Portelli, qui pour leur part ont déclaré que Penelope Fillon travaillait comme collaboratrice parlementaire dans la Sarthe et que sa présence à Paris était rare..
L'affaire prend de l'ampleur : révision à la hausse des sommes versées Le , Le Canard enchaîné publie un nouvel article chiffrant à brut la somme perçue par Penelope Fillon comme assistante parlementaire, contrairement aux estimés une semaine avant.. Le journal a découvert des emplois d'assistante parlementaire en plus entre 1988 et 1990 et en 2013, et a pris en compte dans son calcul les années de salaires 1998-2000 dont il ne connaissait pas le montant la semaine précédente. En résumé, Penelope Fillon aurait été employée comme assistante parlementaire durant les trois périodes 1988-1990, 1998-2007 et 2012-2013. Une autre révélation porte sur des salaires versés à deux des enfants Fillon employés successivement comme collaborateurs parlementaires par le sénateur Fillon entre 2005 et 2007. Les sommes cumulées versées à la femme et aux enfants de François Fillon en tant que collaborateurs parlementaires atteindraient environ brut et apparaissent relativement généreuses par rapport à l’enveloppe dont disposent les parlementaires...
En réponse, François Fillon dénonce le jour même « un coup d’État institutionnel » qui est porté contre lui par la gauche. (thèse dont l'argumentation sera développée le dans une tribune sur le site Atlantico).
Le , pour contrer la montée de l'indignation que reflètent et alimentent les médias, François Fillon publie sur son site de campagne un tableau présentant les dates et les salaires perçus pour chacun des contrats de collaboratrice parlementaire de son épouse entre 1986 et 2013. Les salaires de Penelope Fillon sont présentés en nets, soit une moyenne sur quinze ans d'activité de euros nets mensuels, avec une pointe de rémunération à nets mensuels lorsqu'elle était employée par Marc Joulaud, pour un total de nets... François Fillon déclare que Penelope Fillon a donc travaillé quinze ans comme collaboratrice parlementaire, qu'elle n’a jamais été sa subordonnée, mais . C'est la première fois qu'apparait un salaire de Penelope Fillon dès 1986. Auparavant avaient été évoquées les années 1997 puis 1988..
Mediapart annonce le que Penelope Fillon aurait été rémunérée par l'Assemblée nationale dès 1982, au titre de chargée de mission.. Puis, le mercredi , Le Canard enchaîné révèle que Penelope Fillon aurait commencé à travailler dès 1980, alors qu'elle n'était encore que la fiancée de François Fillon. Elle aurait été embauchée le comme « personnel non titulaire de l’État » pour un ministère « inconnu » quand François Fillon était chef de cabinet adjoint du ministre de la Défense de Valéry Giscard d'Estaing, Joël Le Theule. Elle aurait été payée brut par mois pendant plus d'un an jusqu'à l'arrivée de François Mitterrand à la présidence en ... L'entourage de François Fillon apporte aussitôt un démenti formel à cette allégation assurant que Penelope Clarke était alors étudiante à la Sorbonne..
Penelope Fillon, assistante parlementaire Penelope Fillon, collaboratrice de François Fillon Le , sur TF1, François Fillon répond à la question de Gilles Bouleau pour savoir si Penelope Fillon a accompli . Il indique que sa femme travaillait avec lui depuis toujours : . Il précise : .
François Fillon ajoute que sa femme lui . Elle l'a fait, dit-il, mais : .. Il explique qu'il a mis fin à la collaboration avec sa femme en 2013, ayant . Cependant, la presse relève qu'en , il s'opposait à un projet de loi sur la transparence de la vie publique initié par le gouvernement après l'affaire Cahuzac, qui prévoyait, entre autres mesures, d'obliger les parlementaires à publier le nom de leurs collaborateurs.. François Fillon annonce dans cet entretien qu'il n'y a qu'une seule chose qui l'empêcherait d'être candidat, c'est si son honneur était atteint, s'il était mis en examen... Il souhaite aussi que la justice fasse rapidement son travail d'enquête. L'Obs relève plusieurs incohérences dans la défense de François Fillon.. Une phrase qu'il prononça durant la primaire, le à Sablé-sur-Sarthe, visant Nicolas Sarkozy sans le nommer, commença à être réutilisée contre le candidat par effet boomerang....
Le , pour répondre aux soupçons d'emplois fictifs de sa famille lancés par Le Canard enchaîné, François Fillon tient une conférence de presse à son siège de campagne dans laquelle il réaffirme que, avec un emploi qui n'était nullement fictif, il est honnête parce qu'il a respecté les lois.
Estimant qu'en , il avait privilégié une , il mais maintient sa candidature.. Il déclare de plus que le parquet national financier n'était , et annonce la publication imminente, sur son site Internet, de son patrimoine ainsi que des sommes perçues année par année par sa femme en tant que collaboratrice parlementaire..