Camille Viotte, né le à Charquemont et mort le à Metz, est un général de brigade français. Il grandit au sein d’une famille modeste à Montbéliard. Son père, Charles Joseph Viotte (1837-1890), exerçait comme horloger, une profession typique de cette région jurassienne. Sa mère, Marie Josèphe Gigandet (1848-1922), était issue d’un milieu paysan. Camille Viotte a deux frères et sœurs : Julia Viotte (1876-1966) et Jules Viotte (1884-1904), qui meurt à seulement 20 ans.
Biographie
Famille À l’âge de 21 ans, le , Camille Viotte épouse Marguerite Parmentier (1876-1951), fille du maire de Lunéville. De cette union naissent de nombreux enfants dont Jacques Viotte (1901-1971), Paule Viotte (1909-1978), Lucette Viotte (1911-2004), Yves Viotte (1914-2013) et . Le mariage de Camille Viotte, alors jeune officier, nécessite l’approbation de ses supérieurs hiérarchiques.
Carrière Il entre à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr en 1890, pour en sortir Lieutenant au de chasseurs à pied à Lunéville.
Il entre à l'École supérieure de guerre en 1898. Cependant, en raison des modestes moyens financiers de sa famille, ses parents adressent une demande de bourse et de trousseau au ministère de la Guerre. Sans ce soutien, il leur serait impossible de financer ses études. La famille s’engage par ailleurs à rembourser la bourse si Camille ne s’engage pas pour une durée minimale de dix ans dans l’armée. La demande de bourse est acceptée le à Besançon, une décision déterminante pour l’avenir de Camille. Le Camille intègre Saint-Cyr à l’âge de . La même année est marquée par un drame familial, la perte de son père, Charles Joseph Viotte.
Il s'engage volontairement pour cinq ans à Belfort le en tant qu'élève-soldat. Rapidement, il progresse dans la hiérarchie : il est promu caporal le , puis sergent le de la même année, avant d’être nommé sergent-fourrier, chargé des tâches d’intendance le . Il termine l’école le avec le grade de sous-lieutenant et est affecté au de chasseurs à pied à Lunéville, une unité d’infanterie légère. En tant que sous-lieutenant, Camille Viotte joue un rôle clé dans l'encadrement des hommes, en supervisant leur entraînement et leur préparation au combat. Cette première affectation constitue une étape fondamentale dans la construction de son identité militaire. Reconnu pour ses qualités, il reçoit des appréciations élogieuses de ses supérieurs, comme en témoigne un rapport du chef du de chasseurs à pied de Lunéville : « Viotte est bien noté par son corps d’armée. C’est un officier instruit, intelligent, zélé et consciencieux. Ne mérite que des éloges. Sert avec exactitude et avec entrain. Très intelligent, travailleur, actif. Santé vigoureuse. ». Il est promu lieutenant le , et est ensuite employé comme officier adjoint auprès du major de la garnison de Lunéville.
Camille Viotte reste affecté au de chasseurs à pied à Lunéville jusqu'en 1895, date à laquelle il est transféré à un autre régiment ; après son affectation à Lunéville, Camille Viotte est transféré au de chasseurs à pied à Amiens, où il poursuit sa carrière militaire.
Il est nommé le , Officier d’ordonnance du général adjoint du gouverneur de Belfort. Il est ensuite capitaine successivement au régiment d'infanterie à Toul, à la d'infanterie, à la d'infanterie, et à la d'infanterie à Vannes.
Le ; il accède au grade de capitaine. À ce titre, il assume de hautes responsabilités dans la gestion des hommes et des opérations militaires. À l’approche de la Première Guerre mondiale, Camille Viotte est un officier expérimenté, et est affecté au d'infanterie basé à Gérardmer, dans les Vosges. Le d’infanterie, surnommé « les Diables rouges » pour leur bravoure, est une unité de prestige. Stationné dans une région frontalière proche de l'Allemagne, ce régiment fait partie des troupes chargées de défendre les zones montagneuses et les points stratégiques des Vosges, dans un contexte de tension croissante entre la France et l'Allemagne à la veille de la guerre.
Le , l’archiduc François-Ferdinand est assassiné par un nationaliste serbe ; les tensions étant à leur apogée l’Autriche-Hongrie déclare la guerre au royaume de Serbie ; en vertu des différentes alliances conclues les puissances européennes se déclarent une à une la guerre ; ainsi la France déclare la guerre à l’Autriche-Hongrie le . Ainsi, Viotte, promu capitaine depuis le entre dans la guerre comme des millions d’autres hommes. Tout au long de sa carrière il participe à énormément d’offensives et contre-offensives qui sont retranscrites dans son dossier militaire, dossier qui détaille également les unités auxquelles il est affecté et son rôle au sein de celles-ci.
Pour commencer, Viotte à largement participé à la bataille des Frontières : dans la période du au il était capitaine d’état-major de la ; il a participé à la bataille de Maissin (, en Belgique), la bataille de Saint-Quentin (ou bataille de Guise, ), la bataille de la Marne (-) et enfin la bataille de Saint-Hilaire-le-Grand (ou bataille de Champagne, ).
Par la suite, du au il a été chef de bataillon du d'infanterie, il a alors participé à la bataille de Sillery-Puisieux (-), la bataille de Thiepval (fait partie des batailles de la Somme, -) et enfin à l’attaque de La Boisselle ().
Du au il est commandant en chef d’état-major de la d’infanterie ; il participe ainsi aux offensives du bois de La Gruerie et de Bagatelle (Lieux-dits et hameaux aux abords de Vienne-le-Château dans la Marne et aux grandes batailles de Champagne (-) mais aussi à la bataille de Verdun (-), il est par la suite envoyé vers Baccarat.
Il acquiert le grade de lieutenant-colonel et commande le d'infanterie du au . Il est renvoyé à Verdun puis participe à la reconquête du fort de Douaumont lors de la bataille du même nom (-).
À l’issue de la reconquête française il devient sous-chef d’état-major au d'armée le , puis chef d'état-major du d'armée le . Il fait les campagnes d’Italie. Après la campagne d'Italie, il est reconnu officier de la Couronne d'Italie et reçoit la Croix de guerre italienne (). Il est fait commandeur de Saint-Michel et Saint-Georges de Grande-Bretagne, toujours au même grade ; et est envoyé sur le front alpin du au dans le cadre du soutien allié à l’Italie, après la très lourde défaite à Caporetto contre l’armée austro-allemande.
Pour finir le lieutenant-colonel Viotte revient en France avec le rôle de sous-chef d’état-major du d'armées du au ; il participe aux offensives de la Vesle et à l’attaque de la Hundling-Stellung (-).
Il est promu colonel en , il est affecté au d'infanterie dans la Sarre,en Allemagne.
Il est nommé général de brigade en 1927, il reçoit le commandement de la d'infanterie à Metz.
En 1928, les médecins diagnostiquent à Viotte une bronchite congestive, c'est-à-dire une bronchite aiguë, qui est caractérisée par des crachements de sang dus à son exposition aux gaz lors de la guerre. De plus, Camille Viotte constate qu’il a des gênes au niveau de la vessie. Ces gènes amènent le médecin à penser qu’il a un cancer de la vessie. D’après le rapport du , Camille Viotte l’aurait ignoré jusqu’à sa mort. Il lui est conseillé de prendre des congés à Larmor près de Lorient durant deux mois. Cependant, ses congés se font à Vannes du au ; mais cela n’a pas arrangé son état de santé. Il meurt le à l’âge de à Metz. Il est enterré à Lunéville auprès de sa femme et de sa belle-famille le .
Le général Viotte laisse derrière lui sa femme et deux de ses trois enfants, dont Yves Viotte qui marchera dans les pas de son père en devenant à son tour général à l'issue de la Seconde Guerre mondiale. Il meurt en fonction à l'âge de , et est inhumé à Lunéville le .
Citations à l'ordre de l'Armée
Nommé Chevalier de la Légion d'honneur le , il est Chef de Bataillon, Commandant le Bataillon du régiment d'Infanterie :
(à Ovillers la Boisselle).
Chef d'État-Major de la division d’infanterie, le : Bataille de Champagne (1915)
Nommé Officier de la Légion d'honneur le , il est Lieutenant-colonel, Commandant le Régiment d'Infanterie : Bataille de Verdun
Décorations en 1915, en 1916, sans_cadre|50x50px Chevalier-commandeur honoraire de l'ordre de Saint-Michel et Saint-Georges en 1918, en 1918, sans_cadre|50x50px Croix de guerre 1914-1918 avec 4 palmes et 1 étoile, , sans_cadre|50x50px Croix du Mérite de la guerre (Italie), sans_cadre|50x50px Chevalier du Mérite Militaire d'Espagne.
Sources
Musée des Étoiles base Léonore
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