Le terme de Mémorial de l’oppression désigne un service de la Préfecture du Rhône, créé à Lyon en auprès d’Yves Farge, commissaire régional de la République à Lyon. Confié au professeur Pierre Mazel, il avait pour mission de concentrer la documentation sur les crimes de guerre nazis dans la région et d’aider à en poursuivre les auteurs. Pierre Mazel a écrit un ouvrage préfacé par Yves Farge, publié en , portant ce titre.
Le service du Mémorial de l'oppression à la Préfecture du Rhône
L’idée du Mémorial de l’oppression, d’abord appelé Mémorial de la répression, naît en après les massacres de la Gestapo au fort de Saint-Genis-Laval.
Yves Farge, commissaire de la République à Lyon, nomme à sa tête le docteur Pierre Mazel, professeur à la faculté de médecine de Lyon et créateur, en 1930, de l’Institut universitaire de médecine du travail (IUMTL) et, en 1934, du premier diplôme universitaire consacré à la médecine du travail. Mazel était emprisonné à la prison de Montluc depuis le après avoir été arrêté durant le Conseil de faculté.
Les missions du service sont précisés par les arrêtés 2 et 108 des 4 et figurant au Journal officiel du commissariat de la République de la région Rhône-Alpes : elles visent à . Pour ce faire, des enquêtes auprès des maires, des services de police et de gendarmerie, de l’armée et des mouvements de Résistance et de prisonniers de guerre. Il comprend la direction régionale placée à Lyon, également responsable des faits concernant le Rhône, et des antennes dans les autres départements.
Le , est créé le Service de recherche des crimes de guerre ennemis (SRCGE), organisme national chargé de coordonner les services régionaux. Le service du Mémorial de l'oppression devient l'antenne régionale du SRCGE, le professeur Mazel demeure à sa tête. Des doubles des dossiers ainsi constitués sont adressés au service central à Paris afin de faciliter les recherches au niveau national mais la faiblesse des moyens alloués réduit la capacité d'action.
Le SRCGE est dissous le sans avoir achevé sa missionRépertoire numérique détaillé des archives du Mémorial de l'oppression, Archives du département du Rhône et de la métropole de Lyon.
L'ouvrage
Le projet d'un Livre noir des crimes de guerre, envisagé par Yves Farge et Pierre Mazel depuis , est lancé par le gouvernement provisoire de la République française début 1945 et confié au service des crimes du Guerre existant auprès du ministère de l'Information. Un premier volume concernant Lyon et le département de l'Ain est publié en mais demeure le seul finalisé.
Les volumes 2 (Ardèche, Drôme, Isère et Vercors) et 3 (Rhône, Loire, Savoie et Haute-Savoie), pourtant rédigés par Mazel, ne seront jamais publiés. Seuls deux autres volumes voient le jour, concernant Oradour-sur-Glane et la germanisation des Ardennes, en 1945Catalogue général de la BnF.
Bibliographie
Archives départementales du Rhône, Mémorial de l’oppression. Les crimes de guerre en Rhône-Alpes (1940-1944), 2003. Pierre Mazel, Le Mémorial de l'oppression, région Rhône-Alpes, fascicule n° 1, Lyon, 1945. Marcel Ruby, La Résistance à Lyon, éditions L'Hermès, Lyon, 1979.
Notes et références
Liens externes Sources Les dossiers constitués par le service du Mémorial de l'oppression sont conservées aux archives du département du Rhône et de la métropole de Lyon sous la cote Inventaire du fonds des archives du Mémorial de l'oppression
Catégorie:Mémoire de la Résistance française Catégorie:Mémorial de la Seconde Guerre mondiale en France