vignette|Manifestation aux États-Unis en 2017 contre la prolifération des infox....
Les infox, fausses nouvelles, fausses informations, informations fallacieuses, canards , aussi désignées par l'anglicisme fake news (prononcé en français ), sont des nouvelles mensongères diffusées dans le but de manipuler ou de tromper le public. Elles contribuent parfois à alimenter et entretenir le harcèlement et la haine en ligne.
Les articles contenant des infox emploient souvent des titres accrocheurs ou des informations entièrement fabriquées en vue d'augmenter le nombre de lecteurs et de partages en ligne. Elles peuvent émaner de blogueurs ou de réseaux sociaux, de médias, de personnalités politiques ou d'un gouvernement.
Les diverses façons de les combattre posent la question de donner la responsabilité à l’État de distinguer « le vrai du faux ». Quand les rédacteurs ne sont pas identifiables, les procédures judiciaires pour diffamation ou calomnie sont difficiles. La vérification des faits par des professionnels respectant une mission et des règles de journalisme d'investigation ambitionne de réduire la quantité des mensonges diffusés, au moment où les réseaux sociaux sont accusés d'ouvrir une nouvelle ère de l'information, parfois baptisée « ère post-vérité ».
Les infox revendiquées par des instances officielles posent la question de la crédibilité de l'information et des médias qui la diffusent.
Terminologie L'expression a fleuri dans les médias francophones à l'occasion de la campagne pour l'élection présidentielle américaine de 2016, lors de laquelle Donald Trump l'a employée quarante fois en l'espace de vingt semaines.. Elle est composée de l'adjectif fake (Prononciation en anglais standard retranscrite selon la norme API. , « faux », « falsifié », « truqué ».), , en anglais britannique Prononciation en anglais britannique retranscrite selon la norme API. , « nouvelles », « informations », « actualités ».). Le terme est déconseillé par l'Office québécois de la langue française qui lui préfère « fausse nouvelle » ou « information fallacieuse » et par l'Académie française qui lui préfère « contre-vérité » ou « ragot ».. Ange Bizet, administrateur de l'association Défense de la langue française (DLF), propose le terme « fallace », terme directement compréhensible dans la famille de « faux » avec une nuance supplémentaire, comme « fallacieux », « falsifier », « falsification », « falsificateur ». La forme même offre l’avantage, avec la finale en -ace, de sonner comme le suffixe péjoratif -asse, ce qui convient pour désigner et dénoncer ce qui est trompeur et frauduleux. « Fallace » entre dans la série des mots, à connotation négative, avec lesquels il rime, « limace », « grimace », « populace », « menace », « coriace », « tenace », « rapace », « salace »
En France, l'expression « nouvelles fausses » est employée dans la loi du qui punit .. Le terme « infox », mot-valise composé de « information » et de « intoxication », a été proposé par la Commission d’enrichissement de la langue française, institution chargée de soumettre des néologismes indispensables pour la francisation du vocabulaire contemporain, et garantir ainsi le respect par les administrations de la loi d' sur la protection de la langue française..
Stricto sensu, l'expression anglaise ne désigne pas un article faux au sens d'inexact, mais plutôt un faux article, un article qui se fait passer pour un article de presse sans en être un.. Selon un article de William Audureau paru dans Le Monde, la doit être distinguée de la : la première est une information incorrecte, erronée au sens de mésinformation ou de contre-vérité, tandis que la seconde est une information à dessein frauduleuse, truquée, dans le sens de désinformation ou de canular. L'antonyme de est , « vrai », tandis que l'antonyme de serait plutôt , « véritable ». Il y a donc une notion de tromperie délibérée qui se rapproche d'« information fallacieuse » en même temps que de traduire une visée sensationnaliste dans un niveau de langage familier quoique journalistique.. Selon la traductrice Bérengère Viennot, il n'est parfois pas choquant de laisser le terme anglais d'origine si l'on ne trouve pas de correspondance exacte dans sa langue dans le même niveau de langage car la traduction « consiste à traduire une culture plus que des mots ».. À l'inverse, William Audureau dénonce un mot utilisé à tort et à travers qui contribue lui-même à la duperie et au flou sémantique, puisqu'il désigne en même temps un pastiche humoristique, un appeau à clics, une publication engagée politiquement et même par abus de langage un article de presse factuellement erroné.
Dans le langage de la presse écrite, le terme « canard » a le sens de , outre les sens de et .. Il est employé également dans le parler de la Bourse dans le sens de « fausse nouvelle »Lorédan Larchey, Les Excentricités du langage, 1865, : —- Mornand.. Le Dictionnaire Quillet de la langue française (Raoul Mortier dir., Librairie Aristide Quillet, Paris, 1946, ) cite le sens de outre celui de . Le mot a même passé la Manche puisqu'on le retrouve en anglais (sans changement d'orthographe) dans le sens de (faux rapport, canular), outre les autres acceptions de () et de (journal de bas étage, feuille de chou), dans le Harrap's Standard French and English Dictionary with Supplement (J.E. Mansion ed., George G. Harrap & Company Ltd, 1962). R.W. Burchfield, dans The New Fowler's Modern English Usage (Third Edition, Clarendon Press, Oxford, 1996) donne à l'anglais canard le sens de (rumeur ou récit sans fondement).
Historique Les fausses informations et autres mensonges ont toujours existé. Cependant, la notion de , c'est-à-dire une information délibérément faussée et destinée à se répandre au sein du public dans un but mercantile, politique ou idéologique, est liée à l'émergence des médias, puis à leur massification.
L'un des plus célèbres cas anciens d'auteur de fausses nouvelles est celui du Français Léo Taxil (1854-1907), qui fit fortune à la fin du dans la presse à gros tirage en inventant toutes sortes de terribles secrets cachés aux bons citoyens par diverses organisations maléfiques. Ses cibles furent, tour à tour (et suivant son intérêt personnel, changeant), l’Église, les anticléricaux (à la suite d'une conversion opportuniste), les francs-maçons (avant d'en devenir finalement un lui-même, puis d'être exclu), et ainsi de suite.. Il ne participa jamais à la mise au jour de réelles conspirations (alors qu'il vécut à l'époque de l'affaire Dreyfus.), et est considéré comme l'un des principaux inspirateurs de l'industrie des fausses nouvelles, qui se sont répandues dans son sillage dans de nombreux médias français et étrangers.
L'essor d'Internet a aussi permis cette émergence qui s'est fait remarquer à partir des années 1990 et utilisé par des théoriciens du complot comme Thierry Meyssan en France sur Réseau Voltaire initialement laïque en . avant de devenir complotiste avec le « » ou les attentats comme celui de Charlie Hebdo le . et la Nouvelle économie favorisant l'émergence d'individu comme Serge Monast avec « le projet HARP » au Québec à partir de 1995https://archivesic.ccsd.cnrs.fr/sic_00000716/document, puis avec la mort de la Princesse Diana Spencer le . ou le Projet Blair Witch de 1999 ayant d'après les analystes politiques ancré la fake new de l'histoire près de 25 ans après sa sortie en 2024.. et la rumeur sur une tentative d'assassinat du président français Emmanuel Macron s'il mettait le pied sur le territoire ukrainien. d'où le DSC : législation entrée en vigueur sur le sujet le ..
Année 2016 Les débats sur les fausses nouvelles ont pris de l'ampleur en 2016, en Grande-Bretagne, avec la victoire des partisans du Brexit lors du référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne, puis aux États-Unis, avec l'élection de Donald Trump. Des commentateurs. ont aussi souligné que de plus en plus de citoyens s'informent par les réseaux sociaux comme Twitter ou Facebook., où les émetteurs ne sont pas soumis à la déontologie journalistique.
Année 2020 Dans les années 2020, les désinformations trompeuses de masse sont toujours présentes, notamment en déformant les proportions des graphiques dans certaines représentations de sondages ou changements dans les coûts de certains aspects de la vie. Les changements d'échelle dans les graphiques sont souvent utilisés pour déformer la réalité..
L'intelligence artificielle générative amplifie les tentatives de désinformation, de cyberharcèlement et de manipulation de l'opinion grâce à sa capacité à créer rapidement des contenus et à déformer ou détourner des images.
Origine vignette|235px|Journalistes propageant des fausses nouvelles. Dessin du caricaturiste américain Frederick Burr Opper, 1894 Vers la fin du , certaines revues telles qu'Infos du monde présentaient des fausses nouvelles avec un troisième degré d'humour très décalé. Avec l'avènement d'Internet, les fausses informations du , bien que relativement discrètes dans les grands médias attachés à leur réputation, abondent sur les réseaux sociaux, les forums, les sites spécialisés et les sites de partage vidéos tels que YouTube et toutes les autres plateformes où n'existent pas de règles de sourçage de l'information et de responsabilité éditoriale. La propagation de ces fausses informations est parfois motivée simplement par le plaisir mais, plus souvent, par un motif plus profond, qui peut notamment être de nature politique, économique, idéologique ou religieux.
On distingue souvent les motivations idéologiques et mercantiles, même si elles ne sont pas mutuellement exclusives.
Selon Jayson Harsin, le terme aurait été utilisé pour la première fois en 1999, lors de l’émission de télévision satirique américaine The Daily Show, présentée à ce moment-là par Jon Stewart. Elle était basée sur des informations truquées et imitait les vrais programmes qui relaient des informations considérées comme fiables et crédibles. L'émission imitait le style et l'organisation de ces dernières (journalistes envoyés sur le terrain, invités commentateurs, Flash info…), sans être complètement basée sur le faux. Elle consistait en l’analyse humoristique, ironique et orientée à gauche de l’actualité diffusée par les médias dits traditionnels, et ceci par le biais de l’humour et de la parodie. Les journalistes-auteurs du Daily Show venaient du journal satirique The Onion qui, pour les lecteurs, paraît ambigu, en particulier à cause de l’aspect de ses articles : « les lecteurs, qui ont du mal à faire la différence entre ses articles à l’aspect « officiel », passe-partout, et ceux du journalisme traditionnel légitime ». Harsin explique qu’avant 1999, il n’y avait aucune étude scientifique sur l’origine de la au sens d’information parodique et que le terme ne semble pas avoir été utilisé avant cette date. Selon lui, les chercheurs qui ont utilisé ce terme dans des articles entre 1990 et 1999 l’emploient dans le sens de canular, comme quelque chose qui n’a pas eu lieu mais qui, pourtant, est présenté comme un fait avéré et qui a trompé la presse et les médias traditionnels, mais également l’audience. Ou alors comme un gag des médias pour se moquer ou distraire les auditeurs..
Groupes extrémistes, terroristes et radicaux Selon un rapport d'Europol de 2012, l’utilisation d’Internet par les mouvements terroristes et extrémistes violents, déjà importante, est en voie d'intensification.
Extrême droite, Russie et conservateurs