Champtoceaux est une ancienne commune française située dans le département de Maine-et-Loire, en région Pays de la Loire, devenue le une commune déléguée au sein de la commune nouvelle d'Orée d'AnjouPréfecture de Maine-et-Loire, Recueil spécial des actes administratifs - 25 novembre 2015. Pages 15-16-17, arrêté DRCL/BCL/2015-79 du 23 novembre 2015 portant création de la commune nouvelle d'Orée d'Anjou..

Située à l'ouest du département, elle s'étend de la Loire au nord, au département de la Loire-Atlantique au sud-ouest.

Géographie Localisation Commune du nord des Mauges, Champtoceaux est située à l'ouest du département de Maine-et-Loire, sur la rive gauche de la LoireIGN, Géoportail Champtoceaux, consulté le 11 mai 2014., à au sud-ouest d'Ancenis, à l'est de Nantes et à l'ouest d'Angers.

Les communes limitrophes sont Oudon (au nord de la Loire) et Barbechat (au sud-ouest de Champtoceaux) en Loire-Atlantique, Drain, Saint-Sauveur-de-Landemont et la Varenne en Maine-et-Loire.

centre|vignette|La Loire et île Neuve-Macrière vues depuis le Champalud.

Territoire Le bourg est un petit village qui surplombe la Loire de plusieurs dizaines de mètres. Appartient aussi à la Commune le petit port de la Patache situé en contrebas. Selon le classement établi par l'Insee en 2010, Champtoceaux fait partie de l'aire urbaine de Nantes en tant que couronne d'un grand pôle (cf. communes de Loire-Atlantique).

centre|vignette|Coucher de soleil, Port du Moulin, Champtoceaux, Maine et Loire, Vallée de la Loire.

Voies de communication et transports Le village est traversé d'ouest en est par la RD751 qui longe la Loire de la porte d'Anjou du périphérique nantais (la route touristique du vignoble dite la Divatte) à Saumur, et, du nord au sud, par la RD751C en provenance d'Oudon (via le pont d'Oudon), prolongée par la RD17, en direction de Saint-Laurent-des-Autels puis Saint-Lambert-du-Lattay.

L'A11, à Ancenis, est à moins de .

La gare la plus proche est celle d'Oudon, à .

Toponymie et héraldique Toponymie

Champtoceaux a longtemps été appelé « Châteauceaux », nom qui au Moyen Âge apparait en latin sous la forme : Castrum Celsum.

Ses habitants sont de ce fait appelés Castrocelsiens.

Héraldique

Histoire Préhistoire, Antiquité et haut Moyen Âge L'occupation humaine remonte à l'âge de la pierre, comme en témoignent les pierres taillées et polies retrouvées lors de fouilles.

Dans l'Antiquité, un oppidum de Il est mentionné par Grégoire de Tours (qui écrit au ) sous le nom de Castrum Sellense, parmi les vingt-cinq principaux castra de Gaule. En contrebas de la forteresse, il existe un port appelé Portus selus.

Vers 560, le duc Austrapius est sacré évêque à Châteauceaux, qui devient (de façon éphémère) le siège d'un évêché détaché du diocèse de PoitiersRobert Favreau, in Histoire du Poitou et des Pays charentais, 126..

Au , le roi Pépin le Bref y rejoint sa femme Bertrade pour les fêtes de Pâques et reçoit les ambassadeurs d'Almanzor, calife de Bagdad.

Moyen Âge

Châteauceaux dépend du Poitou jusqu'en 942, année où la place passe aux mains d'Alain Barbetorte, duc de Bretagne et comte de Nantes ; à sa mort, son épouse Roscille de Blois se remarie avec le comte d'Anjou et Châteauceaux devient l'enjeu de rivalités politiques. La paroisse reste cependant dépendante du diocèse de Nantes.

Une forteresse angevine (à partir de 988) En 988, Foulque Nerra, comte d'Anjou, autorise la construction de la forteresse de Châteauceaux et rétablit le péage.

À partir de cette date, Châteauceaux (Castrum Celsum) est une des plus importantes forteresses angevines de la région, dressée sur un éperon rocheux dominant la Loire de , face au duché de Bretagne.

Vers le milieu du , Champtoceaux relève de deux frères, Geoffroy et Odéric/Orry de Châteauceaux, puis vers 1060 de Thibaud de Jarzé, le gendre d'Orry (en tant que mari de sa fille Adénors) ; Adénors et Thibaud ont une fille, Agnès de Jarzé (mariée à Roger III de Montrevault (du Petit-Montrevault) : d'où Payen de Montrevault, sire de Champtoceaux en 1118), et un fils, Geoffroi de Jarzé, dont la fille Narmaise/Warmaise de Jarzé transmet ensuite à son époux Amaury Crespin ; un siècle plus tard, Thibaud II Crespin est dépossédé en 1224 par Louis VIII, au profit de Mauclerc, à cause de son soutien à Jean sans Terre et Henri III d'Angleterre : cependant, l'héritier de Thibaud Crespin, Geoffroy des Roches, sera dédommagé par le duc Jean le Roux, le fils de Mauclerc.

Couvrant , entièrement entourée de remparts, la forteresse se compose de trois parties : la ville, dont on voit encore les deux tours d'entrée et le prieuré Saint-Jean ; le bayle (ou basse-cour), pour les écuries, le matériel de guerre… et le château fort avec son pont-levis à double battant, ses deux donjons, le logis seigneurial, la chapelle Saint-Pierre, le puits, la cave voûtée.

vignette|Entrée de la forteresse angevine de Foulque Nerra à Champtoceaux.

Les premiers sièges de Champtoceaux Durant trois siècles, la cité est assiégée à neuf reprises.

Geoffroy Plantagenêt (comte d’Anjou), en 1141, puis, en 1173, son fils Henri II Plantagenêt (roi d’Angleterre).

Pierre Mauclerc (duc de Bretagne) est récompensé, en 1224, par le roi de France Louis VIII qui lui offre le territoire de la Remaudière, paroisse dépendante de la baronnie/châtellenie de Châteauceaux.

Saint Louis l'attaque aussi, en 1230 et 1234 (dans sa guerre contre la révolte de Mauclerc) et y réside deux fois, accompagné de sa mère Blanche de Castille et de sa jeune épouse Marguerite de Provence. Finalement, les ducs de Bretagne s'y maintiennent.

Champtoceaux et la guerre de Succession de Bretagne (1341-1365) Mais la guerre de Succession de Bretagne oppose, de 1341 à 1365 les Penthièvre (Charles de Blois et sa femme Jeanne de Bretagne-Penthièvre, soutenus par le parti français) et les Montfort (Jean de Bretagne puis son fils Jean IV), se disputant la couronne ducale. La forteresse est prise par le parti français en 1341 puis donnée au jeune duc d'Anjou Louis (1339-1384), dont la femme est Marie de Blois-Penthièvre, fille de Charles et Jeanne. Mais après la bataille d'Auray et le traité de Guérande, Jean de Monfort (1339-1399) est reconnu comme seul duc légitime.

Champtoceaux et la guerre de Cent Ans (de 1364 à 1453) Le , Charles V octroie alors Loudun au duc d'Anjou, en échange de Châteauceaux qu'il cède au duc de BretagneArchives nationales, P 1340, (publié par Joseph Vaesen et Étienne Charavay, Lettres de Louis XI, tome X, 266, note , Librairie Renouard, Paris 1908.. Cependant ce dernier restitue Châteauceaux en 1387 au nouveau duc d'Anjou, Louis II (1377-1417), à condition qu'il rende au duc breton une quittance pour une rente de écrite jadis par Jeanne de Bretagne, comtesse de PenthièvreH. Moranvillé, ed. Journal de Jean le Fèvre, êvëque de Chartres, Chancelier des Rois de Sicile Louis I et Louis II d'Anjou. Paris : Alphonse Picard, 1887, indique clairement l'histoire de la dispute sur cette quittance. La note de Joseph Vaesen et Étienne Charavay ( 266, n. 2, citant Archives nationales, P 1339, ) indique que le duc devait encore payer les , mais ils doivent avoir mal compris le document, Jeanne de Penthièvre étant morte depuis trois ans en 1387.. En 1390, Louis II donne Châteauceaux au connétable Olivier V de Clisson (1336-1407) ; puis sa fille cadette Marguerite de Clisson (1372-1441) en hérite, avec Clisson et Montfaucon : or elle avait épousé en 1387 le comte de Penthièvre Jean de Châtillon-Blois, le fils de Jeanne de Bretagne-Penthièvre et de Charles de Blois, et donc l'oncle maternel de Louis II d'Anjou !

Ayant pour but la récupération du duché de Bretagne pour son fils Olivier, la veuve de Jean de Penthièvre, Marguerite de Clisson, dame de Châteauceaux, attire le duc Jean V de Montfort (1389-1442 ; fils de Jean IV) dans un guet-apens en . Montfort est fait prisonnier puis séquestré dans le donjon du château, dit la tour du Diable. Secouru puis libéré par les barons bretons, sa femme la duchesse Jeanne, et les Anglais alliés aux Bretons, le duc fait assiéger en représailles les châteaux des Penthièvre, dont Châteauceaux lors du siège de mai-juillet 1420 (Marguerite de Clisson doit capituler avec les honneurs le ), puis ordonne d'« araser tout […] jusqu'à pleine terre » avec interdiction de rebâtir à l'intérieur de l'enceinte. Les habitants ont trois jours pour déguerpir. Il faut 10 ans de taxes imposées aux Nantais pour anéantir le beau château, Jean V voulant qu'on arrache, jusque dans leurs fondations, les murs de sa prison.

Le village de Châteauceaux est donc un « village déplacé », reconstruit en 1431 au Nouveau-Bourg sur la circonvallation des assiégeants de 1420. La seigneurie est bien sûr confisquée, comme tous les biens des Penthièvre en 1420/1425. Jean V donne la place à son maréchal de Bretagne Berrand de Dinan († 1444), mais René d'Anjou (fils cadet de Louis II) s'empare des revenus seigneuriaux de 1444 à 1474, prétendant ainsi recouvrer les anciens droits des Anjou.

Sous le règne de Louis XI Finalement Louis XI, héritier des Anjou par sa mère Marie d'Anjou, met la main sur Champtoceaux et la restitue aux Penthièvre (Nicole, nièce d'Olivier de Blois-Penthièvre et petite-fille de Margot de Clisson, et son mari Jean de Brosse de Boussac) en 1480.

Toutes ces vicissitudes provoquent un procès concernant la baronnie de Châteauceaux au Parlement de Paris« De par le roy. Nostre ame et feal, nostre chier et ame cousin le comte de Penthièvre nous a fait dire et remonstrer que, en certaine cause qu'il a pendant en nostre court de Parlement pour raison de la baronnie, terre et seigneurie de Champtoceaux ou pays d'Anjou luy est besoing de soy aider de certaines lectres, tiltres et enseignements estans entre les chartres de nostre tresor a Paris, touchant la chastellenie de Lodun, baillee en recompense par noz predecesseurs au duc d'Anjou au lieu de ladicte baronnie de Champtoceaux… » (Lettre de Louis XI datée aux Montilz-lèz-Tours le 19 avril 1468 et expédiée au parlement de Paris, publiée par Joseph Vaesen et Étienne Charavay, Lettres de Louis XI, tome X, p.265-266, Librairie Renouard, Paris 1908)..

Époque moderne (1492-1789) Les Brosse-Penthièvre gardent la seigneurie jusqu'après le milieu du (sauf en 1524-1530, où François la confisque pour en doter momentanément son neveu Chabot, René de Brosse étant passé du côté du connétable de Bourbon), puis la cèdent au connétable de Montmorency (1493-1567).

La petite-fille de ce dernier, Charlotte de Montmorency (1594-1650), mère du Grand Condé, transmet Champtoceaux aux princes de Condé par son mariage en 1609 avec Henri II de Condé. Les Condé conserveront la seigneurie jusqu'à la Révolution (Louis-Joseph), et le domaine jusqu'en 1830.

Champtoceaux fait alors partie des marches de Bretagne-Anjou et dépend toujours du diocèse de Nantes.

Châteauceaux ne joue alors plus aucun rôle politique et le bourg est reconstruit aux portes de l'ancienne ville. La seigneurie passe aux mains du Grand Condé qui essaie, sans succès, de la rattacher au comté de Nantes.

Période de la Révolution et de l'Empire

En 1790, Champtoceaux devient une commune du département de Maine-et-Loire et est rattachée au diocèse d'Angers par la constitution civile du clergé (1790).

Sous la Première République (-), les deux tiers des hommes de la commune prennent part à la guerre de Vendée, sous les ordres de Bonchamps. En 1794, elle subit trois passages des colonnes infernales où 193 personnes périssent, l'église et les habitations sont incendiées.

De 1815 à nos jours

Au début du , la marine fluviale est florissante et le Port-Hamelin, surnommé « la Patache », emploie 150 bateliers. La meunerie, avec onze moulins à vent, emploie 65 personnes.