Doué-la-Fontaine est une ancienne commune française située dans le département de Maine-et-Loire, en région Pays de la Loire. Depuis le , la commune forme avec Brigné, Concourson-sur-Layon, Forges, Meigné, Montfort, Saint-Georges-sur-Layon et Les Verchers-sur-Layon, la commune nouvelle de Doué-en-Anjou.
Déjà occupé sous l'Antiquité, le territoire de l'actuelle commune devient la résidence des souverains carolingiens pendant un temps, puis se développe sous le Moyen Âge. Elle devient, à partir du et sous l'initiative de Joseph François Foullon, un important centre pépiniériste. La commune possède un passé minier lié à l'exploitation du bassin houiller de Basse Loire au .
En 1964, Doué-la-Fontaine absorbe les communes de Douces et de Soulanger. Elle devient alors la seconde agglomération du Saumurois, et la du département de Maine-et-Loire. Elle est un centre économique d'importance avec la présence de 370 entreprises, ainsi qu'un centre touristique grâce au parc zoologique de Doué-la-Fontaine, qui accueille plus de par an.
Géographie Localisation Commune du Saumurois, Doué-la-Fontaine se trouve dans le Douessin, au cœur du Parc naturel régional Loire-Anjou-Touraine, à au nord-est de Montreuil-Bellay (en direction de Loudun), au sud-ouest de Saumur, à l'est de Cholet et au sud-est d'Angers.
Les communes limitrophes sont Louresse-Rochemenier, Dénezé-sous-Doué, Forges, Montfort, Brossay, Vaudelnay, Les Verchers-sur-Layon, Concourson-sur-Layon et Saint-Georges-sur-Layon.
Selon le classement établi par l'Insee en 1999Page INSEE ; cheminement : sur la petite carte de France, onglet Départements, puis choisir le département, puis menu déroulant Couches d'aide à la sélection., Doué-la-Fontaine est une ville isolée, c'est-à-dire une unité urbaine d'une seule commune ; elle est non polarisée, ne faisant partie d'aucune aire urbaine ni d'aucun espace urbain.
Géologie Il y a 10 à 12 millions d'années, la mer des Faluns occupait l'emplacement de la commune. L'éloignement de ses eaux vers l'ouest laissa place au falun, épaisse couche de calcaire coquillier.
La commune repose sur le bassin houiller de Basse Loire..
Hydrographie, relief et paysage La commune est arrosée par de petits affluents du Layon, qui coule à proximité, au sud-ouest. La rivière du Douet prend sa source sur le territoire de la commune, au nord, et coule vers l'ouest pour rejoindre le Layon. Le ruisseau de la Ganache naît au sud et coule vers l'ouest où il rejoint le ruisseau de Court-s'il-pleut à la frontière de Concourson-sur-Layon.
Doué-la-Fontaine s'étend sur un plateau entre deux vallées : celle du Layon au sud, et celle du Douet au nord. Au nord de la commune l'altitude s'élève à pour remonter au fur et à mesure que l'on progresse au sud, où l'altitude culmine à ..
Voies de communication et transports Réseau routier La D 761, en 2×2 voies, entre sur le territoire de la commune au nord-ouest et contourne le bourg de Soulanger jusqu'au sud de celui-ci pour rejoindre la D 960 qui entre au sud-ouest et contourne le reste de la commune pour repartir vers le nord-est. Au nord, la D 69 entre dans la commune pour bifurquer vers l'est et rejoindre la D 960. Plusieurs autres départementales convergent en étoile vers le bourg de Doué-la-Fontaine : les et au nord-est, les , et au sud et sud-est et les , et à l'ouest et au sud-ouest.
Transports en commun Le réseau AnjouBus dessert la commune sur deux lignes différentes. La fait le trajet Angers ↔ Doué-la-Fontaine ↔ Montreuil-Bellay, et compte jusqu'à quatre arrêts au maximum dans la commune, dont le parc zoologique de Doué-la-Fontaine. La ligne 6, du trajet Saumur ↔ Doué-la-Fontaine ↔ Vihiers ↔ Cholet, marque trois arrêts.. Le transport scolaire est également géré par Anjou Bus et le conseil départemental de Maine-et-Loire. Plusieurs navettes joignent les villages et hameaux du canton aux établissements scolaires de Doué-la-Fontaine. Pour les lycéens, plusieurs bus scolaires font également les trajets Doué-la-Fontaine ↔ Saumur...
Urbanisme En 2009, les de la commune sont à 90 % des résidences principales. On compte (81,3 %) ; les appartements ne représentent que 18,4 % (15,5 % en 1999). Il y a 267 logements vacants en 2009, soit 7,6 % du total des logements. Les habitants sont majoritairement propriétaires (59,6 %) et 38,9 % sont locataires..
Plus de la moitié (52,4 %) des ménages en 2009 ont emménagé dans leur résidence principale il y a 10 ans ou plus. Sur le total des principales, (45,2 %) possèdent plus de 5 pièces et seules 52 (1,6 %) ne possèdent qu'une unique pièce. Le nombre moyen de pièces se situe à 4,4 en 2009 (4,7 pour les maisons, 2,9 pour les appartements). La très grande majorité des résidences (97,6 %) possèdent une salle de bains disposant d'une baignoire ou d'une douche. Pour le chauffage, la plupart des résidences (43,9 %) possèdent un chauffage individuel tout électrique, 36,7 % possèdent un chauffage central individuel et 6,5 % un chauffage central collectif. Enfin, 71,3 % des résidences possèdent au moins un emplacement de stationnement.
Toponymie En 814 et 835, le territoire de la commune porte le nom de Thedoadus, Thedwat, Teutwadus et Theodwadum, puis Doadum en 847. Pour Albert Dauzat, le nom proviendrait d'un nom d'homme germanique Theudoad tandis que pour Ernest Nègre, il provient du nom d'homme latin Deodatus. On retrouve le lieu mentionné dans In villa Doadensi vers 980, Castrum Doadus vers 1050 et de castro Daodo vers 1055. On mentionne un Hugo de Doe vers 1060. Le nom évolue en Doe vers 1182, puis en Douetum vers 1392. En 1500, on mentionne Doué près Saumur...
Le mot doué proviendrait également d'une forme ancienne, douet, définissant un passage d'eau naturel ou anthropique. Dans leur « Glossaire étymologique et historique des parlers et patois de l'Anjou », Verrier et Onillon mentionnent à la fois le terme Doue, aphérèse de douve, et le terme Douet pour désigner un lavoir.. Dans le cas de Doué-la-Fontaine, le doué peut faire référence à la source de la commune connue dès l'Antiquité.
Le nom de Doué-la-Fontaine a été adopté en 1893, il est devenu officiel par décret le .
Histoire Préhistoire et Antiquité Les premières traces de passage humain se trouvent dans la découverte d'outils du Moustérien. La période néolithique a livré des haches en pierre polie, des os et des cornes travaillées. Six dolmens se répartissent sur l'actuel canton de Doué-la-Fontaine, témoignage d'une occupation humaine au néolithique..
De l'âge du bronze ont été retrouvés plusieurs haches, des pointes et des flèches, des fers de lances et un bracelet gravé de motifs géométriques ainsi qu'une épée du Hallstatt. Le territoire communal actuel se serait retrouvé dans une zone frontière entre le peuple gaulois des Andécaves et celui des Pictons.
Pendant la période gallo-romaine, le territoire du canton de Doué aurait vu l'installation de villas dont certaines limites seraient visibles sur des vues aériennes. La ville actuelle se trouvait probablement au croisement d'anciennes voies romaines entre Saumur, Angers, Montreuil-Bellay, Gennes.
Moyen Âge Vers le , le territoire de Doué relève de l'Aquitaine. Pépin le Bref y reçoit vers 760 la soumission de Waïfre, duc d'Aquitaine. À partir des années 790, Doué devient l'un des cinq palais royaux d'Aquitaine attestés. Louis le Pieux, fils de Charlemagne, qui a alors une quinzaine d'années, déjà fait roi d'Aquitaine par son père depuis 781, le fréquente avec la courLuc Bourgeois, Jean François Boyer, « Les palais carolingiens d'Aquitaine : genèse, implantation et destin », dans L. Bourgeois, C. Rémy (dir.), Demeurer, défendre et paraître, Orientations récentes de l'archéologie des fortifications et des résidences aristocratiques médiévales entre Loire et Pyrénées, Actes du colloque de Chauvigny, 14-16 juin 2012, Chauvigny, 2014, p. 67-118.. Il y résidait régulièrement depuis 781 dans la villa ou le palatium de Theotwadum. En 814, Louis y apprend la mort de son père et devient par là même le nouvel empereur. Il y reçoit également en 832 la soumission de , roi d'Aquitaine. Il ne reste pas de vestiges de la résidence des Carolingiens. vignette|alt=Aula de Doué-la-Fontaine.|Aula de Doué-la-Fontaine. Le , Charles le Chauve donne aux moines de Cunault le territoire de Doué et ses environs.. Une aula est construite au sud du bourg actuel dans le dernier quart du Étude des vestiges de l'aula, Doué la Fontaine (Maine-et-Loire)..
Une agglomération se développe autour de l'église Saint-Léger et de la chapelle Saint-Jean-Baptiste. Les moines de Cunault, chassés par les invasions vikings, se réfugient à l'abbaye de Tournus. Les comtes d'Anjou en profitent pour se saisir de leurs domaines. Afin de récupérer une partie de ceux-ci, l'abbé de Tournus, Eude, concède le territoire de Doué au comte d'Anjou Geoffroy Grisegonelle. À la mort de Geoffroy en 987, le nouveau comte, Foulques Nerra, y fonde un castrum près de l'agglomération qui est alors fortifiée..
[Le château de Doué est donné vers 1024 par le comte d'Anjou à Aimeri, fils de Gelduin/Gilduin de Doué et de Grécie de Montreuil-Bellay fait prisonnier pendant la prise de Saumur. Celui-ci décide de se rebeller contre le comte d'Anjou qui le fait prisonnier en 1026]Ce passage vient de Célestin Port. Mais cet érudit du a mélangé les Gelduin de Saumur ( puis son fils , fl. entre 966/970 et 1040 ; partisans de la Maison de Blois - , - qui tenait la Touraine et Saumur avant que Nerra ou son fils Martel s'en emparent en 1026 - prise de Saumur - et 1044 - bataille de Nouy, prise de Tours ; reçut aussi Chaumont) avec Gelduin/Gilduin de Doué, fl. 1092-1096, beau-frère de de Montreuil et partisan des comtes d'Anjou... (cf. le site Les Gelduin).. Cependant, les seigneurs de Doué issus de Gilduin/ de Doué se placèrent parmi les plus rebelles à l'autorité comtale. Le château est assiégé en 1109 et en 1123 par Foulques le Réchin et en 1147 par Geoffroy Plantagenêt qui le détruit.
Au , le bourg est prospère : il possède des halles et des foires, ainsi qu'un marché aux draps. En 1229, un hôpital est fondé par les bourgeois de la ville. Dans la seconde moitié du , par son mariage avec de L'Isle-Bouchard (1300), Eustachie de Doué, fille héritière de Gelduin/ de Doué, apporte le fief, avec Gonnor(d), Gençay et Thouarcé, à la famille de L'Isle-Bouchard.. Le fief est érigé en baronnie. La ville et le château de Doué sont endommagés pendant la guerre de Cent Ans. En 1427, le mariage de Catherine de L'Isle-Bouchard (1395-1472/1474 ; ses quadrisaïeuls étaient de L'Isle et Eustachie de Doué) avec (1384/1385-1446) fait passer la baronnie de Doué, plus Gençay, L'Isle-Bouchard, Véretz et Rochefort, aux mains de la famille de La Trémoille. ; quant à la sœur cadette de Catherine, Jeanne de L'Isle-Bouchard (~1400-~1457), elle reçut Gonnor et Thouarcé.
Temps modernes Entre autres membres de la Maison de La Trémoïlle, furent barons de Doué : François (1505-1541), arrière-arrière-petit-fils de Georges de La Trémoïlle et Catherine de L'Isle, suivi de ses propres fils (1521-1577) et Georges (1551 ; abbé de Chambon et de Saint-Laon, aussi baron de Mauléon et de Marans).
Puis dans la seconde moitié du , les Gouffier. acquirent la baronnie de Doué : par achat ? ; et/ou peut-être en relation avec le mariage de Claude Gouffier, duc de Roannais (né vers 1501-1570 ; fils d' Gouffier, duc de Roannais) avec Jacqueline de La Trémoille-Jonvelle (1544 ; arrière-petite-fille de Georges et Catherine de L'Isle-Bouchard). Succèdent ensuite les Gouffier de Caravas et Passavant (issus de Claude Gouffier (1556-1618), fils puîné homonyme du duc Claude et de sa épouse Françoise de Brosse-Penthièvre), suivis des Gouffier de Thais (car l'héritière Armande-Louise de Gouffier-Caravas (1698-1774) marie en 1726 son lointain cousin François-Louis Gouffier (-1753), marquis de Thais, sire de Morvilliers).. Vente vers 1765 à l'intendant Joseph-François Foullon (1715-1789), comte de Morangis.