Le collège Saint-Joseph est un établissement scolaire situé à Guilvinec, port de pêche du Sud du département du Finistère, en Bretagne, en France. Fondé en 1949, il est au départ une simple école primaire ; depuis la loi du , dite loi Debré, c'est un établissement scolaire privé catholique sous contrat d'association avec l’État. Il est placé sous la tutelle de la congrégation des frères de Saint-Gabriel à sa création, avant de passer sous tutelle diocésaine en 1970.

Histoire thumb|left|Bâtiment principal de l'école Sainte-Anne, en 2017 ; à signaler, le frontispice dans lequel se trouvait autrefois une statue de Sainte-Anne. Il faut attendre 1938 pour que la commune, créée par le président Jules Grévy en 1880, in Pierre-Jean Berrou, Bulletin municipal n°14, 120 ans d’Histoire du Guilvinec, 1999, p. 5., se dote d'un cours complémentaire mixte laïc, permettant à beaucoup d'enfants de poursuivre des études secondaires sur place. Auparavant, Guilvinec ne compte que des écoles maternelles et primaires, dont l'école Sainte-Anne, créée pour la maternelleOn parle alors assez fréquemment d'asile, même si les lois Ferry, qui réforment en profondeur l'école primaire en 1881 et 1882, créées aussi les , en lieu et place des . en 1896, et pour le cours élémentaire en 1897Site personnel, par la Congrégation religieuse des Filles du Saint-Esprit quelques années après la création de la paroisse en 1892Archives diocésaines en ligne. « Saint-Jo du patronage » (1949-1958) thumb|left|Le manoir de Kergoz vers 1900 ; à noter le panneau "à vendre" au dessus de l'entrée C'est à la fin de la Seconde Guerre mondiale que la paroisse de Guilvinec, sous l'impulsion du chanoine Joseph Le Gall, émet le souhait de faire construire une école privée de garçons dans la commune, l'école de filles, Sainte-Anne, acceptant les garçons en maternelleC'est l'habitude à l'époque que la maternelle soit mixte, la non mixité commençant lors de la scolarité obligatoire., mais plus au moment de la scolarité obligatoire, à partir de 6 ans. Depuis la création de la paroisse en 1892, les garçons doivent alors aller à l'école publique, ou en pension à l'école que les Frères de l'instruction chrétienne de Ploërmel, ont fondée à Treffiagat en 1890Robert Baud, Les cent ans d'un établissement scolaire bigouden l'école Saint-Gabriel-Notre-Dame des Carmes, 1894-1994, Édition : Pont-L'Abbé : Saint-Gabriel-Notre-Dame des Carmes , 1995, p. 258. De plus, la commune ayant une tradition de gauche (la municipalité est communiste en 1935, cas rare à l'époque, et reste à gauche jusqu'en 1995, si on exclut les nominations des années 1940-1944), le besoin d'un établissement privé se fait sans doute moins sentir, et ne bénéficie pas forcément du soutien communal.

thumb|left|Photographie du patronage de Guilvinec (ici en 2017), lieu de l'école Saint-Joseph de 1949 à 1958 Dans un premier temps, la paroisse achète le manoir de Kergoz, selon Pierre-Jean Berrou, car la commune obtient très vite l'expropriation des lieux au bénéfice du cours complémentaire laïc, l'école publique de garçons manquant grandement de places. Décidée en par le chanoine Joseph Le Gall, l'école Saint-Joseph est alors installée, à l'étroit, dans la cour du patronage, érigé en 1930 et transformé en cinéma, "l'étoile d'Arvor"Robert Baud, Les cent ans d'un établissement scolaire bigouden l'école Saint-Gabriel-Notre-Dame des Carmes, 1894-1994, Édition : Pont-L'Abbé : Saint-Gabriel-Notre-Dame des Carmes , 1995, p. 263 - 264.. Cette situation se veut provisoire, mais les locaux sont inaugurés le , avec un banquet de 240 couverts, et bénis le suivant, par André Fauvel. Ce dernier déclare alors, parlant de la nouvelle école : Palmarès souvenir, collège Saint-Joseph Le Guilvinec, année 1988 - 1989, p. 8 et 9. Entre-temps, le , 65 élèves font leur rentrée, encadrés par 3 enseignants, dont le frère Gwénaël JaffryLe frère Jaffry est parfois prénommé Jacques, son vrai prénom. Il est, de 1977 à 1980, directeur de l'ensemble scolaire Saint-Gabriel de Pont-l'Abbé., nommé directeur. Il fait partie de la congrégation des Frères de Saint-Gabriel, installée à Pont-l'Abbé depuis 1894, date de la création de l'école Saint-GabrielRobert Baud, Les cent ans d'un établissement scolaire bigouden l'école Saint-Gabriel-Notre-Dame des Carmes, 1894-1994, Édition : Pont-L'Abbé : Saint-Gabriel-Notre-Dame des Carmes , 1995, p. 263..

À la rentrée 1950, le cours complémentaire (sixième et cinquième) ouvre, suivi en 1951 du niveau quatrième, et la cour devient vite trop exiguë pour tous les élèves, les grands jouant alors sur le parvis de l'église Sainte-Anne toute proche. En , l'association des parents d'élèves de l'enseignement libre est créée, et en septembre, la classe de troisième ouvre, dotant l'école d'un cours complémentaire complet.

Le de la même année, la paroisse acquiert le terrain dit "de Rufoligou", situé derrière l'école publique des filles et propriété de la famille Stéphan, en vue de la construction, un jour, d'une école chrétienne de garçons.

En 1957, un jeune instituteur est embauché à Saint-Jo du patronage, Laurent Gloaguen ; ce dernier va jouer un rôle important voire décisif pour Saint-Joseph dans les trois décennies suivantes.

« Saint-Jo de la Palue » (depuis 1958) La fondation thumb|Ancienne entrée du collège, rue Paul-Éluard. En jaune, le self, et derrière, à gauche, maison des frères En 1957, le recteur de Guilvinec, l'abbé Pierre Marzinarchives diocésaines en ligne, souhaite mettre un terme à la situation provisoire de l'école Saint-Joseph en émettant le souhait de faire construire une véritable école chrétienne pour les garçons. Le site retenu se trouve au Nord Ouest de la ville et au Sud de la ligne de chemin de fer qui péricliteFermée à la circulation des voyageurs le 1er janvier 1939, la voie de chemin de fer est rouverte en 1941, pour pallier la pénurie d'essence liée à la Deuxième Guerre mondiale. En 1946, la voie est mise en ligne normale, et reste exclusivement utilisée pour convoyer des marchandises. Néanmoins, elle ferme le 29 juin 1963, face à la concurrence de la route. In Serge Duigou, Le train Birinik, la ligne Pont-l'Abbé - Saint-Guénolé, édition Ressace, 2016, p. 49 et 50., sur les dunes de la Palue. Le , la première pierre est posée, et l'école connaît sa première rentrée le . Le dimanche , André Fauvel bénit la nouvelle école, assisté du chanoine Prigent, en présence du Frère directeur Jean-Louis Bargain, des frères de la communauté Saint-Gabriel des environsL'école Saint-Gabriel agit comme une force centrifuge, puisque c'est à partir de Pont-l'Abbé que les frères de Saint-Gabriel se répandirent en Bigoudénie et en Cornouaille. Robert Baud, op. cit., p. 258 - 259. et de Sœur Pauline, religieuse de la congrégation des Filles du Saint-Esprit, enseignante de maternelle à l'école Sainte-Anne, et très connue à Guilvinec pour avoir sauvé la ville de la famine au début du siècle.

L'année suivante, c'est la maison des frères qui est construite ; elle est aménagée au cours de l'été 1959. L'accès à l'école se fait par une grille près de cette maison, au fond de la rue Paul-Éluard.

En 1962, un penty est accolé à la maison des frères, pour faire office de cantine.

En 1963, la carte scolaire est modifiée et il est décidé que le cours complémentaire (entendre : le collège) se fera à Sainte-Anne, en classe mixte pour les sixièmes cinquièmes, la suite seulement pour les filles. Pour éviter une hémorragie trop importante des effectifs, l'APEL et l'AEP (Association d'éducation populaire) financent l'achat d'un car, pour que les élèves garçons de Penmarc'h, qui vont en primaire à Saint-Gabriel de Pont-l'Abbé, viennent sur Saint-Joseph de Guilvinec.

C'est une réussite dans la mesure où une cinquantaine d'élèves descendent chaque jour de ce car bleu.

Le départ des frères de Saint-Gabriel À la fin de l'année 1969, les frères de Saint-Gabriel laissent l'école Saint-Joseph aux bons soins de Laurent Gloaguen, nommé directeur. Cependant, l'école est en crise, car les religieuses du Saint-Esprit abandonnent le cours complémentaire de Sainte-Anne au bénéfice de Saint-Gabriel de Pont-l'Abbé ; l'école Saint-Joseph compte alors simplement 54 élèves de sixième-cinquième pour trois enseignants. La situation se détériore car nombreux sont les parents qui préfèrent envoyer directement leurs enfants à Pont-l'Abbé pour l'ensemble du cours complémentaire, de la sixième à la troisième. En 1972, l'école ne compte plus que 36 élèves. Finalement, la direction de Saint-Gabriel de Pont-l'Abbé impose la carte scolaire aux parents des communes autour de Guilvinec, et les effectifs repartent à la hausse. thumb|Logotype du collège, réalisé dans les années 1980 par des élèves du collège, avec l'appui de leur professeur d'Arts Plastiques, Antoinette Chever. À noter l'utilisation de l'article "Le" précédant le nom de la ville, comme c'est souvent l'usage.

Le collège thumb|Logotype réalisé par le professeur de technologie Jérôme Coatantiec, à l'occasion des 60 ans de l'établissement. En 1977, à la suite de la réforme Haby qui se met progressivement en place, l'école prend officiellement le nom de collègeRobert Baud, Les cent ans d'un établissement scolaire bigouden l'école Saint-Gabriel-Notre-Dame des Carmes, 1894-1994, Édition : Pont-L'Abbé : Saint-Gabriel-Notre-Dame des Carmes , 1995, p. 264. ; en termes d'effectifs, le collège atteint son apogée en 1983, avec 270 élèves ! Entre-temps, en 1981, un poste administratif est créé, de nouvelles classes sont construites, dont cinq en préfabriqué (détruites en 1997).

En 1987, le , c'est le Secrétaire d'État à la Mer, Ambroise Guellec, qui inaugure la nouvelle cantine, devenue self-service depuisArticle de L'Ouest-France du jeudi 5 septembre 2013, autour des conseillers généraux Pierre Draoulec et Sébastien Jolivet.

En 1995, sous l'impulsion de Bernard Trellu, directeur, le hall est réaménagé et l'entrée du collège modernisée : c'est celle que nous pouvons voir aujourd'hui. Au début des années 2000, l'adresse du collège change et est fixée rue Pierre Le GoffPierre Le Goff a été pendant des années un conseiller municipal de Guilvinec chargé des affaires scolaires., au Nord du collège, sur l'ancienne voie de chemin de fer.

En 2002, il est décidé, pour renforcer les liens entre les établissements, de placer le collège Saint-Joseph sous l'égide de l'Ensemble scolaire Saint-Gabriel de Pont-l'Abbé. Ronan Cariou devient donc directeur du collège, mais délègue une bonne partie de ses responsabilités au directeur-adjoint qu'il nomme, Jean-Jacques BargainArticle de L'Ouest-France du 2 mai 2002. Il s'agit d'une certaine façon d'un retour aux sources, l'école Saint-Joseph ayant à l'origine été créée par les Frères de Saint-Gabriel de Pont-l'Abbé.

En 2018, le collège célèbre ses 60 ans, en présence notamment du sénateur du Finistère Michel Canévet, du maire de Guilvinec et ancien élève, Jean-Luc Tanneau, ou encore du directeur de l’enseignement catholique du Finistère, Patrick Lamour.

Le , en présence du directeur diocésain du Finistère, Christophe Geffard, du père Guézingar de la paroisse Notre-Dame de la Joie en pays Bigouden, de Stéphane Le Doaré représentant Maël de Calan, président du conseil départemental du Finistère, des équipes éducatives et des élèves, trois nouvelles salles sont inaugurées : une nouvelle salle d'Arts plastiques et d'Education Musical, un laboratoire de sciences et une salle de Technologie informatique.

Évolution des effectifs

1949 : 55 élèves 1950 : 65 élèves 1956 : 124 élèves 1964 : 127 élèves 1969 : 54 élèves 1972 : 36 élèves 1973 : 55 élèves 1974 : 75 élèves 1975 : 120 élèves 1976 : 175 élèves 1977 : 205 élèves 1981 : 230 élèves 1983 : 270 élèves 1985 : 202 élèves 1989 : 146 élèves 1995 : 118 élèves 2001 : 115 élèves 2005 : 121 élèves 2010 : 119 élèves 2021 : 115 élèves 2023 : 122 élèves 2024 : 135 élèves

Liste des directeurs