Saint-Barthélemy-d'Anjou est une commune française située dans le département de Maine-et-Loire, en région Pays de la Loire. Elle se trouve dans la banlieue est d'Angers.
La viticulture, la production ardoisière, ainsi que l'occupation durant la Seconde Guerre mondiale ont marqué son histoire.
Géographie Localisation Commune angevine, Saint-Barthélemy-d'Anjou se situe dans la partie Est de l'agglomération d'AngersIGN et BRGM, Géoportail Saint-Barthélemy-d'Anjou (49), consulté le 14 octobre 2012..
Elle se trouve sur les unités paysagères de la Confluence angevine et des Portes du Baugeois — Données consultables sur WikiAnjou..
La commune s'étend sur près de (), consulté le 14 octobre 2012. et son altitude varie de 22 à .
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Csb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais et sec.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans la région climatique Moyenne vallée de la Loire, caractérisée par une bonne insolation () et un été peu pluvieux.. Elle est en outre dans la zone H2b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Beaucouzé à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .
Urbanisme Typologie Au , Saint-Barthélemy-d'Anjou est catégorisée grand centre urbain, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine d'AngersUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie., une agglomération intra-départementale regroupant douze communes, dont elle est une commune de la banlieueDans une agglomération multicommunale, une commune est dite de banlieue lorsqu'elle n'est pas ville-centre, à savoir que sa population est inférieure à 50 % de la population de l’agglomération ou de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine d'Angers comprend une ville-centre et onze communes de banlieue.... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction d'Angers, dont elle est une commune du pôle principalLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires artificialisés (54,9 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (43,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (30,2 %), zones urbanisées (22,5 %), prairies (19,2 %), forêts (9,3 %), zones agricoles hétérogènes (9 %), terres arables (7,6 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (1,5 %), mines, décharges et chantiers (0,8 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Logement En 2022, le nombre total de logements dans la commune est de , alors qu'il est de en 2016 et de en 2011..
Parmi ces logements, 95,1 % sont des résidences principales, 0,6 % des résidences secondaires et 4,3 % des logements vacants. Ces logements sont pour 61,4 % d'entre eux des maisons individuelles et pour 38,1 % des appartements..
Le tableau ci-dessous présente la typologie des logements à Saint-Barthélemy-d'Anjou en 2022 en comparaison avec celle du Maine-et-Loire et de la France entière. Une caractéristique marquante du parc de logements est ainsi une proportion de résidences secondaires et logements occasionnels (0,6 %) inférieure à celle du département (3,2 %) et à celle de la France entière (9,7 %). Concernant le statut d'occupation des résidences principales, 53,5 % des habitants de la commune sont propriétaires de leur logement (52,9 % en 2016), contre 60,5 % pour le Maine-et-Loire et 57,5 pour la France entière..
+ Le logement à Saint-Barthélemy-d'Anjou en 2022. Typologie Saint-Barthélemy-d'Anjou Maine-et-Loire. France entière. Résidences principales (en %)95,190,582,3 Résidences secondaires et logements occasionnels (en %)0,63,29,7 Logements vacants (en %)4,36,38,0
Voies de communication et transports La rocade Est d'Angers, en limite de Saint-Barthélemy-d'Anjou, est inaugurée en 1992. Elle relie l'autoroute de Nantes-Paris, au nord, à celle de Cholet-Angers, au sud.
Installation d'une halte du chemin de fer sur la commune en 1891 au lieu-dit Croix de Cheminée, puis plus tard d'une gare à la Cressonnière et une autre au Fournil.
Toponymie Formes anciennes du nom : Ecclesia Sancti Bartholomei de Verreria en 1178, Beati Bartholomei ecclesia en 1241, Sainct Berthelemer des Landes près d'Angers en 1269, St Barthelemer près Angiers en 1407, St Berthomomer de Chaufour en 1549, Saint-Barthelemy des Perrières en 1652, Bon Air nom révolutionnaire en 1793, Saint-Barthélémy en 1793 et 1801, puis Saint-Barthélemy-d'Anjou en 1922...
Histoire
Moyen Âge Saint-Barthélemy-d’Anjou est fondée au . En 1009, le comte d’Anjou Geoffroy Martel fait don d’une partie de « la Terre de Verrières » qui revient ensuite au chapitre de Saint-Laud d’Angers. Le pays n'est jusqu'au qu'une forêt qui s'étend de la Loire jusqu'au Loir et à la Sarthe..
Au siècle suivant, la plus ancienne demeure de Saint-Barthélemy, appelée « Pignonnière » — prieuré de l’abbesse de Fontevraud — est construite. L’édification de l’église remonte, d’après le premier document à l'évoquer, vers 1178 (archives de Saint-Laud). C’est une église de style roman avec une nef unique. Des modifications y seront apportées par la suite, principalement au cours du . Au , un accord est conclu entre l'abbaye de Fontevrault et le chapitre Saint-Laud par lequel ce dernier conserve la dîme de la Pignonnière, sauf des vignes appartenant en propre à Fontevrault..
Au , des établissements religieux, abbayes ou chapitres du clergé d’Angers, y acquièrent des terres pour y cultiver de la vigne. Au cours des siècles suivants, ce sont des notables et riches marchands angevins qui y font construire leur « campagne » — maison de maître ou château — proches de la grande ville où ils résident. Leurs jeunes enfants, dès après leur baptême, sont bien souvent mis en nourrice chez le closier qui exploite leurs terres.
Vignoble de Saint-Barthélemy-d’Anjou Jusqu’au , les environs d’Angers sont couverts d’une immense forêt occupant la vallée de la Loire et de l’Authion ainsi que les plateaux de Saint-Barthélemy, Saint-Sylvain jusqu’aux vallées du Loir et de la Sarthe. Quand la forêt fut peu à peu défrichée, on planta surtout de la vigne, « cette terre neuve, donnée à vil prix, fut trouvée très propre à produire dans ces premiers temps et en quantité d'excellents vins blancs, d’ailleurs classés au second rang des crus d’Anjou, après la Coulée de Serrant.
Les établissements religieux sont à l'origine de cet essor, que ce soient les grandes abbayes angevines comme Fontevraud ou Chaloché, ou bien plus lointaines comme les évêques de Saint-Malo. Tous avaient là un domaine avec logis et vignes....
Temps modernes Dès le , mais principalement aux et , les notables et les bourgeois d’Angers vont acquérir peu à peu des terres avec plusieurs quartiers de vigne pour y construire leurs maisons de plaisance.
La tendance s'inverse ensuite. Les belles récoltes diminuent, et à la veille de la Révolution, lors de la rédaction du cahier de doléances, les closiers se plaignent de payer une dîme toujours plus élevée alors que la terre s'épuise, produit un vin de moindre qualité et en quantité plus restreinte. Ils déplorent aussi l'état des chemins, médiocres et défoncés, qui, selon eux, entrave grandement le commerce du vin, dont la paroisse tire l'essentiel de ses revenus.
La paroisse dépend au de l'archidiaconé, de l'élection, des aides et du grenier à sel d'Angers.
En 1709, l'hiver au froid extrême détruit blé, vignes, arbres, bétail, et des gens meurent de la disette. Une épidémie de dysenterie tue sur 750 en 1779..
Le château de Pignerolle est construit en 1776 pour le compte de Marcel Avril de Pignerolle, écuyer de la Grande écurie du roi, directeur de l'Académie d'équitation d'Angers.
Époque contemporaine En 1789, les habitants élisent deux délégués à l'assemblée générale de la province devant désigner les députés de l'Assemblée nationale. Rédaction d'un cahier de doléances (impôts, justice, droit de chasse, protection des cultures pillées par les perreyeurs, droit d'hospitalisation à Angers…). Élection d'un député au comité anti-gabelle (impôt sur le sel). Le , Pierre Drouin, fermier général de la Pignonnière, est le premier à porter le titre de maire de Saint-Barthélemy-d’Anjou.
Durant la Révolution, de nombreuses propriétés appartenant à l’Église, confisquées comme biens nationaux, seront vendues aux enchères comme la Grange, la Pignonnière, l'aumônerie, la Claverie, la Cressonnière et le presbytère..
En 1793, apparition des jurés populaires, participation à l'œuvre de défense nationale, armement des citoyens, réquisition pour l'armée de Loire. Les Vendéens occupent le bourg et brûlent en partie les archives de la paroisse. Saint-Barthélemy prend le nom de Bon-Air.
Les habitations se multiplient sur le territoire en 1806, la bourgeoisie possède les terres et la commune est totalement démunie. Pour payer le garde champêtre chargé de la prévention du pillage des cultures, un impôt est levé sur toutes les propriétés non closes. Pour échapper à cet impôt, nombre de champs et maisons de maîtres se ceinturent de murs d'ardoise.
La Restauration de la monarchie (1814-1830) est marquée par l’occupation prussienne et entraîne des réquisitions diverses et frais d’occupation. Sous le Second Empire, les premiers travaux d’urbanisme sont mis en œuvre. Vers 1870, la commune est touchée par la pauvreté grandissante, due en partie à l’effort de guerre. La situation s’aggrave pendant l’hiver 1870-1871, frappée par le grand froid, la classe ouvrière se retrouve en grande détresse.