Des élections législatives ont lieu aux Îles Salomon le afin de renouveler l'ensemble des cinquante députés du Parlement national à l'issue de leur mandat de cinq ans "Date set for Solomon Islands election", Radio New Zealand International, 5 février 2019. Les Salomon sont une monarchie parlementaire fondée sur le modèle de Westminster.
Une fois élu, le nouveau Parlement doit soit renouveler sa confiance dans le Premier ministre sortant, Rick Houenipwela, ou bien choisir un nouveau Premier ministre. Rick Houenipwela, réélu député, ne brigue pas de nouveau mandat à la tête du gouvernement, et les députés élisent Manasseh Sogavare (déjà Premier ministre à trois reprises précédemment) au poste de Premier ministre.
Contexte À l'issue des élections de novembre 2014, une majorité des députés (trente-et-un) s'assemblent en une « Coalition démocratique pour le changement », et portent Manasseh Sogavare au poste de Premier ministre. Jeremiah Manele devient chef de l'opposition parlementaire. Le , le Premier ministre Sogavare est destitué par une motion de censure au Parlement, après la défection de neuf de ses ministres "Solomon Islands PM removed after no confidence vote", Special Broadcasting Service, 6 novembre 2017. Rick Houenipwela est élu à sa succession par les députés le "Hou becomes Prime Minister of Solomon Islands", Solomon Islands Broadcasting Corporation, 15 novembre 2017. Initialement prévues en "Ready for election", Solomon Star, 14 février 2017, les élections sont reportées de quelques mois, vers début 2019.
Les élections de 2019 sont les premières depuis le départ en 2017 de la Mission d'Assistance régionale aux îles Salomon (RAMSI), force d'intervention internationale déployée dans le pays en 2003 sur demande du gouverneur général John Lapli pour restaurer l'ordre dans un contexte de violences intercommunautaires, et pour restaurer un État en déliquescence. L'Australie apporte néanmoins une aide logistique et sécuritaire pour la tenue de ce scrutin, fournissant quelque deux cents soldats et des hélicoptères pour acheminer les urnes et autre matériel électoral dans les îles reculées.
Système électoral et politique vignette|Intérieur du parlement Les Salomon sont une démocratie multipartite. Les de son Parlement monocaméral sont élus pour cinq ans au suffrage universel direct via un scrutin uninominal majoritaire à un tour dans autant de circonscriptions Constitution des Îles Salomon Informations sur le Parlement, site officiel du Parlement salomonais.
En pratique, traditionnellement, l'absence de grands partis politiques avait conduit à ce qu'aucun parti ne puisse obtenir seul une majorité de sièges, et le Parlement était généralement composé de députés sans étiquette aux côtés de nombreux petits partis avec un faible nombre de sièges. En conséquence, les majorités étaient formées par des coalitions instables, et les motions de confiance faisant chuter les gouvernements étaient fréquentes au gré d'alliances fluctuantes "Background Note: Solomon Islands", Secrétariat d'État des États-Unis. Une réforme politique introduite en 2014 a toutefois apporté la stabilité à la législature entamée cette année-là.
Réforme des partis La loi d'intégrité des partis politiques de 2014 (Political Parties Integrity Act), dans son article 53(3), interdit aux partis politiques au Parlement de former une coalition avec des élus sans étiquette, l'objectif étant de stabiliser la vie politique du pays. Ainsi, les députés indépendants doivent rejoindre l'un des partis s'ils souhaitent participer au gouvernement. Bien que la plupart des députés en 2014 aient été élus sans étiquette, ceux de la majorité parlementaire rejoignent donc des partis politiques après leur élection. La composition politique de l'assemblée qui en résulte est la suivante Liste des députés de la législature, Parlement des Salomon : Parti Députés élus sous cetteétiquette en 2014 Aprèsréorganisation Parti démocrate unifié 5 19 Parti Kadere 1 12 Parti de l'alliance populaire 2 8 Parti de l'alliance démocratique 7 6 Parti pour le développement rural 2 2 Parti du peuple d'abord 1 1 Parti démocrate 0 1 Indépendants 32 1
Candidats Quinze partis politiques sont en lice, et il y a 333 candidats, dont vingt-cinq femmes "Solomon Islands election: Devil's Night, political tug of war and a string of remote tropical islands", Australian Broadcasting Corporation, 31 mars 2019.
L'ensemble des quarante-huit députés sortants se représentent. (Le siège pour la circonscription de Kwaio-ouest est vacant, le député Peter Tom, de l'Alliance démocrate, étant mort en . Et l'élection de Freda Comua dans la circonscription de Temotu Vatud avait été rétroactivement invalidée par la justice en , laissant ce siège vacant également "Woman MP ousted from Solomons parliament", Radio New Zealand, 9 octobre 2018.) Quatorze députés sortants (Jackson Fiulaua, Manasseh Sogavare, Duddley Kopu, Bradley Tovosia, Stanley Sofu, Augustine Auga, Nesta Giro, John Dean Kuku, Dickson Mua, Tautai Kaitu'u, Peter Shanel Agovaka, Namson Tran, Elijah Muala et Silas Tausinga) renoncent à leurs partis respectifs et se présentent au scrutin sans étiquette, ce qui leur permettra de ne rejoindre un parti qu'après avoir été élus. Parmi les autres, treize se présentent sous l'étiquette du Parti démocrate, dont leur chef Matthew Wale ; huit pour le Parti kadere, dont leur chef John Maneniaru ; et cinq respectivement pour l'Alliance démocrate, l'Alliance populaire et le Parti démocrate unifié "14 of 49 former Solomon Islands MPs contest as Independents", One PNG, 15 mars 2019.
Campagne La campagne « ressemble à une atmosphère de carnaval », « colorée et bruyante ». Les scrutins précédents ayant été entachés d'actes de corruption de la part de candidats, le gouvernement sortant a introduit des lois anti-corruption. La soirée précédant le jour du vote est communément appelée « nuit du diable » car certains candidats y distribuent ouvertement des dons pour acheter illégalement la faveur des électeurs ; pour la première fois en 2019, toute campagne électorale est interdite la veille du vote, et les autorités déploient à cet effet un important dispositif policier. La commission électorale demande par ailleurs la coopération de Facebook pour empêcher la diffusion de matériel de campagne la veille du scrutin.
Déroulement La journée de vote se déroule dans le calme. 1 041 bureaux de vote sont ainsi ouverts pour permettre aux électeurs de départager les 333 candidats et quinze partis en lice.
La sécurité est cependant grandement renforcée du fait des importants déplacements de résidents de la capitale rentrant dans leurs îles natale pour y voter. Les services d'urgence des hôpitaux et cliniques sont ainsi momentanément saturés, ce qui amène le personnel hospitalier à réclamer la possibilité de voter en avance, comme le font les forces de l'ordre "Solomon Islands' main hospital in crisis as thousands flock home to vote in election", Australian Broadcasting Corporation, 2 avril 2019. L'Australie, qui contribue à hauteur de 188 millions de dollars au budget solomonais, est encore très présente dans le pays à la suite de la mission RAMSI "Polls close in Solomon Islands but results may take weeks to come out", Australian Broadcasting Corporation, 3 avril 2019.
À l'issue du scrutin, l'équipe d'observateurs internationaux du Commonwealth des nations menés par l'ancien Premier ministre vanuatais Sato Kilman émet un rapport positif quant à l'organisation pratique du vote "Commonwealth observer group praises Solomon Islands election", Radio New Zealand, 8 avril 2019 ; les observateurs envoyés par le Groupe mélanésien Fer de lance et menés par le Fidjien Ratu Inoke Kubuabola font de même "MSG Observer Group preliminary statement on Solomon Islands election", Papua New Guinea Today, 7 avril 2019.
Résultats Près des trois quarts des députés sortants conservent leurs sièges, dont le Premier ministre Rick Houenipwela. Vingt-et-un candidats sont élus sans étiquette de parti. Il n'y a que deux femmes parmi les élus "Independent and returning MPs dominate Solomons parliament", Radio New Zealand, 8 avril 2019.
Par parti Après l'annonce des résultats, l'ancien Premier ministre Manasseh Sogavare, réélu député de Choiseul-est sans étiquette politique, annonce la re-fondation de son ancien Parti de la propriété, de l'unité et de la responsabilité (Ownership, Unity and Responsibility Party), et appelle d'autres élus indépendants à le rejoindre "Sogavare relaunches party amid Solomons coalition talks", Radio New Zealand, 11 avril 2019.
Les comparaisons en voix et en sièges dans le tableau des résultats ci-dessous sont faites par rapport aux élections précédentes. +Résultats des législatives salomonaises de 2019Commission électoraleRésultats détaillés par circonscriptions.Fichier:Solomon Islands Parliament 2019.svgPartisVoix%+/-Sièges+/- Parti démocrate des Îles Salomon13,64 8 8 Parti unifié des Îles Salomon10,43 2 2 Parti Kadere9,50 4,83 8 7 Parti démocrate unifié8,17 2,55 4 1 Alliance démocratique6,37 2,55 3 4 Alliance populaire6,00 1,56 2 1 Parti du peuple d'abord3,69 0,82 1 Parti pour le développement rural des Îles Salomon3,19 0,71 1 Parti de la transformation nationale 1,49 1,36 0 Congrès pan-mélanésien 0,49 1,62 0 Parti vert des Îles Salomon619 0,20 0 Parti de la nouvelle nation593 0,19 0,12 0 Parti progressiste populaire381 0,12 0,12 0 Indépendants 36,54 19,73 21 11 Votes valides 99,71 Votes blancs et invalides 902 0,29 Total 100 – 50 Abstention 13,59 Inscrits / participation 86,41
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