Le musée du cinéma - collection Tomàs Mallol est un musée situé à Gérone, dans la communauté autonome de Catalogne en Espagne.
Historique vignette|Le bâtiment du musée du cinéma.
Le musée trouve son origine la collection rassemblée pendant plus de trente ans par Tomàs Mallol i Deulofeu (1923-2013), photographe et réalisateur, acquise par la ville de Gérone en 1994.
Il est inauguré le à l'intérieur d'un bâtiment situé dans le centre-ville de Gérone, inscrit à l'inventaire du patrimoine architectural de Catalogne
Le musée L’exposition montre 400 ans d'histoire de l'image en mouvement et les origines du cinéma comme technique et comme spectacle visuel, ainsi que les débuts du septième art jusqu'à l'arrivée de la télévision. L'exposition permanente est interactive et inclut le visionnage d'une vingtaine de films.
Parcours à l'intérieur du musée Le musée est organisé dans une série de domaines : vignette|L'exposition permanente du musée du Cinéma. (Photo : J.M. Oliveras)
Sortir des ombres Le théâtre d’ombres est l’ancêtre le plus lointain des spectacles montrant des images en mouvement sur un écran. Avec lui, pour la première fois, la lumière et l’ombre servent à raconter des histoires. Son origine est confuse, mais on sait qu’il est né en Extrême-Orient (Chine, Indonésie, Japon, Inde...) autour du ap. J.-C. Les représentations de ces spectacles s’appuyaient sur des histoires ou des légendes mythologiques originaires de ces pays.
Les commerçants et les voyageurs au contact de l’Orient ont d’abord introduit le théâtre d’ombres en Turquie et en Grèce au , puis plus tard, au , en Europe de l’Ouest. Ici, ce sont surtout des histoires populaires que l’on représentait. En Europe de l’Ouest, le théâtre d’ombres n’a jamais obtenu le même succès qu’en Orient. Cela est dû notamment à la popularisation du spectacle de la lanterne magique, diffusé en Occident à la même époque.
On assiste à la fin du à un certain regain du théâtre d’ombres en Europe, surtout dans les salles de spectacles, les cabarets et les théâtres. Il atteint son apogée dans la salle parisienne du Chat Noir, où les représentations font preuve d’une grande complexité technique et où interviennent des effets de son et de lumière et un orchestre notamment.
La magie d'une lampe. La lanterne magique Deux cents ans avant l'invention du cinéma, la lanterne magique parvient pour la première fois à projeter des images sous la forme d'un spectacle populaire de divertissement ou d'information, jusqu'à servir d'outil pédagogique.
La lanterne magique, très populaire au cours du , est le prédécesseur le plus direct du cinéma comme technique et spectacle visuel. Il s'agit d'un projecteur d'images peintes sur des plaques de verre, inventé au milieu du par Christian Huygens. Ces plaques de verre sont parfois mécanisées pour produire une impression de mouvement, mais cela reste rudimentaire.
Le spectacle de la fantasmagorie mérite qu'on s'y attarde. Cette projection de lanterne magique, d'une très grande complexité technique, est très en vogue à la fin du et dans le premier tiers du .
Fixer l'image du monde extérieur. La boîte d'optique et la photographie Les boîtes d'optique : voir le monde à travers un trou. Aux , on invente des instruments permettant à l'homme de copier les images capturées par la chambre noire. En parallèle, les boîtes d'optique ou Mondo nuovo permettent aux spectateurs de voir des villes ou des endroits lointains sans avoir à se déplacer. Situées dans une boîte et observables à travers un trou muni d'une lentille, ces images sont appelées vues optiques.
La photographie : la chimie se substitue au peintre. À partir de 1839, et grâce à la chimie, il devient possible de fixer les images capturées par la chambre noire. C'est la photographie, capable de reproduire en détail des actions éphémères en capturant les apparences et en offrant à l'œil humain une nouvelle perception plus proche de la réalité.
L'image en mouvement vignette|Vue du domaine L'image prend mouvement. (Photo : J.M. Oliveras) L'image s'anime. À la fin du et au début du , des scientifiques font une découverte majeure : une particularité de la vision humaine fait que l'œil perçoit un mouvement lorsqu'il voit défiler rapidement une série d'images statiques. Il s'agit simplement d'une séquence répétées d'images illustrées donnant l'illusion d'un mouvement continu.
Suivant ce principe, on voit apparaître plusieurs appareils comme le phénakistiscope, le zootrope ou le praxinoscope. Ces jouets sont très vite commercialisés et connaissent un immense succès. Le public a alors l'opportunité de voir une image (un dessin) en mouvement.
La course vers le cinéma Au cours des vingt années qui précèdent l'invention du cinéma (1875-1895), des scientifiques et inventeurs du monde entier se lancent dans une course folle vers la découverte d'un appareil permettant de projeter des images photographiques en mouvement. C'est la course définitive vers le cinéma.
Les principaux précurseurs sont Eadweard Muybridge et ses décompositions photographiques du mouvement d'un cheval au galop ; Étienne-Jules Marey et sa chronophotographie ou photographie du mouvement ; Émile Reynaud et le théâtre optique, le premier spectacle de projection de dessins animés ; Thomas Alva Edison et le kinétoscope, appareil à vision individuelle qui incorpore déjà une pellicule Celluloïd perforée de 35 mm, et encore plein d'autres inventeurs et scientifiques qui ont contribué, avec plus ou moins de succès, à l'invention des frères Lumière et leur cinématographe.
Les frères Lumière vignette|Le domaine Les frères Lumière. Projecteur du Cinématographe Lumière de 1897. (Photo : MdC) vignette|Le musée du cinéma. (Photo : J.M. Oliveras) Le , les frères Lumière organisent, dans le sous-sol du Grand Café de Paris, la première séance publique payante avec un appareil de leur invention : le cinématographe. Le public en ressort très impressionné. Les projections connaissent un vif succès dès la première séance et envahissent le monde entier en un temps record. L'invention, connue sous le nom de Cinématographe Lumière, donne alors naissance au cinéma.
Les outils du cinéma Après les premiers films des frères Lumière et les nouvelles expériences cinématographiques de Georges Méliès, le cinéma va devenir bien plus qu’une curiosité. En très peu de temps, la durée des films va augmenter, les récits vont devenir de plus en plus complexes et les projections de cinéma vont cesser de n’être que le complément d’autres spectacles. De luxueuses salles de cinéma ouvrent alors, et le son est incorporé à l’image en mouvement. C’est la naissance d’une grande industrie du spectacle. Parallèlement à son évolution technologique et industrielle, le cinéma découvre peu à peu son propre langage visuel, avec notamment la force d’expression du gros plan, la syntaxe narrative du montage et de nouvelles ressources narratives qui font aussi du cinéma un grand art. Dès le début, le succès du cinéma ne fait aucun doute. Il devient aussitôt, dans le monde entier, le spectacle et l’art le plus répandu et le plus populaire.
Le cinéma pour les enfants. Le Cine NIC La magie de faire du cinéma n’était pas uniquement réservée à un petit cercle de professionnels et d’adultes. En effet, des appareils conçus pour être utilisés par des enfants ont été fabriqués. Le premier grand jouet cinématographique, du point de vue de sa diffusion et de sa popularité, est un appareil inventé et fabriqué en Catalogne par la société Proyectores NIC, SA. Commercialisé sous le nom de Cine NIC, son brevet est déposé à Barcelone le par deux frères, Tomàs et Josep Maria Nicolau Griñó. Il s’agissait d’un simple projecteur d’images qui n’avait qu’un mouvement à deux temps. Le Cine NIC obtient un franc succès aussi à l’international, et de nombreux brevets de l’appareil seront vendus à l’étranger. Pareil succès incite d’autres sociétés, pour la plupart catalanes et valenciennes, à fabriquer elles aussi leurs propres modèles de projecteurs pour enfants. Grâce au Cine NIC et à d’autres projecteurs du même genre, de nombreux enfants ont découvert la magie de faire du cinéma.
Objets remarquables Personnage du théâtre d’ombres javanais. Le théâtre d’ombres javanais s’appelle wayang kulit, nom que reçoivent aussi ses personnages, faits en cuir finement ciselé et coloré artisanalement. Il raconte des histoires mythologiques ancestrales venues de la tradition orale, comme le Ramayana. Héros, démons, monstres et autres personnages mythologiques sont les principales vedettes de ce théâtre d’ombres, l’un des plus célèbres d’Extrême-Orient, toujours vivant aujourd’hui dans la culture traditionnelle. Personnage du théâtre d’ombres occidental. Cette silhouette est un bon exemple des marionnettes utilisées dans le théâtre d’ombres en Europe au cours du . Elle est en métal, toute noire, et ses extrémités sont articulées. C’est le personnage principal d’une histoire populaire, El diablo de la cesta (Le diable du panier). Un livret reprenant les dialogues fut même publié. Sphère chinoise. Boule en métal dont les perforations dessinent différentes images florales, animales ou géométriques. À l’intérieur il y a une bougie à allumer. Elle reste toujours droite grâce à un système intérieur d’anneaux. Cet objet servait à projeter les ombres des perforations de la boule sur les murs d’une pièce plongée dans le noir. On pouvait aussi faire rouler la boule par terre, ce qui donnait du mouvement aux ombres projetées. Lanterne magique de fantasmagorie. Cet appareil est une lanterne magique perfectionnée de la première moitié du , capable de réaliser toutes sortes de projections propres aux spectacles de fantasmagorie (rétroprojection, projection de corps opaques, mouvement du projecteur, mise au point et floutage de l'image, réglage de l'intensité de la lumière...). Ces spectacles sont une partie importante de l'histoire des projections d'images avant le cinéma, surtout en raison des innovations techniques apportées. Plaque de verre de lanterne magique. Tête de monstre ou de démon peinte sur une plaque de verre en vue d'être projetée au moyen d'une lanterne magique lors d'un spectacle de fantasmagorie. C'est une plaque mécanisée capable de reproduire l'effet de mouvement des yeux du monstre. Les spectacles de fantasmagorie possèdent un décor et une mise en scène extrêmement soignés. La projection s'effectue depuis l'arrière de l'écran (rétroprojection) afin que le public ne voie pas le projecteur. Le fond noir de l'image permet de supprimer le cadre de délimitation de la projection, ce qui mettrait fin à l'astuce. Lanterne magique à double objectif. Cette lanterne à double objectif, connue sous le nom de biunial, est un projecteur d’images à usage professionnel. Ses deux objectifs projetaient une image sur un même écran à l’aide de deux systèmes d’éclairage indépendants. Avec cet appareil, tandis qu’une image était projetée sur l’écran, l’autre pouvait être changée sans avoir à interrompre la projection. Il pouvait aussi produire l’effet de projection connu comme fondu enchaîné. Ce type de lanterne fait son apparition au Royaume-Uni dès 1857. Elle a même été fabriquée avec trois objectifs. Mondo nuovo ou boîte d'optique. Cette boîte d'optique trouvée dans une ferme près de Vic en 1999 est un exemple unique en raison de ses dimensions. On l'installait dans un espace public. À l'intérieur, cinq vues optiques sont posées sur cinq pupitres, tous reliés à une lentille. Ces vues optiques étaient des gravures colorées reproduisant des villes et des paysages du monde entier. Le spectateur observait l'image à travers la lentille, avec un effet de réalisme et de profondeur très prononcé pour l'époque.