Les Seigneurs de Drincham détenaient Drincham, village de la Flandre française situé dans l’arrondissement de Dunkerque.

La seigneurie de DrinchamIl existait au une autre seigneurie de Drincham dans les environs de Bailleul sans lien avec celle-ci . En 1652, un Jean Ignace de La Fosse était seigneur de ce Drincham lire en ligne. a duré au moins du début du à 1789. D'abord petite seigneurie locale, au fil des acquisitions, mariages, alliances, héritages, efforts de ses titulaires, son importance grandit au point d’intéresser les puissants de l’époque et de devenir une possession de notables d’importance régionale voire des titulaires ou descendants ou alliés de noms de renommée nationale.

Pour la seigneurie de Drincham, le tournant intervient à la fin du , lorsque le comte de Flandre, Louis de Male, un des pairs de France, la donne à un de ses fils né hors mariage. Les seigneurs de Drincham deviennent à cette date descendants de Hugues Capet, fondateur de la dynastie des Capétiens .

En 1789, le titulaire de la seigneurie est un des deux représentants de l’ordre de la noblesse pour le bailliage de Bailleul aux États généraux de 1789.

Armoiries Dès le début, les seigneurs de Drincham, en tant que nobles, disposent d'armoiries.

Elles ne sont pas restées intangibles : les détenteurs les faisaient évoluer pour intégrer et faire savoir une possession nouvelle ou une alliance conclue avec une puissante famille ou pour rappeler un fait d'armes.

Pieter Donche. rend compte de certaines de ces évolutions avec les sources dont elles ont été tirées. Il a inséré dans son étude deux représentations de deux blasons différents des seigneurs de Drincham. On peut en trouver une troisième versionmême si elle parait douteuse, il n'est pas acquis que les seigneurs de Drincham furent chevaliers de l'Ordre de la Toison d'Or cf Liste des chevaliers de l'Ordre de la Toison d'Or. dans le Père Anselme. Les armoiries actuelles du village de Drincham « Échiqueté d'argent et d'azur, à la bordure de gueules » sont issues du blason de l'ancienne seigneurie

Les premiers seigneurs de Drincham Les connaissances relatives aux premiers seigneurs de Drincham sont souvent lacunaires, il est toutefois possible de retrouver leur trace dans plusieurs documents.

Dans ces premiers temps, le seigneur de Drincham est uniquement seigneur de ce lieu, habitant sans doute sur place ce qui ne sera plus le cas par la suite.

Jusqu'à Jean III de Drincham, seigneur vers 1350, ils apparaissent pour la gestion de leurs biens au niveau local. Jean III va donner une nouvelle dimension à la seigneurie : il apparait comme le principal acteur du développement de sa notoriété, ce qui prépare la phase suivante lorsqu'elle constitue à elle seule l'apanage d'un fils naturel du comte de Flandre.

Lambert ou Lambertus de Drincham Lambert est le premier seigneur de Drincham à avoir laissé une trace dans l’histoireVoir le travail de Mr Verbèke cité dans la bibliographie.. Il est seigneur de Drincham au moins de 1110 à 1125.

Il est indiqué comme témoin dans plusieurs actes passés entre 1110 et 1123 par les comtes de Flandre successifs (Robert II de Flandres , Baudouin VII, Charles de Flandre). Ces chartes visent à établir des donations et confirmations de donations au bénéfice de l'Abbaye Notre-Dame de Bourbourg..

Lambert de Drincham doit répondre à la convocation du comte même si cela l'amène à couvrir une longue distance : un des actes est pris à Bruges, soit à presque cent kilomètres de Drincham.

Lambert est encore présent en 1125, lorsque dans un acte pris à Aire sur la Lys, le comte de Flandre Charles de Flandre tranche un litige entre le châtelain de Bourbourg et l'abbaye de Bourbourg, à propos de leurs droits respectifs en matière de justice..

Gautier ou Wauthier de Drincham Il est seigneur de Drincham au moins de 1150 à 1176.

Gauthier est témoin d’un acte passé en 1150 à Bourbourg par Thierri comte de Flandre (il s’agit de Thierry d’Alsace) et Sibille d’Anjou, sa femme, dans lequel le comte et la comtesse confirment une donation faite à l’hôpital de Saint-Nicolas, hors Bourbourg. Il est également témoin en 1176 d'un acte passé à Bruges par le comte de Flandre Philippe d'Alsace dans lequel celui-ci déclare prendre sous sa protection l'abbaye de Clairmarais.

Il est à noter que dans un acte non daté, peut-être pris entre 1184 et 1188, un Wilgelmus (Guillaume) de Drincham (de même qu'un Walterus de Loberga ou Gautier de Looberghe) est dit échevin de Bourbourg (la ville avait obtenu des comtes de Flandre le droit d'avoir un corps municipal ayant le pouvoir de régler certaines affaires internes dans une certaine indépendance). Le lien avec les seigneurs de Drincham n'est pas établi.

Jean de Drincham Jean de Drincham succède à Lambert II de Drincham dont on sait seulement qu'en 1211, il est témoin d'un acte par lequel l'abbesse de Bourbourg fait un prêt à Gui de Gravelines. Lambert II était marié à Aélis. Jean II est seigneur de Drincham au moins de 1215 à 1221.

En 1215, la reine Mathilde, comtesse de Flandre, (il s'agit de Mathilde de Portugal, veuve de Philippe d'Alsace et régente du comté) déclare qu'en sa présence, Jean de Drincham a donné à l'église de Watten (l'abbaye de Watten) le quart de la dîme de Hersinghem (Eringhem) que lui et ses prédécesseurs tiennent de la dite comtesse.

En 1221, Jean est témoin d'un acte dans lequel Michel de Bollers, connétable de Flandre et seigneur de Harnes, du consentement de Christine, sa femme, donne à l'église de Watten toute sa terre héréditaire et censitaire de Nordpeene.

Il est décédé vers 1223 et a priori sans enfants : la seigneurie passe à son frère Gautier..

Gautier ou Wauthier II de Drincham Il est seigneur de Drincham de 1223 à 1234 au moins. Il succède à son frère Jean. Il est dit chevalier dans un acte d’.

Dans un acte de 1223, Gauthier (en latin Waltherus) et sa tante Stéphanie donnent une rente annuelle à l'abbaye de Ravensberghe (à Merckeghem) à prélever sur des terres situées à Drincham, attenantes à une terre possédée par Aelis, sœur de Gautier. Ils dispensent également l'abbaye de droits de péage sur l'overdraghtoverdraght = système médiéval ancêtre des écluses permettant aux bateaux de franchir des rivières sur lesquelles, à un endroit de forte pente, existe un barrage fixe bloquant l'eau afin d'éviter les inondations en cas de fortes pluies ; l'overdraght consiste en un aménagement permettant de tirer les bateaux sur un plan incliné situé à côté de la voie d'eau, les bateaux étant à fond plat à l'époque, pour les remettre à l'eau de l'autre côté.Détenir parmi ses biens le droit de taxer le passage par l'overdraght constitue une source de revenus intéressante : les routes étaient mal entretenues ou inexistantes ou peu praticables, fréquemment inondées dans ces régions de marais, de wateringues, ou peu sûres, beaucoup de transports se faisaient par voie d'eau, plus économique, plus sécurisée et permettant d'acheminer des charges importantes. (système médiéval ancêtre des écluses) de Lynck sur la Colme (canal de la Colme). Le système de l'overdraght persista jusqu'au milieu du , époque où il fut remplacé par des éclusesJ. De Pas Les coches d'eau de Saint-Omer vers Dunkerque et les autres villes de la Flandre maritime aux , dans Congrès des Sciences historiques en juillet 1907, tome II page 219, lire en ligne..

En 1226, Gautier est témoin d'un acte entérinant un accord entre Bauduin III comte de Guines, châtelain de Bourbourg, seigneur d'Ardres (seigneurs d'Ardres), et de Tourcoing et l'abbaye de Saint Bertin à Saint Omer..

La même année, en décembre, comme la plupart des seigneurs et villes de Flandre, il promet par un acte pris à Ypres, de rester fidèle au roi de France et de se déclarer pour lui contre le comte Ferrand et la comtesse Jeanne, si ceux-ci n'exécutent pas les conditions de la paix conclue avec le roi de France. (il s'agit de la paix de Melun signée en 1225 entre Louis VIII et la comtesse Jeanne de Constantinople, pour obtenir la libération de Ferrand de Flandre prisonnier depuis la bataille de Bouvines en 1214).

En 1227, il donne à l'église de Watten une rente annuelle de douze sols, pour célébrer un anniversaire, (prévoir des messes en faveur d'une personne à la date anniversaire de sa mort) en mémoire de son frère, Jean , précédent seigneur de Drincham..

En , le même Gautier donne en gage d'un prêt fait par l'abbaye de Ravensberg, la moitié de la dîme qu'il perçoit en la commune d'Eringhem ainsi qu'une partie sur l'autre moitié, acte rapporté par Pierre évêque de la Morinie. Et le même mois, il exempte l'abbaye des Dunes (près de Furnes) de droits de passage par l'overdraght de Lynck, pour le salut de son âme et de celle de ses amis.

Il meurt a priori sans enfants puisque sa sœur Aelis se déclare héritière de son frère.

Aelis et Catherine de Drincham Elle est dameLes femmes ne sont pas «seigneur de», elles sont «dame de». Le fait de voir dans un titre "dame de" signifie qu'il est question de, soit la veuve du seigneur, soit son héritière en tant que fille ou sœur. de Drincham au moins de 1248 à 1260.

Dans un acte de , rédigé en latin, Aelis, dame de Drincham, (également appelée Aelide, Adèle), sœur et héritière de Gautier au même titre que sa sœur Catherine, confirme l'exemption dont l'église de Watten jouissait depuis longtemps sur les droits de péage à l'overdracht de Lynck. Sa sœur Catherine confirmera son accord à cette exemption en 1250 en disposant son sceau sur l'acte (dans leur collection de moulages de sceaux, les Archives générales du royaume de Belgique possèdent le sceau de Gautier de Drincham datant de 1234 () et celui d'Aelis datant de 1253 ().).

En août 1249, Aélis accorde la même exemption en faveur de l'abbaye Saint Winoc de Bergues (nouvel acte en latin) en lui accordant en outre une rente de 8 sous sur le produit de cet overdraght, en échange l'abbaye promet de célébrer son anniversaire.. Elle consent une même exemption en en faveur de l'abbaye des Dunes en lui accordant le droit d'utiliser ses propres cordes (et donc de ne pas devoir payer pour l'utilisation des cordes de la personne chargée de faire passer les bateaux). En 1260, c'est au tour de l'abbaye de Saint Nicolas de Furnes d'obtenir cette exonération de paiement..

L'étude du cartulaire de l'abbaye de Watten montre, à travers divers actes et l'index, qu'Aelis, Catherine, Estrange (également appelée Estrangne, Strange), Isabelle sont sœurs, donc toutes sœurs de Jean et de Gautier ci-dessus. Estrange est la femme d'Anselme de Watten lui aussi chevalierL'auteur de l'étude sur le cartulaire de l'abbaye de Watten ne peut être suivi lorsqu'il fait dans son index alphabétique d'Aélis ou Aélide de Drincham la première femme de Bauduin d'Haveskerque : en 1239 celui-ci fait un don à l'église de Watten pour le repos de son âme et celle de sa première femme , qu'on peut présumer décédée à cette date , puisqu'il semble avoir une seconde épouse ; or Aélis de Drincham prend un acte en 1248. De même, pour en faire l'épouse de Jean de Bailleul, il se fonde uniquement sur le prénom de l'épouse Aélide mais rien ne prouve qu'il s'agit bien d'Aélide de Drincham..

Dans un autre acte d’avril 1252, Aelis confirme l'accord passé par son frère Gautier à propos de la dîme d'Eringhem, en tant que dame de Drincham.

Jean II de Drincham

Il est le fils de Bauduin de Drincham, a priori lui aussi seigneur de Drincham, et d’Isabeau, sans autre précision.

Il est seigneur en 1291-1292 au moins.

Selon le curé d'Eringhem, Isabeau, veuve de Bauduin et Jean, fils de Bauduin, font une nouvelle rente à l'abbaye de Ravensberg en .

L’affaire de la dîme d’Eringhem promise à différentes abbayes (cf ci-dessus) finit par poser problème et en 1292, le comte de Flandre Gui de Dampierre doit finalement trancher : il décide que le quart de la dîme de Hersinghem appartient à l'église de Watten et non à Jean II de Drincham..

Jean III de Drincham