Le Massif central est un massif montagneux essentiellement hercynien qui occupe approximativement le centre en longitude du Midi de la France (la moitié sud de la France métropolitaine).

D'une surface de , soit 15 % environ du territoire métropolitain, c'est le massif le plus vaste du pays. Le massif est d'altitude moyenne et ses reliefs sont souvent arrondis par l'érosion. Il culmine à au sommet volcanique du puy de Sancy (sud-ouest du Puy-de-Dôme). Dans l'ensemble, il s'est formé il y a 500 millions d'années, bien que les causses et surtout les reliefs volcaniques soient plus récents, ces derniers étant consécutifs à la formation des Alpes et des Pyrénées. Le Massif central abrite en effet l'essentiel des volcans français de métropole.

Les trois grandes agglomérations du Massif central, situées dans sa moitié nord, sont Clermont-Ferrand, Limoges et Saint-Étienne. Cette dernière est la plus grande unité urbaine du massif. Les autres villes importantes du massif sont Aurillac, Brive-la-Gaillarde, Cahors, Guéret, Mende, Millau, Montluçon, Moulins, Le Puy-en-Velay, Roanne, Rodez, Thiers, Tulle et Vichy.

Toponymie

Le terme actuel de Massif central est récent.. La notion apparaît dès 1841 sur les cartes géologiques de Pierre-Armand Dufrénoy et Élie de Beaumont.. C'est le géographe et auteur de cartes murales scolaires Paul Vidal de La Blache qui baptise en 1903 Massif central ce « groupe de hautes terres »Le Massif central, itinéraires de découvertes, Odile Faure, Éd. Ouest-France, 2005..

Cette appellation savante et celle de Plateau central ne correspondent donc ni à une vieille province comme l’Auvergne, les Cévennes ou le Limousin, ni à des dénominations réellement populaires. Les géographes du début du , pétris d’histoire et de « sciences naturelles », ont fini par les imposer, multipliant les images à destination du public (le « château d’eau de la France », sa « tête chauve » fortement déboisée, son « pôle répulsif » éparpillant ses émigrants vers les plaines richesOlivier Poujol, Revue du Gévaudan, 1988.). Bernard Debarbieux a rappelé en citant Olivier Poujol que par symbolisme, le Massif central s'est vu investi de l'« origine mythique du destin national », par processus d'attribution métaphorique de la « racine »Bernard Debarbieux, Le lieu, fragment et symbole du territoire, « Espaces et sociétés » n°82-83, 1995..

Même si ce territoire n’offre guère d’unité humaine et demeure tiraillé entre influences diverses, parfois opposées, ces divers vocables ont été repris par des entreprises, des banques, des coopératives agricoles ou des administrations. Parallèlement, dès la fin du , des associations ou amicales originaires du massif se sont constituées, d’abord à Paris, puis dans toute la France ; en se réclamant des hautes terres, elles ont renforcé leur identité. Pour autant, le massif n’a jamais constitué un tout politique, d’où les précautions des historiens tardant à lui accorder une attention spécifique, malgré les vieilles tentatives de la confédération arverne et la puissance évocatrice de cette image d’une « forteresse » stratégique au cœur de l’unité nationale. Unité administrative et unité économique lui ont toujours fait défaut. Tout au plus la littérature touristique a tenté de populariser ces moyennes montagnes Laurent Rieutort, collectif CERAMAC, Massif central, hautes terres d'initiatives, Presses universitaires Blaise Pascal, Clermont-Ferrand, 2006 ..

Cependant, la loi montagne -30 définit des périmètres de massif, dont le Massif central. Cet espace est doté d'une gouvernance spécifique, un comité de massif, et d'une planification stratégique, le schéma de massif. Au même titre que le Jura, les Vosges, les Pyrénées ou les Alpes, le Massif central peut donc rêver d'une plus grande visibilité comme espace de montagne.

Géographie Situation thumb|Carte de localisation départementale du Massif central. thumb|Carte du relief du Massif central (avec localisation de la zone de massif).

Géographiquement, le Massif central s'étend sur vingt-deux départements : l'Allier, l'Ardèche, l'Aude, l'Aveyron, le Cantal, la Corrèze, la Creuse, le Gard, l'Hérault, la Loire, la Haute-Loire, le Lot, la Lozère, le Puy-de-Dôme, le Rhône, la Saône-et-Loire, le Tarn, le Tarn-et-Garonne, l'Yonne, la Nièvre, la Côte-d'Or et enfin la Haute-Vienne. Dans chacun d'entre eux, l'altitude dépasse au moins une fois les . Géologiquement, le massif déborde de ces limites sur les départements de la Dordogne, de la Charente, de la Vienne, de l'Indre, du Cher, et quelques communes de la Haute-Garonne..

Jusqu'à sa fusion en avec le commissariat général à l'Égalité des territoires (CGET), la Délégation interministérielle à l'aménagement du territoire et à l'attractivité régionale (DATAR), organisme gouvernemental rattaché au Premier ministre, comprenait un commissariat à l'Aménagement, au développement et à la protection du Massif centralDATAR Massif central., lequel était chargé depuis Clermont-Ferrand de mettre en place les politiques d'aménagement, de dynamisation et de développement du massif.

Désormais, c'est le Conseil national de la montagne (CNM), instance consultative présidée par le Premier ministre et composée notamment de parlementaires, de représentants des régions et départements, ainsi que de représentants des six massifs métropolitains, qui joue à la fois un rôle de veille et de force de proposition pour définir les objectifs de développement, d’aménagement et de protection de la montagne. Son secrétariat est assuré par le commissariat à l'égalité des territoires (CGET).

Onze départements sont situés entièrement dans le massifAu sens du décret , modifié par le décret . : l'Aveyron, la Lozère, le Cantal, la Haute-Loire, le Puy-de-Dôme, l'Allier, la Loire, la Creuse, la Haute-Vienne, la Corrèze, le Lot.

Délimitation de la zone Massif central comme l'entendait la DATAR Auvergne-Rhône-AlpesBourgogne-Franche-ComtéNouvelle-AquitaineOccitanie Allier Ardèche (portion) Cantal Loire Haute-Loire Puy-de-Dôme Rhône (portion) Saône-et-Loire (portion) Nièvre (portion)Les départements de la Côte-d'Or, de la Nièvre et de l'Yonne sont inclus au périmètre administratif du Massif central par le Morvan. Yonne (portion) Côte-d'Or (portion) Corrèze Creuse Haute-Vienne Aude (portion) Aveyron Gard (portion) Hérault (portion) Lot Lozère Tarn (portion) Tarn-et-Garonne (portion)

La zone dite Morvan, qui regroupe des communes des quatre départements bourguignons, a été rattachée à la zone Massif central selon un décret de 2004 pris pour application de la loi montagne de 1985, donnant une entité d'environ 3,8 millions d'habitants et Portrait de territoire - Massif central / Morvan..

L'association pour le développement industriel et économique du Massif central (ADIMAC) s'occupe du développement économique et industriel de la régionADIMAC.. Depuis 2009, elle est incluse dans Macéo.

Même si elle exclut encore le Charolais à l’est et s’élargit sur la bordure aquitaine (Quercy) qui est extérieure à la stricte limite géologique, cette définition administrative est intéressante car elle englobe les zones de moyenne montagne et également tous les espaces qui leur sont contigus et dont les activités sont fortement interdépendantes. Cette approche politique relève à la fois d’une volonté de prise en charge des problèmes économiques de la montagne française et d’une reconnaissance des spécificités de ces espaces, qui demeuraient jusque-là à la marge des grands projets de développement. Ce texte juridique est également l’émanation d’une volonté des pouvoirs publics, de transférer une partie de leurs compétences et de financement aux responsables locaux.

Orogenèse

thumb|Le causse Méjean thumb|left|Les gorges du Tarn thumb|Un paysage de moyenne altitude (environ .) : le bas plateau de Millevaches

Le Massif central est un massif ancien de l'époque hercynienne essentiellement composé de roches granitiques et métamorphiques. Cet ensemble a été puissamment soulevé et rajeuni à l'est par la surrection des Alpes (Paléogène) et au sud par la surrection des Pyrénées. Le massif présente donc un profil fortement dissymétrique avec d'une part, de hautes terres au sud et à l'est dominant brutalement la vallée du Rhône et les plaines du Languedoc (hautes terres que l'on peut regrouper pour simplifier sous le vocable de Cévennes) et, d'autre part, la région du Limousin au nord-ouest, d'altitude beaucoup plus faible car ayant été moins soulevée, les Alpes et les Pyrénées étant plus éloignés. Toutefois, cette approche est assez schématique car le socle peut se retrouver localement à des altitudes élevées par le jeu des failles même en dehors des Cévennes et du Vivarais. C'est le cas en Margeride (), au sud de l'Aubrac () ou dans les monts du Forez ().

En effet, ce soulèvement du socle cristallin ne s'est pas fait sans heurt. De nombreuses cassures se sont produites ainsi que des effondrements le long de failles (graben). C'est ainsi par exemple qu'est née la plaine de Limagne, à l'est de la faille de Limagne. Ces fossés d'effondrement s'opposent aux blocs qui sont restés en hauteur (horst), par exemple les monts du Forez. Ces cassures ont également engendré de très nombreux phénomènes volcaniques qui se sont prolongés jusqu'à nos jours (en effet, les volcans de la chaîne des Puys n'ont que quelques milliers d'années, à commencer par le plus grand d'entre eux, le puy de Dôme). Tous les types de volcans sont représentés dans le Massif central (hawaïen, péléen, strombolien). Ils peuvent s'étendre sur de grandes surfaces et être géologiquement complexes (stratovolcan des monts du Cantal ou des monts Dore) ou au contraire former des reliefs isolés (ce sont alors souvent des volcans monogéniques, c'est-à-dire résultant d'une seule éruption), posés sur le socle cristallin (volcans de la chaîne des Puys, du Velay, du Devès). On peut aussi trouver de grands plateaux basaltiques (Aubrac, Cézallier), conséquences d'un volcanisme plutôt de type hawaïen (lave fluide s'étendant sur de grandes surfaces). Le volcanisme dans le Massif central peut donc prendre des formes très variées. Une autre singularité du massif tient à la présence au sud de grands plateaux calcaires, les causses, formés pour l'essentiel au Jurassique et exondés à l'ère tertiaire par un jeu de failles, entrecoupés de gorges très profondes, qu'on peut qualifier de canyons (gorges du Tarn).

Ainsi, la complexité de l'histoire géologique du Massif central et la grande variété de roches que l'on y trouve expliquent la grande variété des paysages que l'on y rencontre.

Topographie Constitué au Paléozoïque, le Massif central est le quatrième massif le plus élevé de France métropolitaine, après les Alpes, les Pyrénées et la Corse.

Le Massif central résume bien à lui seul la plupart des formes topographiques. En effet, ce vaste plateau de moyenne altitude est à la fois incliné du sud-est (plus de ) vers le nord-ouest (300 à dans le Bas-Limousin), dénivelé par des failles, aéré par des bassins d’effondrement, entaillé par des gorges étroites et couvert de volcans.

vignette|Mont Lozère : le sommet de Finiels. vignette|La Margeride près de Saugues, en Haute-Loire.