Le phare du Cap Guardafui aussi nommé Phare de Francesco Crispi est située au cap Guardafui à de la ville d'Alula dans la province du Pount. Inauguré en 1924, il est le plus vieux bâtiment de ce type en Somalie et fait figure du passé colonial du pays. En effet sa conception et sa création remontent à l'époque où le pays était une colonie du royaume d'Italie. De plus, sa forme en fasces est une référence directe au Parti national fasciste et le phare est parfois baptisé phare de Mussolini.

Histoire

Un long processus de construction Située sur un axe commercial stratégique dès l'ouverture du canal de Suez en , la corne de l'Afrique voit alors passer un grand nombre de bateaux en provenance de l'océan Indien pour continuer leurs routes en mer Rouge. Le territoire, appartenant à la Grande-Bretagne, est le témoin de nombreux naufrages et de catastrophes maritimes. En témoigne par exemple l'accord informel que les Anglais ont passé avec le roi Osman Mahamuud pour sauver les équipages britanniques. Les récits de ces naufrages sont présents dans une grande proportion dans les nombreux rapports maritimes. Lors d'une correspondance, Charles Iverson Graves écrit à sa femme le que les Somaliens lui ont dit qu'ils attendaient l'arrivée de "au moins deux ou trois navires durant l'été". De même, alors que Frederick Mercier Hunter rapporte sept accidents entre et , la nécessité d'un phare se fait de plus en plus pressante. Voici une liste exhaustive des navires connus s'étant échoués sur le cap en l'absence du phare: Memnon, 1843 S.S. Parnassus, 1872 S.S. Singapore, 1873 S.S. Kwangchow, 1873 S.S. Overljssel, 1879 S.S. Jeddah, 1880 S.S. Dalmatia, 1885 S.S. Willingdale, 1885 S.S. Cashmere, 1887 Chodoc, 1905 Dans un rapport du lieutenant-colonel Graves, une autre préoccupation force la précipitation de la construction d'un phare : celui des dangers des pillages et des attaques à l'entrée et à la sortie du golfe d'Aden. En effet, dans une note de 1878, on peut lire que près du cap Guardafui se trouve un "Cheik qui, très renommé dans le pays, fait jour et nuit, pendant la mauvaise saison, des prières au Bon Dieu pour qu'il leur envoie des navires chrétiens [...] parce qu'ils sont toujours plus richement chargés que les autres".

Une autre difficulté de la construction d'un tel phare était, après son prix, le sujet de questions techniques et logistiques. En effet, cette zone de la Somalie n'est que très peu habitée si ce n'est par les Somaliens qui profitent des naufrages. Il faut donc, avec un phare, prévoir une garnison militaire permanente ainsi qu'un moyen d'approvisionner les personnes sur place.

Cependant, les Anglais ne procèdent pas à la construction d'un phare et cèdent le territoire à l'Italie le qui devient une colonie en 1905. Dans une note au sous-secrétaire aux affaires étrangères, James Weir demande que la construction d'un phare soit mise en œuvre en 1902. Le gouvernement italien est alors contacté mais les désaccords entre les compagnies navales britanniques ainsi que le coût insupportable pour l'Italie seule condamnent le projet.

La construction et l'actualité du phare Construit enfin en 1924 avec une station de radio, le phare n'est pas celui que l'on connait aujourd'hui. En effet, il ne s'agit que d'une simple tourelle en métal d'une hauteur de . Les modifications pour le transformer en tour de pierre de ne prendront effet qu'en 1930.

Sur le phare, une plaque de bronze porte l'inscription suivante: vignette|363x363px|Plaque du phare Le phare, de par sa forme finale est un symbole de l'impérialisme italien et est accompagné d'une garnison pour sa sécurité. Il est l'objet de nombreux symboles de l'Italie fasciste comme des timbres. Il figure sur la médaille de la marine royale italienne pour les soldats ayant servi en Somalie italienne avec l'inscription Silentia et Sidera. De par sa localisation stratégique et l'implication de l'Italie dans l'axe, le phare est repris par les Britanniques le lors de la campagne d'Afrique de l'est. Son dernier gardien, Antonio Selvaggi est alors fait prisonnier.

Désactivé en 1957González Macías, Atlas des phares du bout du monde, Autrement, 2021, , le phare est aujourd'hui en abandon total après le départ des Italiens et les guerres successives qui frappent la Somalie.

Références

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