Choiseul (prononciation actuelle : \ʃwa.zœl\, mais autrefois : \ʃwa.zœj\) est une commune française située dans le département de la Haute-Marne, en région Grand Est. Le village de Choiseul est le berceau de l'illustre famille de même nom.
Géographie Localisation Choiseul est située dans le Bassigny, à quelques kilomètres de la limite entre les Vosges et la Haute-Marne.
Géologie et relief
La butte Saint-Nicolas, située au nord du village, domine les environs de plus de 400 m. Choiseul est située à à l'est de Chaumont et à 30 km au nord-est de Langres.
Sismicité Commune située dans une zone 1 de sismicité très faible2017_signe.pdf Dossier départemental des risques majeurs, p. 62 à 66.
Hydrographie La commune est dans le bassin versant de la Meuse au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par la Vieille RivièreLa Vieille Rivière, le ruisseau du Grand-ÉtangRuisseau du Grand-Étang, le ruisseau de MaulainRuisseau de Maulain et le ruisseau du SoilleronRuisseau du Soilleron..
Il y avait anciennement trois étangs autour de Choiseul, tous asséchés avant la Révolution. L'un deux, le Grand-Étang, a donné son nom au ruisseau actuel. Un autre, le Petit-Etang, était dans le lit du Soilleron au pied du village. Une source, dite fontaine de Saint-Gengoul, est présente sur le versant occidental de la motte Saint-Nicolas. vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de ChoiseulLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré. et est dans la région climatique Lorraine, plateau de Langres, Morvan, caractérisée par un hiver rude (), des vents modérés et des brouillards fréquents en automne et hiver.. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Val-de-Meuse à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Voies de communications et transports Le village est situé à 40 km à l'est de Chaumont, préfecture de la Haute-Marne.
Voirie Une route départementale (la ) traverse le village, le reliant à Bassoncourt et Breuvannes. Les autres villages voisins sont Merrey (relié par la ), Lénizeul (relié par la ) et Lécourt (reliée par la ), les deux dernières étant associées au Val-de-Meuse. centré|vignette|306x306px|L'entrée du village.
L'A31 traverse la commune depuis 1966.
Choiseul compte quatre rues :
la rue Saint-Nicolas est certainement la plus ancienne : elle menait au château médiéval sur la motte du même nom. Elle se prolonge avec le chemin des Têtes ; la rue de l'Église est l'autre rue ancienne du village, où l'on trouve aussi le château bas. Elle se divise en deux routes à la sortie du village : l'une traverse le « pâquis de Merrey » sous l'ombre des platanes, l'autre est la départementale qui se dirige vers Breuvannes ; la rue du Four, nommée d'après l'ancien four banal présent au centre du village (remplacé depuis par une station d'essence, elle-même fermée aujourd'hui). Elle aussi se divise en deux pour franchir le Soilleron et desservir Lénizeul et Lécourt ; et la rue Neuve qui s'avance en direction de Bassoncourt jusqu'à la chapelle du Dieu-de-Pitié.
Ces quatre rues se rejoignent sur la place centrale, où les troupeaux venaient autrefois boire au lavoir. S'y ajoutent la petite rue de la Confrérie parallèle à la rue du Four, et quatre chemins de remembrement relativement récents.
Le tracé d'une ancienne voie romaine est encore visible : arrivant de la ferme de Damphal, elle passe au Sud du bois du Montot, puis traverse la « Corvée du Monoyer » à l'est du village, avant que son tracé ne soit repris par la route de Breuvannes. Il s'agit d'une voie romaine secondaire parallèle à celle qui longe la Meuse, beaucoup plus importante, qui traverse les communes voisines de Bassoncourt et Meuvy.
Transports en commun Fluo Grand Est.
SNCF vignette|gauche|100px|Gare de Merrey.|alt= Gare de Merrey, Gare de Langres, Gare de Contrexéville, Gare de Culmont - Chalindrey
Transports aériens Les aéroports les plus proches sont : Aérodrome de Langres - Rolampont. Aéroport d'Épinal-Mirecourt.
Intercommunalité Commune membre de la Communauté de communes du Grand Langres.
Urbanisme Typologie Au , Choiseul est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (87,2 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (87,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (74,7 %), terres arables (11,4 %), forêts (9,3 %), zones urbanisées (3,5 %), zones agricoles hétérogènes (1,1 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (87,2 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (87,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (74,7 %), terres arables (11,4 %), forêts (9,3 %), zones urbanisées (3,5 %), zones agricoles hétérogènes (1,1 %). L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui). vignette|redresse=2.0|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).L'unique bois de Choiseul est le bois de Pennecières (propriété privée).
Toponymie Attestée sous les formes : Causeolo en 1084; Choisel vers 1172.
D'après Albert Dauzat et Charles Rostaing, ce toponyme est composé du nom d'homme Latin Causius et du suffixe Gaulois -ialo (clairière, champ). Ce même nom Causius, avec suffixe latin -iacum, a donné Choisey, JuraAlbert Dauzat, Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Paris, Librairie Guénégaud,1979 , ..
Une autre possibilité serait de voir dans ce toponyme une variante locale de choisel, substantif désignant un moulin à choisel, il pourrait dériver du mot latin sosius parfois attribué aux augets fixés aux roues de moulin ou bien du bas-latin caucellus, -sorte de vase, des augets (« gobelet », « pot ») des roues à augets, qui faisaient fonctionner les moulins à eau, qui est à l'origine de nombreux noms de moulinsMarianne Mulon – Noms de lieux d’Île-de-France, Bonneton, Paris, 1997 .. L'origine de ce mot choisel est sujet à discussion, mais son origine la plus probable serait le latin médiéval caucellum (« coupe, vase à boire »), diminutif de caucum (de même sens).
Il se prononçait autrefois comme « Choiseuil ».
La toponymie locale nous renseigne sur l'occupation ancienne de certaines parcelles. On peut voir ainsi qu'une partie de la pente de la côte Saint-Nicolas fut autrefois consacrée à la vigne. Au Sud, près de l'ancien Grand Etang, une autre parcelle était une "ravière". Le "pâquis de Merrey" indique une zone de pâturage, à une époque où l'essentiel des terres étaient cultivées (contrairement à aujourd'hui). À proximité du bois de Pennecières se trouvait une "lochère" (c'est-à-dire une jonchère).
Histoire gauche|vignette|212x212px|la Tour du nouveau Château Bien qu'encadré par deux voies romaines à l'est et à l'ouest, aucune attestation de Choiseul n'est connue avant le XIe siècle.
Châtellenie vassale de Langres, située sur la limite entre le royaume et l'empire, la baronnie de Choiseul occupait une position convoitée, au croisement de la Champagne, de la Bourgogne et de la Lorraine.
La colline portait jadis le château de Choiseul, berceau de l'illustre Maison de ChoiseulSur les pas d’une illustre famille qui régna sur le village jusqu'en 1474. Le premier seigneur connu est (v.1060). Son fils Roger participa à la première croisade en 1095, avant de succéder à son père en 1102. Roger fut lui-même remplacé par sa sœur Adeline en 1105, fondatrice de l'abbaye voisine de Morimond. , fils de , lui-même fils d'Adeline, participa à la deuxième croisade. , fils de et petit-fils de , participa à la guerre de succession de Champagne. , fils de et connétable de Bourgogne, tenta vainement de s'opposer aux ingérences croissantes des comtes de Champagne dans le Bassigny. Aux , les frères , Henri et (fils de Gautier, lui-même fils de , lui-même fils de Jean ) ainsi qu'Aymé (fils de Gui) participèrent à la guerre de Cent Ans aux côtés de la Bourgogne. Jeanne de Choiseul, fille d'Aymé, fut la dernière de sa maison à posséder les terres de Choiseul : elles passèrent ensuite par mariage aux Anglure.
Les sires de Choiseul étaient les principaux vassaux des comtes-évêques de Langres. Outre Choiseul, ils tenaient en fief une partie importante du Bassigny (Aigremont et Bourbonne, Lanques, Meuse, Parnoy, Isches, Daillecourt, Clefmont, Bassoncourt, Merrey, Colombey, Varennes, Arnoncourt, Breuvannes, Buxières...), et les possessions de leurs descendants se sont étendues au-delà (Laferté-sur-Amance, Pressigny, Fouvent, Ambonville, Euffigneix, Annéville, Chamarandes...).
En 1157, concéda le prieuré de Choiseul à l'abbaye de Molesme, et pria l'évêque de Langres d'accorder à ce prieuré-cure l'église paroissiale et les dîmes ainsi que la libre élection du curé. L'abbaye envoya des religieux du prieuré de Varennes pour le fonder. C'est à la suite de cette donation seigneuriale et épiscopale que le prieuré de Choiseul fut érigé sous le vocable de Notre-Dame de l'Assomption, avec son cimetière. Cette donation prouve qu'à cette époque déjà, le village s'étendait au-delà de la motte aujourd'hui désertée.
Au siècle, Choiseul était un centre féodal suffisamment important pour accueillir marché et foires. En outre, une forge existait au bord du Grand-Etang (tous deux disparus aujourd'hui), et des moines exploitaient une carrière de grès.
Aymé de Choiseul octroya une charte d'affranchissement aux habitants de Choiseul en 1418.