L'aérodrome Dumont-d'Urville, aussi connu sous le nom de piste du Lion, est un terrain d'aviation construit pour desservir la base antarctique française Dumont-d'Urville située en terre Adélie. La piste, édifiée entre 1983 et 1993 par l'arasement de plusieurs îlots de l'archipel de Pointe-Géologie reliés par une chaussée n'a jamais été mise en fonction, une tempête l'ayant irrémédiablement détruite en 1994.

Contexte La base antarctique Dumont-d'Urville établie en terre Adélie est desservie par un navire océanographique depuis Hobart en Tasmanie, une île australienne située à de la terre Adélie.

La calotte glaciaire continentale antarctique tombe généralement directement dans la mer, ce qui limite fortement les possibilités de construire des infrastructures aéroportuaires fixes sur les côtes de l'Antarctique. C'est pourquoi l'archipel de Pointe-Géologie, au large des côtes, a été choisi pour construire une piste.

Construction La construction de la piste a nécessité l'arasement à la dynamite de sept îlots de l'archipel de Pointe-Géologie. L'île Cuvier, l'île du Lion, les îlots Pollux et Zeus ainsi que les 2 îles Buffon ont été nivelés. Les déblais ont permis de créer une digue reliant ces îlots séparés par des bras de mer peu profonds, l'ensemble constituant une piste de de long. Un volume de de roches ont été arrachés au cours de l'opération..

Les premiers travaux débutent en . Un comité des sages chargé d'étudier l'impact écologique de la piste recommande au gouvernement français de stopper les travaux début 1984. En cause, le blocage de l'accès de plusieurs espèces d'oiseaux à leur colonie, l'archipel de Pointe-Géologie étant le lieu de reproduction de 90 % des oiseaux vivant le long des de côte de la Terre Adélie, à savoir quelques espèces de pétrels, le skua, le manchot Adélie et le manchot empereur. Sous la pression, un deuxième rapport de ce même comité recommande en 1984 la reprise de la construction de la piste, estimant que le projet n'impacterait que faiblement les huit espèces d'oiseaux se reproduisant sur place, résultant dans une baisse considérée comme acceptable de 10 % de leur fécondité.

Les travaux reprennent en et s'achèvent le . Les TAAF souhaitent confier l'exploitation de la piste à la société de services aéroportuaires Sofrévia.

Abandon Fin 1993, nouveau contretemps, la Direction de l'Aviation Civile rend un rapport défavorable à la mise en service de la piste. Les granulats sont trop gros pour permettre les atterrissages-décollages sans risques d'avions à réaction. Par ailleurs, l'Armée de l'air ne peut mettre à disposition ses avions pour la réalisation de tests de qualification en raison de sa participation à la guerre du Golfe qui accapare ses ressources. La mise en conformité devant encore augmenter la facture qui avait déjà considérablement grossi au fil des années, il est décidé de ne pas engager de nouveaux travaux.

Les 26 et , une tempête touche la Pointe-Géologie. Des vagues géantes déferlent sur les îles, le vent souffle à avec des pointes à . Cette tempête affecte directement la piste, créant une brèche de de long sur 15 de large, ce qui la rend inutilisable. Le chef de la mission de recherche des TAAF, Bernard Morlet affirme que ces dégâts ne sont pas imputables à un vice de construction de la piste mais à une absence de travaux d'entretien, reportés par mesure d'économie.

Le , le ministre de l'Environnement Michel Barnier officialise en conseil des ministres l'abandon de la piste de terre Adélie

Bibliographie

Notes et références

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