Leo Borchard (en , ) est un chef d'orchestre russe, né le à Moscou et mort le à Berlin.
Biographie Leo Borchard est né à Moscou de parents allemands. Il passe son enfance à Saint-Pétersbourg où il reçoit une solide formation musicale. En 1920, après la Révolution russe, il émigre définitivement en Allemagne. À Berlin, il est l'élève d'Hermann Scherchen et d'Eduard Erdmann, puis co-répétiteur de Bruno Walter au Städtischer Oper de Charlottenburg (1925) et d'Otto Klemperer à l'Opéra Kroll, puis travaille à la radio de Königsberg. Le , il dirige une première fois l'Orchestre philharmonique de Berlin. En 1935, il est interdit d'activité par le régime nazi pour . Pendant cette période, il enseigne et fréquente les musiciens Boris Blacher et Gottfried von Einem.
En 1938, il entre dans la clandestinité et participe activement à la résistance en fondant un groupe nommé Oncle Émile qui aide les Juifs de Berlin. Malgré les risques considérables, il ne quitte pas Berlin, même aux derniers jours de la guerre.
Le , au , trois semaines seulement après la signature de l'armistice, en remplacement de Wilhelm Furtwängler exilé en Suisse, il dirige le premier concert de la Philharmonie de Berlin de l’après-nazisme, dans un programme comprenant l'ouverture du Songe de Mendelssohn, le concerto en la majeur de Mozart et la Symphonie de Tchaïkovski. Il a dirigé aussi les vingt-et-un suivants ; mais il disparaît tragiquement le , tué accidentellement dans le secteur américain, pendant le couvre-feu, par une patrouille américaine. Sa compagne, la journaliste allemande Ruth Andreas-Friedrich et le chauffeur ont survécu. vignette|alt=photo : pierre tombale|Tombe de Leo Borchard à Berlin-Steglitz. vignette|alt=photo : plaque commémorative à Berlin|Plaque à Berlin sur le domicile de Leo Borchard à Berlin-Steglitz.
Dès le , son successeur Sergiu Celibidache dirige pour la première fois la Philharmonie.
Hommages
Gottfried von Einem, Capriccio pour orchestre, op. 2 : . L'œuvre est créée à Berlin le . En , une plaque, apposée sur la maison de Ruth Andreas-Friedrich et Leo Borchard, est inaugurée. En 1990, l'école de musique de Berlin prend nom de Leo-Borchard-Musikschul, en l'honneur du chef d'orchestre. Il s'agit aujourd'hui de la plus grande école de musique d'Allemagne. Claudio Abbado, en hommage commémoratif du cinquantenaire de sa disparition, a dédié les concerts de la Philharmonie de Berlin des 5 et , avec au programme, la sixième symphonie de Gustav Mahler, sous-titrée « Tragique ».
Ouvrages Borchard a traduit deux ouvrages du russe et écrit un livret pour son ami Boris Blacher. Nina Berberova, Tchaïkovski, histoire d'une vie solitaire [Geschichte eines einsam Lebens] – traduit du russe et édité par Leo Borchard. Berlin, Kiepenheuer 1938 Anton Tchekhov, Histoires de la vie quotidienne [Geschichten vom Alltag] – traduit du russe et préfacé par Leo Borchard. Berlin, Kiepenheuer 1938 Der Großinquisitor [Le Grand Inquisiteur], oratorio d'après Dostoïevski (1942) de Blacher
Discographie vignette|alt=photo : étiquette d'un disque 78 tours|Delibes par Borchard, étiquette Telefunken. Borchard a enregistré 35 faces de 78 tours pour Telefunken, mais presque aucun des disques prévus ne furent publiés. Tahra Revue du disque par Jonathan Woolf (2004) sur musicweb-international.com. a republié les extraits de Casse-noisette ; ainsi que trois ouvertures de Weber, Alexandre Glazounov et Tchaïkovski, issus d'archives radio des 17 et .
Puccini, aria et Verdi, Le trouvère - , ténor ; Orchestre philharmonique de Berlin (1933, 78 tours Telefunken E 1495) Puccini, aria - Aulikki Rautawaara, soprano ; Orchestre philharmonique de Berlin (Telefunken) Tchaïkovski, Casse-noisette (extraits) - Orchestre philharmonique de Berlin ( et , Telefunken) Glazounov, ouverture de Stenka Razine - Orchestre philharmonique de Berlin (concert radio, ) Weber, ouverture d’Oberon - Orchestre philharmonique de Berlin (concert, ) Tchaïkovski, Roméo et Juliette - Orchestre philharmonique de Berlin (concert, ) Boccherini, Menuet Delibes Mazurka & Valse Lente extraits de Coppelia (Telfunken A 1719) Intermezzo & Pizzicato extgraits de Sylvia (Telfunken A 1729) Françaix, Concertino pour piano (Telefunken E 2175) Grieg, danse Anitras & Solveigs Lied (Telefunken A 1727) Puccini, pages orchestrales extraite de Tosca (Telefunken E 1714) Rebikov, Berceuse Suppé, ouverture de Banditenstreiche Wagner, Adieu de Wotan
Bibliographie Monographie
Ruth Andreas-Friedrich, Der Schattenmann – Tagebuch Aufzeichnungen 1938-1945 [L'homme de l'ombre – journal intime]. Surhrkamp Verlag, 1947 Article
Note discographique – Karin Friedrich est la fille de l'écrivain et compagne de Borchard, Ruth Andreas-Friedrich.
Notes et références
Liens externes
– Revue du disque Tahra. Le chef qui a réuni à nouveau l'Orchestre philharmonique, par Volker Blech sur Berliner Morgenpost
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