Le département français de l'Aisne est un département créé le en application de la loi du , à partir des anciennes provinces de Champagne, d'Île-de-France et de Picardie. Les 798 actuelles communes, dont presque toutes sont regroupées en intercommunalités, sont organisées en 21 cantons permettant d'élire les conseillers départementaux. La représentation dans les instances régionales est quant à elle assurée par 15 conseillers régionaux. Le département est également découpé en 5 circonscriptions législatives et est représenté au niveau national par cinq députés et trois sénateurs.

Histoire politique

Représentation politique et administrative Préfets et arrondissements thumb|Arrondissements

Le département de l'Aisne est découpé en cinq arrondissementsLes cantons ici cités sont ceux antérieurs au redécoupage de 2014 : Arrondissement de Château-Thierry qui regroupe les cantons de Château-Thierry, Essômes-sur-Marne, Fère-en-Tardenois, Villers-Cotterêts Arrondissement de Laon qui regroupe les cantons de Chauny, Guignicourt, Marle, Fère-en-Tardenois, Tergnier, Laon-1, Laon-2, Vic-sur-Aisne,Vervins Arrondissement de Saint-Quentin qui regroupe les cantons de Saint-Quentin-1, Saint-Quentin-2, Saint-Quentin-3, Bohain-en-Vermandois, Ribemont Arrondissement de Soissons qui regroupe les cantons de Soissons-1, Soissons-2, Fère-en-Tardenois,Villers-Cotterêts, Vic-sur-Aisne Arrondissement de Vervins qui regroupe les cantons de Guise, Hirson, Marle, Vervins

Depuis , le préfet de l'Aisne est Thomas Campeaux. Diplômé de l'IEP de Paris et formé à l'ENA, Thomas Campeaux est haut fonctionnaire depuis 2002. Il a été sous-préfet dans la Meuse puis à La Réunion de 2006 à 2012. Il a rejoint le cabinet du ministre de l'Intérieur de 2015 à 2017 avant sa nomination au Conseil d'État, qu'il a quitté pour l'Aisne en 2021.

Députés et circonscriptions législatives thumb|Circonscriptions et affiliations à l'issue des élections de 2024.

Depuis 1958, l'Aisne élit cinq députés dans le cadre de cinq circonscriptions législatives, exception faite sous la huitième législature. La droite a d'abord dominé avec au moins quatre sièges sur cinq jusqu'en 1973. Là, la gauche emporte quatre sièges, deux pour le PS et deux pour le PCF, seul subsiste à droite, André Rossi, député du Centre républicain de Château-Thierry. Celui-ci intègre d'ailleurs les gouvernements Chirac, Barre I et II. En 1978, les sortants sont tous réélus mais en 1981, le PS conquiert le siège d'André Rossi.

En 1986, l'union UDF-RPR obtient deux sièges dont un pour André Rossi. En 1988, la gauche obtient quatre sièges contre un pour André Rossi. La situation s'inverse en 1993 lors de la déroute nationale de la gauche. Seul résiste Jean-Pierre Balligand, député socialiste de Thiérache. 1993 constitue la neuvième et dernière victoire législative d'André Rossi qui décède en 1994 et est remplacé par Renaud Dutreil.

En 1997, la gauche reprend l'avantage avec quatre députés sur cinq, seul Dutreil résistant à la gauche plurielle. Cet avantage, la gauche le conserve pendant 20 ans. Si la socialiste Odette Grzegrzulka cède en 2002 le siège de Saint-Quentin à Xavier Bertrand, les trois autres sièges de gauche le restent jusqu'en 2017. Entre 2004 et 2012, Xavier Bertrand est appelé plusieurs fois au gouvernement. En 2012, plusieurs changements interviennent. La droite perd le siège de Château-Thierry au profit du radical de gauche Jacques Krabal et Jean-Pierre Balligand passe la main à Jean-Louis Bricout. Xavier Bertrand reste le seul député de droite et passe la main en 2016, après avoir été élu président du conseil régional.

Le successeur LR de Bertrand, Julien Dive, et le socialiste Jean-Louis Bricout sont les seuls résistants à la vague marcheuse de 2017. Les trois autres sièges sont emportés par des soutiens à Emmanuel Macron, dont l'ancien radical de gauche, Jacques Krabal. En 2022, tous les sièges marcheurs basculent au profit du RN. Sont élus, Nicolas Dragon, conseiller municipal à Laon, José Beaurein, conseiller municipal à Chauny, premier député aveugle sous la cinquième république, et Jocelyn Dessigny, adjoint au maire de Villers-Cotterêts. Dive et Bricout conservent les deux autres sièges. On peut noter que Jean-Louis Bricout ne siège plus au groupe socialiste mais a rejoint le groupe LIOT.

+ Députés de la législature(18 juillet 2024 - en cours) Nom Parti Groupe Suppléant Nicolas Dragon RN Rassemblement national Sarah Flamant Julien Dive LR Droite républicaine (app.) Marie-Laurence Maitre Eddy Casterman RN Rassemblement national (app.) Alban Hachard José Beaurain RN Rassemblement national Albert Schoof Jocelyn Dessigny RN Rassemblement national Martine Olivier

Sénateurs Depuis 1959, l'Aisne possède trois sénateurs et leur orientation globalement à droite a peu évolué. Il faut attendre l'élection de Jacques Pelletier en 1980, pour voir un sénateur dont l'orientation politique est moins marquée à droite. Celui-ci a participé au gouvernement Barre III mais est encarté au MRG lors de son élection et est nommé en 1988 au gouvernement de Michel Rocard. Pelletier reste au Sénat jusqu'à son décès en 2007. Les socialistes obtiennent enfin un sénateur en 2008 avec l'élection d'Yves Daudigny, président du conseil général. Pierre André, maire UMP de Saint-Quentin, élu en 1998 est reconduit tandis qu'Antoine Lefèvre, maire UMP de Laon, emporte le troisième siège. En 2014, Daudigny et Lefèvre gardent leur siège et le sénateur André se retire. Sa place est prise par l'ancienne députée, suppléante de Xavier Bertrand, Pascale Gruny. En 2020, la gauche s'affaiblit et ne parvient pas à garder le siège de Daudigny qui se retire. C'est Pierre-Jean Verzelen, maire de Crécy-sur-Serre, conseiller départemental du canton de Marle et premier vice-président du département, qui est élu. Nom Parti Groupe Autres mandats (passés ou actuels) Pierre-Jean Verzelen Les Républicains Groupe Les Républicains Conseiller départemental de l'Aisne Antoine Lefèvre Les Républicains Groupe Les Républicains Maire de Laon Pascale Gruny Les Républicains Groupe Les Républicains Conseillère départementale de l'Aisne

Conseillers départementaux thumb|Cantons et affiliations à l'issue des élections de 2021.

Depuis 1945, le conseil général puis départemental de l'Aisne a beaucoup évolué d'orientation entre la gauche et la droite de l'échiquier politique. Brièvement mené par des présidents SFIO jusqu'en 1951, le conseil passe à droite avec deux présidents UNR jusqu'en 1964. Le radical Jacques Pelletier obtient un record de longévité inégalé depuis 1871, restant 15 ans en poste. L'UDF reprend la présidence en 1979 avec notamment le sénateur Paul Girod de 1988 à 1998. Le conseil bascule à gauche en 1998, le député socialiste Jean-Pierre Balligand prenant la présidence. Il est remplacé par Yves Daudigny en 2001 qui reste en poste jusqu'en 2015. Au dernier renouvellement de 2011, avant le redécoupage de 2014, la gauche tient deux tiers des cantons soit 28 des 42 sièges du conseil.

En 2015, le FN effectue une percée en glanant plus de 44 % des voix au second tour. Cependant, il n'emporte que 8 sièges sur 42, quand la gauche en conserve 16 et la droite en obtient 18. Yves Daudigny est défait à Marle et le canton de Jean-Pierre Balligand, Vervins, bascule aussi à droite. C'est d'ailleurs le nouveau conseiller masculin de Vervins, l'UDI Nicolas Fricoteaux, qui prend la présidence. En 2021, la majorité relative de la droite et du centre devient absolue alors que le RN disparaît du conseil. Techniquement, 28 conseillers sont élus sous la bannière de la droite et du centre, tandis que 14 sont dans l'opposition, majoritairement de gauche. Finalement, seuls six d'entre eux siègent dans le groupe d'opposition de gauche : les conseillers de Chauny, Laon-2 et Tergnier.. +Conseillers sortants et candidats élusCantonConseiller SortantPartiConseiller ÉluPartiBohain-en-VermandoisMichel ColletPSDelphine MoletDVGMonique Sébastijan PCFYann RojoDVGChâteau-ThierryBruno BeauvoisLREMSébastien EugèneMRMichèle FuselierDVGMichèle FuselierDVGChaunyJean-Luc LanouilhPCFMario LirussiPSFabienne MarchionniPCFFabienne MarchionniAp LFIEssômes-sur-MarneGeorges Fourré DVGDominique DuclosDVGAnne Maricot DVGAnne MaricotDVGFère-en-TardenoisCarole Deruy LRCarole Deruy LRFrançois Rampelberg DVDFrançois Rampelberg DVDGuiseArmand Pollet RNRoselyne CailDVCMarion Saillard RNHugues CochetDVCHirsonAnne-Marie Fournier RNJérôme Duverdier DVDClaude Mouflard RNMélanie Nicolas DVDLaon-1Fawaz Karimet DVGMathieu Fraise DVDAnnie TujekPSAnnie TujekDVGLaon-2Thierry DelerotPSThierry DelerotDVGBrigitte Fournié-Turquin EÉLVBrigitte Fournié-Turquin EÉLVMarleIsabelle Ittelet UDIIsabelle Ittelet UDIPierre-Jean Verzelen DVDPierre-Jean Verzelen DVDRibemontFlorence Bonnard-Trevisan IDGVéronique Lebeau DIVFrédéric Martin PSStéphane Linier DIVSaint-Quentin-1Colette Blériot LRColette Blériot LRJean-Pierre Boniface LRJean-Pierre Loquet DVDSaint-Quentin-2Thomas Dudebout LRThomas Dudebout LRPascale Gruny LRPascale Gruny LRSaint-Quentin-3Jocelyne Dogna LRJocelyne Dogna LRFreddy Grzeziczak LRFreddy Grzeziczak LRSoissons-1Françoise Champenois UDIFrançoise ChampenoisUDIPascal TordeuxLREMPascal TordeuxLREMSoissons-2Frédéric Vanier DVDDavid Bobin LRIsabelle Létrillart LRIsabelle Létrillart LRTergnierMichel Carreau PCFAurélien Gall PCFCaroline VarletDVGCaroline VarletLFIVervinsMarie-Françoise Bertrand UDIMarie-Françoise Bertrand UDINicolas Fricoteaux UDINicolas Fricoteaux UDIVic-sur-AisneMarie-Christine Gilliot DVDSarah Batonnet DVDNoël Lecoultre RNNicolas Rebérot DVDVilleneuve-sur-AisnePhilippe Timmerman UDIPaul Mougenot LRBernadette Vannobel DVDCoralie Venet DVDVillers-CotterêtsFranck Briffaut RNJeanne Doyez-Roussel DVCMartine Pigoni RNPatrice LazaroDVC

Conseillers régionaux

Entre 1986 et 2010, l'Aisne élit ses conseillers régionaux dans le cadre de la région Picardie. Pour la première élection de 1986, l'alliance UDF-RPR-CNIP est menée par le social-démocrate Charles Baur, maire UDF de Villers-Cotterêts. C'est cette alliance qui est victorieuse face au PS, au PCF et au FN. En 1986, Baur est talonné par la liste socialiste dans l'Aisne, quatre points les séparant seulement. La droite n'obtient que la majorité relative mais le FN vote pour Baur à la présidence du conseil.

En 1992, la gauche est plus éclatée avec l'émergence des écologistes, Les Verts et Génération écologie. Les listes Baur obtiennent un score inférieur et moins de conseillers mais peuvent compter sur le soutien du CPNT et l'abstention du FN lors du vote pour la présidence. Dans l'Aisne, Baur obtient 30 % des voix contre 16 % pour le PS et 12 % pour le FN.

En 1998, l'alliance des socialistes, communistes et radicaux de gauche arrive en tête. C'est aussi le cas dans l'Aisne où elle obtient presque 33 % des voix contre 30 à la droite, 17 pour le FN et presque 8 pour Lutte ouvrière. Cependant, les listes Baur obtiennent 19 sièges, le CPNT 1 et le FN 11. La gauche, au sein de laquelle on compte aussi les Verts qui ont fait liste à part, est ainsi minoritaire et Baur parvient à garder la présidence avec le soutien du FN, ce qui lui vaudra d'être exclu de l'UDF.