L’histoire du barbier Maes ou Maës qui rase ses clients avec un éclat d’obus comme plat à barbe est un épisode du siège de Lille de 1792 longtemps très célèbre. Une rue du centre de la ville porte son nom.
Biographie Adrien Maes (Masse suivant son acte de décès) né à Aire-sur-la-Lys en 1761 marié en 1786 exerçait la profession de barbier perruquier rue du Vieux Marché aux Moutons lors du bombardement de 1792. Cette rue qui a disparu dans les bombardements de 1914 a été remplacée après les reconstructions des années 1920 par la partie de la rue du Molinel entre la rue des Augustins et la rue de Tournai. Elle était donc située à la limite entre les paroisses Saint-Sauveur et Saint-Maurice.
S’étant enrichi, il est devenu agent de change installé 118 rue de Paris et se serait ensuite ruiné.
Il est mort à Lille 38 rue Basse le .
L’épisode Le barbier était dans sa boutique en train de raser un client quand une bombe frappa sa maison.
Il s’installe dans la rue et, faute d’ustensile, il ramasse un éclat d’obus dont il fait un plat à barbe et rase en riant 14 citoyens.
Postérité Parmi d'autres actes de bravoure du siège de Lille de 1792, tel celui de Charlemagne Ovigneur, cet épisode qui symbolise l’attitude stoïque de la population pendant le siège est entré dans la légende de Lille.
L’histoire un peu oubliée fut longtemps très connue et a inspiré des gravures, des tableaux, une opérette en 1858, le Siège de Lille, ou le Barbier Maes, épisode de 1792 de Charles de Franciosi ,.
En 1882 un char lui est consacré dans un cortège historique et la rue du Prez est baptisée rue du Barbier Maes en 1883.
Un journal satirique hebdomadaire lillois, Le Barbier Maës, paraît de 1884 à 1886. Une étiquette de chicorée racontait l’histoire. Plusieurs chansons lui ont été consacrées.
Celle du chansonnier Desrousseaux auteur du P’tit Quinquin est la plus marquante.
Le barbier Masse : chanson de Desrousseaux
Extrait du texte original en patois : typographie respectée.
La suite de la chanson résume la vie du barbier après le siège. Sa célébrité lui avait assuré une clientèle ce qui l'avait enrichi lui permettant de s'établir agent de change.
Desrousseaux le présente comme un personnage déplaisant peu conforme à sa légende. Il finit ruiné, vivant dans une pension tenue par sa femme.
Desrousseaux qui avait 3 ans à la mort du barbier n'a pu le connaître mais s'est documenté et semble en avoir entendu parler par son entourage.
Traduction :
Références
Articles connexes Siège de Lille (1792)
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