vignette|redresse=1.4|Fréquence des haplogroupes H*, H1, H2a, H3, H4, H5a, H6a, H7, H8 and H11 en Eurasie, hors Îles britanniques

L'haplogroupe H est un haplogroupe du génome mitochondrial humain (ADNmt). Il est particulièrement répandu en Europe, où 40 % des habitants seraient de cet haplogroupe, mais on le trouve aussi tout autour de la Méditerranée et dans le Caucase, avec des poussées vers l'Afrique de l'Est et vers l'Asie centrale. Il existe différents sous-clades de H.

Histoire L'haplogroupe H s'est d'abord développé dans le nord du Moyen-Orient et le sud du Caucase il y a entre . L'haplogroupe H s'est répandu dans certaines parties de l'Afrique, de la Sibérie et de l'Asie centrale.

Les haplogroupes de la péninsule Ibérique suggèrent que le clade a atteint l'Europe avant le dernier maximum glaciaire, il y a peut-être environ . Néanmoins, il est quasiment absent parmi les chasseurs-cueilleurs du Mésolithique et présent pour ~19 % des individus analysés au Néolithique précoce (~5450 av. J-C) en Europe centrale, ce qui semble indiquer qu’il s’est répandu plus tard, y compris via des mouvements postérieurs. Les premiers agriculteurs européens (EEF), issus d'Anatolie, ont apporté avec eux une diversité de sous-clades H jusque-là absente ou très rare en Europe. Au Néolithique moyen (~4000 av. J-C) la diversité actuelle de H en Europe est déjà largement installée Paul Brotherton, Wolfgang Haak, Jennifer Templeton et al.,Neolithic mitochondrial haplogroup H genomes and the genetic origins of Europeans, Nature Communications, volume 4, Article numéro: 1764, 23 avril 2013, doi.org/10.1038/ncomms2656.

Aujourd'hui, environ 40 % des lignées maternelles en Europe appartiennent à cet haplogroupe. Particulièrement présent sur la rive atlantique de l'Europe, Roostalu et coll., 2006 (jusqu'à 50 % de la population chez les Basques notamment), ainsi qu'en Sardaigne et dans le sud de la péninsule Scandinave, l'haplogroupe H s'étend jusqu'au Maghreb et en Europe de l'est, quoique dans une moindre mesure (autour de 10 %).

Napoléon Ier, empereur des Français (1769-1821) et la reine Victoria sont porteurs de cet haplogroupe.

Distribution Les schémas phylogéographiques des sous-haplogroupes H1 et H3 ressemblent beaucoup à ceux de l'haplogroupe V. Les phylogénies en forme d'étoile, la répartition géographique et l'âge approximatif des trois clades suggèrent qu'ils ont tous participé à une expansion majeure du sud-ouest vers le nord-est de l'Europe, il y a environ . H1 et H3 représentent environ 65 % des lignées d'haplogroupe H dans la péninsule Ibérique, environ 46 % dans le nord-ouest, environ 27 % dans les pays d'Europe centrale et orientale et environ 5 % à 15 % au Proche-Orient et dans le Caucase, puis jusqu'à zéro dans le Golfe. Ces deux sous-clades seraient ainsi associés à l'expansion magdalénienne depuis la péninsule Ibérique au cours du Tardiglaciaire, il y a environ . Les sous-clades H1 et H3 de l'Haplogroupe H (2706, 7028) ont été beaucoup plus étudiés que les autres.

Les haplogroupes H2, H6 et H8 sont assez communs en Europe de l'Est et dans le Caucase. Ils sont sans doute les sous-clades H les plus communs parmi les Asiatiques centraux et ont également été trouvés en Asie occidentale.

Les trois sous-clades H4, H7 et H13 sont assez rares. Ils sont présents à la fois en Europe et dans l'ouest de l'Asie.

Sous-clades H1 (3010) englobe une fraction importante des lignées d'ADNmt d'Europe occidentale et atteint son maximum parmi les Basques contemporains (27,8 %). Le clade est également présent à des fréquences élevées ailleurs dans la péninsule Ibérique et au Maghreb. La fréquence des haplogroupes est supérieure à 10 % dans de nombreuses autres régions d'Europe (France, Sardaigne, îles Britanniques, Alpes, grandes parties de l'Europe de l'Est) et dépasse 5 % sur presque tout le continent. Son sous-groupe H1b est le plus répandu en Europe orientale et dans le nord-ouest de la Sibérie.

Une centaine d'individus sur 3750 appartenant au sous-groupe H1 présentent une régression appelée Back Mutation. Pour autant, il ne s'agit pas d'un groupe d'individus (cluster) pouvant donner lieu à la formation d'un sous-clade. Il s'agit d'une mutation d'acides aminés et de nucléotoides de l'ADN qui voit la cysteine (C) remplacée par la thréonine (T), dans les codons.

En 2010, la fréquence la plus élevée du sous-groupe H1 a été constatée chez les Touareg vivant dans la région du Fezzan, en Libye (61 %). L'haplogroupe H1* basal a été trouvé chez les Touaregs habitant dans la région de Gossi, au Mali (4,76%).

H1a : découvert un peu partout en Europe et dans des sites néolithiques en Espagne. H1b : le plus répandu dans le Nord-ouest de la Sibérie, présent en Europe centrale. H1c : présent en Europe de l'est, et dans le Nord-ouest de l'Asie. H1d H1e H1f : particulièrement présent en Finlande. H1g : particulièrement présent dans les pays germanophones. H1o H1p

H2 (1438). L'haplogroupe H2b semble lié à la diffusion des Indo-Européens en Asie du Sud. Daté d'environ avec une probable origine en Europe de l'Est, ce sous-clade inclut notamment deux individus anciens des cultures Yamna et de Sroubna A genetic chronology for the Indian Subcontinent points to heavily sex-biased dispersals, BMC Evolutionary Biology, volume 17, Article numéro: 88, 2017. H2a H2a3 : présent au Kenya. H2a5 a été trouvé au Pays Basque, en Espagne ainsi qu'en Norvège, en Irlande et en Slovaquie. H2b

H3 (6776) est présent dans toute l'Europe et au Maghreb, mais n'existe pas en Extrême-Orient. On pense qu'il est né parmi les chasseurs-cueilleurs mésolithiques du sud-ouest de l'Europe il y a . H3 représente la deuxième plus grande fraction de l'haplogroupe H après H1 et présente une distribution assez similaire, avec des pics en Espagne, au Portugal, en Scandinavie et en Finlande. Il est courant au Pays Basque (13,9%), en Cerdagne (8,5%), en Galice (8,3%), plus rare en Hongrie (6%), au Portugal et dans le Béarn (moins de 5%). H3a H3b H3c H3d

H4 (3992, 5004, 9123). Le sous-haplogroupe H4 est essentiellement présent en Europe de l'ouest et en Europe centrale, mais aussi au Moyen-Orient et dans le Caucase. Il représente 12 % de la population des Séfarades, 9 % des Islandais et 8 % des Berbères. Il est aussi présent à plus de 5 % en Sardaigne, dans l'ouest de la Turquie, en Bulgarie, en Pologne, en Lituanie, au Danemark, dans le sud de la Norvège, dans le sud de la Suède et en Irlande. Il est faiblement présent en Grande-Bretagne, en France, en Belgique, en Allemagne, en Italie, en Hongrie, en République tchèque et en Ukraine. Il est Inexistant en Grèce, en ex-Yougoslavie, en Roumanie et en Moldavie, et en Russie. H4 et H13, comme H2 concourent à 42 % des lignées de l'haplogroupe H en Égypte. H4a : remarqué dans la culture de la céramique cardiale du Néolithique, au Portugal et en Espagne, ainsi que lors de l'âge du bronze en Lettonie. . H4a1 : La distribution moderne du H4a1 est rare et sporadique et a été identifiée dans des zones comme les îles Canaries, le sud de la péninsule ibérique et le Liban Konstantina Drosou et al., The first reported case of the rare mitochondrial haplotype H4a1 in ancient Egypt, Sci Rep., 12 octobre 2020, 10(1):17037, doi: 10.1038/s41598-020-74114-9.. Le variant H4a1a1 a été observé aux bords de l'Atlantique Nord et a été signalé dans des échantillons anciens provenant de contextes de la culture campaniforme et de la culture d'Unétice en Allemagne, ainsi que dans la Bulgarie de l'âge du bronze. H4b : observé en Iran.

H5 est fréquent dans le Caucase, mais a une présence plus faible autour de la Méditerranée, et une fréquence plus élevée de l'Anatolie jusqu'aux Alpes via le Danube, ce qui laisse entrevoir un lien possible avec la propagation de l'agriculture (G2a, etc.) ou des Indo-Européens haplogroupes de R1b-L23. L'haplogroupe H5 s'étend lui aussi à travers l'Europe et autour de la Méditerranée jusqu'au Moyen-Orient, mais il est particulièrement représenté dans les Alpes, dans le pays de Galles, en Slovaquie ou encore en Lettonie, sans dépasser toutefois 10 % des populations. Une sous-population de la région franco-cantabre d'haplogroupe H5+16192 pourrait être autochtone du nord de l'Espagne en particulier des Asturies. Celle-ci est une région très montagneuse historiquement isolée jusqu'au . L'haplogroupe H5+16192 représente 1,86 % de sa population asturienne et environ 25 % de ceux qui partageraient la mutation en question. H5a H5a1 : Le sous-clade H5a1-T152C! débute en Finlande, et se trouve parmi les habitants actuels de Normandie ayant une ascendance viking Homo sapiens haplogroup H5a1 mitochondrion . H5c H5c2 : les juifs ashkénazes constituent la majorité des porteurs modernes de l'haplogroupe mitochondrial H5c2 Selina Brace, Yoan Diekmann, Thomas Booth et al., Genomes from a medieval mass burial show Ashkenazi-associated hereditary diseases pre-date the 12th century, Current Biology, 30 août 2022, doi.org/10.1016/j.cub.2022.08.036.

H6 : voir H2 H6a H6b

H7 est fréquent dans le Caucase, mais notablement moins répandu que H5. Présence rare en Norvège H7a H7b H7c H7c1 est présent chez les Druzes et en Arabie Saoudite. H7c2 est présent chez les Juifs ashkénazes, les Sardes, et les Néerlandais, parmi d'autres populations. H7d H7e est présent chez les Juifs ashkénazes, les Allemands, les Sardes, et autres.

H8 : voir H2

H9

H10 est âgé de . Ses branches descendantes sont H10a, H10b, H10c, H10d, H10e, H10f, H10g, et H10h. L'Haplogroupe H10e a été découvert sur un site datant du Néolithique, la grotte Bom Santo, près de Lisbonne, au Portugal. C'est le plus vieil échantillon de H10 jamais découvert, daté de , à 45 ans près.

H11 s'observe plus fréquemment en Europe centrale. H11a

H12

H13 se rencontre aussi dans le Caucase. H13a H13c a été découvert dans un échantillon de dans un site datant du Mésolithique, en Géorgie.

H14 se rencontre en populations du nord-ouest de l'Europe, comme celle de l'IrlandeH MtDNA Haplotree (Arbre phylogénétique de l'haplogroupe H mitochondrial) dans Family Tree DNA. H14a est présent chez les Arméniens de la Turquie« Homo sapiens isolate 40_Mu mitochondrion, complete genome » dans la base GenBank, les Sardes« Homo sapiens isolate csct_007727 mitochondrion, complete genome » dans la base GenBank, les Juifs de Iran et les Juifs de Irak. H14a2 est présent parmi les Roms de Espagne« Homo sapiens isolate M943_H14a2_Roma mitochondrion, complete genome » dans la base GenBank et les Croates« Homo sapiens haplogroup H14a2 mitochondrion, complete genome » dans la base GenBank et s'est répandu en Iran. H14b existe dans de nombreuses populations en Europe et en Asie occidentale, y compris parmi les Assyriens« Homo sapiens isolate Assyrian_C188_H14b mitochondrion, complete genome » dans la base GenBank, Persans« Homo sapiens haplogroup H14b* mitochondrion, complete genome » dans la base GenBank et les Arméniens de Iran« Homo sapiens haplogroup H14b mitochondrion, complete genome » dans la base GenBank et peuples en la région Toscane en Italie centrale« Homo sapiens isolate 33151 mitochondrion, complete genome » dans la base GenBank, en Suisse, en Allemagne, en Irlande, en Espagne et au Qatar. H14b1 est particulièrement représenté en France mais on le trouve aussi dans le pays voisin de Monaco et en Écosse. H14b3 existe parmi les Arméniens de Haut-Karabagh« Homo sapiens isolate Artsakh_69 haplogroup H14b3 mitochondrion, complete genome » dans la base GenBank et les habitants de Arménie, la Turquie, l'Arabie saoudite, Italie et Écosse. H14b4 est en Italie et en Allemagne.

H15 H15a H15a1 H15a1b est présent chez les Grecs. H15b est présent chez les Arméniens, les Druzes, les Juifs ashkénazes, les Danois et autre peuples de l'Europe et le Moyen-Orient.

H16 H16a

H17

H18 se rencontre dans la péninsule arabique.

H19