L'église Saint-Jean-Baptiste de Nemours est l'église paroissiale de Nemours en Seine et Marne (Île-de-France).
Histoire Au retour de la deuxième croisade, vers 1145, Gautier de NemoursGautier de Nemours était chambellan du roi de France Louis VII le Jeune.accueille sur ses terres les religieux de l’Ordre de Saint Augustin, venant de Sébastre, porteurs d’une relique de Saint Jean-Baptiste. À partir de 1170, ils font construire, au Nord de leur monastère, une église, dont subsiste la partie la plus ancienne, une tour-clocher dont le porche s'ouvre sur sa base par une large arcature dont les archivoltes du porche semblent romanes. Ce clocher a été agrandi et surélevé aux . Comme la ville, l’église a souffert au cours de divers événements de la Guerre de Cent Ans, si bien qu’au , à la suite d'un incendie, il a été décidé de la reconstruire. Entre 1510 et 1550, le chevet, le chœur, les chapelles sont construits, ainsi que l'amorce du transept. En atteste le bénitier, à la porte de la sacristie qui porte la date gravée, 1547. Mais les travaux sont arrêtés pendant la seconde moitié du par manque d'argent, à cause des Guerres de religion. Finalement, la consécration de l'église a lieu le dimanche .
La nef et les bas-côtés ont été commencés avec des piliers et des colonnes torsadées. La trace d'un rehaussement est visible le long du mur du clocher, au-dessus de la tribune de l'orgue : la couverture de la nef était plus basse que celle d'aujourd'hui. À partir de 1631 les travaux reprennent afin de d'achever le vaisseau de la nef. L'architecte royal, alors présent à Fontainebleau, établit les plans de la voûte et des fenêtres hautes de la nef.
Depuis l'achèvement des travaux en 1650, la structure de l'église n'a pas été modifiée et son apparence conservée.
Architecture Vue de l'extérieur on peut identifier trois parties d'âges distincts qui caractérisent l'église Saint Jean-Baptiste : la tour-porche du constitue la partie la plus ancienne. Elle est surmontée d'une flèche dont la charpente est couverte d'ardoises. La hauteur totale avoisine les . (repère 1 sur le plan ci-dessous) ; la nef, rehaussée au , dépourvue de transept, couverte d'ardoises (2) ; le chevet (4), du , entouré de trois chapelles rayonnantes pourvues de clochetons polygonaux, couvertes d'ardoises comme le reste de l'édifice. Vue de l'intérieur, on retrouve : la tour-porche supporte la tribune de l'orgue(11) ; la nef de plan rectangulaire, mesure de long, sur de large avec ses deux bas-côtés. Pour alléger la charge des murs et rehausser la toiture, la charpenteCharpente réalisée par le maître-charpentier Claude Gaurot, demeurant à Nemours. repose sur les corbeaux primitifs par l'intermédiaire de liernes en bois de châtaignierLe bois de châtaignier, riche en tanins, n'est pas attaqué par les insectes parasites. laissés apparents pour souligner l'illusion d'une voûte en pierre par contraste avec les voûtains badigeonnés de blanc. L'emplacement du transept est simplement marqué par un mur d'appareil différent, percé de trois petites fenêtres, haut placées ; le chevet (4). Il est entouré d'un déambulatoire, à la largeur des nefs collatérales, sur lequel ouvrent sur les trois chapelles rayonnantes. L'église est classée au titre des monuments historiques depuis 1977.
Mobilier Tribune de la tour-clocher (11). Sur la tribune, au-dessus du porche, repose le buffet des grandes orgues de 1654: la charpente est un travail d'Henri Heurteau, charpentier à Nemours, les menuiseries sont l'œuvre de Charles Veniat, menuisier ordinaire de la Chambre du Roi Louis XIV. L'instrument de 1920 tuyaux regroupés en 28 jeux est l'œuvre de facteurs parisiens : Jacques Lefèbvre et Pierre Désenclos Ces grandes orgues remplacent l'orgue de 1566, plus petit, dont la structure a été reprise dans le nouvel instrument. En 1744 est ajouté le positif œuvre de Guyon, menuisier à Nemours , et du facteur d'orgues Nicolas Collard. Derrière l'orgue, on remarquera la marque laissée par la reprise pour l'agrandissement et la consolidation du cocher. et une colonne engagée, torsadée. Sous la tribune, deux plâtres de Justin-Chrysostome Sanson , saint Pierre côté Évangile, saint Jean-Baptiste côté Épitre.
Nef (2). Les douze verrières des fenêtres hautes sont des grisailles avec en médaillon un vitrail représentant un apôtre. (Fin du ).
Chœur (3). Le chevet (4), qui abrite aujourd'hui le maître-autel tridentin, est consacré à saint Jean-Baptiste. Il est installé le , par la volonté du curé-doyen Barbier. En pierre sculptée, de style néogothique flamboyant, il possède un tabernacle entouré de quatre bas-reliefs qui représentent des épisodes de la vie de saint Jean-Baptiste : nativitéNaissance de Saint Jean-Baptiste, prédication dans le désert Prédication dans le désert, baptême de JésusBaptême de Jésus, et l'admonestation d'Hérode AntipasAdmonestation d'Hérode Antipas pour laquelle il eut la tête tranchée. Un gisant du saint se trouve sous les arcatures de la table d'autel. L'autel moderneRite Romain rénové. qui se trouve placé à la croisée de l'ébauche de transept, a été réalisé dans le bois de l'ancienne chaire. Les verrières hautes de l'abside retracent la vie de Jean-Baptiste, de gauche à droite: 1 - Nativité de Jean-Baptiste, 2 - Prédication dans le désert, 4 - Baptême de Jésus, 5 - Décollation. La verrière 3, au milieu, représente l'offrande des reliques de saint Jean-Baptiste par Gautier de Nemours à l'archevêque de Sens. Datée de 1550, elle a été restaurée en 1860. Quatre verrières plus petites complètent cet ensemble ; ce sont, à gauche, la Résurrection de Lazare Résurrection de Lazare, Jean 11:1-44, et Jésus parmi les docteurs du TempleJésus parmi les docteurs, Luc 2:41-52; à droite, la TransfigurationLa transfiguration du Christ, Matthieu 17:1-9, Marc 9:2-9, Luc 9:28-36 et Laissez venir à moi les petits enfantsLaissez les petits enfants venir à moi, Matthieu 17:14, Marc 10:13-15, Luc 19:13. Ces vitraux comme la plupart des verrières des bas-côtés ont été mis en place à la fin du , sous l'impulsion de l'abbé Grabut, dans le style en vogue à cette époque.
Bas-côtés sud (5). Ici aussi l'abbé Grabut mit à contribution les plus riches habitants de la ville pour faire garnir les fenêtres de verrières historiées. Dans la première chapelle (51), dédiée à saint Nicolas, la verrière de la fenêtre illustre une parabole de la Bible : Le lavement des pieds chez Simon le PharisienUne femme lave les pieds de Jésus avec ses cheveux chez Simon le Pharisien auquel Jésus reproche d'avoir oublié cette coutume. Luc 7:36-38. Outre une statue de saint Antoine de Padoue, on y trouve un saint Sébastien en plâtre de Justin-Chrysostome Sanson. On trouve ensuite la sacristie (52), Dans la deuxième chapelle (53), dédiée à saint Joseph, la verrière se compose de quatre tableaux illustrant les moments forts de sa vie, Mariage avec Marie, la Nativité, la Fuite en Égypte et sa Mort.
Déambulatoire et chapelles rayonnantes (6). Sur le mur de gauche, un triptyque peint par Nicolas Guy Brenet, en 1770 , représentant le Martyre de saint Sébastien encadré par saint Éloi sur le panneau de droite et saint Vincent sur le panneau de gauche. La première chapelle rayonnante (61) est elle aussi consacrée à saint Vincent. L'autel est orné d'un bas-relief représentant saint Vincent visité par les anges ; La verrière posée en 1896 représente Les Noces de CanaLes Noces de Cana, Jean 2:1-11. La chapelle axiale (62) est dédiée à la Sainte Vierge. La verrière de la fenêtre détaille les différents mystères du Rosaire. Le médaillon du dessus illustre la bataille de Lépante, en 1571 pour laquelle le Pape Pie V institua le Rosaire. En face est exposée une pietà, œuvre de Justin-Chrysostome Sanson, sur le socle de laquelle le sculpteur a apposé un bas-relief représentant la Résurrection de JésusRésurrection de Jésus, Marc 16:1-8, Matthieu:28, 1-10, Luc 24:1-12, Jean 20:1-17. La troisième chapelle (63) est consacrée au culte du Sacré-Cœur, représenté sur le vitrail de la première lancette de la verrière par l'Apparition du Christ à Marguerite-Marie Alacoque. À gauche de l'autel se trouve la première pierre de l'église portant l'inscription (très effacée) : L' AN MILLE CINQ CENT TREIZE, LE 26 AOUT FUT POSEE LA PREMIERE PIERRE ... (6) Une grille liturgique réalisée en 1890, à la demande du curé Barbier, clôture le chœur. Ses écussons rappellent les saints honorés plus particulièrement dans la région.
Bas-côtés nord (7). Ces bas-côtés, abritent trois chapelles. La « chapelle de la Bonne Mort »(71) consacrée à Notre-Dame des Sept Douleurs. La suivante est consacrée à saint Éloi (72) dont on voit la statue sur l'autel. La troisième (73) abrite PhilippeLa cloche fondue en 1672 par Jean Gillot porte le prénom de Philippe d'Orléans dit Monsieur, frère du Roi , duc d'Orléans, et de Nemours , une cloche déposée en 1990.
Galerie
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
Article connexe Liste des monuments historiques de Seine-et-Marne
Liens externes
Office de tourisme du pays de Nemours. - Patrimoine culturel
Catégorie:Église construite au XIIe siècle ÉgliseSaintJeanBaptisteNemours Catégorie:Église transformée au XIIIe siècle Catégorie:Église transformée au XIVe siècle Catégorie:Église incendiée au XVe siècle Catégorie:Église reconstruite au XVIe siècle Catégorie:Église reconstruite au XVIIe siècle ÉgliseSaintJeanBaptisteNemours ÉgliseSaintJeanBaptisteNemours ÉgliseSaintJeanBaptisteNemours Catégorie:Église catholique en Île-de-France (édifice) Catégorie:Église dédiée à saint Jean-Baptiste en Île-de-France ÉgliseSaintJeanBaptisteNemours ÉgliseSaintJeanBaptisteNemours Catégorie:Église romane en Seine-et-Marne Catégorie:Église monument historique en Seine-et-Marne ÉgliseSaintJeanBaptisteNemours ÉgliseSaintJeanBaptisteNemours