Le musée d'Archéologie de Catalogne se trouve dans la ville de Gérone, dans l'ancien .

Le musée Le musée d'Archéologie de Catalogne de Gérone abrite des objets et documents archéologiques, datés de la Préhistoire au Moyen Âge, découverts lors de fouilles réalisées dans la province de Gérone.

L'origine de ce musée remonte au Musée provincial des Antiquités et des Beaux-Arts, fondé en 1846 par la Commission provinciale des Monuments : il est donc l'un des plus anciens musées de Catalogne. Entre 1846 et 1857, le musée a connu plusieurs emplacements. Depuis 1857, il est installé au monastère de Sant Pere de Galligants.

Le bâtiment dans lequel il se trouve est l'un des exemples les plus remarquables de l'art roman catalan du . On ne connaît pas la date exacte de sa fondation, mais il existait déjà lors de la première moitié du . En 1836, il a été abandonné par la communauté de moines bénédictins, conformément aux lois de désamortissement. Le musée actuel occupe le cloître, l'église romane et quelques bâtiments ajoutés dans la seconde moitié du . Depuis 1992, il fait partie du musée d'Archéologie de Catalogne, dirigé par l'Agence catalane du patrimoine culturel.

Parcours dans le musée Préhistoire Cette salle met l'accent sur la présentation de l'activité humaine depuis l'apparition de l'Homme jusqu'à l'âge des métaux.

Les premiers signes de peuplement humain en Europe et la péninsule remonte à un million d'années, au commencement du Paléolithique. Cette longue période a commencé en Catalogne il y a environ et s'est terminée il y a environ avec le début du Néolithique.

L'Homme qui, dans le Paléolithique, était un chasseur-cueilleur, devient, avec la révolution du néolithique, agriculteur et éleveur. Il a apprivoisé les animaux et découvert certaines espèces de céréales et de légumes. Ces changements majeurs dans les stratégies de subsistance sont accompagnés par l'abandon de la vie nomade et la construction de grands villages. Les hommes se sont alors mis à fabriquer des outils en pierre, en céramique et tissés.

Les formes d'enterrement, qui, initialement, se caractérisaient par leur individualisation, évoluent vers des formes plus complexes et plus monumentales, donnant lieu au mégalithisme.

Pic du Montgrí sur galet de porphyre. Le pic du Montgrí, qui provient du Cau del Duc, est un outil pointu taillé sur une seule face. Il est fait de porphyre taillé à l'aide d'une pierre. Les galets employés pour la confection de ces outils provenaient du lit du fleuve Ter, situé à proximité de la grotte. La popularité croissante de cette grotte au cours de la première moitié du amenèrent certains cercles de préhistoriens européens à utiliser le terme pic del Montgrí pour nommer les outils unifaciaux pointus. Noyau levalloisien en quartz. Des méthodes de taille ayant pour objectif d’obtenir des éclats aux formes plus ou moins standardisées se développèrent au cours du Paléolithique moyen. À cet effet, on taillait un bloc de pierre selon une série d’étapes prédéterminées et en développant une méthode préconçue. Ces éclats aux grands bords coupants étaient utilisés directement ou on en préparait la taille pour ensuite leur donner une fonction déterminée. Le nom de la technique provient du lieu où elle a été identifiée : le site archéologique de Levallois-Perret. Harpon orné d'os. Harpon réalisé en corne avec des incisions décoratives. La présence de l’espèce Homo sapiens se traduit par la sophistication des techniques de chasse, ainsi que celle des outils utilisés à cet effet. C’est au cours du Paléolithique supérieur que l’usage du propulseur et de l'arc fut documenté. Les harpons à une ou deux rangées de dents constituent des outils très efficaces au moment de maîtriser la proie. Leur usage est souvent associé à la pêche. Collier en coquille et os. Collier de la famille Dentaliida (Dentalium) et Turbinidae (Turbo) fabriqué avec des coquilles de mollusques et une défense de cerf percée. À partir du paléolithique, la présence d'Homo sapiens augmente le nombre d'éléments liés à l'ornementation individuelle ainsi que diverses réalisations artistiques sur des biens meubles et immeubles, à l'instar des peintures. Noyau en silex « miel ». Au cours du Néolithique moyen, il y avait d’importants réseaux d’échanges de matières premières, tels que celui du silex « miel », provenant probablement de Provence, de la variscite de Gavà et de l’obsidienne des îles Lipari, près de la Sicile. Le silex de couleur miel apparaît au cours du Néolithique moyen sous forme de lames, de pointes de flèches et de noyaux. Généralement, ce type de silex est taillé à l’aide de la technique de pression et il fait partie des trousseaux destinés aux enterrements. Casserole en céramique faite à la main. Vase en céramique de forme hémisphérique et aux dimensions moyennes, fait à la main, pourvu de quatre petites anses tubulaires et d’un petit bec. Au cours du Néolithique moyen, les vases en céramique étaient associés aux inhumations et déposés dans les tombes comme trousseaux. Cette casserole, découverte lors de l’inhumation de Fonteta, est la seule de ce type dans le contexte des enterrements documentés en Catalogne.

L'âge des métaux L'âge des métaux commence avec l'introduction de la métallurgie. Le Chalcolithique (3500-2200 ), qui commence avec la découverte du cuivre, est une ère sans grands changements dans le mode de vie des habitants. L'économie précédente perdure, ainsi que l'habitat troglodytique, la réutilisation de mégalithes et l'enterrement par inhumation collective.

L'âge du bronze (2200-1800 ) commence avec la découverte de l'alliage de cuivre et d'étain. Cette ère est méconnue. La maîtrise du bronze n'amène pas de changement significatif.

Cependant, ce qui est connu comme le bronze final (1200-700 ) représente une période de changement. Le rite funéraire de l'incinération apparaît. La métallurgie s'intensifie avec l'utilisation et l'expansion du bronze ; de plus, l'élevage et l'agriculture se développent, et le nombre de villages augmente.

À la fin de l'ère apparaît la sidérurgie du fer, l'un des plus importants progrès technologiques de l'époque. En Catalogne, les objets en fer les plus anciens datent d'environ 700 à 575 , et peu après, apparaissent les armes comme des épées avec pommeau à antennes.

Perles en or. Perles de collier formées à partir de feuilles d’or pliées. La connaissance technique associée à la métallurgie est liée au travail des divers métaux, tels que l’or et le cuivre, qui ont un point de fusion similaire (±1050 ). L’or natif est le métal le plus maniable et ductile connu. En raison de la facilité avec laquelle il peut être travaillé, c'est l’un des premiers métaux employés au cours de la Préhistoire catalane. Il apparaît au Néolithique final. Hallebarde en cuivre. Arme offensive consistant en une feuille de cuivre triangulaire renforcée par une nervure. Elle était munie d'un manche transversal, perpendiculaire ou légèrement oblique, fixé par trois rivets. Ce type d'arme est fréquent dans les tombes des hommes de la culture d'El Argar (Andalousie orientale et Murcie). Pour cette raison, cet objet constitue une découverte rare dans cette région du Nord-Est de l'Espagne. Épingle à tête en bronze. Pièce qui présente deux têtes enroulées avec deux collerettes qui forment des antennes. Elle appartient au trousseau d’une tombe de la nécropole de Can Bec de Baix. L’incinération est le rituel funéraire le plus courant. À côté de l’urne qui contient des restes humains, quelques tombes comportent des petits vases d’accompagnement, ainsi que des objets personnels en bronze ou, pour les plus modernes, en fer. Hache en bronze. Le dépôt de Ripoll a été trouvé dans une cachette à Pla d'en Pere, à deux kilomètres au nord de Ripoll. Il est formé d'un groupe de quatorze ustensiles en bronze très usés, qui comporte onze haches de différentes origines et époques, un fer de lance, un ciseau et une virole. Cette hache est d'origine centre-méditerranéenne mais provient directement de la zone atlantique française. Elle est datée entre 900 et 800 et les objets ont été cachés à Ripoll avant 850 Urne d’incinération en céramique faite à la main. Les tombes de la nécropole contiennent l’urne cinéraire, presque toujours décorée et recouverte d'un bouchon, tous deux en céramique. Très peu disposent de trousseau funéraire. Ce lieu se caractérise par un taux de mortalité infantile et juvénile très élevé. Boucle de ceinture en bronze. Pièce faisant partie du trousseau d’une tombe de la nécropole de la muraille Nord-Est d’Empúries, Il s’agit d’un objet doté de trois crochets, fabriqué à partir d’un moule bivalve, avec un talon rectangulaire et une plaque hexagonale. La décoration est une impression granulée, qui forme une ligne suivant le contour de la pièce, et la plaque comporte un cercle déprimé, servant certainement à soutenir une lame en argent.

Les colonisations (Phéniciens, Carthaginois, Grecs, Étrusques) et l'époque ibère Pendant le , plusieurs peuples de la Méditerranée, les Phéniciens et les Carthaginois, les Grecs et les Étrusques entrent en contact avec les populations de la zone côtière de la péninsule ibérique et établissent des relations commerciales qui portent sur l'échange de biens manufacturés contre des matières premières.

Dans le même temps, les populations indigènes de l'âge du bronze dans la partie méditerranéenne de la péninsule entament un long processus d'évolution conduisant à la formation de la culture ibérique.

La culture ibérique présente certaines caractéristiques communes : la construction généralisée avec des matériaux durs (pierre, adobe), l'apparition d'un urbanisme, l'adoption du tour du potier, le développement de la métallurgie du fer ou la création d'un système local d'écriture. La société est divisée en classes. L'économie repose sur l'agriculture sèche et est complétée par l'élevage.

Le contact avec les peuples coloniaux a eu des répercussions importantes dans les formes d'organisation de la société, l'économie et les croyances.

Pichet phénicien en céramique. Grand conteneur à bec ample d’origine phénicienne qui servait à stocker des aliments solides. Il provient probablement du Sud de la péninsule ibérique (650-600 ). La nécropole où il fut découvert, connue depuis 1888, se situe sous l’usine Burés. Les fouilles menées à cet endroit entre 1954 et 1955 permirent de découvrir de nouvelles tombes d’incinération dans une fosse. Elles contiennent un riche trousseau et trois d’entre elles renferment les premiers objets en fer et céramique d’origine phénicienne. Cratère en céramique attique à figures rouges. Le cratère était utilisé pour mélanger le vin et l’eau lors du banquet funéraire. Dans le monde ibérique, la vaisselle attique constituait un symbole de richesse et dénotait d'un certain prestige social. Le cratère en cloche était l’une des pièces les plus prestigieuses et, probablement, les plus onéreuses. Cet exemplaire présente une décoration formée par une guirlande de feuilles d’olivier sous le bord. La scène conservée montre une figure féminine, probablement une Ménade, qui danse avec un thýrsos (barre ou bâton orné de vigne ou de feuilles de lierre) dans la main droite. Sur le côté gauche on aperçoit un griffon, animal fabuleux mi-oiseau, mi-lion, associé à la mort et à la résurrection.