René Bigand, né le à Boulogne-sur-Mer dans le Pas-de-Calais et mort le près d'Arles dans les Bouches-du-Rhône, est un aviateur français, pilote militaire et pilote d'essai.

Pilote de guerre Nommé sous-lieutenant à sa sortie de l'École de l'Air, en , il est breveté pilote le . Il effectue un stage sur multimoteur à Avord avant de rejoindre la escadre de bombardement, à Bordeaux-Mérignac, où il vole sur bombardier quadrimoteur britannique Handley Page Halifax. À la fin de 1950, il se voit confier la réception de Douglas B-26 Invader, des bimoteurs américains de bombardement léger, avec lesquels il participe à la mise en place du groupe de bombardement 1/19 « Gascogne », en 1951 à Saigon. Pendant la guerre d'Indochine, il forme des équipages mais mène aussi des missions de combatMarck, 2005, .

Pilote d'essai À l'issue de la guerre d'Indochine, il entre au Centre d'Essais en vol (CEV), se retrouve affecté à l'École du personnel navigant d'essais et de réception (EPNER) de Cazaux dans la même promotion que Jacqueline Auriol. En 1954, il obtient la licence de pilote d'essai . Il est désigné comme officier de marque de l'Étendard de Dassault Aviation, qu'il présente dans sa version "appui tactique" au concours OTAN, organisé à Brétigny en . Le concours est gagné par le Fiat G.91 italien, mais grâce aux données accumulées par René Bigand sur le prototype, Dassault parviendra à réaliser une version améliorée, l'Étendard IV, un chasseur embarqué promis à une brillante carrière dans l'Aéronavale.

Au CEV, il réalise bien involontairement une "première" en France : le , lors d'un vol d'essai sur le prototype 001 du biréacteur SNCASO SO-4050 Vautour, son avion part en vrille et il doit utiliser son siège éjectable, de même que l'ingénieur navigant de première classe Wanner, en place arrière. Cette double éjection simultanée est une "première" en France. Tous deux y survivront, après quelques mois d'hôpital pour Wanner qui subit un atterrissage brutal et se décide, après avoir survécu miraculeusement à cet accident, à demander en mariage sa petite amie..

Lorsqu'il quitte le CEV, le , le commandant Bigand intègre le bureau des programmes de matériel (BPM) de l'état-major. Marcel Dassault l'a remarqué et lui offre de devenir chef pilote de Dassault Aviation en remplacement de Roland Glavany. Cela lui permet de travailler sur de nombreux programmes d'avions civils et militairesDassault Aviation : le Dassault Mirage III ; le Dassault Mirage IV : le , aux commandes de ce bombardier bisonique unique en Europe, René Bigand bat le record du monde de vitesse sur circuit fermé de avec un vol de et soit une vitesse moyenne de Aviation magazine international - 1979 - Extraits, Numéros 745 à 756 - Page 226. Ce record était précédemment détenu par l'intercepteur américain McDonnell F-101 Voodoo, avec "seulement" . premier vol du "Balzac", un avion à décollage vertical, le . premier vol du Mirage III V (pour Vertical), la version opérationnelle du "Balzac" qui ne sera pas retenue, le . premier vol du Dassault Mystère 20, premier d'une série de "jets" privés pour hommes d'affaires, le .

Revenu aux avions de combat, René Bigand participe, le , aux essais du biplace Mirage F2 (F pour "ailes en flèche", contrairement au Dassault Mirage III à aile delta). Ces expérimentations, où René Bigand a dépassé Mach 1,5 aisément, conduisent à la réalisation d'une version monoplace de , le Dassault Mirage F1, dont René Bigand assure le premier vol, le . L'avion doit être présenté en vol au Salon du Bourget fin . Une semaine avant le salon, lors de son vol, le , le F1-01 rencontre soudain des problèmes de vibration des gouvernes. L'appareil devenu incontrôlable s'écrase entre Fos-sur-Mer et Arles, en bordure de la route nationale 568, lieu-dit "ferme le retour des Aires"Aérostèles.net - Lieu de mémoire. On ne retrouvera aucune trace du pilote. L'état-civil de sa ville natale, Boulogne-sur-Mer, mentionne Arles comme lieu de décèsMarck, 2005, . René Bigand totalisait de vol.

Distinctions le . 50px Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs 50px Médaille de l'Aéronautique En 1962, l'Association des Journalistes Professionnels de l’Aéronautique et de l’Espace (AJPAE) lui décerne le prix Icare.

Hommages Il est choisi comme « parrain » par la promotion 1968 de l'École de l'air.. La promotion 1991-1992 de l'EPNER a pris le nom de baptême « René Bigand »..

Notes et références

Bibliographie .

Catégorie:Aviateur français Catégorie:Pilote d'essai Catégorie:Naissance en janvier 1923 Catégorie:Naissance à Boulogne-sur-Mer Catégorie:Décès en mai 1967 Catégorie:Décès à 44 ans Catégorie:Décès à Arles Catégorie:Mort dans un accident aérien Catégorie:Officier de la Légion d'honneur promu en 1962 Catégorie:Titulaire de la croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs Catégorie:Titulaire de la médaille de l'Aéronautique Catégorie:Récipiendaire du prix Icare