Les premiers enseignements de l'informatique au lycée (en Brevet de techniciens supérieurs et dans les sections technologiques) datent des années 1960 (voir, par exemple, Baron, 1987).
Dans la formation générale, le , remis en 1980 au président de la République recommande d'enseigner l'informatique dès la classe de et de créer un CAPES et une agrégation d'informatique. Il ne sera que partiellement mis en œuvre : en 1981, une option informatique est lancée à titre expérimental dans 12 lycées. Elle s'étendra progressivement à environ la moitié des lycées mais sera finalement supprimée à la fin des années 1980. L'intérêt pour l'enseignement de l'informatique reviendra dans la seconde moitié de la décennie 2000-2010, cet intérêt se concrétisant dans la mise en place de nouveaux enseignements.
Historique Dès 1958, le docteur André Joussaume, directeur du Sanatorium universitaire Jacques Arnaud de Bouffémont, qui accueillait les étudiants tuberculeux dans le Val-d'Oise jusque dans les années 1960, y développe un projet de "formation permanente en électronique", dispensée au sein du site même, complétée en 1965 par un second cours en électroniqueSynthèse de Francis Auger, en février 2014, dans "Initiatives et Actions pour la Sauvegarde de l’Environnement et des Forêts", pour le Centre associatif Françoise Bonn de L'ISLE ADAM Histoire du site, par le Village de Bouffémont , puis en 1964-1965 aussi, par les premiers certificats de programmation informatique, discipline alors complètement nouvelle, au moment où se met en place le plan Calcul.
De 1969 à 1993, a existé un bac H à dominante informatique, dont les premiers diplômes sont délivrés en 1970 avec une formation de programmeur (15 heures d'enseignement spécifique sur 31)Les cahiers français: documents d'actualité, 1971. Il s'agit d'un bac technologique, qui précède l'introduction de l'informatique comme outil pédagogique au sein de lycées expérimentaux au cours de la décennie 1970. De premières expérimentations autour du langage Logo ont eu lieu aussi dans les années 1970. À cette époque, les écoles et les collèges ne bénéficiaient pas tous d'équipements informatiques.
Dans le cadre du plan calcul du président de Gaulle, son successeur Georges Pompidou a lancé dès 1970 l'opération . À cette occasion, a été créée l'association EPI, ainsi que le langage de programmation LSE. Les 58 lycées ont été équipés en ordinateurs Mitra 15 et T1600.
Il est couramment admis que l’introduction de l’informatique dans l’enseignement général français trouve son inspiration dans un séminaire organisé au Centre national d’études pédagogiques de Sèvres en . Tous les participants estiment "qu'une action importante doit être entreprise" pour la formation des enseignants à l'informatique" et sont créés les premiers stages approfondis d’un an, pour un millier d'enseignants, chez les trois constructeurs (IBM, CII, et Honeywell-Bull)Jacques Baudé. Éléments pour un historique de l’informatique dans l’enseignement général français. Sur sept décennies. EpiNet, avril 2021 .
Le rapport Nora-Minc de 1978 préconise de relancer l'opération, sous le nom de 10 000 micro-ordinateurs. Les établissements scolaires concernés sont alors équipés d'ordinateurs LogAbax et Micral.
Dès 1983, le président François Mitterrand annonce sa volonté d'équiper des établissements scolaires de certaines académies, d'ordinateurs Thomson TO7.
Le gouvernement a préparé en 1984 et présenté le le plan « Informatique pour tous » (IPT). Ce plan, malgré ses imperfections et surtout le fait qu’il n’a pas eu la durée, a été un moment fort d’un processus entamé dès les années 1970. Par l’équipement de tous les établissements publics d’enseignement, ce plan avait pour objectif d’initier tous les élèves et les étudiants à l’informatique. De plus, ces équipements devaient être accessibles à tous les citoyens. Ce plan, fut essentiellement sous le signe de l’utilisation des logiciels dans les disciplines et activités. Mais il n’y a pas eu exclusion de l’option informatique qui s’est développée en parallèle.
Le Plan informatique pour tous a permis de déployer dans les écoles des équipements munis du langage LOGO.
L'option informatique des lycées Par la note du , le Ministère de l’éducation nationale annonce la création d’une option informatique expérimentale en classe de seconde qui sera mise en place dans 10 à 12 lycées afin d'étudier l'apport de l'informatique à la formation générale des élèves.
Programme de l’option en classe de seconde Généralités : l’information, le matériel, les logiciels Méthodes informatiques Lire un texte et formuler le problème à résoudre - proposer et formuler avec précision une méthode de résolution la rédiger dans un langage de programmation - la mettre en œuvre sur un ordinateur Programmes sans boucle Programmes itératifs simples Applications de l'informatique Informatique et société
Programme en classe de première (rentrée 1982) Horaires hebdomadaires : 1 heure de cours et 1 heure 30 de travaux pratiques (classe dédoublée). Les professeurs disposent de 2,5 heures-année pour leur formation, pour la concertation et l’évaluation. Matériel Outils et méthodes de construction de programmes Structures de contrôle Méthodes de programmation L'informatique et ses applications Présentation de quelques domaines d'application de l'informatique Notions sur les bases de données. Projets : Réalisation d'un ou deux programmes de plus grande importance : spécification des différentes parties, travail en équipe, élaboration de la documentation, intégration des différentes parties.
Programme en classe de terminale (rentrée 1983) Matériel Outils et méthodes de construction de programmes Fonctions et procédures récursives Exemples de structures de données plus complexes Compléments sur les méthodes de programmation L'informatique et ses applications Panorama des principaux langages de programmation utilisés en mettant en évidence leurs points communs Notions de télématique, réseaux d'ordinateurs, bases de données distribuées. Notions sur l'intelligence artificielle, les programmes de jeux et la génération d'arbres d'essais, les retours en arrière Implications socio-économiques de l'informatique Projets : réalisation d'un projet d'une certaine importance en insistant sur les points précisés dans le programme de première.
L’option rencontre un franc succès, ce qui entraîne, compte tenu du nombre insuffisant d’enseignants, une sélection des élèves dans certains lycées. En 1984-85, l’option informatique concerne 74 établissements. A la rentrée 1985 (150 lycées) elle est officiellement généralisée et les programmes publiés. Dans son premier rapport, le Conseil supérieur des programmes propose une épreuve au Bac qui pourrait prendre la forme d’une interrogation orale. Le ministère décidera d’une épreuve écrite.
Dans sa conférence de presse du , le nouveau ministre de l'Éducation nationale René Monory confirme l'OI et l'épreuve facultative au baccalauréat. Il va même plus loin en annonçant la création d'un corps de professeurs d'informatique du secondaire.
Le Bulletin officiel de l'éducation nationale du officialise l'épreuve d'informatique au baccalauréat. Les sujets de bac ne comportaient qu'un seul exercice (sur un total de 3) concernant la programmation. Celle-ci se faisait en BASIC, LSE ou Pascal mais le programme citait également Turbo-Prolog.
Effectifs de l’option En 5 ans, l’option est passée de 75 lycées (7000 élèves) à plus de 500 lycées (). En 1992, année de la première suppression, 50 % des lycées d’enseignement général avaient ouvert une option informatique.
Contexte intellectuel En 1987 est née l’idée d’un colloque sur la didactique de l’informatique qui réunirait une communauté faite d’universitaires et d’enseignants du terrain. L’association Francophone de Didactique de l’Informatique fut créée. Cinq colloques francophones eurent lieu (Paris 1988, Namur 1990, Sion 1992, Québec 1994 et Monastir 1996).
L’option informatique au baccalauréat Note de service du signée du Directeur des lycées et collèges M. Lucius (extrait) :
Première suppression de l’option informatique (1992) En réponse à la saisine du ministre Lionel Jospin ayant pour objet une réforme des filières du lycée, le Conseil National des Programmes propose la suppression de l’option informatique. Les propositions du CNP font l’objet d’une large diffusion en livre de poche Quel lycée pour demain ? (CNDP-MEN-1991) Page 137 : « … il convient d’enseigner en priorité non pas l’informatique discipline mais l’informatique outil. » Page 140 : « Sur le plan socio-économique, est-on dans un tel besoin d’informaticiens qu’il faille encourager le plus grand nombre de jeunes à s’engager très tôt dans cette voie ? »
Le Bulletin officiel de l'Éducation nationale du scelle la première suppression en seconde à la rentrée, remplacée par des ateliers de pratique (APTIC) ouverts aux élèves volontaires sans niveau de classe. Le scepticisme est général, les enseignants démobilisés. Les APTIC n’auront pas d’avenir.
Rétablissement (1995) et deuxième suppression (1998) Le ministre François Bayrou rétablit, dans le cadre du « Nouveau contrat pour l’École » (décision ) une expérimentation d’un enseignement d’informatique en seconde à la rentrée 1995. Et le Bulletin officiel du publie les grilles horaires de Première et Terminale ainsi que le programme pour la classe de Première. Le ministre Claude Allègre, malgré l’avis du Conseil supérieur de l’éducation, supprime pour la seconde fois l’option informatique.
Les années 1990 : l'outil informatique Dans les années 1990, s'est imposée l'idée qu'il n'était pas utile d'enseigner l'informatique en tant que discipline à l'École, mais que toutes les disciplines devaient prendre en compte l'outil informatique.
Au collège, faisant suite aux travaux manuels et techniques, la discipline technologie a pris en compte de manière importante l'informatique dans les années 1990. L'idée était que l'informatique était la science du traitement de l'information considérée comme une matière d'œuvre.
Les années 2000
Le Brevet informatique et internet À partir des années 2000, le ministère de l'Éducation nationale a considéré qu'il y avait des compétences indispensables en informatique et a créé le Brevet informatique et internet (B2i). Il s'agissait de former des utilisateurs dits citoyens c'est-à-dire responsables et autonomes vis-à-vis de l'information.
L'originalité de cette certification, qui en est aussi une limite, est qu'elle est organisée entièrement sous la forme de compétences à acquérir et qu'il n'y a pas de curriculum correspondant ni de connaissances précises à acquérir. Deux niveaux ont d'abord été définis : école primaire et collège. Par la suite, le niveau lycée-CFA a été institué. Les compétences du B2i ont également été prises en compte, en 2006, dans le Socle commun de connaissances et de compétences régissant ce que les jeunes français doivent avoir acquis à la fin de la scolarité obligatoire.
Enseignement de l'informatique en filières technologiques Les filières technologiques se voient dotées de deux spécialités articulées autour de l'informatique :
SIG (Système d'informations de gestion) en STMG (tertiaire) SIN (Systèmes informatiques et numériques) en STI2D (ingénierie).
ISN et ICN L'épreuve optionnelle (anticipée) de mathématiques au bac L comporte des algorithmes à compléter ou corriger, rédigés en pseudocode. Les aménagements de programme de mathématiques applicables à la rentrée 2009 en classe de Seconde, voient apparaître le mot algorithmie puis algorithmique. Les cours de mathématiques comportent dès lors des activités de programmation, en général en Algobox.
ISN