Bitch Planet est une bande dessinée américaine créée par la scénariste Kelly Sue DeConnick et le dessinateur Valentine De Landro. La série est une parodie féministe du cinéma d'exploitation. Elle se déroule dans une société dystopique où des femmes déclarées non conformes sont envoyées dans une prison située sur une planète lointaine...
Historique de publication La scénariste DeConnick décrit la création de l'ouvrage comme étant .
Le premier numéro est publié en par l'éditeur Image Comics. En français, il est publié par les éditions Glénat Comics..
DeConnick et De Landro se rencontrent pour la première fois lors d'une exposition de fans à Toronto, au Canada. DeConnick apprécie le travail de De Landro, tout particulièrement son utilisation du noir et des ombres pour transmettre l'émotion des personnages. Ils échangent par la suite et envisagent une collaboration sur un album Marvel comic. Ils n'arrivent cependant pas à trouver une opportunité pour mettre en œuvre cette collaboration à travers Marvel, et décident de créer leur propre série à la place. De Landro choisit Bitch Planet parmi deux autres projet que DeConnick écrivait alors. La plupart du travail de dessin des couvertures est réalisé par De Landro, mais ils invitent une artiste à faire les illustrations d'un numéro sur trois.
DeConnick décrit la création du livre comme étant née d'une « attirance profond et durable sur le thème de l'exploitation et des films de prison pour femmes des années 1960 et 1970 ».. Les deux créatrices voulaient inclure les intrigues et les aspects difficiles de la vie des femmes incarcérées, tout en proposant un changement narratif sur le thème de l'oppression des femmes. DeConnick voulait absolument dépeindre la nudité des femmes dans la BD sans l'associer à l'érotisation et la stimulation du désir spécifiquement masculin. Ils pensaient inclure l'histoire d'une prisonnière toutes les trois publications, mais découvrent ensuite le série de Netflix Orange Is the New Black, qui comporte un scénario similaire. Ils décident alors de continuer avec leur projet initial et d'éviter de regarder la série de Netflix afin de ne pas en subir l'influence.
Chaque publication se termine avec une section appelée Bitch Fest, contenant une lettre de DeConnick sur des sujets relatifs à la BD, la politique, le féminisme.
La section contient une partie intitulé Bitches Be Like, où les invitées généralement féministes écrivent un court passage sur les thèmes abordées dans la publication. Des tweets de fans sont parfois inclus dans une sous section intitulée Itty Bitty Bitchy, ainsi que des photos et des dessins artistiques réalisés par les fans dans une section Bitch Face.. La quatrième de couverture de chaque publication inclut des publicités satiriques pour des BD comme et des produits de BD comme , avec une connotation féministe.
Chaque volume et chaque publication est publiée par Image Comics et est disponible en version imprimée et numérique. Après la publication du numéro 10 de Bitch Planet, une série d'anthologie appelée Bitch Feature: Triple Feature! commence, dont chaque numéro contient trois histoires de trois autrices différentes.
Scénario La série se concentre sur plusieurs femmes emprisonnées sur une planète lointaine nommée Auxiliary Compliance Outpost car considérées « non-conformes (NC) ». L'histoire se déplace à travers le temps afin de présenter la façon dont les femmes ont été arrêtées ainsi que leurs diverses expériences au sein de la prison.
Volume 1 : Extraordinary Machine Numéro # Date de sortie 1 10 décembre 2014 2 Janvier 2015 3 Février 2015 4 Avril 2015 5 Septembre 2015
Volume 2 : President Bitch Numéro # Date de sortie 6 6 janvier 2016 7 17 février 2016 8 22 juin 2016 9 10 août 2016 10 7 septembre 2016
Thématiques Bitch Planet explore les thématiques du jeu d'arène, de l'univers carcéral, de la téléréalité, des violences racistes et genrées et du système hétéro patriarcal.
Le jeu d'arène Grace D.Gipson compare les univers du Megaton, le jeu d'arène et de téléréalité présenté dans Bitch Planet, avec celui de Hunger Games. Le jeu est dans les deux cas utilisé pour divertir une élite dirigeante décrite comme dictatoriale, il est télévisé et l'audimat est central, et il met enfin au centre de l'intrigue deux personnages qui sont des femmes, Katniss Everdeen pour Hunger Games et Kamau Kogo pour Planet Bitch. Le Megaton met cependant l'accent sur l'utilisation de corps de femmes noires et racisées dans les arènes, pour le plaisir des Pères du protectorat qui exercent le pouvoir dans ce qu'on peut appeler un boyz club, ajoutant à la critique politique d'un pouvoir dictatorial une critique féministe intersectionnelle..
Racisme et sexisme Les femmes détenues sur Bitch Planet ont souvent pour dénominateur commun d'être des femmes de couleur, d'être en colère et en révolte, et stigmatisées dans la société dans laquelle elles vivent.
Dans Hunger Games, l'héroïne choisit librement de prendre la place de sa sœur, tandis que Mamau Kogo y est forcée, tout en sachant qu'elle n'a aucune chance de gagner. Pas question comme Katniss d'espérer la faveur des juges par la séduction médiatique : le seul avantage que le Megaton offre aux détenues noires dites non conformes de Bitch Planet, est de constituer un lieu où elles peuvent enfin se battre contre le sexisme et le racisme de leurs oppresseurs rendant visible le fait que les Pères ne sont pas si bienveillants qu'ils le disent, et obtenant une mince chance de rendre visible leur rébellion contre un système politique totalitaire.
Violence salvatrice Une forme de violence satirique et d'érotisation associée à l'humour constitue la marque de fabrique spécifique des albums. La critique du système hétéro-patriarcal de Bitch Planet a également ceci de particulier qu'elle fait écho au monde moderne réel, et ainsi que le formule Danielle Henderson dans l'essai publié en fin de l'album Bitch Planet #2. « Le fait frappant à propos de Bitch Planet, c'est que nous sommes déjà dedans ».. La violence, l'érotisme et l'humour y sont vus comme une forme d'encapacitation légitime pour des victimes d'oppression.
Féminisme Le premier album intègre en fin de volume un véritable essai sur le féminisme et un entretien avec les créatrices, écrit par Pia-Victoria Jacqmart.
Personnages Les détenues : Marian Collins est la femme d'un homme qui s'en débarrasse pour pouvoir vivre avec sa maitresse, Dawn. Penny Rolle est une femme noire de forte corpulence détenue pour avoir réagi violemment à des insultes et refuser de se conformer à l'idéal de féminité blanche, soumise, mince et délicate pronée par les Pères Kamau Kogo est une femme noire qui accepte d'être la cheffe d'une équipe de NC, pour "non conforme", soit les détenues de Bitch Planet au cours de joutes nommées Megaton. Meiko Maki est la fille d'un architecte opposé au régime du protectorat, qui a elle-même collaboré avec son père pour saboter un vaisseau destiné à servir de lieu de détente pour l'élite du protectorat. Violet
L'administration pénitentiaire : Roberto Solanza est le directeur de la communication du régime du protectorat The Model est un hologramme de genre féminin utilisé pour exercer une coercition sur les détenues de Bitch Planet pour qu'elles deviennent conformes à ce que la société attend d'elles. Leurs discours à première vue compatissant, leur enjoignant de comprendre la bienveillance des Pères se double d'une tentative de culpabilisation des détenues, affirmant qu'elles sont sur Bitch Planet en raison de leurs choix. Schiti
Accueil L'accueil du public pour Bitch Planet est globalement positif..
Susana Polo de The Mary Sue. indique : . Jeff Lake, écrivant pour IGN., le qualifie de comics excellent. Chris Sims de Comics Alliance, à propos de la première publication estime : .. Le premier volume du comics reçoit des appréciations plus mitigées de The Guardian, qui tout en louant la série dans ces termes : « une immersion rafraichissante dans le genre féministe de l'exploitation », le critique pour son utilisation de « pleins d'ingrédients ... ajoutés sans trop y penser » qui mène à une critique embrouillée de la religion et de la politique..
La série est nommée aux Prix Eisner 2016 dans la catégorie « meilleure nouvelle série » pour son scénario..
Le blog dédié aux comics The Middle Space consacre trois publications en ligne sous forme de tables rondes dédiées à Bitch Planet....
Succès du Sigle NC (non conformité)
Les détenues de Bitch Planet sont estimées NC (non conformes) et on leur tatoue ces lettres sur la peau à leur arrivée. Le sigle « NC » est repris par de nombreuses lectrices qui le tatouent sur leur corps dans un style dit « badass » , s'estimant féministes, en colère, noires, queers, ne voulant pas adhérer aux normes hétérosexuelles, et opposées aux normes de genre imposée par la société..
Bitch Planet: Triple Feature! Bitch Planet: Triple Feature! est une série de 5 publications de bandes dessinées après le dixième exemplaire de Bitch Planet. Chaque publication contient 3 histoires se passant dans le monde de Bitch Planet, explorant des thématiques similaires aux publicaitons précédentes. Ces histoires sont écrites et dessinées par diverses artistes. +IssueTitreAutriceArtiste1WindowsCheryl Lynn EatonMaria Fröhlich1Without Aand WithinAndrew AydinJoanna Estep1The Invisible WomanConley LyonsCraig Yeung (Art) / Marco D’Alfonso(Colours)2What's Love got To Do With It?Jordan ClarkNaomi Franquiz2This Is Good For YouDanielle HendersonRo Stein/Ted Brandt2Bits And PiecesChe GraysonSharon Lee De La Cruz3Those PeopleAlissa SallahAlec Valerius3Big GameDylan MeconisDylan Meconis3Love, Honor & ObeyKit CoxVanesa R. Del Ray4Life Of A SportsmanMarc DeschampsMindy Lee4BodymodSara WoolleySara Woolley4To Be FreeVita AyalaRossi Gifford5Everyone's Grandma Is A Little Bit FeministMatt FractionElsa Charretier5Mirror, MirrorJon TsueiSaskia Gutenkist5Basic BitchBassey Nyambi / Nyambi NyambiChris Visions
Notes et références
Annexes Bibliographie Presse généraliste . . . .
Ressources bédéphiles . .
. . . Qiana Whitted, « Bitch Planet Comics Studies Round Table », partie 1, 2 et 3 sur The Middle Space, 2018
Articles connexes Représentation des femmes dans la bande dessinée
Catégorie:Album de bande dessinée sorti en 2014 Catégorie:Série de comics Image Catégorie:Prix Eisner de la meilleure nouvelle série Catégorie:Bande dessinée dystopique Catégorie:Emprisonnement et détention des femmes dans la fiction Catégorie:Féminisme dans la bande dessinée